juste milieu

Je n’ai jamais connu le juste milieu, tout est toujours trop, ou pas assez. Je ne vis que d’extrêmes. J’ai 5 ans ou 30 ans. Je ressens trop ou pas du tout. Je suis extrêmement joyeuse ou infiniment triste. Totalement engagée ou absolument pas intéressée. Je mange jusqu’à ce que mon ventre me fasse mal ou je n’avale rien pendant 3 jours. Je cours à en être incapable de tenir sur mes jambes ou je passe ma journée immobile, dans mon lit. J’aime passionnément et j’haïs à m’en rendre folle ou j’ignore complètement. Je peux te raconter à quel point la vie est belle aujourd’hui et m’ouvrir les veines demain.

Je peux ne pas manger pendant des jours, et passer mes journées à bouffer. Je peux faire plusieurs nuits blanches à la suite, et me coucher à 20h pour me réveiller à midi. Je peux être une vraie connasse, comme être gentille comme tout. Il n'y a jamais de juste milieu avec moi. Soit c'est noir, soit c'est blanc, mais jamais gris. Un putain de paradoxe à moi toute seule.
La publicité ciblée sur Facebook (+appel à contribution)

Un beau matin, alors qu'elle se baladait sur Facebook une de mes meilleures amies est tombée sur une publicité pour de la lessive Ariel. Jusque là à priori rien d'anormal, Ariel a tout à fait le droit d'essayer de vendre sa lessive. Sauf qu'il y avait aussi ce petit message dont voici la capture d'écran:

Vous imaginez son ravissement à la lecture de cette information.

Merci Facebook. Merci vraiment. Avec en plus la petite question “foutage de gueule” qui va bien: Cette explication nous a-t-elle été utile?

Est-ce utile pour nous savoir que l'âge de 25 ans est celui à partir duquel Ariel prend les femmes pour des boniches? (allez les filles la fête est finie, va falloir devenir des vraies fââmmes dévouées maintenant)

Malheureusement, oui.

Est-ce une source de satisfaction pour autant?

Clairement, NON.


J'étais déjà au courant du phénomène de publicité ciblée j'avoue cependant ne pas m'être penchée là-dessus, mais là ça m'a donné envie de m'amuser. De préférence, sur un terrain de jeu prolifique, à savoir youtube.

Je pense que tout le monde à remarqué à quel point la publicité sur youtube est devenue infernale depuis des années. Il y a de la pub avant les vidéos, il y a de la pub interrompant la vidéo, parfois il y a même plus de pub que de vidéo, le jour où ça sera rentable ils feront même des pubs après la vidéo, et bientôt il y aura probablement une pub géante avant que vous puissiez accéder à youtube lui-même et choisir une vidéo. Bref, la pub youtube c'est très chiant et c'est surtout ciblé à mort.

Je pense en effet que les hommes n'ont jamais droit aux pubs clearblue pour “estimer depuis combien de semaines vous êtes enceinte” et que eux n'ont pas eu à subir la bande-annonce de 50 nuances de Grey 2 quand celle-ci est sortie quatre fois par jour (Dieu que c'était chiant).

Mais pour en avoir le cœur net on va faire une petite expérience. Et pour cela, je vais dire une chose que vous lirez pour la première et dernière fois sur ce blog donc sexistes de tout bords profitez en bien parce que c'est maintenant: je vais avoir besoin d'un homme. Entre 20 et 30 ans (plus il est proche de mon âge à savoir 25 ans mieux c'est), ayant un usage assez régulier et généraliste de youtube (le juste milieu entre celui qui y va 1 fois par mois et celui qui y va 50 fois par jour), et surtout qui prend ça sérieusement.

L'idée étant de relever pendant une période de temps donné (allant de deux semaines à un mois) qu'on définira selon ce qui nous arrange, toutes les pubs youtube qui apparaissent et leurs liens (il est toujours en dessous des vidéos), le nombre de fois où on voit la même pub, bref un recueil complet qui exige de ne pas appuyer sur le bouton “passer la pub dans 5 secondes”. A la fin je visionne toutes les pubs, j'en fais des stats que je présente sous la forme d'un article qui je pense peut être sympa et marrant (vous commencez à me connaître un peu). Je sais que c'est relou ce que je vous demande, donc vraiment ne me dites oui que si vous comptez le faire sérieusement.

Ca serait fabuleux d'avoir plusieures filles et plusieurs mecs, mais je pense que ça va être compliqué. Donc voilà, si vous êtes un homme n'hésitez pas à m'envoyer un gentil message sur la page tumblr ou Facebook du blog et si vous êtes une femme n'hésitez pas à partager.

En attendant, un nouvel article va arriver d'ici une semaine ou deux. (oui!!!! je me suis remise à écrire souvent!! j'ai retrouvé l'inspiration!! Trop cool!!)

Je suis continuellement dans l'excès, toujours trop. Trop donner, trop s'attacher, trop aimer, et même parfois trop haïr. Tout le temps vouloir faire mieux et trop attendre de moi même, trop espérer et trop vouloir. Jamais de juste milieu, c'est tout ou rien.

Ce qui me dérange chez Macron, c'est pas tellement ses choix et orientations politiques. Je suis pas d'accord avec lui, je peux pas sentir tous les mecs de droite qu'il a nommé (aka Darmanin), mais bon. On peut débattre. Ça passe - sur le plan économique au moins, on est d'accord ou pas, il y a débat, c'est pas trop problématique.

Ce qui me dérange, c'est la verticalité.
C'est Castaner disant que les ministres n'ont pas à avoir d'avis/divergences et doivent se plier à la décision du président. C'est la volonté de courcircuiter l'Assemblée pour réformer le Code du Travail, sous prétexte d'efficacité, ce qui marque une certaine défiance envers LE grand contre-pouvoir politique. C'est le fait que le gouvernement soit envisagé comme devant être confidentiel. C'est de choisir qui peut te suivre dans tes déplacements.

J'ai un problème avec cette vision dans la mesure où Macron me semble se prendre à la fois pour un PDG et un monarque républicain à la CdG. Donc pour l'impression de renouvellement, franchement on repassera. D'une. De deux, l'idée du PDG, ça n'est pas jouable. C'est très peu démocratique. Le système de gouvernement par ordonnance est une brutalité, comme l'article 49 alinéa 3, pour citer Hollande du temps où il gouvernait pas. Et on repassera pour la liberté d'expression et d'opinion. Le FN aussi fonctionne par système de liste et choisit qui peut suivre ses membres. La seule différence c'est que eux le font brutalement, et Macron de façon plus subtile​. Je sais que Hollande parlait trop mais j'achète pas cette justification. Il y a un juste milieu entre balancer des secrets d'État aux journalistes et sélectionner qui peut suivre le président.

Et puis ce n'est pas un PDG parce que la France n'est pas une entreprise. Le gouvernement, le président, ne travaillent pas pour eux. Ils gèrent l'intérêt public. Ils sont des personnages publics. La France n'est pas une startup où ils peuvent décider en roue-libre parce que c'est bien pour nous. Le gouvernement est l'exécutif. Il exécute les lois d'intérêt général voulue par le peuple ou ses représentants. Il existe parce que le président a été élu. Il a à rendre des comptes, en conséquence.

Là, il en prend peu le chemin. Et je l'avoue, ça m'inquiète. J'espère sincèrement me tromper. Et qu'il mettra de l'eau dans son vin.

EDIT : bon en fait une de mes tournures de phrase peut prêter à confusion. L'orientation plutôt à droite sur l'économie passe. Les mecs qui soutiennent la Manif pour tous, eux, non. Mais je ne vais pas ennuyer tout le monde ENCORE avec Darmanin.

J'me sens si seule, vous pourriez me mettre au beau milieu d'une foule, j'ressentirais toujours cette sensation de trop, j'suis pas à ma place ni ici ni ailleurs, y'a cette impression constante qui m'fait sentir comme si je gênais le monde entier, puis les voix qui hurlent sans cesse “t'es pas assez bien ni pour lui ni pour eux”, “tu trouveras jamais ta place”, “tu seras toujours au milieu, entre deux chaises, deux mondes, t'auras pas de juste milieu, tu sauras jamais c'que tu veux”.

C’était une journée VIII

15h40,
État de lucidité. Sans jamais vraiment redescendre depuis quelque temps, t’as vécu. Tu te sens vaincue ou perdue. Que la vie semble lourde et détestable sans ces psychotropes au goût de paradis. – Drôle de réflexion pour une gamine à la volonté d’être aussi libre que l’air.
Tristement dépendante ou indépendamment triste ?

15h56,
La redescente semble prendre la direction des enfers. C’est pire que délétère cet art de vivre toujours dans les airs, ou six pieds sous terre. Pas trop adepte du juste milieu, ça finira bien par aller mieux.

20:16,
Sur une terrasse parisienne, un mojito aux bords des lèvres, elle t’a dit : « c’est comme si t’étais incapable d’avoir peur, irresponsable sur les bords et un penchant à flirter avec la mort » ; les pieds dans le vide, un pilon chacun, la lumière du réverbère pour éclairer les ténèbres, il t’a dit : « ton train de vie va te faire partir, t’en as pas marre de te fuir, d’éviter de réfléchir, de te punir ? ça va mal finir gamine, j’te le dis ». Ton existence ne tient pas sur un fil, c’est pire, tu te prends pour un funambule dans ta bulle, tu frôles la mort en espérant ainsi effleurer la vie, celle qu’on t’a promise, celle qui donne envie. – Comme pour soigner le mal par le mal, tu t’évertues à chasser ce vide que tu ressens si intensément, toujours aussi présent depuis ta tendre enfance.

– « J’ai pas de cadeau pour toi, c’est moi ton présent » que tu as hurlé complètement pétée et un sourire d’enculé, dans une de ces soirées douteuses, dans le « plat pays » de Brel. Toujours en cavale, comme poursuivie par le diable, tu évites la routine à voguer au gré de tes envies, changer de ville, changer de pays, changer d’air, d’être aussi. Difficile de fuir quand c’est soi-même qu'on cherche à envoyer balader… –

21:47,
L’appart’ et le regard vide, tu te sens seule face à tes démons. Cet air faussement « je m’en foutiste » finit balayé par ce poids d’Atlas qui t’écrase. Recroquevillée, la nausée n’est pas que physique. Les pensées vomitives envahissent ton esprit, rien ne te contente, pas même tes moments d’absence, si ce n’est parfois l’adrénaline de tes prises de risque inutile. Tu passes ta vie à rattraper les conséquences de tes actes, foutue habitude d'exister pour l’instant présent au détriment des répercussions. Du respect pour pas grand-chose, pas même pour les sommations. Ici tout t’ennuie, blasée à vie, la moins enthousiaste des filles, seulement tes yeux brillent, est-ce toutes ces larmes contenues ou bien cet espoir que les jours heureux seront au coin de la rue, si tu ouvres suffisamment les yeux ? Tu ne le sais pas toi-même, surement un peu des deux. Optimiste ou naïve, neurasthénique ou pessimiste ? La complexité de ton âme t’écœure, paradoxale et irrationnelle, humaine trop humaine, t’en finis par te détester toi-même, plutôt fatigant de se battre contre du vent, encore plus éreintant d’admettre que ça va pas. Tant qu’on n’y pense pas, cela n’existe pas que tu t’assommes à penser même au bord du trépas, la gifle n’en est que plus retentissante.

4:38,
Déphasée, insomniaque, défoncée, paranoïaque, inadaptée, à côté de la plaque, enchaînée, démoniaque, désillusionnée, tu files à la trappe :
« Dans mon lit, je fais des rêves où je m'envole
Loin dans les nuages, jusqu'à perdre mon âme
Au moins là-bas j'vois pas de blazes sur les pierres tombales
On a la dalle, à chaque phase, j'ai ma plume aérée
Regarde sous mes yeux, on dirait pas que j'suis dur à cerner
Je parcours les cieux, posé sur les fenêtres comme une gargouille de ciment
Observant les magouilles de dit-ban
Surplombant la foule telle une patrouille de pigeons
Tout en surmontant ma frousse, car mon parcours est immense
Fiston j’m'étais dit : l'alcool fait grossir, le pilon fait maigrir »

Et peut-être que c'est cela ;
peut-être que nous ne sommes pas parvenues à trouver de juste milieu,
et que nous nous sommes trop aimées, à nous déchirer totalement ;
et peut-être que c'est cela, qui nous as brisées.
Je ne connais pas les demi-mesures. Il n'y a pas d'intermédiaire en moi: le juste milieu, je ne sais pas ce que c'est. Tu as le choix entre me prendre totalement telle que je suis, ou ne pas me prendre du tout. C'est le principe de base.
—  Haruki Murakami

Elle était juste là, assise au milieu du lit, face à la fenêtre grande ouverte. Ses yeux s'étaient perdus, elle observait le ciel, les nuages, l'horizon, le monde.
Moi, je l'observais: ses jambes fines, assise en tailleur, la courbe parfaite de son dos, sa tête droite, son âme paraissait en parfaite synchronie avec son corps. Ses cheveux ondulés formaient des vagues, et les courants d'air les faisaient prendre vie. Elle avait éparpillé tous ses livres autour d'elle, comme à chaque fois qu'elle s'ennuyait, son lit devenait alors un vrai château fort, recouverts de pages, de bouquins aussi vieux que le monde et des notes qu'elle avait pris en les lisant.
Par moment, elle tournait sa tête pour me regarder, et parfois me sourire, quand son esprit n'était pas à moitié éteint, quand elle s'apercevait enfin que j'étais là. Certains jours, elle osait même me raconter, comment elle avait commencer à lire, pourquoi elle avait aimé. Le plus souvent, elle finissait par me dire “je n'aime que les livres, et les paysages”, puis, après une lente inspiration “je serais morte sans eux”.

Aujourd'hui il ne faut pas être:
Ni trop maigre, ni trop grosse
Ni trop heureuse, ni trop triste
Ni trop intelligente, ni trop stupide
Ni trop sage, ni trop allumée.

Il faut être dans la norme. Et moi je haie la normalité. Je suis toujours dans les extrêmes. Je n’ai pas de juste milieu. Alors.. alors..

—  Je suis heureuse comme ça
T’sais, ce mec, je l’aime. Il a été la dans les pires moments de ma vie, comme dans les plus merveilleux. Mais si, tu sais, tout ces trucs de gamine (il sourit), quand tes parents te tapent sur le système, quand t’as fait une connerie un soir de cuite, après que ton premier amour t’aie largué, des trucs comme ça. Quand j’me cassais la gueule, il me donnait jamais la main pour m’aider à me relever. Il était là, simplement. Comme s’il restait debout à côté de moi, les bras croisés et qu’il me répétait “relève toi, t’es forte, tu peux le faire”. Il me donnait pas la main, ce con (j’allume une clope), il attendait là comme un gland en attendant que je me relève. Même pas un câlin, rien, il attendait. Et ça m’obligeait à me débrouiller, à me foutre un coup de pied au cul pour me relever toute seule. J’étais fière, après ça, tu sais. J’arrivais et j’étais tellement fière de lui annoncer que j’étais debout. Il me félicitait jamais, je crois. Peut être parce qu’il pensait que c’était dans le déroulement normal des choses, que j’baisse pas les bras. Il croyait en moi, lui. Il a toujours dit que j’étais quelqu’un qui en valait la peine, que je valais la peine qu’on se batte pour me garder à ses côtés. Quand quelqu’un me lâchait, il me répétait “laisse tomber, il a de la merde dans les yeux, t’es quelqu’un de merveilleux et il sait pas quelle amie il laisse derrière lui”. Alors moi forcément, ça me faisait plaisir. J’y croyais pas trop, tu sais, que j’en valais la peine. J’y crois toujours pas d’ailleurs, tu me connais (il sourit en allumant une clope). J’l’aime, je crois. Enfin, c’est sûr, sinon j’serai pas en train de te parler de lui sans aucune raison. J’l’aime, je le respecte, et j’ai besoin de lui. T’sais, on se parlait tout le temps, parfois pas du tout, mais il était là. Quand j’avais un problème, il était là, toujours. Ou alors j’attendais un peu pour avoir une réponse mais il avait une bonne excuse. Il a toujours une bonne excuse. Et j’pouvais rien dire. Il était là, tout le temps, dès que j’en avais besoin. J’finissais par tout lui raconter en détails, sans en oublier un, même si j’avais l’air ridicule, parce qu’avec lui il n’y a jamais eu de barrières, de tabous. Alors j’m’en foutais, moi, d’être ridicule ou de paraitre idiote, tant que j’pouvais tout lui dire. Et il me jugeait pas, ça c’était parfait tu sais. Aujourd’hui, tout le monde juge tout le monde, mais pas lui. Il répétait “mais je suis qui pour te juger, tu fais ce que tu veux, t’es comme tu es, j’ai pas a te juger pour tes actes”. Et ça faisait du bien. Il n’a pas toujours approuvé mes choix mais il m’a toujours soutenu dans mes projets. J’crois qu’il pensait que, pour vraiment comprendre que mes décisions c’était de la merde, il fallait que je me casse la gueule. Alors je fonçais, et souvent, j’me ramassais par terre. Et encore, il restait là, debout à côté de moi les bras croisés, à me dire un jour ou l’autre va bien falloir que tu te relèves. Genre, par exemple, y’a eu ce soir ou je l’ai appelé en chialant comme une gamine, ça allait pas du tout, je lui ai dit putain ça va pas, j’ai l’impression d’avoir vraiment tout raté, j’suis qu’une trainée incapable d’aimer quelqu’un qui mérite tout l’amour du monde et voilà que j’me prends une énorme claque dans la gueule, j’ai envie de rien maintenant, je suis censée faire quoi ? Et puis il a pas répondu à ma question. Il m’a juste dit “j’te dis pas que ça ira, parce que non ça ira pas, et je vais pas non plus te dire que c’est pas grave parce que ça l’est, c’est pas la première fois que tu vas te casser la gueule, et c’est surement pas la dernière, va de l’avant, relève toi, regarde plus loin”. Je crois que c’était la chose la plus censée qu’on m’aie jamais dite. T’sais, on a tous ces amis qui nous disent seulement ce qu’on veut entendre. Moi, j’avais lui (je lève un peu la tête). J’crois que c’est lui qui m’a foutu les plus grosses claques, d’ailleurs. J’arrivais, j’me plaignais de ma vie de merde pendant une heure, et le plus naturellement du monde, il me répondait “ça fait une heure que tu râles, t’as pas avancé, tu sais même pas où est ton problème et depuis une heure tu fais rien pour le résoudre”, bim (je rallumais une clope). Il parlait toujours avec une sincérité et une simplicité, ça en devenait presque intimidant. Parfois, je lui disais rien, j’avais tellement peur de la claque qu’il allait me foutre que je préférais me taire. J’essayais de résoudre mes problèmes toute seule, ou du moins d’intérioriser. Mais à chaque fois que j’explosais, c’était pire, alors j’ai du apprendre à gérer. Trouver le juste milieu entre me reposer sur ses conseils ou essayer d’avancer toute seule. Et ça marchait, je crois. J’avais trouvé l’équilibre. On se parlait pas souvent, finalement, seulement quand c’était important. Parfois, pour déconner, pour avoir ces délires de potes un peu cons, c’était drôle. Je l’aimais beaucoup. Je l’aime toujours beaucoup d’ailleurs. J’étais tellement contente quand on se parlait, ça me faisait du bien. Et puis, un jour j’ai réalisé qu’enfin j’allais vraiment le voir, tu sais. C’était pas seulement entendre sa voix, son souffle. C’était le voir, le serrer dans mes bras, réellement. Et j’ai pas vraiment réalisé. Il habitait tellement loin, c’était inespéré. Et puis y a eu cette opportunité, je lui ai dit, il était content, je crois, de me voir. Je suis montée à Paris, j’me suis tapée 7h de train. C’est long, 7h, tu vois (il rit). J’étais excitée. J’quittais ma petite ville pour la capitale, pour un mois en autonomie totale. J’avais peur, aussi. Je voulais lui en parler, mais j’avais tellement pas envie de gâcher mon bonheur d’être là. Alors j’lui ai dit que j’étais arrivée, que j’étais à la gare, que je voulais le voir, enfin. Il a pas répondu. J’ai pas eu de nouvelle. Rien, pendant 2 semaines, rien. Silence radio. Il était parti. Je sais pas où, mais il était plus là. Disparu, invisible, je sais pas. Partout où j’allais, rien. Il avait disparu des réseaux sociaux, du moins, c’était comme si lui et moi on n’avait jamais été en contact sur un de ces sites. J’étais devenue une inconnue qu’il ignorait comme tous ces gens qu’on voit dans la rue sans y faire attention. J’me suis demandée s’il lui était arrivé quelque chose, et puis non. Après, j’ai réalisé (j’ai bu une gorgée de Vodka), ce que je redoutais, t’sais, ça se passait vraiment. Il me lâchait comme une pauvre merde. Comme si, entre nous, il ne s’était jamais rien passé, comme si on ne s’était jamais rien dit, jamais rien confié. J’y croyais pas, pendant une semaine j’ai espéré recevoir un signe de lui, t’sais un truc tout con, un message, un mail, je sais pas, mais un truc. Et rien. J’l’appelais tous les jours, il raccrochait direct. C’était fatiguant, tellement fatiguant. Et on m’disait “mais laisse tomber, tu te prends la tête pour quelqu’un qui ne te calcule même pas, arrête”. Mais j’suis têtue, tu le sais bien (je baisse la tête). Mais.. on se bat pour les gens qu’on aime. Alors j’ai continué, pendant quelques jours. Je sais plus combien exactement. Je lui disais que c’était une enflure, qu’il pouvait pas me faire ça, que j’avais besoin de lui. J’lui répétait que, s’il y avait un problème, je pouvais comprendre, que j’attendais juste une explication. Je demandais pas grand chose, moi, tu vois. J’ai jamais demandé grand chose. Il pouvait partir s’il le voulait, qu’est ce que je pouvais y faire, au fond ? J’allais pas le forcer à rester. Mais au moins, qu’il m’explique. J’ai retourné la situation dans tous les sens pour chercher quel était le soucis, où est-ce que j’avais merdé. J’oubliais de manger, j’avais jamais faim, j’étais tellement perdue. (Je fais une pause). Le pire dans tout ça, c’est que j’étais même pas énervée. Enfin, si je l’étais, mais pas autant que j’aurai du l’être tu vois. Parce que, à côté de ça, j’étais tellement déçue. Et triste. Peut-être plus triste que déçue. Et j’arrivais pas à m’énerver contre lui, j’arrivais pas, je finissais toujours par le supplier de revenir parce que, merde, j’ai besoin de lui! C’est pas comme si jamais on s’était dit je t’aime, comme si je lui avais jamais rien confié de personnel. C’était juste.. improbable. Et puis un soir, je sais pas, je sortais du boulot, dure journée, c’était un jeudi je crois. Je l’ai appelé, et évidemment j’suis tombée sur son répondeur. Quelle merde, ce truc. J’en avais marre de l’entendre. “Bonjour, vous êtes sur la messagerie”. Ta gueule, t’sais. J’voulais juste l’appeler, lui dire que j’étais libre pour un café, et qu’il était censé me répondre que c’était ok pour aller boire un verre. Sauf que je sais pas ce qui m’a pris, j’ai trop parlé. J’ai tout lâché. Enfin, tout.. presque. Pendant sept minutes, ou un peu plus je crois. J’l’ai engueulé, insulté, je lui ai demandé pour qui il se prenait, comment il était capable de me faire ça. J’ai parlé sans trop me rendre compte de ce que je disais, mais ça m’a fait du bien de ne pas réfléchir à mes mots. C’était ce que j’avais l’habitude de faire avec lui, t’façon, ne pas réfléchir en parlant. (Il boit une autre gorgée, m’invitant à faire de même). Et puis, quand j’me suis rendue compte de ma connerie, j’ai voulu appuyer sur ce maudit bouton pour pouvoir recommencer le message et juste lui dire “hey, j’suis dispo pour boire un verre demain, ça te dit ?” sauf que j’avais oublié, moi, c’était quelle touche. Alors j’ai juste raccroché. Et j’sais même pas s’il a écouté, ce message, j’en sais rien et peut être que j’ai même pas envie de savoir. J’étais mal, après. Encore plus que les autres jours. C’est tellement con, comme histoire, quand j’y pense. Tellement nul, putain. Parce qu’attend, le plus nul c’était pas ça. C’était pas ce foutu message que j’ai pas su effacer qui est le plus nul. C’est ce qui c’est passé le lendemain. J’attendais une amie, elle savait pas me dire où elle était. Et puis, j’ai tourné la tête, pour voir si elle arrivait. Et il était là. Il arrivait pile devant moi, avec sa veste que j’aimais beaucoup, ses écouteurs sur les oreilles, ses cheveux décoiffés. Et moi, je suis restée là comme une conne, j’ai pas bougé, j’ai rien dit, j’avais du mal à croire que Paris était pas assez grand et que je venais de le croiser. Mais j’ai rien dit, j’ai pas bougé, j’ai continué d’attendre. Mon coeur s’était mis à battre super vite, c’était fou. Et puis, j’ai du traversé cette espèce de rue. C’était pas vraiment une rue, tu vois (ça l’a fait rire). Et puis, je l’ai revu, assis avec un de ses potes, qui fumait une clope. J’étais au téléphone, j’ai eu un sursaut, j’ai failli m’arrêté mais non. Je l’ai juste regardé, il a pas levé la tête, ce con. Et je suis partie. Je l’ai appelé, pour lui dire que j’étais là, pas loin, et qu’au moins, il pourrait venir dire bonjour. Non, il a raccroché, encore. Et j’crois que j’ai jamais autant pleuré pour une amitié perdu qu’à ce moment là (je baisse la tête). Parce que c’est le premier à m’avoir dit que j’en valais la peine, tu vois. Mais le premier à me montrer que je valais pas tellement le coup, la preuve, même pas foutu de lever son cul pour venir me voir. J’étais tellement déçue. Tellement, putain. T’imagines pas. Toute ma vie, pendant 19 ans, on m’a prévenu de la douleur du chagrin d’amour. Et là, c’était un putain de chagrin d’amitié, j’étais pas prête, pas prévenue, je suis tombée de haut. J’venais de me ramasser la gueule par terre, sauf qu’il était pas là, à côté, attendant que je me relève. J’avais pas envie de me relever, moi. Je l’ai appelé une dernière fois, j’ai laissé un message, j’ai pleuré et encore pleuré, je savais même pas pourquoi je l’appelais, j’avais plus les mots, à ce stade. Qu’est c’que tu voulais que je dise ? J’avais bien vu que ça ne lui faisait plus rien, que moi, j’lui faisais plus rien. Il était totalement insensible. Qu’est c’que je devais faire. J’ai fini par ne plus rien lui envoyer, parfois je cédais, tu sais. Parfois je lui envoyais juste “ne m’oublie pas”, ou “tu m’as dit que tu partirais pas comme les autres, parce que t’étais différent… tu m’as dit que tu resterais, prouve-le”. J’attendais pas vraiment de réponse, après une semaine sans nouvelle et aucune réaction même quand je lui passe sous le nez, à quoi est ce que je pouvais m’attendre ? J’avais simplement pas envie qu’il m’oublie. Et j’ai attendu, encore. Parfois, j’avais encore du mal à croire que c’était vraiment en train d’arriver, tu sais. Qu’il soit parti comme un voleur, sans explication, après tout ce qu’on avait pu se dire. Et puis, quelques temps après, je lui ai juste dit “j’ai besoin de toi, réponds moi s’il te plait”. Et il a répondu. Il a juste dit “salut”. 2 semaines sans nouvelle, 2 semaines à se comporter comme le pire des connards, et il revient avec un pauvre “salut”. C’était lui tout craché
—  jemetais
complexe.

je suis toujours les deux en même temps.
le noir et le blanc.
la tempête et la bruine.
l'ouragan et la brise.
l'hiver et le printemps.
le bruit et le silence.
la haine et l'amour.
la passion et la délicatesse.
la violence et les caresses.
les fleurs et le bitume.
les hurlements et le mutisme.
les larmes et les sourires.
la lumière et le plus obscur.
le jour et la nuit.
la rage et la sensualité.
la voix qui dit “j'n'en peux plus” et celle qui dit “il faut avancer, gardons espoir.”
l'envie d'vivre et l'envie de crever.
le cœur et la raison.
l'âme et le visage.
l'invisible et le visible.
l'océan et le ciel.
l'horizon et le néant.
le vide et les couleurs.
j'ai jamais été foutu de trouver le juste milieu. quand je pose un pied quelque part, j'me casse la gueule.
je n'ai jamais croisé l'équilibre.
j'suis quelqu'un de bancal, qui tient jamais droit. quelqu'un qui s'ramasse très rapidement.
la fée pour de faux.
la magicienne qui sait rien faire.
et tellement d'autres choses.
je suis toujours les deux en même temps, et je ne sais jamais comment faire pour ne plus m'écorcher la face à force de frôler la folie.
rééquilibre-moi.