juste milieu

🐱Un fanart qui traînait dans le tirroir.

Je n’ai jamais connu le juste milieu, tout est toujours trop, ou pas assez. Je ne vis que d’extrêmes. J’ai 5 ans ou 30 ans. Je ressens trop ou pas du tout. Je suis extrêmement joyeuse ou infiniment triste. Totalement engagée ou absolument pas intéressée. Je mange jusqu’à ce que mon ventre me fasse mal ou je n’avale rien pendant 3 jours. Je cours à en être incapable de tenir sur mes jambes ou je passe ma journée immobile, dans mon lit. J’aime passionnément et j’haïs à m’en rendre folle ou j’ignore complètement. Je peux te raconter à quel point la vie est belle aujourd’hui et m’ouvrir les veines demain.

Je peux ne pas manger pendant des jours, et passer mes journées à bouffer. Je peux faire plusieurs nuits blanches à la suite, et me coucher à 20h pour me réveiller à midi. Je peux être une vraie connasse, comme être gentille comme tout. Il n'y a jamais de juste milieu avec moi. Soit c'est noir, soit c'est blanc, mais jamais gris. Un putain de paradoxe à moi toute seule.

Je suis continuellement dans l'excès, toujours trop. Trop donner, trop s'attacher, trop aimer, et même parfois trop haïr. Tout le temps vouloir faire mieux et trop attendre de moi même, trop espérer et trop vouloir. Jamais de juste milieu, c'est tout ou rien.

J'me sens si seule, vous pourriez me mettre au beau milieu d'une foule, j'ressentirais toujours cette sensation de trop, j'suis pas à ma place ni ici ni ailleurs, y'a cette impression constante qui m'fait sentir comme si je gênais le monde entier, puis les voix qui hurlent sans cesse “t'es pas assez bien ni pour lui ni pour eux”, “tu trouveras jamais ta place”, “tu seras toujours au milieu, entre deux chaises, deux mondes, t'auras pas de juste milieu, tu sauras jamais c'que tu veux”.

Mais tu sais pas ce que tu veux, jamais d'ailleurs. Un coup tu veux être follement aimée, un coup tu veux ignorer le monde et te renfermer sur toi-même. T'es pas stable, t'es un peu bancale. Un jour tu ferais n'importe quoi pour que les gens aient une bonne image de toi et le lendemain tu renverrais tout le monde balader. Tu pourrais passer une journée entière à rire avec d'autres et le lendemain déprimer comme jamais. Pourtant, y'a rien de spécial qui peut causer ta tristesse. Mis à part la routine, j'vois pas trop ce qui pourrait te détruire. C'est toi, c'est tout. T'es comme ça. T'as pas de juste milieu, autour de toi tout le monde est beau, tout le monde est heureux. Tu réfléchis trop. La vie est simple mais c'est à partir du moment où l'on se met à trop penser qu'elle devient compliquée. Alors vis. Vis, vas-t-en. Fais ce que t'as toujours rêver de faire. On s'en fou des autres. Le plus important, c'est toi, ça le sera toujours. T'es ta propre lumière alors ne te laisse pas t'éteindre.
—  lespiquresaines
Je ne connais pas les demi-mesures. Il n'y a pas d'intermédiaire en moi: le juste milieu, je ne sais pas ce que c'est. Tu as le choix entre me prendre totalement telle que je suis, ou ne pas me prendre du tout. C'est le principe de base.
—  Haruki Murakami

Elle était juste là, assise au milieu du lit, face à la fenêtre grande ouverte. Ses yeux s'étaient perdus, elle observait le ciel, les nuages, l'horizon, le monde.
Moi, je l'observais: ses jambes fines, assise en tailleur, la courbe parfaite de son dos, sa tête droite, son âme paraissait en parfaite synchronie avec son corps. Ses cheveux ondulés formaient des vagues, et les courants d'air les faisaient prendre vie. Elle avait éparpillé tous ses livres autour d'elle, comme à chaque fois qu'elle s'ennuyait, son lit devenait alors un vrai château fort, recouverts de pages, de bouquins aussi vieux que le monde et des notes qu'elle avait pris en les lisant.
Par moment, elle tournait sa tête pour me regarder, et parfois me sourire, quand son esprit n'était pas à moitié éteint, quand elle s'apercevait enfin que j'étais là. Certains jours, elle osait même me raconter, comment elle avait commencer à lire, pourquoi elle avait aimé. Le plus souvent, elle finissait par me dire “je n'aime que les livres, et les paysages”, puis, après une lente inspiration “je serais morte sans eux”.

Soit je mange trop soit pas assez, soit je dors trop soit pas assez, soit j'aime trop soit pas assez. J'ai pas de juste milieu, j'suis bancale.
—  lespiquresaines

Aujourd'hui il ne faut pas être:
Ni trop maigre, ni trop grosse
Ni trop heureuse, ni trop triste
Ni trop intelligente, ni trop stupide
Ni trop sage, ni trop allumée.

Il faut être dans la norme. Et moi je haie la normalité. Je suis toujours dans les extrêmes. Je n’ai pas de juste milieu. Alors.. alors..

—  Je suis heureuse comme ça