joie

Le bonheur est à dire,
tout bas, contre ton cœur,
dessous les draps froissés,
quand, blottie dans mes bras,
si loin dans ton sommeil
et perdue dans tes rêves,
tu murmures mon nom,
adorable supplique,
en enserrant ma main
dans le berceau des tiennes,
toi qui toujours conduis
mon âme au firmament,
là où ma joie demeure…
—  V. H. SCORP
Il est bien vrai que nous devons penser au bonheur d’autrui ; mais on ne dit pas assez que ce que nous pouvons faire de mieux pour ceux qui nous aiment, c’est encore d’être heureux.
—  1, 2, 3… bonheur ! (recueil)
(Alain, Propos sur le bonheur, 1928)
Recul

Parfois du recul fait du bien. On s'éloigne, on s'éloigne, de plus en plus, on respire un bon coup, puis on se lance en avant pour replonger, sans faire de plat, juste en fendant parfaitement l'eau. Du recul pour se rendre compte que les gens ne sont pas toujours ce qu'ils prétendent être. Du recul pour comprendre que ce garçon aux dents blanches qui nous serre dans ses bras vaut peut-être moins que celui qui est trop grands, et celui avec les oreilles décollées malgré les apparences. Du recul pour réaliser que ces potes hilarants avec qui l'on se saoule le week-end et avec qui l'on se moque des gens, sont peut-être moins des amis que cette fille un peu étrange plongée dans ses livres qui nous fait des sourires dans les couloirs. Du recul pour enfin cesser de tout prendre au sérieux, pour commencer à laisser le temps faire son travail. Laisser le temps nous débarrasser des gens qui n'en valent pas la peine, des rêves qui traînent et nous paralysent, des souvenirs qui nous brisent, des sourires qui restent accrochés et qu'on ne veut pas oublier, des étreintes qu'on aimaient tellement qu'elles nous faisaient souffrir.