joe-mcphee

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POST-SCRIPTUM 2

SONNY SIMMONS / BRUNO GRÉGOIRE / ANTON MOBIN / AKA_BONDAGE / NOBODISOUNDZ / OTHER MATTER
LEAVING KNOWLEDGE, WISDOM BRILLANCE/CHASING THE BIRD?
IMPROVISING BEINGS IB25-26

Parmi les saxophonistes ayant sévi sur le label new-yorkais ESP-Disk’, Sonny SIMMONS s’impose – au minimum – à l’égal des Noah Howard, Marion Brown, pour ne parler que de ceux qui jouent de l’alto. Et pourtant, sans qu’il soit un musicien obscur, loin de là,  les amateurs paraissent assez peu au fait de son œuvre, que l’on dira – à leur décharge – faite d’éclipses. Dans la première édition du Dictionnaire du jazz, on peut ainsi lire ceci : d'abord, que Sonny SIMMONS, comme ses camarades, sait effectivement faire preuve d’une « véhémence exaltée », mais qu’à l’inverse, « il n’est pas toujours parvenu à se départir de certains clichés de la New Thing, s’inscrivant davantage dans le mainstream de ce mouvement qu’au nombre de ses véritables novateurs ». Les poncifs ont la peau dure – et puis, est-il besoin de le préciser, Sonny SIMMONS et beaucoup des autres saxophonistes de l’écurie ESP n’appartiennent pas à la même génération.

Sa place dans l’Histoire, Sonny SIMMONS l’a pourtant conquise de haute lutte, ne serait-ce qu’au regard de ses collaborations avec Prince Lasha ou Eric Dolphy. Et, comme le confie fort justement le producteur actuel et ami de Sonny SIMMONS, Julien Palomo, dans un entretien à suivre dans Revue & Corrigée, ce musicien représente une idée du jazz qui ne s’inscrit pas dans la rupture, tant elle préfère au contraire se nourrir de domaines qui lui sont extérieurs, ce qui fait de lui une sorte de « bluesman idiosyncratique ». L’on connaît donc généralement – c’est un fait – ses disques cultes – puisque c’est ainsi qu’ils sont couramment présentés – des années 1960-1970 (The Cry!, Staying On The Watch, Music From The Spheres, Firebirds, Manhattan Egos, Rumasuma, Burning Sprits), voire le comeback via les labels Qwest et Jazzaway, tandis qu’à l’inverse, son autre retour initié par Boxholder, que l’on imagine tenir au cœur de l’intéressé, est quant à lui passé relativement inaperçu par chez nous : ne parlons pas des archives capitales sorties en CD-R, par essence réservées à un petit cercle d’aficionados, des disques superbes que l'on rêverait de voir correctement réédités, et qui ont été réalisés à partir d’enregistrements faits au début des seventies en compagnie des fidèles Barbara Donald, Bert Wilson, James Zitro – entre autres.

A la pertinence de ces archives d’un autre temps répondent aujourd’hui les productions du label français Improvising Beings dont Julien Palomo s’occupe. Des disques réalisés en compagnie de François Tusques, Delphine Latil, Thomas Bellier, Michel Kristof, Sébastien Bismuth, BRUNO GRÉGOIRE, ANTON MOBIN, AKA_BONDAGE, NOBODISOUNDZ et Julien Palomo lui même aussi (des disques actuels et à la pointe du free, relayant le travail qu’avait commencé un peu auparavant Jeffrey Shurdut et Brandon Evans) ; des musiciens tous rencontrés à Paris et à qui Sonny SIMMONS doit de s’être éloigné des disques post-free/bop qu’il enregistra à l’aube des années 2000. Grâce aux plus jeunes d’entre eux (générations obligent), et au fait que ce ne sont pas des jazzeux (même s’ils connaissent a priori leur free sur le bout des doigts), grâce à leurs « trucs de Blancs », ensemble, tous raccrochent beaucoup de choses, sous la direction du prestigieux aîné, ravi : le free (bien sûr), le blues (évidemment), les musiques ethniques (logique), et l’ambient, le drone, les fulgurances bruitistes (voilà qui est déjà plus surprenant, mais pas tant que ça si l'on en croit ceux qui connaissent l'homme). Soit « une démarche collective d’intégration des sons ». Celle d’un artiste qui cherche « la synthèse, le syncrétisme, les réconciliations ». Julien Palomo : « Il n’y a pas de référence directe et consciente à d’autres musiques, mais usage de leur substrat via les compétences singulières des artistes avec qui il travaille et vit. La seule exigence est de réinventer à hauteur de ses moyens. »

En matière d’explorations électroniques, du côté du free historique, l’on est déjà familier des croisements tentés par Joe McPhee et John Snyder, Paul Bley et Annette Peacock, Anthony Braxton et Richard Teitelbaum, Enrico Rava et Bruce Ditmas (souffleurs acoustiques, voire chant, versus synthés analogiques). Et, dans les parages du rock, on se souvient des collaborations entre Mal Waldron et Embryo, Andrea Centazzo et Elektriktus, Albert Ayler et Henry Vestine, Perry Robinson et Peter Walker, Arthur Doyle et The Blue Humans… Récemment encore, entre free-rock, noise et free jazz, les chassés-croisés n’ont pas manqué : citons en vrac Peter Brötzmann et Keiji Haino, Anthony Braxton et Wolf Eyes, Evan Parker et John Wiese, Paul Flaherty et C. Spencer Yeh, Wally Shoup et Thurston Moore, Mats Gustafsson et Sonic Youth… Désormais, au sein de cette liste, il faudra compter avec ce coffret de huit CD qu'est Leaving Knowledge, Wisdom Brillance/Chasing The Bird?, œuvre somme et phare à la fois, véritable prolongement des travaux entrepris autrefois par Bernard Stollman avec ESP-Disk’, vertigineuse collaboration possédant tout ce qu'il faut pour tenir la dragée haute à celles énumérées plus haut.

Un cri frangé d’or y perce un brouillard bleu fait d’instants-traces, eux-mêmes échos de l’Univers dans son infinie variété !

dailymotion

John Coltrane Quartet - Naima - Live at Antibes 1965

I’ve posted this many times before.

“I thought I was going to die from the emotion, I’d never experienced anything like that in my life. I thought I was going to explode right in the place. The energy level kept building up, and I thought, God almighty, I can’t take it.” Joe McPhee

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Bill Nace - Joe McPhee - Thurston Moore

May 31, 2012  - @ Roulette in Brooklyn NY

Joe McPhee & John Snyder — To Be Continued… (Kye)

Joe McPhee and John Snyder’s 1974 album Pieces of Light was an early and curious attempt to fuse the organic sounds that dominated jazz (notably McPhee’s instruments of predilection such as the saxophone, trumpet, strings and percussion) with more “modern” electronic devices, in the form of Snyder’s ARP synthesizer. If the album wasn’t entirely successful, this live date captured the same year shows the potential of the union producing distinctly more exciting and fruitful results.

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Thurston Moore, Joe McPhee, and Bill Nace

Episode 32

Broadcast and Premiered on September, 2012
 

Experimental ½ Hour - Episode XXXII: Thurston Moore, Joe McPhee, and Bill Nace

Experimental Half Hour
Episode 32

Thurston Moore, Joe McPhee, and Bill Nace
Live at Roulette
May 31, 2012

Producers
Eva Aguila & Brock Fansler

Audio Mastered by
Mike Erwin

Special Thanks to
Thurston Moore & Roulette

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