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La trappe communiste

Eiko Kawasaki a connu l’enfer. A 17 ans, elle quitte le Japon direction la Corée du Nord. Elle y restera quarante-trois ans avant de s’enfuir vers la Chine, en traversant la rivière Yalu. Aujourd’hui, elle raconte son histoire pour dénoncer les atrocités commises par le régime des Kim.

Eiko Kawasaki est une Coréenne née au Japon. Elle fait partie des nonante-trois mille Coréen·ne·s du Japon rapatrié·e·s vers la Corée du Nord entre 1959 et 1984. © Julie Jeannet

Eiko Kawasaki est élégante et déterminée. Cette femme de 73 ans a fait le voyage de Tokyo pour témoigner de la situation en Corée du Nord durant le Conseil des droits de l’homme à Genève. Famine, travail forcé, exécutions, torture, viols, infanticides, Eiko ne connaît que trop bien le pays de Kim Jong-Un. Du paradis à l’enfer

Eiko Kawasaki est une  Zainichi, une Coréenne née au Japon. Elle fait partie des nonante-trois mille Coréen·ne·s du Japon rapatrié·e·s vers la Corée du Nord entre 1959 et 1984, lors d’un programme négocié par les deux pays et mis en place par la Croix-Rouge. «Je suis née en 1942 à Kumichiyama-cho, dans la préfecture de Kyoto, mes deux parents étaient originaires du sud de la Corée», explique Eiko d’une voix calme et assurée. En avril 1960, elle embarque seule sur un bateau en direction de la Corée du Nord. «Le pays était présenté par les médias, les autorités japonaises et les écoles comme un paradis sur terre.» Après la division de la péninsule coréenne, le Nord manque de force de travail et négocie avec le Japon le rapatriement volontaire de milliers de ressortissant·e·s. Le gouvernement japonais et l’association des résidents coréens au Japon, pro Pyongyang, lancent alors une grande campagne de promotion du rapatriement. «On nous garantissait un logement et un emploi. On nous promettait une éducation, des soins médicaux gratuits et une qualité de vie exceptionnelle. Des promesses très alléchantes pour les familles coréennes, victimes de discrimination et frappées par la pauvreté dans le Japon de l’après-guerre», explique-t-elle.

L’erreur de sa vie
«Au moment où j’ai quitté le port de Niigata, j’ai eu mon premier doute à propos de la Corée du Nord. On nous a demandé de jeter toutes nos victuailles par-dessus bord, car le pays ne permettait l’importation d’aucune denrée japonaise.» Avant même de poser le pied en terres coréennes, Eiko comprend qu’elle a fait la plus grosse erreur de sa vie. A l’arrivée, sur les quais de Chongjin, elle remarque des bâtiments décrépis, des travailleurs d’une maigreur extrême, malades et en haillons. Elle réalise immédiatement que la réalité est à des années- lumières du resplendissant pays qu’on lui avait promis. Avant que le bateau n’accoste, un homme leur crie : «Ne quittez surtout pas le bateau, retournez au Japon», mais il est trop tard pour faire marche arrière.

Elle se souvient d’une interminable procédure d’immigration : quatorze jours d’enregistrement. «J’ai été tellement choquée par la nourriture: le riz était gris et les udons (nouilles épaisses) dures comme du caoutchouc. C’était pourtant accompagné de kimchi (légumes fermentés) et de morceaux de porc, mais je n’y ai pas touché ! J’étais loin de me douter que je ne connaîtrais plus de nourriture aussi riche», raconte-t-elle en soupirant. «J’ai rapidement réalisé qu’il n’y avait aucune liberté en Corée du Nord, poursuit-elle, nous ne pouvions pas choisir notre lieu de résidence, notre travail, et les conditions de vie étaient très inférieures à celles que nous connaissions avant, même si nous étions pauvres au Japon.»

La discrimination d’Etat est omniprésente dans le pays. Elle est ancrée dans un système de castes appelé sonbgun. Les individus sont ainsi classés à la naissance. Leur classe sociale détermine le type de logement, l’activité et le lieu de résidence qui leur est assigné. «A notre arrivée, nous, Coréen·ne·s du Japon, avons été ségrégué·e·s de la population nord-coréenne. Les dignitaires du régime nous suspectaient de vouloir transmettre les valeurs du capitalisme. Notre vie était donc surveillée dans les moindres détails. Les personnes qui protestaient ou demandaient à retourner au Japon étaient arrêtées et envoyées dans des camps de travaux forcés», raconte Eiko, sans laisser transparaître ses émotions. Selon la Commission d’enquête de l’ONU sur la Corée du Nord, quatre-vingts à cent-vingt mille personnes, dont des enfants, sont encore détenu·e·s dans des camps de concentration dans ce pays. De nombreux détenu·e·s se suicident, d’autres meurent d’épuisement, de faim ou de mauvais traitements. Les femmes y sont violées, forcées à avorter ou à tuer leurs enfants. Eiko a échappé aux arrestations en se résolvant au silence et à une extrême prudence. Elle a travaillé comme ingénieure, s’est mariée et a élevé cinq enfants.

La terrible famine
En 1994, la mort de Kim Il-Sung lui redonne espoir. La chute des autres pays communistes la réjouit, elle pense que le pays pourrait s’ouvrir et les conditions de vie s’améliorer. Mais l’entrée en fonction du nouveau leader, Kim Jong-Il, entraîne une terrible famine. Selon des estimations, un à trois millions de personnes seraient mortes de faim dans les années nonante en Corée du Nord. «Derrière ma porte, j’entendais des enfants implorer de la nourriture, jusqu’à ce que leurs voix se taisent pour toujours. Je me souviens de rues jonchées de cadavres, morts de faim.» Eiko demande à sa famille restée au Japon de lui envoyer de l’argent. Grâce aux sommes reçues, elle réussit à nourrir ses enfants. Alors que la population est à l’agonie, Kim Jong-Il construit un mausolée en l’honneur de son père, The Kumsusan Palace of the Sun. «Vous imaginez, plutôt que d’aider la population, Kim Jong-Il a réquisitionné toute la force de travail et l’argent pour construire une tombe ! C’est à cette période que je me suis dit que je ne pouvais absolument plus rester dans ce pays. Je devais fuir et dire au monde ce qui se passait en Corée du Nord !».

Eiko Kawasaki parvient à passer la frontière en 2003, à l’âge de 60 ans, en payant des militaires pour qu’ils gardent le silence. Terrifiée, elle reste cachée en Chine pendant un an et demi avant de pouvoir rejoindre le Japon grâce à l’aide de son frère. «Lorsque j’ai fui, je n’ai rien dit à personne pour ne pas mettre mes proches en danger. Même au Japon, j’ai caché mon identité pendant des années, de peur que ma famille subisse des représailles.» Depuis trois ans, elle parle ouvertement. «Je ne pense pas que je reverrai un jour mes enfants. Je ne veux pas mourir en gardant un tel secret. Je veux parler de mon histoire pour pouvoir toucher les gens et aider les victimes du régime de Pyongyang. » La Coréenne vient de fonder l’ONG Korea of all qui défend les droits des Coréen·ne·s, plus particulièrement de celles et ceux qui comme elles ont participé au programme de rapatriement vers la Corée du Nord. Elle se bat pour que les survivant·e·s qui ont fui le pays puissent recevoir un soutien de la part du Japon. Elle souhaite également que le pays facilite le retour des personnes qui se trouvent encore en Corée du Nord.

 Par Julie Jeannet - Article paru dans le magazine AMNESTY n°83, novembre 2015. www.amnesty.ch

Le destin volé des Erythréen·ne·s

Medhanie Kidane (à gauche) et Filmon Abraha (à droite) ont fui l’Erythrée. Ils s’engagent aujourd’hui en Suisse pour dénoncer les exactions du régime d’Asmara. © Benoît Jeannet

Lassé·e·s d’être le bouc émissaire de certain·e·s politicien·ne·s, des membres de la communauté érythréenne prennent la parole pour raconter le calvaire de leurs compatriotes et les raisons de leur exil.

Depuis 2007, les ressortissant·e·s érythréen·ne·s sont ceux qui déposent le plus de demande d’asile en Suisse. Vingt mille âmes composent la diaspora érythréenne. En 2014, un tiers des requérant·e·s d’asile en Suisse était originaire de ce petit pays de la Corne de l’Afrique. En raison des élections fédérales, les politicien·ne·s se sont emparé·e·s du thème de l’asile. Certain·e·s ont fait des Erythréen·ne·s leur bouc émissaire, allant jusqu’à demander que la Suisse cesse de les considérer comme des réfugié·e·s et les renvoie dans leur pays. D’ordinaire plutôt discrets en Suisse, des membres de la communauté érythréenne prennent la parole pour sensibiliser la population suisse à la situation dramatique de leur pays d’origine. Cet automne, ils organisaient une campagne intitulée «L’exil des Erythréens expliqué par eux-mêmes», et tenaient des stands d’informations dans plusieurs villes de Suisse. Leur objectif principal : dénoncer le service national obligatoire. En Erythrée, tous les citoyen·nes agé·e·s de 18 à 50 ans ont l’obligation de servir le pays par le biais d’un service militaire et civil. Celles et ceux qui tentent d’y échapper sont considéré·e·s comme des opposant·e·s, détenu·e·s au secret et souvent torturé·e·s.

«La population suisse voit de plus en plus de réfugiés érythréens, mais elle ne sait pas pourquoi ils fuient leur pays. Nous avons voulu défendre ceux qui ne parlent pas», explique Filmon Abraha. Ce Genevois d’adoption arrivé en Suisse à l’âge de 10 ans s’engage aujourd’hui pour faire connaître la vérité sur le service national érythréen en Suisse. «Quand on voit que cinq mille personnes quittent le pays chaque mois, on ne peut plus avoir de doutes sur la situation là-bas : le régime terrorise la population», s’indigne-t-il.

L’esclavage par l’Etat
Veronica Almedom, Medhanie Kidane et Amanuel se sont rencontré·e·s lors d’une veillée en mémoire des trois cent soixante-six victimes du naufrage de Lampedusa du 3 octobre 2013. Depuis, les trois jeunes mènent ensemble une campagne intitulée «Stop Slavery in Eritrea» (Stop à la torture en Erythrée). Lancée à Londres en janvier 2014, elle réunit au niveau européen une douzaine de militant·e·s qui font du lobbying auprès de la communauté internationale. «L’objectif est de dénoncer le service national en Erythrée et d’expliquer qu’il s’agit d’une forme d’esclavage par l’Etat, souligne Veronica. Nous avons voulu utiliser des mots forts pour présenter les atrocités commises par les autorités.»

On ne peut rien dire contre le gouvernement sous peine d’être arrêté, torturé, emprisonné, voire exécuté de manière totalement arbitraire.

Veronica est arrivée en Suisse à l’âge de 6 mois. C’est en 2010, lors d’un voyage à Asmara, la capitale, qu’elle comprend la nature du régime. «On ne peut rien dire contre le gouvernement sous peine d’être arrêté, torturé, emprisonné, voire exécuté de manière totalement arbitraire», soupire-t-elle. La jeune femme et ses collègues sont particulièrement fiers de la manifestation organisée le 26 juin 2015 sur la place des Nations à Genève. Après la publication du rapport de la commission d’enquête de l’ONU sur l’Erythrée, environ cinq mille personnes étaient venues protester contre les exactions du régime. «C’était un signe très fort, des gens sont venus de toute l’Europe», raconte Medhanie avec émotion. Lui-même a été enrôlé dans l’armée à l’âge de 17 ans, avant de fuir vers la Suisse via le Soudan.

Surveillance tentaculaire
Tzeggai Tesfaldet fait partie de la première génération de réfugié·e·s érythréen·ne·s en Suisse, il s’est enfui en 1981, lorsque l’Erythrée était en guerre contre l’Ethiopie. Assistant social depuis 1989, il travaille aujourd’hui à l’Hospice général du canton de Genève et est fréquemment en contact avec des requérant·e·s d’asile érythréen·ne·s. «Peu de mes compatriotes osent prendre la parole, car la peur instillée par le régime érythréen les poursuit jusqu’ici», explique-t-il. « Le système de surveillance de ce régime étend ses tentacules jusqu’en Suisse. Le consulat érythréen à Genève a des agents au sein de la diaspora qui enquêtent sur les nouveaux et nouvelles arrivant·e·s et recourent à des mesures d’intimidation envers les personnes qui critiquent le régime. Medhanie a déjà reçu des messages via Facebook le menaçant de s’en prendre à ses parents restés au pays. Le consulat fait aussi pression sur ses ressortissant·e·s pour qu’ils s’acquittent d’une taxe de deux pour cent sur les revenus. Refus d’octroyer des documents officiels, menace de saisie des biens en Erythrée ou obstacle au transfert d’argent vers le pays sont autant de moyens utilisés pour inciter les Erythréen·e·s à payer la taxe. «Les Erythréen·e·s sont contraint·e·s de verser de l’argent à une dictature qui les a forcé·e·s à fuir. Il faudrait que la Suisse fasse cesser ces pratiques», déplore Veronica. L’Office fédéral de la police a enquêté sur l’affaire. Il a déposé une plainte fin octobre, le Ministère public de la Confédération doit maintenant décider s’il y a lieu d’ouvrir une instruction pour définir si cet «impôt» prélevé en terres helvétiques est illégal.

Un pays vide
Amanuel et Tzeggai s’accordent pour dire que le service national mis en place depuis vingt et un an a complètement détruit le noyau familial et la structure sociale du pays. «Il n’y plus de guerre en Erythrée, mais il n’y a pas de paix non plus», raconte tristement Tzeggai. Les Erythréens ne peuvent faire aucun projet, en raison du service national qui les réduit en esclavage pendant une période allant jusqu’à vingt ans. Lorsqu’ils sont libérés, à l’âge de 40 ans, il leur est impossible de trouver du travail et de fonder une famille.»

Quelques éléments laissent pourtant augurer d’un changement: «Aujourd’hui, le pays est isolé et avec la crise migratoire, les pays européens pourraient faire pression sur le pays», envisage Filmon. Et Tzeggai d’ajouter : «Les choses ne peuvent de toute façon plus continuer ainsi car le pays est déserté. Sur une population de cinq millions d’habitant·ne·s, cinq mille personnes qui fuient le pays chaque mois, c’est beaucoup. En fait, le pays est déjà vide !».

L’exode
Selon l’agence Frontex, vingt-quatre mille Erythréen·ne·s auraient fait le voyage pour rejoindre l’Europe durant les huit premiers mois de 2015. Ils formeraient le plus gros contingent d’arrivées clandestines après les Syrien·ne·s et les Afghan·e·s. Selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés, quatre cent mille personnes auraient quitté le pays ces dernières années, soit environ neuf pour cent de sa population. En relation avec son nombre d’habitant·e·s, l’exode érythréen serait donc le plus extrême au monde. C’est également l’un des pays d’où fuient le plus de mineurs seuls. En 2014, parmi les sept cent nonante-cinq mineur·e·s non accompagné·e·s arrivé·e·s en Suisse, cinq cent vingt et un étaient érythréen·ne·s.

Article paru dans le magazine AMNESTY n°84, novembre 2015 www.amnesty.ch

HAINA: Joven salió a pagar muebles el día 17 y no ha regresado
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HAINA:  Está desaparecida desde la mañana del 17 la joven Jeannett Rodríguez (Jacqueline), quien salió de su residencia en el Proyecto San José, con la finalidad de hacer el pago de unos muebles en una mueblería en el kilómetro 12 de la carretera Sánchez, y desde entonces se desconoce su paradero.

Los familiares de la joven acudieron a la mueblería, donde le permitieron ver un vídeo y se observa cuando ésta efectúa el pago y sale.

Sus parientes han acudido a hospitales, morgues y destacamentos policiales para dar con su paradero, sin embargo, no han tenido éxito en la búsqueda.

Su hermano Antonio Rodríguez pide a cualquier persona que dé con el paradero de Jeannet, madre de un niño, que se comunique con los familiares a los teléfonos (829) 601-5751 y (829) 478-7247.

La familia espera que ciudadanos que la vean y la Policía ayuden a encontrar a la muchacha.


Fuente: noreply@blogger.com (Ohelmis Sánchez) HAINA: Joven salió a pagar muebles el día 17 y no ha regresado
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HAINA:  Está desaparecida desde la mañana del 17 la joven Jeannett Rodríguez (Jacqueline), quien salió de su residencia en el Proyecto San José, con la finalidad de hacer el pago de unos muebles en una mueblería en el kilómetro 12 de la carretera Sánchez, y desde entonces se desconoce su paradero.

Los familiares de la joven acudieron a la mueblería, donde le permitieron ver un vídeo y se observa cuando ésta efectúa el pago y sale.

Sus parientes han acudido a hospitales, morgues y destacamentos policiales para dar con su paradero, sin embargo, no han tenido éxito en la búsqueda.

Su hermano Antonio Rodríguez pide a cualquier persona que dé con el paradero de Jeannet, madre de un niño, que se comunique con los familiares a los teléfonos (829) 601-5751 y (829) 478-7247.

La familia espera que ciudadanos que la vean y la Policía ayuden a encontrar a la muchacha.


Fuente: noreply@blogger.com (Ohelmis Sánchez) HAINA: Joven salió a pagar muebles el día 17 y no ha regresado
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Los familiares de la joven acudieron a la mueblería, donde le permitieron ver un vídeo y se observa cuando ésta efectúa el pago y sale.

Sus parientes han acudido a hospitales, morgues y destacamentos policiales para dar con su paradero, sin embargo, no han tenido éxito en la búsqueda.

Su hermano Antonio Rodríguez pide a cualquier persona que dé con el paradero de Jeannet, madre de un niño, que se comunique con los familiares a los teléfonos (829) 601-5751 y (829) 478-7247.

La familia espera que ciudadanos que la vean y la Policía ayuden a encontrar a la muchacha.


Fuente: Ecos del Sur