je-veux

Je vais dans des cafés. Je suis trop maquillée. Je laisse les hommes me regarder. Je les laisse me défigurer. Me transfigurer. Je deviens une autre fille. Ce soir je suis une Alice, une Juliette ou une Hélène. Je suis au théâtre, je joue, je fais semblant. Les hommes me disent souvent qu’ils aiment mes yeux. C’est vrai, c’est la seule chose intéressante, ces yeux comme deux puits pour faire résonner les pierres. Je ne suis qu’une fille avec des yeux. J’oublie le reste, ça m’arrange bien. Je suis un regard qui se déplace. Qui s’enfuit. Un regard au supplice. Tu me dis que mes gestes sont lents, que je suis maladroite, que les choses m’échappent des mains : c’est mon corps qui s’efface. J’aime mieux oublier. Je ne veux pas qu’on touche à mon corps qui n’existe pas. Je ne veux pas qu’on m’embrasse. Pardonne-moi mon enfant-roi, ne m’embrasse pas. Je n’aime dans les baisers que la chaleur de ton âme. J’ai le corps tout émietté. J’ai le corps en pain perdu. Je voudrais le retrouver. Si je rencontre un homme qui me le fait trouver, il faudra que je le suive au bout de ma vie. Mais je ne crois pas que ce soit une chose qui se trouve. Je crois que c’est une chose qui se construit. Et je ne veux de tout façon pas faire ma vie autour d’un homme. Les hommes me font peur, c’est pour ça que je les aime avec des fêlures. Les garçons aux mains douces et à la tête en poésie. Les grands méchants loups qui se couchent à mes pieds pour réclamer des caresses. Ceux qui ont les yeux rieurs mais le cœur tout craquelé.

Hier je suis allée à un spectacle d’impro à 20h. La MJC est à 10 minutes de chez moi à pied et c’était samedi soir donc je me suis dit qu’il y aurait du monde dans les rues donc que ça irait. Mais que nenni. Au bout de 2 minutes, y a une voiture qui m'a klaxonnée et 3 minutes après, un mec m'a fait une espèce de sifflement bruit de serpent je sais pas trop mais apparemment je suis un animal on fait des bruits pour attirer mon attention bref je veux la mort de ces personnes sérieux je suis remplie de haine parce que je marche dans la rue je fais rien je suis tranquille et eux ils m'agressent et je peux rien faire ou rien dire parce qu'ils sont plus forts que moi et je veux pas envenimer le truc et après t’as encore des mecs qui disent “eh mais on peut même plus faire des compliments aux filles alors ?” NON pas à une inconnue dans la rue, désolée mais t’es obligée de prendre en compte le fait que dans la rue, un gars face à une fille c’est juste une menace et pour ça tu peux t’en prendre qu’à tous les autres gars qu’ont fait de la merde et certainement pas aux filles qui veulent juste être tranquilles, on te demande pas un effort surhumain : juste comporte toi comme un être humain et pas comme un animal, ignore les filles dans la rue, et ferme ta putain de gueule quand t’en croises une.

Je veux aimer, mais je ne veux pas souffrir; je veux aimer d'un amour éternel, et faire des serments qui ne se violent pas.
—  On ne badine pas avec l'amour, De Musset

Ma cousine de 4 ans ne veut que du reine des neiges pour Noël, alors je vais lui prendre un jouet montessori. Ce n'est pas pour me jeter des fleurs mais avec l'expérience de ces deux dernières années je me suis rendu compte qu'elle joue avec ses jouets princesses, reine des neiges, mimie (ou comment genrer une gamine dès son plus jeune âge sans lui laisser la possibilité de choisir) pendant deux mois puis après ils disparaissent et les jeux montessori que je lui prends deviennent ses activités préférés (ainsi que mes livres d'enfances, ma mère lui a donné, trahison). Enfin bref je ne dis pas que Montessori c'est l'éducation parfaite et tout, je veux juste dire qu'acheter jouets sur jouets aux enfants est inutile. Puis s'il était possible d'arrêter d'acheter des jouets roses et films disney juste parce que c'est une fille ce serait bien, merci ma famille.

Les fils de rien, les princes, les humiliés - Stéphane Guibourgé

J’ai quarante-sept ans. Je bâtis une maison pour mon fils. Je redresse une ruine avec peine. Je veux croire que le temps ne manque pas. Que mon fils pense à moi. Que nous nous retrouvons bientôt. Je sais pourtant que chaque jour enfui est un pas vers la fin. Un préambule. Demain est une illusion d’alliance, de retrouvailles. Je ne connais pas les mots, les gestes pour exprimer l’attachement. Alors je m’éloigne du monde avant qu’il ne s’éloigne de moi. Je brise avant d’être brisé. Pourtant, j’abrite cette cette certitude : ce sont ces mots, ces gestes qui libèrent et donnent la paix, effacent les regrets. Comblent les distances, conjurent le chagrin des fils et des pères.

Je cherche à comprendre pourquoi il nous faut chaque fois répondre à une blessure par une autre blessure. Subir et infliger. Comment rompre ce cercle ? Comment recouvrer notre liberté ?

Mes pensées me mènent aux limites du sens. J’atteins l’absurde et j’ai peur. Est-ce la folie, est-ce une lumière ? Quelque chose tressaille en moi, repousse mes côtes, ménage une place que je ne soupçonne pas. Le coeur me manque encore pour y consentir. Le courage. Il faut beaucoup de force pour accepter d’espérer. Quelle est cette force qui me malmène et m’accueille à la fois ?

Oui, j’ai peur.

Vie savonnée

Ces temps-ci, je fais n’importe quoi, je ne sais pas du tout gérer mon temps et à vrai dire je m’interroge sur ce que je fais de mes journées. 

Je ne lis plus, je ne regarde plus la TV, mais par contre, je prends 5 kg à manger tous les plats les plus gras que je puisse trouver. 

Pratiquement tous mes amis sont là, genre “mais qu’est ce que tu fais? Tu donnes plus de nouvelle”. Mais, même moi je ne sais pas ce que je fais. Et je crois que je n’ai pas envie de les voir, ou alors, pas tous. Je ne veux rien faire, comme à peu près 364 jours dans l’année. Mais, cette fois-ci, littéralement rien, à part méditer sur le sens de mon existence sociale. 

Et je me fiche de tout, ma vie glisse comme un savon mouillé entre mes doigts mais je m’en fous. (:

anonymous asked:

J'ai l'impression d'être deux personnes à la fois. L'une est sociable, va facilement vers les gens, rigole avec eux. L'autre, avec certaine personnes avec qui je ne saurais dire pourquoi je ne me sens pas à l'aise, est froide, à peu de discutions et souris pas beaucoup (voir jamais). J'en ai marre, j'ai l'impression de pas donner l'image que je veux donner. Je suis pas cette personne là, j'ai envie d'être moi. Mais quelque chose me bloque, qu'est-ce que je dois faire s'il te plait ?

Tu peux venir en privée ?

Je t'aime comme un pauvre enfant
Soumis au ciel quand le ciel change ;
Je veux ce que tu veux, mon ange,
Je rends les fleurs qu'on me défend.
Couvre de larmes et de cendre,
Tout le ciel de mon avenir :
Tu m'élevas, fais-moi descendre ;
Dieu n'ôte pas le souvenir !
—  Marceline Desbordes-Valmore; J'avais froid

Je suis à nouveau complètement paumée dans mon orientation c’est le caca et je m’en veux tellement tellement de pas avoir eu les couilles de quitter le droit plus tôt. Maintenant j’ai l’impression de plus avoir le temps ou le droit de me tromper, je suis censée savoir où je vais mais j’en sais rien du tout. Voili voilou

Moi je veux encore des batailles de bières, puis des câlins, et des expériences débiles, je veux encore des fous rires dans les magasins à passer pour deux connards a rigoler comme jamais, je veux me réveillée à coter de toi et te faire pleins de papouilles, je veux prendre des cuites avec toi, que on se raconte des trucs stupides, puis t'entendre râler parce que tu veux voir le film alors que moi je veux t'emmerder.

Quand elle me dit “non mon amour” ou “non, je t’aime”, ses refus sont d’une telle délicatesse que mon cerveau de mâle, éduqué dans la domination masculine, n’a d’autre choix que de les prendre en compte. Avec sourire et douceur. Je me vois épris de la liberté de celle que je veux mienne.

Mon objectif dans la vie ?

Être quelqu’un de bien. J’pense que y’a trop de gens qui ne se rende pas compte du défi que c’est. J’pense aussi qu’il y en a trop qui ne savent pas ce que ça veut dire.

Je ne veux pas me contenter de “ne pas faire de mal”, je veux “faire du bien”.


Je dis ça mais bon… qui vivra verra.