je refuse

gosh darn it

I do not care how many thousands of words I have to write to fix corruption by red lyrium, insanity by lyrium poisoning, Hawke being trapped in the Fade, or trying to figure out how to “maintain” the markings throughout the years or whatever

but no matter what it takes I absolutely, totally, categorically refuse to accept a world where Fenris doesn’t live happily ever after with an LI of his choice and every creature comfort Thedas can offer him for the rest of his long, peaceful, contented life.

Peut-être que ça m'affecte autant parce que je suis un peu pareille.

On est tous un peu pareils, on va pas se mentir. On a tous plusieurs personnalités, plusieurs “nous”. Ne serait-ce que le “nous” de quand on est avec la famille, le “nous” de quand on est avec les amis, et le “nous” de quand on est avec des gens qu'on connaît pas.

Vous allez pas vous la jouer saint d'esprit et faire croire que vous êtes Un. On est tous dingues. on est tous brisés, en plein de petits morceaux, de tailles et de formes et de couleurs différentes, et c'est pour ça que le monde tourne encore. C'est pour ça que les êtres humains ne sont pas encore tous morts, par manque de compassion, d'empathie. Parce que, parfois, deux personnes ont des morceaux de la même couleur, ou de la même taille, ou de la même forme, et que ces morceaux s'assemblent et que merde, ça fait de la lumière. Parce qu'on est tous brisés, défoncés, des morceaux irréguliers de verre coloré qui ne tiennent ensemble que parce qu'on se tient tous ensemble. Parce qu'on se porte et supporte les uns les autres.

Alors peut-être que ça m'affecte autant parce que je suis un peu pareille.

Parce que je ne suis pas Un. Je suis Plusieurs. Je suis la Princesse, celle qui veut protéger le monde et les gens et les animaux, qui est de bonne humeur et qui chante tout le temps, qui rêvasse appuyée contre la fenêtre du bus, qui aime les paillettes et les robes et la magie. Je suis la Révolutionnaire, celle qui a du cuir à la place de la peau, du métal à la place des poings, des lames à la place des mots, et du feu à la place du coeur. Je suis l'Aventurière, celle qui court et qui nage et qui saute et qui grimpe et qui jure et qui crie une fois arrivée en haut des montagnes, celle dont la curiosité est insatiable, celle qui pousse pour faire mieux, pour aller plus loin, plus haut, qui aime voir la beauté des choses et dépoussiérer les plus merveilleux secrets du monde, qui fait ce dont elle a envie quand elle en a envie. Je suis la Grande Soeur, celle qui apprend, difficilement, qui tombe et qui se relève, qui se fait mal et qui jure et qui se soigne, elle-même, avec les moyens qu'elle a, celle qui prend soin de ceux autour d'elle avec des mots et des étreintes réconfortants, qui essaye de calmer les conflits, de comprendre l'avis des autres, de donner les meilleurs conseils possibles grâce au peu qu'elle a d'expérience face à la vie. Je suis la Amère, celle qui pleure souvent, pour beaucoup de choses, qui a peur de tout, du futur, celui du monde entier et le sien en particulier, des exams, des concours, du boulot, des impôts, de la maison, des animaux de compagnie, de la routine, de l'inconnu…

Je ne suis pas Une. Je ne le serais jamais. Et tant mieux.

Je suis Plusieurs. Je suis une multitude de morceaux de verre disparates, qui, lorsqu'ils sont correctement assemblés, forment un vitrail. Seules peu de personnes ont vu ce vitrail, et savent ce qu'il représente.

Le vitrail me représente moi, mais qu'est-ce qui me représente, au juste ?

Une seule chose est sûre : c'est quelque chose de coloré et de joyeux, comme le dessin d'un enfant, et jamais cela ne pourrait être réalisé si toutes les pièces se ressemblaient.

Alors oui, peut-être que ça m'affecte autant parce que je suis un peu pareille.

Mais je refuse catégoriquement de voir les personnalités de Mathieu disparaître.

Je refuse d'être honteuse d'avoir un corps.

Je refuse d'être embarrassée lorsqu'un tampon tombe de mon sac, ou rester un jour entier anxieuse à me demander si quelqu'un a remarqué que j'ai oublié de me raser une partie de ma jambe. Je n'ai pas été mise dans ce monde pour sans cesse m'excuser de mon existence, et refuse de laisser qui que ce soit me faire ressentir que j'ai a perdre mon temps dans cette merde.

Heidi Pickett

Je voudrais te dire tout ça. Te dire tous ces mots écrits au nom de mon amour pour toi. Te dire toutes ces insomnies, toutes ces pensées, tous ces rêves. Te dire que je t'aime, que je refuse de te perdre, que t'es le seul avec qui je veux être, que t'as bouleversé quelque chose en moi, je ne saurai dire quoi. Te dire tout, sans limites, avant qu'il ne soit trop tard.