je crois que je suis amoureuse

Elle m'a dit « je t'aime » en me regardant droit dans les yeux, puis a rapproché ses lèvres des miennes et m'a embrassée, puis elle a souri, toujours ses lèvres appuyées contre les miennes, et j'ai souri à mon tour, et on s'est à nouveau embrassées, effleurant nos lèvres, puis on s'est fait des câlins et des caresses, on était dans les bras l'une de l'autre, face à la Tour Eiffel et je lui disais que c'était trop beau, qu'elle était trop belle, qu'elle était la plus belle chose qui me soit jamais arrivée, je crois qu'à ce moment-là, j'étais heureuse, je crois que je suis simplement heureuse lorsque je suis dans ses bras, c'est incroyable l'emprise qu'elle a sur moi, c'est incroyable l'effet qu'elle me fait, j'aimerais tellement être avec elle à chaque instant de ma vie, je crois que je suis vraiment amoureuse, follement amoureuse, éperdument amoureuse ; elle n'imagine pas à quel point je l'aime, j'ai jamais aimé autant, j'ai jamais aimé avant elle, et je crois que je l'aime plus qu'elle ne m'aime et ça me déchire parce que j'ai constamment peur de la perdre vous savez, je peux pas vivre sans elle, je peux pas vivre en étant constamment bouffée par la peur, c'est insupportable, invivable ; bordel, je l'aime, vous m'entendez, je suis AMOUREUSE, c'est merveilleux, c'est splendide, c'est magique, mais pourquoi ça fait aussi mal putain, pourquoi ? (dîtes-moi).

Quand je t'ai demandé Paul B. Preciado, c'était l'amoureux de Virginie Despentes? Je crois que tu as répondu Cela ne m'intéresse pas beaucoup. Je me suis sentie Jeune-Fille, à me demander qui sort avec qui. Mais je voulais juste parler de Virginie Despentes, de quand elle raconte qu'à mon âge, elle est tombée amoureuse pour la première fois d'une femme. C'était Paul - Paul s’appelait Beatriz, comme tu dis.
Hier, avec L., on est allés à un cours de l'Université populaire. Toute la soirée on a essayé de comprendre ce que c'était que d’être queer. On s'est demandé si on pouvait l'être un tout petit peu, parce que je ne me sentais pas complètement femme, et lui peut-être pas complètement homme. Mais après, on s'est dit qu'en rêvant d'être queer on voulait tout s'approprier, comme des colonialistes normés.

Ce soir, sans réfléchir, d’un coup, je t’ai écrit

Je me sens fucking toute seule tout le temps
J'aimerais ça avoir le droit de t’appeler
J'ai reçu le nouveau livre de Valérie Mréjen
C'est l'histoire d'un enfant qui naît

Julie, le 16.02.2017

Je crois que j'ai sut que j'étais tombé amoureuse quand je l'ai entendu rire, quand je me suis sentit sourire sans me forcer, quand je me suis sentit libre et vivante pour la première fois depuis longtemps.

Je crois que je suis tombée amoureuse d'un garçon bien. Il est gentil, honnête. Il est adorable, mignon et ne parvient même pas à mentir convenablement.
Ma plus grande peur est de le rendre mauvais.