jauger

Swallowed by the truth.

Après cinq mois de délibérations, signatures, entretiens et réunions entre tous ces dirigeants de l’ONU, les accords de Sokovie étaient désormais pleinement mis en place sur tous les aspects. Stark ne s’imposa pas cette fois-ci et laissa les choses se faire d’elles-mêmes. Ils n’avaient pas besoin de son avis, ils comprendraient bien assez tôt certaines erreurs qu’ils faisaient. Mais c’était malheureusement nécessaire. Il restait simplement en colère que certains soient incapables de faire des concessions. Restant donc dans l’ombre et continuant de traquer les hommes de la Main, de l’AIM et du Mandarin, il se fit pourtant contacter par le nouveau directeur du SHIELD quand l’organisation fut officiellement réintégrée. Jeffrey, de son nom, voulait bien évidemment faire grimper l’image du SHIELD en connectant l’agence avec un Avenger, en l’occurrence celui qui avait pleinement défendu les accords. Si Tony restait constamment méfiant auprès du SHIELD (surtout Fury de son temps), il accepta de le rencontrer, ne serait-ce que pour apprendre à connaître l’homme, ses intentions, le jauger et espionner au passage. En gage de sa bonne foi, Jeffrey lui rendit les affaires personnelles du SHIELD qui avaient appartenues à Howard Stark. Pas les expériences que lui avait donné Fury il y a des années, non, mais le reste du placard, le reste des archives, ce qui n’avait pas été révélé au grand jour lors de la chute du SHIELD. Tony n’avait pas espéré trouvé ce qu’il avait trouvé, il n’en attendait pas grand chose en réalité. Il en profita qu’Amara soit partie travailler à Boston pour fouiller les affaires de son père, parcourir les notes, les photos, les petites inventions tout en écoutant les cassettes de musique d’Howard, les enchainant sans vraiment regarder ce qu’il y avait marqué dessus.

“Okay, voyons voir si j’y arrive. Note pour « l’inévitable discussion avec mon fils, Tony » … Version, uh, huit millions et quelques. Tony… Qu’est-ce que je pourrais te dire ? Nous étions humains ? Personne n’est parfait, pas même nous. Nous avons toujours essayé d’être les meilleurs parents possible ? Nous avons fait des erreurs, nous avons essayé du mieux que nous pouvions, mais nous avons échoué. Mais tout ça ne veut pas dire que tu n’étais pas important, au contraire, tu l’étais. Et tu l’as toujours été. Mais il y a un secret que nous ne pouvions partager avec toi… Que je ne pouvais pas partager avec toi, la peur du rejet sans doute. Et si tu écoutes ça aujourd’hui, cela veut dire que nous sommes morts et je regrette de ne pas pouvoir te dire ceci en face. Nous aurions dû te le dire plus tôt, mais c’est compliqué et il y a trop de risques… Nous devions attendre. J’espère simplement que quand le temps viendra, je trouverais les mots pour te faire comprendre parce que là, c’est encore une version ratée. Qu’est-ce que pourrais te dire, Tony ? Je vais avoir du temps pour y penser, éventuellement.” Le lecteur tournait la cassette pour une énième fois, encore et encore. L’atelier avait quelque peu perdu de sa vie, seul le bruit du lecteur brisait le silence et accompagnait une respiration forte et irrégulière. “ (…) Mais nous ne pouvions concevoir d’enfant. Mon dieu… Tony. Ça ne sort pas comme il faut, ça sonne comme si tu n’étais qu’une façade à nos problèmes… Nous t’aimions. Nous t’avons toujours aimé…” “MENTEUR !” Faisant écho au cri, Stark se redressa et poussa le lecteur et ce qui se trouvait sur le bureau avec violence si bien qu’il s’échoua par terre avec fracas, continuant pourtant sa lecture, le reste formant un joyeux bordel.

Tony tenta d’inspirer profondément, debout, les poings serrés avec force, le visage tendu et caché par l’ombre de sa tête basse. Il fut prit d’un soubresaut mais ne céda pas aux sanglots, se laissant plutôt glisser sur le sol, le dos posé contre un meuble. Il posa ses bras sur ses genoux et vint poser sa tête entre eux. Il fut prit de soubresauts à répétition mais ne pleura pas. Voilà qu’on lui mentait, encore. Sa vie était un mensonge, son existence était un mensonge…