j'ai raison

Avant de partir

Avant de partir, je veux que les choses soient claires entre nous. Je vais aller refaire ma vie à 6000 kilomètres d'ici et je ne veux pas te laisser sans dire quelque chose. Alors, oui, tu dois te douter de ce que je vais te dire. Mais je pense que tu vas être surpris quand même.
Oui, tu es l'une des raisons qui fait que je m'en vais. Mais ce n'est pas ce que tu crois. Je ne pars pas car tu m'as souvent tannée à partir en me rappelant à quel point je gâchais mon potentiel en restant en France. Non. Je pars car maintenant tu es avec J. J'ai même exactement pris la décision de faire ma demande d'admission le jour même où tu me l'as dit. Car à ce moment-là, je me suis dit que je ne supporterais pas de recommencer encore une fois ce que j'avais fait avec C. Mais maintenant, c'est plutôt que j'ai réalisé que si je veux avancer, je dois m'éloigner de toi. Sinon je ne passerai jamais à autre chose. C'est de cette manière que j'ai réussi à m'en sortir avec Laetitia. Donc faut croire que l'adage “loin des yeux, loin du cœur” marche un peu.
Mais j'ai un aveu à te faire. Je t'ai aimé d'une manière insoupçonnée. Tu m'as offert la meilleure des première fois, la meilleure dont je pouvais rêver. On a fait l'amour, littéralement. Peut être que tu ne m'aimais pas, mais on s'est beaucoup aimé ce jour-là. Et les fois suivantes. Je sais que j'ai fait une erreur en en parlant aux autres. J'avais besoin de soutien et c'était mes amis. Après je t'ai perdu. Ne nous voilons pas la face : depuis, ça n'a plus jamais été pareil entre nous. Avant, on était tactile, on parlait sans avoir besoin de mots, on était connecté. Par la suite, on a essayé d'arranger les choses mais, c'est resté. Même si notre lien existe toujours.
Je sais que tu y as pensé. Tu as sûrement dû te demander si sortir avec moi était une bonne idée ou pas. Tu as pris ta décision seul. Tu ne voulais pas risquer notre amitié avec du sexe. Je le comprends. Mais peut être y-avait-il une autre raison. Peut-être que je ne te plaisais pas. Peut-être que j'ai été nulle au lit. Peut-être que je ne suis pas assez “bonne” ou “jolie”. Mais, cependant, je me fais peut-être des films mais je me suis parfois dit qu'au fond de toi-même, tu m'affectionnes peut-être de la manière dont je voulais que tu m'affectionnes à l'époque.
Les choses ont l'air de super bien se passe entre toi et J. Et c'est cool. Je savais que vous étiez faits l'un pour l'autre. Je le sais depuis la soirée chez JB d'il y a deux ans, où vous vous êtes rencontrés. Ça crevait les yeux. Et je suis heureuse pour toi maintenant. Vous allez bien ensemble et j'espère que ça durera longtemps.
Mais je vais te faire une confidence. Je pars à l'autre bout du monde mais si un jour, ça ne fonctionnait pas entre vous, ou si tu as un doute, je serais là. Si tu viens au Canada, je t'accueillerai à bras ouverts, qu'importe la situation dans laquelle je me trouverai. Je ne vais pas t'attendre comme une épouse transie qui attend son mari qui revient de la guerre, je te rassure. Je vais faire ma vie. J'ai déjà commencé à vrai dire. Je découvre que je peux plaire à d'autres. J'apprécie ce sentiment. J'apprécie d'être désirée. Et je compte bien en profiter. Mais tu restes ma première fois. Et je tiens à toi plus que tout au monde. J'ai beau te haïr, tu me tapes sur les nerfs des fois, et pourtant je continue à penser que tu es quelqu'un de génial. Et je sais que si dans 2 ans, 5 ans ou même 10 ans, tu revenais vers moi… Je ne dirais sûrement pas non. Alors voilà, mon ami, mon confident, mon amour (si j'ose dire), je ne serai pas loin. J'aurais beau être à 6000 kilomètres, je serai juste là avec toi. Je veux que cette amitié perdure car elle m'est précieuse. Et je t'aime énormément. Mais la distance te fera peut être remarquer que je te manque un peu, tout de même.
Enfin bref. Je vais m'en aller. Et je flippe carrément. Mais sache que je serai là pour toi, toujours. Quoi qu'il advienne. Et que j'ai beau être passé à autre chose, je sais que si tu changeais d'avis, j'y réfléchirai à deux fois avant de refuser.