incartade

au revoir mon amour

écrire sur la grande toile en invisible

me demande souvent la violence d'être

autant honnête à l'extérieur qu'à l'intérieur


écrire dans le cocon bleu me permet de

ne pas faire semblant me laisse être moi-

même je ne me cherche pas d'excuse et je donne

souvent aux pages la vérité brute et sale puisque les

pages ne seront pas relues


écrire aux yeux de tous soudainement je ressens

le poids de tous ces cils qui clignotent et pèsent sur mes

épaules et engoncée je me sens surveillée je me sens lue

disséquée analysée et alors mes petites incartades à

la réalité mes petits flous pour plaire plus à la poésie

qu'au vrai alors tous ces pas de côtés je les ressens comme

des impostures comme des fausses acclamations déclarations

alors je me sens fausse et bancale et creuse


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écrire sur la grande toile en invisible

me demande souvent la violence d'être

autant honnête à l'extérieur qu'à l'intérieur

pour me sentir justifiée, justifiée d'écrire