hourloupe

"Dubuffet, l'insoumis", bleu-blanc-rouge et au-delà

Jusqu'au 2 novembre, le fonds Hélène&Edouard Leclerc propose dans leur fief de Landerneau (Finistère), la réunion des deux grandes collections de Dubuffet, celle du musée des Arts décoratifs (Paris) et celle de la Fondation Dubuffet. 

Autoportrait II, 1966.

Une première pour un artiste dont on connaît souvent les toiles ou  sculptures dites de l'Hourloupe, aux couleurs bleu, blanc, rouge - non par patriotisme mais parce qu'elles trouvent leur origine sous les crayonnés des fameux stylos Bic à quatre couleurs.

Lili au corsage à carreaux, 1935.

Il y eut une “préhistoire” (selon le mot de l'artiste) à l'Hourloupe, notamment l'époque où Dubuffet jeune fait ses classes de peintre et dessinateur; au Havre, d'abord, tandis que sa famille, dans le négoce en vin, le regarde faire d'un œil torve; à Paris, ensuite, où il décide finalement après avoir vu des expositions “d'art avant-gardiste”, que l'art devrait moins se mettre sous cloche et retrouver la rue.

Femme assise au fauteuil (ou femme nue mi-corps), 1942.

 Fusains (ci-dessus), stylo, huile, polystyrène, et même ailes de papillon, Dubuffet produit en chercheur aux côtés de sa seconde femme Lili, il se fait le “découvreur” et porte-parole de l'art brut (sa collection migrera de la rue de Seine à Paris, à Lausanne suite à de multiples querelles avec les autorités françaises). Peu enclin à fréquenter le milieu artistique - qu'il déteste, il a en revanche le soutien des intellectuels (Budry, Paulhan, Queneau, etc.).

Rédingoton,1973-1974.

La Fondation Hélène&Edouard Leclerc et la commissaire d'exposition Sophie Webel (directrice de la Fondation Dubuffet) montrent les quatre périodes majeurs de l'artiste, jusqu'à ses “dernières années (1975-1984)”, qu'on connaît moins (ci-dessous).

Mondanité XXVII et Mondanité XXXIII, 1975.

Au total, ce sont 210 œuvres - 64 peintures, 42 sculptures et maquettes d’architecture, ainsi qu’une centaine d’œuvres sur papier qui sont présentées ici.