histoire de l' art

Donc, songez, poètes; songez, artistes; songez, philosophes; penseurs, soyez rêveurs. Rêverie, c'est fécondation. L'inhérence du rêve à l'homme explique tout un côté de l'histoire et crée tout un côté de l'art. […] Seulement n'oubliez pas ceci : il faut que le songeur soit plus fort que le songe. Autrement danger. Tout rêve est une lutte. Le possible n'aborde pas le réel sans on ne sait quelle mystérieuse colère. Un cerveau peut être rongé par une chimère.
—  Victor Hugo, Le promontoire du songe
( pensant à toi (...) )

Les vraies images sont toujours celles des songes parce que les érections les plus impérieuses ont lieu au cours des rêves.

Pascal Quignard, La nuit sexuelle, éditions Flammarion, Histoire De L'art, 2007

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( en lisant… )

Mais n'avez-vous pas remarqué que depuis 1930, avec quelques exeptions qui confirment la règle, tout ce qui se dit artiste est de la merde… Pensez-vous donc que ceux qui croient à quelque chose puissent seulement envisager d'être subventionnés par un État et, réciproquement, qu'un État puisse envisager sérieusement de subventionner ceux qui croient en quelque chose ? Vous croyez-vous toujours au temps de Louis II de Bavière ? N'avez-vous pas remarqué que depuis 1930 toutes les formes classiques de l'art sont usées et que c'est la seule raison de l'absence de jeunes talents là ? Que voulez-vous qu'un jeune talent aille faire là ? N'avez-vous pas remarqué que lorsque notre époque enfante une individualité indiscutable par le style, c'est un Besse ou un Mesrine… [ou de nos sombres jours un Durn ou un John Hinckley Jr] ? N'avez-vous pas remarqué qu'il y a des raisons historiques qui ressortissent à l'histoire de l'art moderne pour cela ? Ignorez-vous que vers 1930 une dizaine de jeunes hommes dans la force de l'âge en sont morts volontairement après avoir porté leur suicide à la boutonnière ? Ignorez-vous que l'on n'écrit pas impunément après Joyce, que l'on ne peint pas impunément après Malévitch, que l'on n'écrit pas impunément de musique après Schoenberg, que l'on ne peut se dire impunément artiste après Dada, à moins justement de signer un pacte avec le diable ? Croyez-vous donc que de tels artistes aient tant souffert seulement pour permettre à des petits merdeux stipendiés de faire leur petit caca littéraire ou leur petit pipi pictural ?

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—  Jean-Pierre Voyer, Lettre au pédé mondain Hocquenghem, juin 1986
New Blog in Town

Originally posted by openmindeddating

French (English version below)

Hey toi !

Bienvenue sur fuckingdifferent, un blog bilingue où tu trouveras des articles journalistiques et universitaires qui abordent par l’anthropologie, la sociologie, l’éthologie ou même l’histoire de l’art, les questions de l’amour, du genre, du mariage et du sexe. Tu verras qu’à travers les époques et les régions du monde, les sociétés humaines ont vécu ces questions fuckingdifferently, que bien peu de choses sont universelles, que les humains sont fuckingdifferent des animaux, ces mêmes humains qui sont fuckingdifferent des humains.

J’espère que ça nous rendra plus tolérant.e.s vis-à-vis de quiconque is fuckingdifferent(ly) de nous.

Jo

p.s : Je découvre ces articles en même temps que toi. Enfin presque.


English

Heya!

Welcome to fuckingdifferent, a blog in English and French where you will find press and scholar articles that tackle through anthropology, sociology, ethology or even art history the questions of love, gender, marriage and sex. You will see that throughout the ages and the regions of the world, those questions have been experienced fuckingdifferently, you’ll see that so few things are universal, that human beings are fuckingdifferent from animals, and even fuckingdifferent from other human beings! 

I hope this will make us more tolerant towards anyone who is fuckingdifferent(ly) from us.

Jo

p.s : I’m learning about this stuff just now too. Well, more or less.

L'objet de la peinture, c'est la peinture elle-même et les tableaux exposés ne se rapportent qu'à eux-mêmes.
Ils ne font point appel à un “ailleurs” (la personnalité de l'artiste, sa biographie, l'histoire de l'art, par exemple).
Ils n'offrent point d'échappatoire, car la surface, par les ruptures de formes et de couleurs qui y sont opérées, interdit les projections mentales ou les divagations oniriques du spectateur.
La peinture est un fait en soi et c'est sur son terrain que l'on doit poser les problèmes.
Il ne s'agit ni d'un retour aux sources, ni de la recherche d'une pureté originelle, mais de la simple mise à nu des éléments picturaux qui constituent le fait pictural. D'où la neutralité des œuvres présentées, leur absence de lyrisme et de profondeur expressive.
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En introduction à l'une des premières expositions du groupe «Supports/Surfaces» intitulée « La peinture en question », (au musée du Havre, en juin 1969) :
Texte collectif de Louis Cane, Daniel Dezeuze, Patrick Saytour, et Claude Viallat, extrait du catalogue.

C'est un manifeste plutôt radical auquel je souscris, bien que je sois viscéralement attaché à la représentation du réel (le fameux «ailleurs» de la peinture )…!
C'est vrai, il énonce ce qui est, depuis toujours, la vérité même de la peinture et de l'art, mais c'est aussi faux !
Aucune œuvre d'art ne renvoie strictement qu'à elle-même comme le fait un mur badigeonné de peinture blanche, par exemple !
Toute la richesse de l'art est dans le va-et-vient entre la surface, bel et bien là, et cet «ailleurs» métaphorique qui résonne dans la pensée de celui qui regarde !!!