haute altitude

San Pedro de Atacama au Chili

Notre aventure dans l’altiplano ne s’arrête pas là. Caché derrière l’imposant volcan Licancabur, San Pedro de Atacama est un petit village perdu au milieu du désert chilien. La région recèle tout autant de beautés que le Salar avec d’incroyables lagunes, des geysers et de splendides paysages qui donnent la sensation de voyager sur une autre planète.

Lorsque l’on arrive à San Pedro de Atacama, on sent tout de suite une différence flagrante de niveau de vie. Les infrastructures sont modernes et propres, les chiliens ont bien plus de style et d’élégance (à part peut-être un homme qui se prend pour Jésus et qui ère pieds nus en toge dans le village). Bref, San Pedro de Atacama s’annonce très agréable pour ces prochains jours avec ses petits restaurants, ses ruelles piétonnes et son climat estival.

Le désert d’Atacama

On décide de réserver une excursion à la journée pour aller voir des lagunes de haute altitude et le désert de sel. Si le Salar d’Uyuni est plus spectaculaire, celui d’Atacama vaut tout de même le détour avec ses croutes de sel tourmentées, son relief chaotique et ses vaguelettes rugueuses pétrifiées. On en visite une partie jouxtée à la lagune Chaxa où barbotent des flamands roses. Elle forme un miroir dans lequel se reflète avec élégance chacun de leur mouvement.  

Puis, on grimpe à plus de 4000 mètres à travers les steppes sauvages pour atteindre les deux sublimes lacs Miscanti et Miniques. Lovés entre les volcans, ils sont d’un bleu lagon particulièrement intense.

Pour la dernière étape de notre périple, on se dirige vers le Salar de Talar (ou Aguas Calientes). Lorsque l’on descend de voiture, on prend de plein fouet de violentes bourrasques de vent. L’ambiance est chaotique mais le paysage à couper le souffle justement. 

Les eaux sont d’un vert émeraude surprenant et les montagnes qui les entourent d’un gris anthracite lisse et surréaliste. Un paradis éphémère dont on se voit vite chassé à grands coups de vent glacé.

L’envoûtante Valle de la Luna

S’il y a bien un endroit à faire à San Pedro de Atacama, c’est la vallée de la Lune. Ni une, ni deux, on enfourche nos vélos et on part dans le désert. A peine quelques kilomètres parcourus, un vent assez violent nous pousse dans le mauvais sens et nous déporte sur le côté. On pédale tant bien que mal, en plus, on peine à respirer avec tout cet air dans le flaire. La petite balade devient une expédition quand le sable vient s’en mêler et nous fouette dans tous les sens. Il faut penser à bien fermer les écoutilles à ce moment là. On part peut-être vraiment sur la Lune.

Pendant les quelques moments de répit qui nous sont aimablement accordés, on profite de la beauté du désert avec ses dunes de sables et son petit canyon dans lequel on commence à s’engouffrer. On fait un premier stop à la caverne de sel, un étroit goulet formé par les eaux dans lequel on se contorsionne jusqu’à s’enfoncer sous la roche.

Puis, on atteint la duna mayor, une magnifique dune de sable couleur chocolat. On emprunte un petit sentier qui nous fait grimper sur une crête vertigineuse qui sépare deux vallées blanchies par le sel. Le panorama est exceptionnel. Lunaire même. Les roches, érodées par le vent depuis des millions d’années, sont striées et torturées à perte de vue. 

Evidemment, le vent souffle toujours et nous fait déguster de bonnes tartes au sable. C’est aussi ça le prix d’un voyage sur la Lune.

Les pieds sur terre, la tête dans les étoiles

Il suffit de lever les yeux à la tombée de la nuit pour comprendre que San Pedro de Atacama est un lieu unique pour observer la voûte céleste. La pureté du ciel est telle que plusieurs bases d’observation y ont élu domicile, notamment la réputée Alma. Des organismes proposent une expédition dans les étoiles, on saute sur l’occasion et on choisit d’être initié aux merveilles de l’univers par un astronome français érudit. Il nous accueille chez lui dans l’obscurité de la nuit. Aucune lumière n’est autorisée pour ne pas rétracter notre iris. Il nous emmène près d’une dizaine de télescopes et nous décrit avec passion chacun des sujets d’observation. On admire l’incroyable Saturne, des nébuleuses et puis la Lune. Jamais on ne l’aura vu de si près. Il nous calcule à la vitesse de la lumière les distances qui nous séparent de l’univers. Il pointe sont super laser dans le ciel et nous dessine les constellations. Bref, une expédition qui nous aura fait rêver tout en éveillant encore plus notre curiosité.

Voulez-vous connaître le plus beau compliment qu'il m'ait été donné de recevoir ? Il est comme le murmure d'une source de vie, et incite à respirer fort comme l'on fait au contact d'un de haute altitude. Il dit: “merci d'exister” mieux qu'un compliment, c'est un débordements d'amour.
—  François garagnon