grosse connerie

Je suis tellement énervée par le fait qu’un de mes potes, alors que je galérais avec le mec du piano, m’a proposée de “m’aider” à séduire le gars de mes rêves et à m’apprendre comment faire, ça m’énerve qu’il m’ait proposé de m’apprendre à sucer ou de lui envoyer des photos plutôt intimes de moi, et qu’il insiste jusqu’à me proposer de me donner une fessée de temps en temps. Et qu’il dise que tout ça c’était dans mon intérêt, et que j’ai l’impression d’être un objet et que si quelqu’un peut s’intéresser à moi c’est uniquement parce que j’ai des fesses ou un peu de formes.

Je suis tellement énervée par le fait que mon délégué veuille tout le temps me dire bonjour, me parler et se mettre à côté de moi en cours, qu’il m’embarrasse à ce point alors qu’il me méprisait et n’a jamais rien fait pour changer la classe, ça m’énerve qu’il me fasse passer pour une débile mentale et une attardée en faisant ça. Je suis tellement énervée par le fait que mon autre délégué trouve ça normal de vouloir complimenter ma meilleure amie en lui disant que “tu sais ça reste entre nous mais t’es beaucoup plus belle que Victoire”, mais j’ai entendu, et même si c’est vrai, mille fois vrai, ça m’énerve d’entendre ça.

Je suis tellement énervée par le fait que le mec du piano s’en contrefoute un peu de moi, qu’il réponde tout le temps en retard, qu’il ne prenne aucune initiative, qu’il ne s’intéresse pas à moi, même en temps qu’amie. Parce que c’est un mec bien, et apparemment les mecs biens ne veulent pas de moi, je suis pas intéressante pour eux.

Je suis tellement énervée par le fait qu’on me dise tout le temps que je parle hyper mal, que je suis agressive, méchante, cruelle, vulgaire, que je ne respecte rien ni personne, que si tout le monde me déteste bah c’est que je l’ai cherché, que je suis chiante, casse-couilles, que je parle trop fort, que je suis prétentieuse, odieuse, insolente, cassante, ça m’énerve qu’on me dise ça. Je suis déjà au courant de tout ça, et ça me saoule qu’on veuille me dicter ma conduite. Mais si je parle trop fort faut pas écouter ou arrêter de se plaindre, je m’en fous de déranger.

Je suis tellement énervée de devoir tout le temps travailler, toute la journée, tout le temps, pour réussir, mais réussir quoi au fond hein, je fais que merder, j’ai que des notes de merde, je m’en sors dans rien et ça m’énerve d’être nulle à chier, de travailler toute la journée et la nuit, de plus dessiner, de plus aller sur tumblr, de plus parler à personne, de plus faire de piano ou à peine, de plus vivre, moi je connais pas ça de sortir le soir, de voir ses potes de façon impromptue, je sais pas ce que c’est d’être libre et insouciante, ouais moi j’ai appris plein de choses dans les livres et dans mes cours, je connais tout sur les lymphocytes T, mais je connais rien à la vie, on m’a pas aimée, j’ai pas aimé, j’ai jamais fait de grosses conneries, j’ai jamais eu de cuite, j’ai jamais fait de vagues, j’ai jamais rien fait, et au fond j’ai pas de talent, juste le talent de tout foutre en l’air même en ayant rien à foutre en l’air, le talent de brasser du vide et de rentrer dans le rang, ça je sais faire aller en cours toute la journée, préparer mon avenir, faire mes études, être une personne raisonnable, ouais je sais faire, je sais me tuer la santé à travailler et être fatiguée au point de ne plus pouvoir dormir la nuit, je sais travailler, et ça m’énerve.

Je suis tellement énervée que tout le monde s’en foute des gens autour, des hypocrites, mais moi je suis la pire, tu vois souvent avec les gens auxquels je tiens je fais la meuf sympa, qui laisse tout passer, qui aide toujours, je me fais marcher sur les pieds, et puis après quand je vois les autres gens, je suis méprisante et on me donnerait un couteau que je leur planterais dans le dos sans hésiter parce que je les déteste, je déteste tous ces gens, ces petits cons qui pensent qu’à leur nombril, qui voient rien et qui pensent tous être uniques et poursuivre un but, mais n’importe quoi, et puis je suis qui moi pour dire ça, ça m’énerve.

Je suis tellement énervée par le fait que tout s’effrite autour de moi, j’avais des potes maintenant je les perds ouais parce que je leur parle plus je suis devenue antipathique, une vraie chieuse qui emmerde le monde, qui en vaut pas la peine, je suis énervée parce qu’on m’a pas aidée du tout, du dernier de mes profs aux personnes les plus proches de moi, quand j’ai voulu en parler à mes potes je les ai perdues elles m’ont dit que j’étais lesbienne, dépressive à enfermer, que je faisais peur et que j’étais pas digne de confiance. On me l’a dit souvent que j’étais pas digne de confiance, comment on pourrait me confier un secret alors que je les répète, comment on pourrait me confier une responsabilité alors que je mens tout le temps, mais tu vois moi je mens par habitude, pour le cacher, je dis rien, et je laisse tout passer, je mens parce que je veux pas que les gens voient à quel point je suis une pourriture.

Je suis tellement énervée de perdre mes potes, ouais je l’ai dit déjà mais tu vois c’est dur, ça ronge une personne ça, j’ai des personnes autour de moi mais elles voient rien, j’ai ma famille mais elle voit rien et souvent m’enfonce, et qu’est-ce qu’elles pourraient voir hein, en quoi mes proches pourraient aider une meuf perdue pas assez courageuse pour vivre mais trop lâche pour mourir.

Putain de merde j’en ai plein des raisons d’être énervée, de vouloir tout casser, de vouloir partir, me tuer, m’enterrer six pieds sous terre, ne plus parler à personne, rester assise par terre le regard dans le vide. J’en ai encore plein des raisons, j’ai pas fini de cracher sur le monde et sur moi-même, mais après voilà, à quoi bon…

Littéralement

Il est temps les amis. Je suis au chômage, en pleine période d’incertitudes et je pense sincèrement qu’il est temps, que je fasse taire toutes sortes de négativité et d’insécurités. Je suis plutôt silencieuse depuis maintenant bien de mois, parce que parfois, j’ai l’impression qu’il vaut mieux que je me taise plutôt que de dire des conneries.

C’est un peu cette certitude que je vais merder si je bouge, parle, gigote de trop, alors je me tais et je reste en place, persuadée de ne pas me tromper. Mais comme vous vous en doutez, c’est des grosses conneries, et je pense qu’à un moment, il faut prendre des risques et gigoter ses petites fesses, au risque de passer pour une abrutie.

Bon, c’est aussi clairement un symptôme comme dirait mon psy, mais c’est une autre histoire.

“Je me suis rendu compte que je ne peux pas vivre sans toi et que te laisser partir serait la plus grosse connerie de ma vie! (rire de la fille, les yeux pleins de larme.) Je t'aime!” The end (avec musique à fond)

daddydrunk  asked:

Comment on écrit un livre ? Désolée d'arriver comme ça, de ne pas t'avoir envoyé un seul message alors que tous les soirs, je viens faire mon tour ici pour voir si t'avances dans tes projets, mais.. Sérieusement ? Mais, comment on peut se lancer dans ce projet énorme ? T'as eu l'idée de l'histoire/sujet et tu t'es lancée, ou alors t'as voulu écrire un livre, et t'as réfléchis à l'histoire après ? Tu m'impressionnes, et tu m'a donné envie de me lancer dans ce que j'aime, d'avoir confiance en moi.

Alors, je vais faire une réponse probablement trop longue mais 100% honnête, parce que c’est ce que je me suis toujours promis de faire ici, avec beaucoup de morceaux de ma vie dedans, donc accroche-toi à ton slip.

J’ai eu une révélation pour l’idée cet été et comme mon contrat touchait à sa fin et que j’avais plus trop envie de faire ce boulot, je me suis dit que c’était le moment ou jamais. J’ai toujours voulu écrire un livre, comme environ 80% des occidentaux de nos jours, surtout dans notre génération, donc j’étais aux anges - je tenais ENFIN mon idée, une idée solide et viable et je me sentais prête à passer à l’action.

Cette idée, c’est pas un roman, c’est pas de la fiction, du coup je me suis dit que ce serait plus facile - le concept me paraissait simple à réaliser, vendeur, bien réfléchi, bref, j’étais confiante et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes. Quand je me suis lancée, je me suis sentie surpuissante, hyper en confiance, je disais à tout le monde “Ouais, je commence l’écriture le 1er septembre (lendemain de ma fin de contrat), en attendant je prends des notes” et tout le monde me félicitait et m’encourageait et tout était cool.

Puis mon dernier jour de taff est arrivé, le 1er septembre avec, et j’ai pas foutu grand chose. Entre temps, je m’étais dit “Bon, je me laisse deux grosses semaines pour gérer mon inscription à Pôle Emploi, me détendre un peu, prendre des vacances, mûrir mon idée et après, hop, au boulot”. Sauf que j’avais besoin d’une attestation de la sécu, que j’ai plus de sécu depuis des années, parce que j’ai été travailleuse indépendante et auto-entrepreneuse puis salariée puis re-freelance puis re-salariée et que ça a foutu tout un bordel dans ma paperasse et que la sécu m’a demandé huit mille justificatifs pour obtenir le putain de papier qui allait me permettre de toucher mes allocs.

Aujourd’hui, je n’ai toujours pas reçu ce papier, donc toujours pas de chômage et je vis sur mes économies depuis deux mois et je flippe ma race parce que j’arrive au bout et que j’ai fait une réclamation d’urgence à la sécu et que j’ai toujours pas de nouvelles.

Ça c’est pour la partie “avertissement” pour celles et ceux qui voudraient se lancer dans le vide : GÉREZ VOS HISTOIRES DE PAPERASSE AVANT. Sinon vous allez manger des pâtes en pleurant tous les jours et faire des crises d’angoisse en regardant vos comptes. 

Bref.

Donc, comment on écrit un livre ?

La réponse courte et honnête : j’en sais foutre rien. J’improvise totalement.

Comme vous avez pu le constater si vous suivez mes aventures depuis que je me suis “lancée”, ma vie n’est pas super rose tous les jours, surtout en ce moment, j’ai un milliard de trucs à gérer sur le plan personnel qui me pèsent et m’encombrent, et je vais pas très très bien. Rien de “grave”, ce sont principalement des vieux trucs latents liés à mon passé qui remontent, une période de transition tout à fait normale et naturelle mais qui reste vachement casse-couilles malgré tout.

Y a des jours, la majorité des jours, où je me dis que j’ai fait la pire erreur de ma vie, que c’est une grosse connerie, que j’y arriverai jamais et que je sais même pas comment je vais pouvoir rebondir professionnellement d’ici la fin de ma période de chômage (qui arrive à grands pas, vu que je n’ai bossé que six mois). 

Quant à mon idée, celle que je trouvais mortelle et parfaite, je viens de la foutre à la poubelle il y a quelques jours. Après moult semaines de torture psychologique et de crises d’angoisse et de larmes et de “putain mais j’écris que de la merde, c’est pourri, j’y arrive pas”, j’ai enfin compris que je m’étais plantée de direction et que le projet que j’avais choisi était un projet “facile” (du moins, ça en avait l’air, mais en vrai c’est juste un projet bancal et irréalisable), qui m’assurerait une reconnaissance plus générale, avec moins d’enjeu. Je voyais le produit fini comme un “livre de chiottes”, celui qu’on offre juste à cause du titre, facilement, quand on a pas trop d’idées de cadeau, et qui se feuillette sur les toilettes sans trop se poser de questions.

Je croyais que c’était la bonne direction, mais je me suis plantée.

Aujourd’hui, je suis donc partie sur une nouvelle idée, déclinée de l’idée principale, qui est une idée que j’ai depuis longtemps mais que je n’osais pas assumer parce que j’avais peur qu’on se moque de moi ou qu’on remette en question ma légitimité à aborder ce genre de sujet. C’est pas un projet “cool” ou “rock n roll”. Vachement moins que l’idée de base, en tout cas. Mais c’est une idée qui, a priori, me ressemble un peu plus. 

J’ai plus de matériel, d’envies, de choses à dire sous cet angle là. 

Donc j’ai passé une phase de “oh mon dieu j’ai perdu tellement de temps, je me suis fourvoyée, je me suis perdue en route, je suis nulle” - mais en vrai, c’était une étape nécessaire, et si je m’étais pas trompée et foutue dans la merde à la base, je n’aurais jamais mis le doigt là dessus.

Rien ne garantit que cette idée ne va pas changer ou se planter hein, mais j’ai l’impression de vachement moins me mentir d’un coup.

Ça c’était pour la partie “ça prend du temps et c’est compliqué et c’est vachement moins rigolo que ça en a l’air vu de l’extérieur”. 

Ensuite, pour la partie “mise en pratique” : je ne suis pas un exemple. Je ne suis pas une bosseuse. J’ai jamais été “scolaire”. Si j’ai réussi à bosser ces dernières années, c’est principalement parce que j’avais des gens derrière moi qui me disaient “je veux tel truc pour tel jour à telle heure”, et que je n’avais pas le choix. Là, je suis ma seule patronne, ma seule conscience, mon seul garde-fou. Du coup, je patauge.

J’ai énormément de mal à bosser. Y a des jours où j’arrive à prendre des notes et gribouiller quelques trucs et faire des recherches pendant des heures, mais ils sont rares, et sont généralement suivis par plusieurs jours d’inactivité totale. Mon psy m’a diagnostiqué un “évitement phobique” - je suis très douée pour analyser les situations, trouver la source des problèmes et les solutions, mais incapable de passer à l’acte. (j’avais prévenu hein, je raconte encore beaucoup ma vie, pardon). Y a du taff, mais c’est en cours. 

Du coup je bosse par fulgurances, quand un truc me motive, que j’ai une pensée positive qui efface, momentanément, toutes mes idées noires, une petite étincelle qui me permet de faire chauffer le moteur. Je saute sur la moindre petite trace de motivation, la moindre carotte, la moindre petite raison de m’y mettre et j’essaye de faire durer chacune de ces fulgurances aussi longtemps que possible. Mais c’est chaud, parce que ce blocage est ancré en moi depuis à peu près toujours (pour des raisons que j’ai réussi à identifier, mais comme quoi, on peut être hyper doué sur la théorie et être une grosse merde en pratique, hein - cordonniers mal chaussés, tout ça quoi). 

Le plus dur, c’est que je suis entourée de créatifs, je ne fréquente pratiquement que des gens qui créent - qu’ils écrivent, jouent la comédie, dessinent, y a de tout - et je vois plein de gens s’attaquer à des projets similaires et bosser comme des bêtes, alors que moi j’en chie pour pondre une ligne potable.

Mais avant-hier j’ai tenté un truc, j’ai envoyé un mail et j’ai reçu une répnse hyper positive qui m’a posé une deadline pour mon projet - je dois le présenter à quelqu’un d’ici fin décembre/début janvier. C’est pas dit que ça prenne et que ça donne un truc, mais j’ai trouvé le moyen de m’imposer une deadline, de placer quelqu’un en figure d’autorité sur mon travail, qui me permette d’avoir un objectif plus précis en tête.

Quand on galère tout seul, c’est bien aussi de se tourner vers les autres et de trouver des moyens détournés pour se faciliter un peu les choses. 

Donc voilà, je suis touchée par tous les messages d’admiration que je reçois, c’est encourageant et cool, mais voici la vérité toute nue : j’en chie, je branle pas grand chose pour l’instant, je pleure beaucoup et je sors assez peu de chez moi. Je ne suis pas une super-héroïne de l’écriture qui s’est jetée dans le vide et qui passe ses journées à écrire des pages et des pages d’un projet révolutionnaire. Je suis juste une meuf avec un rêve, une envie, une pulsion, et beaucoup de casseroles à trainer qui essaye de garder la tête hors de l’eau et qui appelle sa mère trois fois par jours pour lui demander des encouragements et des conseils et qui lui pleure dans l’oreille en hurlant “je vais finir dans un carton et j’ai raté ma vie et j’ai pas les épaules pour ça j’aurais dû faire une carrière normale”. 

Mais j’y crois toujours, je ne perds pas mon objectif de vue, ça prendra sûrement beaucoup plus de temps que prévu et je ne sais pas de quoi est fait mon avenir professionnel, je flippe ma race, mais j’ai trouvé un projet qui me ressemble, et qui, je l’espère, vous plaira si j’arrive à le mener à bien. Peut-être que je vais me ramasser la gueule, peut-être que ce bouquin ne verra jamais le jour, peut-être que je vais complètement changer de route, mais l’important c’est de continuer à avancer.

Donc non, je ne sais pas comment on écrit un livre, j’apprends sur le tas, et je pense que chacun-e doit trouver sa technique et son rythme de croisière, mais oui, j’encourage tous-tes celles et ceux qui veulent se lancer dans un projet un peu flippant à le faire. Sachez juste que ça peut être très compliqué et douloureux et long et qu’il faut apprendre à foutre des idées à la poubelle alors qu’on y croyait dur comme fer et admettre qu’on s’est planté-e, que ça prend du temps et que c’est pas comme dans les films (enfin, pas pour tout le monde en tout cas).

Et surtout, SURTOUT : occupez-vous de vos papiers, putain.