gros yeux

French Expressions

(From Transparent French)

1. Ca gaz? (Is it gassing?) – How’s it going?

2. C’est pas terrible (It’s not terrible) – It isn’t that great.

3. Et patati et patata (And blah, blah, blah,) – When someone won’t stop talking.

4. Un froid de canard (A duck’s cold) – It’s extremely cold outside.

5. Faire la grasse matinée (Doing the fat morning) – Sleeping in.

6. Avoir une araignée au plafond (Having a spider on the ceiling) – The ceiling refers to a person’s head and means that he/she is a little odd but that it doesn’t bother anyone.

7. Rentrer bredouille (Returning bredouille) – There’s no real translation for the word bredouille but it means returning empty-handed.

8. Tomber à pic (Falling at the peak) – To arrive at just the right time.

9. Avoir les yeux plus gros que le ventre (Having eyes bigger than the stomach) – This refers to a person whose desire for food was larger than their stomach and they end up overeating or not being able to finish the food on their plate.

10. Mettre la charrue avant les bœufs (Placing the plow before the oxen) – This is similar to the phrase “Putting the cart before the horse” and has the same meaning.

11. Bête comme un chou (Dumb like a cabbage) – Refers to a person who is dumb, similar to the expression “Dumber than a sack of hammers/rocks.”

12. Avoir le feu au derrière (Having fire on your behind) – To be in a hurry.

13. Donner sa langue au chat (To give one’s tongue to the cat) – To give up or to stop guessing.

14. Avoir d’autres chat à fouetter (Having other cats to whip) – Similar to “Having bigger fish to fry” meaning having other things to do.

15. Boire un coup/Prendre un verre (Drink a blow/Take a glass) – To have a drink.

16. Avoir le cafard (Having the cockroach) – Feeling down or depressed.

17. Être dans de beaux draps (Being in nice sheets) – Being in a mess.

18. Dormir sur les deux oreilles (Sleeping on both ears) – Sleeping well, having restful sleep.

19. Vieux/Vieille comme Hérode (Old like Herod) – Referring to King Herod in the Bible, this simply refers to a very elderly person.

20. À fond la caisse (At full throttle) – To go real fast, especially in a vehicle.

expressions #5

expressions #1 expressions #2 expressions #3 expressions #4


daily life.

-  “doing some theirs” (: doing whatever one wants) : faire des siennes

- liking : kiffer (formal : aimer, apprécier)

- doing a favour : rendre un service (à + someone)

- “going out” (: saying something) : sortir, ex : il m’a sorti ça mardi dernier

- “(adj) from (adj)” (: very much) : (adj) de chez (adj), ex : elle est en retard de chez en retard, on va devoir y partir seuls

- “correcting the shooting” (: fixing a mistake) : rectifier le tir

- you bunch of : bande de, ex : bougez-vous de là, bande de fainéants! 

- that being said : cela dit

- ripping off (: being awesome) : déchirer, ex : putain tu déchires! 

- ce n’est pas demain la veille : it’s not tomorrow the day before (it’s not about to happen) ex : maybe one day we’ll all live in peace but c’est pas demain la veille

- “passing at the trapdoor” (: getting forgotten/abandoned) : passer à la trappe 

- “in its juice” (: as it is) : dans son jus

- “at hair” (: naked) : à poil

- au temps pour moi (my mistake)

- years : piges (f) (formal : ans (m), années (f)), ex : elle a quarante piges

- take a nap : faire une sieste, un somme (fam)

- being wrong : avoir tort

- “having the desire” (: wanting) : avoir envie de


body related.

- “seeing blurry” (: being unable to process something) : voir flou, ex : I’m going to tell my mum I’m pregnant, she’s going to voir flou

- “making swallow” (: get one to believe) : faire avaler, ex : tu ne vas pas lui faire avaler que le Père Noël existe alors qu’il n’y a jamais cru

- we’ll see : on verra

- “having the fat/tight heart” (: being sad) : avoir le coeur gros/serré / “having the light heart” (: being happy) : avoir le coeur léger / “having good heart” (: being nice) : avoir bon coeur / “having at heart to do stg” : avoir le coeur de faire quelque chose / “having a heart pain” (: feeling nauseous) : avoir mal au coeur / “having the heart on the hand” (: being helpful) : avoir le coeur sur la main / “having a hair on the hand” (: being lazy) : avoir un poil dans la main

- “lynx’s eye” (: eagle-eyed) : oeil de lynx

- “getting up with the left foot first” (: being in a bad mood from the moment you get up) : se lever du pied gauche

- “having someone in the nose” (: being angry at someone) : avoir quelqu’un dans le nez

- “do the big eyes” (: parents’ look when you did shit) : faire les gros yeux

- “stretching the ear” (: listening carefully) : tendre l’oreille, v

- (s)he looks like : on dirait, ex : on dirait le père noël, avec son manteau rouge!


food related.

- not being made of sugar (: being able to handle stuff) : ne pas être en sucre

- it’s cake (: easy) : c’est du gâteau

- c’est pas la peine d’en faire un fromage (”no need to make a cheese out of it”) you’re being dramatic

- beer belly : un bide (m) à bière

- split one’s pear (: laugh) : se fendre la poire

- carrots are cooked (: everything is lost) : les carottes sont cuites 

- shut your camembert box (: shut up) : ferme ta boîte à camembert


angry time.

- “break/pull yourself” (: get away) : casse- / tire-toi

- who do you think you are : tu te prends pour qui ? 

- ça m’est égal : it doesn’t matter to me

- “garbage” (: mean name for someone) : ordure

- to kill : buter, v (formal : tuer, v)

- c’est du chinois : i have no idea what you’re saying

- ça ne vaut pas un clou : it’s not worth a nail

- j’en parlerai à mon cheval (”i’ll talk about it with my horse”) : lol idc 

- “we haven’t raised the pigs together” (: you’re being too familiar/inapriopriate with me) : on n’a pas élevé les cochons ensemble

- il n’y a pas mort d’homme (”no one is dying”) : chill

- “heavy” (: pain in the ass) : lourd-e, ex : putain mais t’es lourd, arrête! 

- ça commence à bien faire (”it’s starting to well do” : i have enough of this bs)

- ça lui fera les pieds (”it will make them the feet” : it’s a good punishment, ex : he’s climbing trees when i told him not to, ça lui fera les pieds if he falls down)


- ce n’est pas à la porte d’à côté (”it’s not next door”) : it’s far away

- c’est le métier qui rentre (”it’s the job getting in”) : when you’re having a tough time at learning/doing something new at work

Sur Ma Route
Black M
Sur Ma Route

Sur ma route, oui
Il y a eu du move, oui

De l'aventure dans l'movie
Une vie de roots
Sur ma route, oui
Je n'compte plus les soucis
De quoi devenir fou, oui

Une vie de roots

Sur ma route

Sur ma route, j'ai eu des moments de doute
J'marchais sans savoir vers où, j'étais têtu rien à foutre
Sur ma route, j'avais pas d'bagage en soute
Et, dans ma poche, pas un sou, juste la famille, entre nous
Sur ma route, y'a eu un tas d'bouchons
La vérité : j'ai souvent trébuché
Est-ce que tu sais que quand tu touches le fond
Il y a peu de gens chez qui tu peux te réfugier ?

Tu peux compter que sur tes chers parents
Parce que les amis, eux, disparaissent un par un

Oui, il m'arrive d'avoir le front au sol
Parce que Dieu est grand et, on est seul, on meurt seul

Sur ma route, on m'a fait des coups en douce
L'impression qu'mon cœur en souffre, mais j'suis sous anesthésie

Sur mon chemin, j'ai croisé pas mal d'anciens
Ils me parlaient du lendemain et que tout allait si vite

Ne me parle pas de nostalgie
Parce que j’t'avoue que mon cœur est trop fragile
J'suis comme un pirate naufragé
Oui, mon équipage est plus qu'endommagé
Je sèche mes larmes, j'baisse les armes
J'veux même plus savoir pourquoi ils m'testent, les autres
Si y'a plus rien à prendre, je sais qu'il m'reste une chose
Et, ma route, elle est trop longue, pas l'temps de faire une pause

Storm of fishes 2 by PierreLobel Caranx sexfasciatus - Carangues aux gros yeux.
Quand le monde tourne autour de vous. Quand le monde n'est fait que d'écailles et de lumière…

Photo RAW prise avec un #Canon5DMkIII dans un caisson #ukgermany et post traitée avec #dxoopticspro.

Bigeye trevallies.
When the world turns around you. When the world is made by scales and light…

RAW photo taken with #Canon5DMkIII in #ukgermany housing and post-processed with #dxoopticspro.

Dans la rue, je marche. Tout du long sur un ton très gentil et sincère de mon côté.
- Belle femme.
- Ca se dit pas comme ça, dans la rue..
- Pourquoi tu me dis ça ?
- Je vous explique, parce que vous avez pas l'air au courant que vous faites quelque chose qui ne se fait pas, du coup je préfère vous prévenir, pour les autres personnes que vous croiserez, ensuite.
- Mais pourquoi ça ne se fait pas ? On peut plus faire de compliment ?
- Ca peut se faire entre personnes qui se connaissent à la rigueur, mais là vous me dérangez.
- Oh mais moi je voulais juste être gentil.
- Vous êtes certainement adorable monsieur, c'est d'ailleurs pour ça que vous ne voulez pas m'embêter, et que vous allez me laisser tranquille.
- Tu viens d'où ?
- Ah, alors vous n'êtes pas si gentil que ça *soupir avec air déçu*
- Nan mais tu viens d'où ?
- Du bout de la rue, là où vous allez retourner monsieur, parce que ça avait l'air d'être votre chemin et que vous avez certainement (avec des gros yeux) des choses à faire… Comme moi :)
- Oui mais..
- Non mais. Je n'ai pas envie de parler. Au bout de la rue, de là où je viens, il y a un autre monsieur comme vous, qui meurt d'envie de faire connaissance. Allez-y, c'est juste là, à gauche quand vous avez dépassé le G20. Dites-lui de ne pas me remercier, c'est pour moi.
Et je me taille en le laissant essayer de regarder à l'angle de la rue ce qu'il se passe.
Fa-ti-gue.

Bonjour
bonjour
(le silence s'installe, parce qu'elle ne veut pas parler et que lui cherche la faille dans son regard)
(ça dure quelques secondes)
(presque une minute avant qu'il ne se redresse et essaye de lui sourire)
(puis une autre minute de silence)
(parce qu'il pense que c'est à elle de commencer)
(et le temps passe comme ça pendant une demi-heure)
Vous êtes ici parce que
(ta gueule connard)
parce que mes parents m'y ont obligée
d'ailleurs j'tiens à dire que
j'ai aucune envie d'être ici
j'espère que vous ne pensez pas me toucher
que vous ne pensez pas être exceptionnel
pas du tout
(un autre silence, il se met à la fixer et elle à le détailler de haut en bas)
(avec son crâne dégarni de gros con)
(ses petits yeux marrons)
(un mec sans importance)
(quitte à pas avoir d'importance autant être beau mais lui il a rien du tout)
Vous pensez à la mort parfois
non
alors pourquoi tout ça
(elle hausse les épaules et de nouveau un silence)
(lourd silence)
(si bien qu'il se lève pour se préparer un café dans la machine posé sur le petit rebord de fenêtre)
vous voulez quelque chose
non merci
(un flingue un flingue un f)
d'accord
je peux vous poser des questions
vous êtes psy
c'est tout ce que vous savez faire non
exact
vous savez je suis là pour vous aider
c'est pas une question ça
(un léger rire qui sort de ses lèvres à lui)
(comme si c'était drôle)
(connard)
(ça te fait rire)
si c'en est une
vous savez je me passe bien des mots
et si vos lèvres disent quelque chose
votre corps en dit tout autre
le léger tremblement de vos mains
votre jambe qui tressaute
et vos lèvres entrouvertes pour mieux respirer
vos ongles rongés
depuis quand vous vous rongez les ongles
c'est intéressant ça
si vous me répondez
ça le sera
depuis longtemps
vous vous mutilez mademoiselle ?
(ça sonnait aussi fort que faux)
(il fallait mettre un point d'interrogation)
(connard)
(un silence)
(et elle qui le regarde dans les yeux)
(et lui qui s'enfonce dans sa chaise pour mieux la regarder)
(connard)
(et il reprend)
pas besoin de me répondre
rien qu'à voir le foutu état de vos lèvres je le sais
j'ai rien à dire
vous avez tellement de choses à dire mademoiselle
(elle sourit brièvement)
mais vous n'êtes pas exceptionnel
vous l'avez déjà dit
je sais ce que je dis
parce que vous contrôlez
je contrôle tout
et personne ne s'en rend compte
sinon ce serait pas amusant
mais vous ne contrôlez pas le fait d'être ici par exemple
vous m'avez dit que vous ne vouliez pas être ici
je laisse faire
mais si vraiment je ne le voulais pas je ne serais pas là
et quand vous avez essayé de vous tuer
vous contrôliez
(un silence)
(et elle hausse les épaules en lui souriant)
(elle était plus maligne que lui elle en était persuadée)
(elle allait parler il en était persuadé)
je n'ai pas essayé de me tuer
c'est ce qu'ils disent sur votre dossier médical
c'est ce que dit votre poignet
c'est ce que disent vos points de suture
c'est ce que disent vos anti-depresseurs
c'est ce que dit votre
laissez tomber
votre présence ici
à l'hôpital
(ça ils l'ont dit en même temps)
(et ça l'a faite rire)
(et lui il a arqué un sourcil)
(et elle s'est redressée pour poser ses coudes sur ses cuisses et le fixer)
vous savez ce que je dis à tout le monde
dites moi
« je suis malsaine
je suis pas le genre de fille avec qui tu devrais traîner
je vais te pourrir »
ils vous croient
non
et alors
j'en sais rien
(elle ne pleurait pas)
(et lui il avait l'habitude alors ça ne le touchait plus tout ça)
(c'était un peu vide comme conversation)
(vide)
(un peu comme elle)
(elle et son regard bleu clair)
(elle et ses cheveux abîmés lissés abîmés)
(elle et ses lèvres mal maquillées)
(un peu comme ses yeux)
(un peu comme son sourire)
(s'inventer un nouveau visage pour qu'on lui foute la paix)
(pâle comme une mort ecchymose)
vous cicatrisez bien
merci
c'était une question
ah euh
j'en sais rien
je m'en fous
pourquoi
parce que je m'en fous
vous êtes vide
non
si
arrêtez
pourquoi
ça fait une heure
(et il regarde sa montre)
(et ça faisait une heure alors elle)
(sort)
(et)
(laisse)
(le)
(silence)
(revenir)
(hurlements sourds)

Le meilleur du sexisme dans la chanson française [Culture du viol #2]

Vous avez peut-être récemment entendu parler d'Orelsan, de ses paroles aussi violentes que misogynes et du procès qu'il a gagné. Si je ne vais pas vous reparler du bonhomme et de ses chansons c'est d'abord parce que je pense pas pouvoir ajouter quelque chose en plus par rapport à tout ce qui s'est dit sur l'ensemble des pages féministes, et ensuite parce que j'aurais malgré ma bonne volonté du mal à trouver une vanne sur « Tu vas te faire Marie Trintigner ». En revanche, Orelsan n'est pas le premier à avoir eu l'idée d'écrire des chansons sexistes, et toute cette histoire m'a donné “envie” d'explorer la chanson en tant que vecteur supplémentaire du sexisme au quotidien.

Mise au point avant de commencer : si jamais vous me dites que c'est que de la chanson ou que les voies de l'art sont impénétrables ou ce genre de conneries, je vous préviens tout de suite, je m'en fous.

Mélissa : Julien Clerc


Si vous saviez à quel point cette chanson m'horripile à chaque fois que je l'entends à la radio ce qui arrive malheureusement assez souvent, cette chanson étant quand même plus ou moins un classique, le genre dont on connaît deux trois bribes sans vraiment en connaître les paroles.

Ben je vais vous les apprendre moi :

Mélissa métisse d'Ibiza vit toujours dévêtue

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue
Le matin derrière ses canisses A-Lors qu'elle est moitié
nue
Sur les murs devant chez Mélissa y'a tout plein d'inconnus

Je suis pas spécialiste de la question de l'oppression raciale, néanmoins je me demande si Julien Clerc aurait osé nous pondre ça sur l'air de la lettre à Elise :

Élodie la blonde de Neuilly, se promène toujours toute nue

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Elodie me tue

Le matin derrière ses persiennes alors qu'elle est dévêtue

Devant le jardin d'Elodie y'a tout plein d'inconnus.

Donc je voudrais signaler à Julien Clerc qu'une métisse n'est pas une créature exotique aux mœurs étranges mais bien une femme.

“Descendez ça c'est défendu! Oh c'est indécent!”

En effet, oui.

Elle crie mais bien entendu personne ne descend

Euh…. du coup Julien… il y a ta copine qui est en train d'être regardée nue sans son consentement… tu pourrais peut-être faire autre chose que chanter une chanson à la mélodie joyeuse, là ? Genre….l'aider ? Dégager les connards de devant chez elle, allez voir la police… ? Non ?

Sous la soie de sa jupe fendue en zoom en gros plan

Tout un tas d'individus filment noirs et blancs
Mélissa, métisse d'Ibiza a des seins tous pointus
Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue
“Descendez ça c'est défendu! Mater chez les gens”
Elle crie mais bien entendu y'a jamais d'agent

De mieux en mieux. Julien! Bouge toi!

Elle crie c'est du temps perdu personne ne l'entend

La police c'est tout des vendus dix ans qu'elle attend

Ah ok !!! En fait c'est une critique ultra-subtile de cette société sexiste où personne n'est là pour venir en aide aux femmes victimes de violence, battues, harcelées, agressées sexuellement, violées parce que tout le monde s'en fout ? Je rappelle en effet que la situation de Mélissa, à défaut d'être aussi joyeuse que dans la chanson est en fait assez souvent vraie.

Mélissa, métisse d'Ibiza a toujours sa vertu

Dites jamais que je vous ai dit ça ou Mélissa me tue

Effectivement, elle risquerait de mal prendre le fait que tu dévoiles toute sa vie intime depuis tout à l'heure oui.

Ouh! Matez ma métisse, ouh! Ma métisse est nue

Ouh! Matez ma métisse, ouh! Ma métisse est nue

Julien. La prochaine fois que tu as envie de montrer aux gens quelque chose de tout nu, tu te déshabilles et tu montres ta bite. Ou ce que tu veux d'autre de ton corps. Je m'en fous. T'as le droit. C'est à toi. Mélissa en revanche ne t'appartient pas.

Mélissa métisse d'Ibiza vit toujours dévêtue

Dites jamais que je vous ai dit ça je vous ai jamais vu
Le matin derrière ses canisses A-Lors je vends des longues
vues
Mais si jamais Mélissa sait ça là c'est moi qui vous tue

Ah ben c'est bête parce que j'ai prévu de tout lui dire. De toute façon, t'es déjà mort 40 fois auparavant dans la chanson donc je crains pas grand chose.

Non mais sérieusement, le délire là c'est que le mec de Mélissa qui est métisse aide des tocards à regarder sa copine nue et raconte sa vie intime à tout le monde contre sa volonté et que Julien Clerc en fait une chanson dansante. Bah oui. Bah voyons. Ben soyons fous. Je pense donc que cette chanson rentre entièrement dans ma série d'articles sur la culture du viol qu'il faudrait d'ailleurs que je commence à écrire un jour depuis le temps que j'en parle.

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Je me fais constamment harceler

J'ai 24 ans, je vis à Paris. J'ai vécu quasiment toute ma vie à Montpellier, et pour rien au monde je n'y mettrai les pieds à nouveau, principalement à cause d'un fait non négligeable : Il n'y a pas eu un seul jour où je ne me suis pas fait emmerder en sortant de chez moi.

Je ne me souviens plus des premières fois où j'ai été harcelée dans la rue, ma puberté est arrivée très tard et je ne plaisais pas vraiment aux garçons, ni aux hommes. À l'époque ça me minait, aujourd'hui je donnerais n'importe quoi pour que ce soit encore le cas. Durant ma pré-adolescence j'étais très garçon manqué, j'avais les cheveux courts, pas de hanches, de fesses ou de poitrine, donc pas d'emmerdes dans mon cas. C'est quand la puberté est arrivée que tout a commencé ; mais pourquoi, comment, que s'est-il passé ? J'ai beau y réfléchir, je ne m'en souviens pas.

Au début il y a bien sûr (soyons blasées) le “classique” : “hé madmoiselle tu es charmante/t'as un copain” suivi du “tu suces” puis du “vazy salope t'es moche de toute façon”. La première fois que ça m'est arrivé je me suis dit que mince, c'était vrai alors ce que me disaient mes copines, les mecs font vraiment ça…mais ça ne m'a pas plus choqué que ça, c'était la première fois, je me suis dit que ce devait être une personne comme ça, un con et puis c'est tout. Au bout de 5,10, 15, 100 altercations de ce genre, tu es très loin de te dire la même chose.

À 16 ans, alors que je vais chez mon copain, je passe à côté d'un petit lac. De l'autre côté, derrière une haute barrière, cinq jeunes hommes de mon âge à peu près. Je suis en jean, baskets, j'ai un pull à capuche, cette dernière sur ma tête pour qu'on ne voie pas mes cheveux longs, que je suis une fille. Je n'ai encore jamais été harcelée physiquement, mais pourtant je sens qu'il faut que je cache le fait que je sois une fille, car je suis dans un quartier “qui craint”, paraît-il. L'un des garçons me repère, tous se lèvent, escaladent la barrière, et se mettent à courir. Je ne comprends pas, je me dis que ça ne doit pas être pour moi. Je ne sais pas ce qui m'a finalement fait courir, la parano, l'instinct, mais j'ai couru, très vite, et j'ai fini par me rendre compte que ces cinq garçons étaient en train de me courir après. Pour me faire quoi? Aucune idée. Je les ai entendus m'interpeller, je n'ai pas compris, j'ai couru, je n'ai pas voulu savoir. Je suis rentrée dans le premier jardin venu, l'homme dans le jardin m'a demandé ce que je faisais, je lui ai dit qu'on essayait de m'agresser. Les cinq garçons se sont postés devant le jardin, m'ont fixée, ont attendu que je sorte pendant de très longues minutes. L'homme dans le jardin leur a dit de dégager, ils ont fini par partir. J'ai couru jusqu'à chez mon copain, et quand je lui ai raconté, il a ri.
Il m'a dit que c'était trop dingue.
Puis a parlé d'autre chose. Je lui ai demandé de me raccompagner à la fin de la journée, il n'a pas voulu.

Une autre fois où je vais chez lui, un jeune homme sort des fourrés, je ne l'avais pas vu, il m'aborde, puis me serre très fort à la taille et me traîne vers les dits fourrés et me dit à l'oreille “toi, tu va venir avec moi”. J'ai hurlé, hurlé le plus fort possible. Le type en question m'a dit “chut ta gueule !!” puis est parti en courant. Je l'ai raconté à mon copain et à ses amis (hommes) ils ne m'ont pas cru, m’ont dit que j'extrapolais, qu'il fallait que je me calme, que j'avais “du sable dans le vagin”. Cette expression a été le déclic, je me suis jurée de ne jamais me taire sur le harcèlement à ce moment là.

À 17 ans, je marche à côté d'un parc lorsque j'entends quelqu'un m'interpeller, je tourne la tête. Un homme se masturbe en me regardant.

À 18 ans, je vais vers le centre ville quand je passe devant des ouvriers. L'un deux me demande si je suce, me mime une fellation. Je ne dis rien. Le second jour, pareil, me demande si je suce, me dit que je suis une pute, me fait des gestes obscènes. Toutes les fois où je passe devant ces ouvriers, il y en a au moins un, si ce n'est plusieurs, qui me disent ce genre de choses. Un jour je passe avec mon petit ami, l'un me mime une fellation, je lui répond d'aller se faire foutre. Mon copain qui n'avait rien vu voit rouge et l'insulte, un ouvrier baraqué qui m'insulte quasiment tous les jours traverse la route et vient vers nous. On se met à s'insulter, je tente de lui expliquer que je ne suis pas un bout de viande, il me dit (devant mon copain) que quand mon copain sera parti il me chopera derrière un mur, qu'il va me suivre chez moi, qu'il va me violer parce que je suis une grosse pute. J'ai peur que ça aille trop loin et je lui dit “d'accord, suis moi, j'habite ici”. Je lui montre où j'habite, c'est une résidence de gendarmes et de militaires. L'ouvrier s'arrête net, fait demi tour, et plus aucun d'entre eux ne m'a jamais adressé la parole. Les gens dans la rue s'étaient attroupés, un homme qui passait en voiture a ouvert sa vitre et m'a dit que j'avais raison de ne pas me laisser faire.
Moi je me suis dit que j'avais quand même eu beaucoup de chance.

À 19 ans, je travaille dans une sandwicherie. Un homme venu commander regarde son téléphone, quand je vois un flash. Mon patron me dit en riant “ah ben il a pris une photo de toi !” et l'homme part.

Un jour je prenais le tram, quand j'ai senti une main sur mes fesses. Par réflexe je me suis retournée et j'ai mis une claque à la personne qui m'avait touchée, c'était un jeune. Tous les hommes m'ont regardée avec de gros yeux, les femmes m'ont dit que j'avais bien fait, que ce jeune leur avait déjà fait ça à elles.

Un jour je marchais dans la rue quand deux hommes m'ont bloqué le passage sur le trottoir, l'un deux m'a dit de lui donner mon portefeuille et m'a montré un couteau qu'il avait sur son mollet. Il m'a demandé si je suçais, où j'allais comme ça toute seule, m'a dit que je devais sourire. Je l'ai poussé et je suis partie en courant le plus vite possible, ils se sont mis à rire.

Des vieux qui m'abordent dans les magasins, c'est constant. Des hommes qui me fixent dans le métro, c'est constant. Des hommes qui me sifflent dans la rue, qui me disent de sourire, que je suis “charmante”, qui scannent mon corps, c'est constant.

Il y a quelques jours des ouvriers m'ont sifflée, je me suis retournée et leur ai fait un doigt d'honneur. Deux hommes qui étaient derrière moi parlaient de moi à la troisième personne, parlaient de mes fesses, de mon corps, je me suis retournée et leur ai demandé si on se connaissait. Ils ont été interloqués et n'ont plus rien dit.

J'ai eu beaucoup de chance. J'ai lu trop d'histoires de harcèlement, et je sais que j'ai eu beaucoup de chance, qu'on ne m'a jamais touchée très intimement, ou frappée. Je ne suis jamais sortie seule la nuit, je me suis toujours débrouillée pour ne sortir qu'accompagnée. Je ne sors quasiment pas la journée, j'évite les transports en commun, les parcs. J'aime porter des jupes moulantes, mais je me demande toujours si je vais me faire emmerder. Finalement ça m'arrive que je sois en jean, en jogging ou en short, que je sois maquillée ou non, que j'ai l'air pressée ou non, que j'écoute la musique ou non. J'ai compris qu’il n'y a pas de règles dans l'agression, tu es une femme, ce sont des hommes, ils n'en ont rien à foutre de comment tu es habillée, au mieux ça sera leur excuse pour t'agresser, mais ils t'auraient agressée quand même si c'était leur but, ça ne les a pas consolidés dans leurs choix. Tu passais par là. Tu es une femme. Point.

Maintenant je sors en jupe en me disant que j'emmerde tout le monde. Je marche la tête haute, je regarde droit devant moi, ou je fais des regards très noirs aux hommes qui me fixent. Je répond, toujours. Je ne laisse jamais passer, parce que si je me tais, je n'oserai plus jamais répondre. Je fais un doigt d'honneur, j'insulte, je lève les yeux au ciel, je montre mon dédain. Mais j'ai de la chance, parce que même si on finit par me traiter de salope, ça s'est arrêté là.

Parfois je suis fatiguée et je change de trottoir. Je m'adosse toujours contre quelque chose dans le métro, pour n'avoir personne derrière moi, et je mets mon sac devant moi, pour ne rien laisser passer. J'apprends des techniques d'autodéfense, je garde mes clés dans mon poing au cas ou, je ne mets jamais de talons, pour pouvoir courir, ou pour que ça fasse plus mal si je dois me défendre et viser l'endroit le plus optimal. Je pense toujours à être à l'aise pour pouvoir courir et me défendre. Ce n'est pas normal. Avant je ne mettais que du noir, pour passer inaperçue, qu'on m'oublie. Je me faisais petite, je regardais par terre. On m'interpellait constamment. Maintenant je met des couleurs, je regarde devant moi, et j'essaie de tout faire pour montrer que je n'ai pas peur. Je ne sais pas si ça marche, mais moi, j'ai moins peur.

Je ne suis pas une personne forte, je ne suis pas très grande, ni musclée, je suis une crevette à côté de la plupart des hommes qui me harcèlent dans la rue. Mais j'ai un instinct de survie, quelque chose qui fait déclic en moi lorsqu’on me touche, m'interpelle, m'insulte. J'ai très peur quand je répond, je crie très fort d'ailleurs la plupart du temps, j'insulte, j'ai l'air complètement folle même surement. Ça les fait taire, mais je suis terrifiée à l'intérieur. Je donne l'impression de ne pas me laisser faire, mais j'estime que c'est mon corps tout seul qui ose répondre, parce qu'au fond de moi, je me répète en boucle “faites qu'il ne me réponde pas autre chose, faites qu'il ne devienne pas violent, faites qu'il n'appelle pas un de ses potes, faites qu'il n'ait pas une arme…” Après avoir répondu je rentre très vite chez moi, parce que je craque, j'ai peur, je me sens toujours mal. Mais j'ai répondu.

Peut-être qu'un jour j'aurai moins de chance, et que je tomberai sur quelqu'un qui ne va pas supporter que je lui réponde, mais entre essayer de vivre naturellement dans nos rues comme vivent les hommes, et ne plus oser sortir de chez soi…quelle est l'option?…Se taire? Jamais.

(Je n'ai pas parlé de toutes les agressions sexistes, au quotidien - avec les amis, au travail, dans la famille, dans les médias - car j'aurais vraiment énormément de choses à raconter à ce sujet, et que ce site parle du harcèlement de rue, mais sinon je pense qu'on pourrait toutes en écrire des romans entiers…)


F.

- Je suis attachiante.
- Non, juste attachante.
- Bof.
- Tais-toi, quand on te connaît bien, on découvre que tu es quelqu'un d'attachante.
- Il faudrait déjà me connaître.
- Il y a toujours moins de défaut que ce que l'on croit.
- Peut-être.
- Car au final, je te connais pas vraiment en fait.
- Personne ne me connaît vraiment. Parce qu'au final, on se connaît jamais sois même.
- Oui et puis même, tu caches beaucoup de choses.
- Je suis comme ça malheureusement.
- Ouais et c'est ton plus gros défauts à mes yeux.
- Après, ce n'est pas plus mal en sois de cacher des choses.
- Si tu le dis.
- Comme je l'ai souvent répété, moins les gens en savent sur toi, moins ils peuvent te blesser.
- Si tu penses que mon but c'est de te blessé c'est que tu me connais vraiment pas.
- Je ne parle pas forcément de toi mais des gens en général, j'en ai déjà fait les frais une fois, je n'ai pas forcément envie que ça recommence. Tu peux trouver ce raisonnement absurde, je comprendrais.
- Absurde non , juste vexant pensant que je puisse te faire ça.
- Je suis désolée.
—  24/10/16 ©anorexiquedetesmots
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Bon c'est pas une des plus encombrées que j'ai vu.

Mais encore une cabine PMR qui prime ! (Et y avait 3 rangées de fringues) puis mettre les cartons devant le miroir sachant que t'es en fauteuil et donc à une petite taille : best idea ever

Du coup la vendeuse m'a dit que c'était encombré à quoi j'ai répondu “oh je suis habituée à ceux qu'on les prenne pour des placards. Je vais juste prendre la photo, j'en fais la collection!” Devant les gros yeux des autres clientes.

Au final elle est revenue 5 min plus tard avec une autre, en s'excusant et elles ont tout enlever car “y a plus de place ailleurs donc c'est là”. Enfin soit, j'ai pu acheter mon t-shirt.

A force on va voir mon visage sur une affiche “warning - chieuse en cabine”