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"Il y a une 'arrogance systémique' de l'élite"
Les médias américains se reprochent aujourd'hui de ne pas avoir vu venir la victoire de Donald Trump. Un discours bien connu en France, mais pas dénué d'ambiguïté. Analyse avec Loïc Blondiaux, professeur de science politique.

Une “arrogance systémique de l'élite”… NON, TU CROIS ? VRAIMENT ??

Extrait :

La gauche est tombée dans un piège en renonçant à défendre des idéaux dont elle croit que, dans le contexte actuel, ils ne sont plus voulus par le peuple.

C'est une forme de désenchantement du discours de gauche, un renoncement au progrès, à l'égalité, à l'idéal. Les causes sont plus profondes qu'une stratégie électorale à court terme. C'est l'effet de la conversion des élites de la gauche de gouvernement à une vision gestionnaire du monde et à l'idée qu'il n'y a plus de possibilité de le transformer radicalement.

NON TU CROIS ?? VRAIMENT ?? (bis repetitas)

La conclusion est assez intéressante :

Au fond, les élites ne sont pas seulement déconnectées des peurs et des souffrances du peuple, elles le sont aussi de ses aspirations à un approfondissement démocratique?

Absolument. C'est l'effet historique de l'autonomisation de la sphère politique par rapport aux citoyens. Il y a une fermeture incroyable du système politique partisan. Y compris aux idées progressistes qui émergent de la société.

Dans la contrition à laquelle on assiste, il y aurait donc encore du mépris pour le peuple, réduit à ses angoisses?

S'il y a un invariant de la pensée politique, c'est bien le mépris pour le peuple. Jacques Rancière évoque même une « haine de la démocratie ». Deux éléments la constituent : la peur du peuple, dès qu'il est organisé et en acte; et ce que j'appelle une « arrogance systémique » de l'élite qui, parce qu'elle est sortie vainqueur d'un jeu de concurrence très violent, est habitée par la certitude qu'elle n'a pas à se fier à d'autres intelligences que la sienne. En France, le phénomène est accentué par notre système scolaire, méritocratique en apparence mais au fond très inégalitaire.

Le mépris pour le peuple… Tout est dit.