fraise des bois

J'étais partie ce matin, au bois,
Pour toi, mon amour, pour toi,
Cueillir les premières fraises des bois,
Pour toi, mon amour, pour toi.

Je t'avais laissé encore endormi
Au creux du petit jour.
Je t'avais laissé encore endormi
Au lit de notre amour.

J'ai pris, tu sais, le petit sentier
Que nous prenions quelquefois
Afin de mieux pouvoir nous embrasser
En allant tous les deux au bois.

Il y avait des larmes de rosée

Sur les fleurs des jardins.
Oh, que j'aime l'odeur du foin coupé
Dans le petit matin.

Seule, je me suis promenée au bois.
Tant pis pour moi, le loup n'y était pas.

Pour que tu puisses, en te réveillant,
Me trouver contre toi,
J'ai pris le raccourci à travers champs
Et bonjour, me voilà.

J'étais partie, ce matin, au bois.
Bonjour, mon amour, bonjour.
Voici les premières fraises des bois
Pour toi, mon amour, pour toi…

“Ce Matin Là”-Barbara

Nino

Nino prend son manteau trop grand, enfile ses bottes trop grandes et sort de la maison de ses grands parents. Il va au fond du jardin et longe à la haie avant de disparaître dans un champ. Une grande forêt se dresse devant lui, il en connaît la majorité des chemins, à chaque fois qu’il vient ici il y va. Il traverse le champ, passe sous les barbelés et suit le chemin de boue jusqu’à la maison du garde forestier. Il fait un peu froid mais surtout humide, une brume légère porte les branches. Le chemin de cailloux est assez large il décide d’aller jusqu’aux rochers. Il monte le grand chemin et bifurque dans la forêt. Les fougères bien vertes lui arrivent jusqu’au niveau de son visage. Il se faufile jusqu’à sortir sur un autre petit chemin. Les rochers sont recouverts de ronces, en cette saison il n’y a pas de fraise des bois. Il entend les chasseurs tirer au loin, les cloches des chiens qui résonnent. Nino décide de partir à l’opposé il marche dans ce qui pourrait être une tranchée, des talus de terre recouvert de mousse verte l’entoure. Nino s’arrête dans une clairière, il n’a jamais marché aussi loin. Il fait toujours un peu frais mais Nino à son grand manteau, Nino à son grande écharpe, son bonnet et ses bottes. Nino à même des gants verts, il se relève de la mousse et va un peu plus loin. Les arbres sont plus nombreux mais plus maigre, le tapis de feuille sur le sol le rend glissant. Nino s’agenouille au milieu de celui-ci, il distingue une forme là bas au pied d’un arbre. Il plisse les yeux, s’avance un peu et dans un mouvement de frayeur glisse en reculant. Il se relève regarde l’animal qui se rapproche, Nino décide de s’enfuir, il grimpe plus loin sur un tronc en hauteur. L’animal se rapproche encore de lui, un chien errant, ou bien un loup, la bête mâche quelque chose dans sa bouche. Le pelage gris, une longue queue grise, un corps athlétique, de la fumée sort de sa bouche. Il le regarde de ses yeux jaune, c’est un loup, Nino le sait, Nino à vu ses dents, Nino à vu le sang qui coule dans sa bouche. Pourtant le loup s’en va, le loup est parti, Nino descend de son arbre, Nino rentre chez lui vivant.

Impossible de décrire ce sourire là sans plonger dans le monde merveilleux des vieux standards de bal-musette. Dedans il y avait du soleil, des fraises des bois, des gazouillis d'oiseaux et des reflets sur un lac de montagne.
—  Le Mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti