fouilli

..je vais vers les prairies lointaines,
où l’herbe chante à minuit près des saules
qui pleurent car c’est ainsi
que s’ouvre à mon cœur la musique fidèle
et que le monde enfin commence à vivre
et que je commence à mourir
tu ne me verras pas vieillir
ni ne reconnaîtras mon ombre
adossée au talus là où le sentier noir
se perd dans un fouillis d’épines
et les étoiles des compagnons blancs

tu as beau regarder sans cesse derrière
toi comme si tu craignais l’orage
et que tu te hâtais poursuivi par l’éclair
jamais tu ne surprendras mon sourire
tendrement cruel comme celui d’un tueur triste.

.

—  Jean-Claude Pirotte (Passage des ombres-extrait)

Quand le front de l'enfant, plein de rouges tourmentes,
Implore l'essaim blanc des rêves indistincts.
Il vient près de son lit deux grandes sœurs charmantes
Avec de frêles doigts aux ongles argentins.

Elles assoient l'enfant devant une croisée
Grande ouverte où l'air bleu baigne un fouillis de fleurs,
Et dans ses lourds cheveux où tombe la rosée
Promènent leurs doigts fins. terribles et charmeurs.

Il écoute chanter leurs baleines craintives
Qui fleurent de longs miels végétaux et rosés.
Et qu'interrompt parfois un sifflement. salives
Reprises sur la lèvre ou désirs de baisers.

Il entend leurs cils noirs battant sous les silences
Parfumés ; et leurs doigts électriques et doux
Font crépiter parmi ses grises indolences
Sous leurs ongles royaux la mort des petits poux.

Voilà que monte en lui le vin de la Paresse.
Soupir d'harmonica qui pourrait délirer;
L'enfant se sent, selon la lenteur des caresses.
Sourdre et mourir sans cesse un désir de pleurer.

—  Arthur Rimbaud - Les chercheuses de poux

Un dessin que j’ai fait dans le transilien avec le matériel que j’avais dans mon sac,c’est pour ça que c’est si fouillis-fouillis…

J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans.

Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
De vers, de billets doux, de procès, de romances,
Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
C'est une pyramide, un immense caveau,
Qui contient plus de morts que la fosse commune.
- Je suis un cimetière abhorré de la lune,
Où comme des remords se traînent de longs vers
Qui s'acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
Où gît tout un fouillis de modes surannées,
Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
Seuls, respirent l'odeur d'un flacon débouché.

Rien n'égale en longueur les boiteuses journées,
Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
L'ennui, fruit de la morne incuriosité,
Prend les proportions de l'immortalité.
- Désormais tu n'es plus, ô matière vivante !
Qu'un granit entouré d'une vague épouvante,
Assoupi dans le fond d'un Saharah brumeux ;
Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
Oublié sur la carte, et dont l'humeur farouche
Ne chante qu'aux rayons du soleil qui se couche.

—  Charles Baudelaire 

hereisout asked:

Il est rigolo ton tumblr

Merci petite boulette :) c'est un peu le fouilli mais c'est mon monde. Pour que tu puisses voir comment je suis

J’ai plus de souvenirs que si j’avais mille ans.

   Un gros meuble à tiroirs encombré de bilans,
   De vers, de billets doux, de procès, de romances,
   Avec de lourds cheveux roulés dans des quittances,
   Cache moins de secrets que mon triste cerveau.
   C’est une pyramide, un immense caveau,
   Qui contient plus de morts que la fosse commune.
   —Je suis un cimetière abhorré de la lune,
   Où comme des remords se traînent de longs vers
   Qui s’acharnent toujours sur mes morts les plus chers.
   Je suis un vieux boudoir plein de roses fanées,
   Où gît tout un fouillis de modes surannées,
   Où les pastels plaintifs et les pâles Boucher,
   Seuls, respirent l’odeur d’un flacon débouché.

   Rien n’égale en longueur les boiteuses journées,
   Quand sous les lourds flocons des neigeuses années
   L’ennui, fruit de la morose incuriosité,
   Prend les proportions de l’immortalité.
   —Désormais tu n’es plus, ô matière vivante!
   Qu’un granit entouré d’une vague épouvante,
   Assoupi dans le fond d’un Sahara brumeux;
   Un vieux sphinx ignoré du monde insoucieux,
   Oublié sur la carte, et dont l’humeur farouche
   Ne chante qu’aux rayons du soleil qui se couche.

— 

Spleen II

By Charles Baudelaire

Gomorra côté décharges

Dans le sud de l'Italie, “champion” des déchets illégaux, la justice porte de rudes coups aux mafias de l'environnement. Mais les risques sanitaires demeurent et les circuits s'internationalisent. Plongée dans l'autre poison napolitain. Surtout, ne pas se fier aux apparences. A ces pieds de tomates alignés à perte de vue, à ces abricotiers prometteurs, à ces champs offerts au soleil du Mezzogiorno… La vérité n'est pas là, dans ce paysage bucolique, mais au bout d'un chemin cahoteux. Encore cent mètres dans la poussière, un virage à droite, sous les pylônes des lignes à haute tension… Voilà, c'est ici : une décharge à ciel ouvert, un enfer où la terre d'Italie pleure et pue, en périphérie de Casal di Principe, fief mafieux des environs de Naples. A l'entrée, un homme sans âge s'active dans un fouillis de bidons et de ferrailles; il doit vivre sur place. Plus loin, au-delà du panneau indiquant que l'endroit est sous contrôle judiciaire, une pelleteuse arrache du sol une boue noirâtre. La nappe phréatique est déjà là, qui affleure, huileuse, suspecte, sous le regard d'experts en combinaison blanche. Tous portent des masques. On se croirait dans une centrale nucléaire. Au fond, c'est un peu ça : cette terre est empoisonnée, malade de la Camorra et de ses déchets. Lesquels, au juste ? Personne ne le sait vraiment, et ce mystère oblige à la prudence. Les fouilles lancées au début de juin donnent lieu à des centaines de prélèvements et de tests en laboratoire. “Nous voulons identifier ces produits et remonter aux sociétés soucieuses de s'en débarrasser, résume le général Sergio Costa, du Corps forestier d'Etat. Les analyses permettront aussi de déterminer les zones à risque et d'entamer les travaux d'assainissement.” AFP PHOTO/MARIO LAPORTAFrancesco Schiavone, chef des Casalesi, est en prison depuis juillet 1998. Ainsi va la Terra dei fuochi (“terre des feux”), cette partie de la province de Caserte où le clan camorriste des Casalesi - (…) Lire la suite sur lexpress.fr

between-the-click-of-the-light asked:

tiens toi aussi tu écris a moitié en français, a moitié en anglais dans ton journal!

Oui c'est une de mes mauvaises habitudes!!! XD
A force d'étudier et donc de penser en plusieurs langues mon journal devient un fouillis linguistique x)

JE SUIS UN PAPERBOY

Coincé dans mes racines,
En fumée je dessine
Des frayeurs enfouies,
Fatras d'enfant,
Fouillis sans fond,
Fuite en sursis.

D'un idéal prégnant,
Mes rêves incandescents
Consument ces joies promises :
Amours écloses,
Baisers en prose,
Vies insoumises.

En ces soirées d'été,
Les spray immaculés
Abritent mon âme en brume.
Cités en braises
Enduites de blazes,
Volutes de plumes.

Je suis un paperboy,
Jamais pas peur des toy,
Je vogue sous les tags
Et dispense ma joy.
Le temps d'une drague,
Le temps d'un swag.

http://www.olivierclavel.com/m-20150715

܀(Ͼ◡Ͽ)܀

Gomorra côté décharges

Surtout, ne pas se fier aux apparences. A ces pieds de tomates alignés à perte de vue, à ces abricotiers prometteurs, à ces champs offerts au soleil du Mezzogiorno… La vérité n'est pas là, dans ce paysage bucolique, mais au bout d'un chemin cahoteux. Encore cent mètres dans la poussière, un virage à droite, sous les pylônes des lignes à haute tension… Voilà, c'est ici : une décharge à ciel ouvert, un enfer où la terre d'Italie pleure et pue, en périphérie de Casal di Principe, fief mafieux des environs de Naples. 

A l'entrée, un homme sans âge s'active dans un fouillis de bidons et de ferrailles; il doit vivre sur place. Plus loin, au-delà du panneau indiquant que l'endroit est sous contrôle judiciaire, une pelleteuse arrache du sol une boue noirâtre. La nappe phréatique est déjà là, qui affleure, huileuse, suspecte, sous le regard d'experts en combinaison blanche. Tous portent des masques. On se croirait dans une centrale nucléaire. Au fond, c'est un peu ça : cette terre est empoisonnée, malade de la Camorra et de ses déchets. Lesquels, au juste ? Personne ne le sait vraiment, et ce mystère oblige à la prudence. Les fouilles lancées au début de juin donnent lieu à des centaines de prélèvements et de tests en laboratoire. 

“Nous voulons identifier ces produits et remonter aux sociétés soucieuses de s'en débarrasser, résume le général Sergio Costa, du Corps forestier d'Etat. Les analyses permettront aussi de déterminer les zones à risque et d'entamer les travaux d'assainissement." 

Francesco Schiavone, chef des Casalesi, est en prison depuis juillet 1998.

AFP PHOTO/MARIO LAPORTA

Ainsi va la Terra dei fuochi ("terre des feux”), cette partie de la province de Caserte où le clan camorriste des Casalesi - rendu célèbre par le livre Gomorra, du journaliste Roberto Saviano - a pratiqué pendant des décennies une activité plus lucrative et moins risquée que celle de la cocaïne : le trafic de déchets industriels dangereux. 

“Des ‘zones camomille’, c'est-à-dire moins vigilantes”

Les enquêteurs ne sont pas venus ici par hasard, mais sur les indications d'un repenti, Carmine Schiavone, décédé en février dernier. Ses déclarations, faites dès 1997 devant une commission parlementaire et trop longtemps restées inexploitées, laissent supposer que des milliers de tonnes de déchets ont été enfouis ici au cours des années 1980 et 1990.  

Le scénario de la combine ? Des entreprises du nord du pays, contraintes par la loi de recycler ou de détruire leurs déchets les plus toxiques, se tournaient vers les Casalesi pour s'en débarrasser à moindre coût. “Croyez-moi, ces boîtes savaient ce qu'elles faisaient”, assure Roberto Pennisi, substitut du procureur national antimafia. D'où la nécessité de les identifier, et de vérifier au passage si Schiavone, cousin du boss du clan, disait vrai en évoquant des produits radioactifs venus d'Allemagne (à ce jour, rien ne le prouve). 

Combien de sociétés, italiennes ou étrangères, ont-elles eu recours à la Camorra - les autres mafias nationales, Cosa Nostra (Sicile), 'Ndrangheta (Calabre) et Sacra Corona Unita (Pouilles), seraient moins concernées - pour ces basses besognes? Pareilles recherches relèvent de la gageure. Surtout dans une région aussi chaotique que la grande banlieue de Naples. Nous sommes ici entre ville et campagne, dans un dédale de routes et de champs, d'usines, d'entrepôts, de chantiers inachevés. Et de décharges, donc.  

L'ONG Legambiente, dont le sérieux est salué jusque dans les rangs de la magistrature, s'attelle à y dénoncer les abus. Voilà plus de vingt ans qu'elle tient la chronique des “crimes environnementaux” : les voies rapides remblayées à l'aide de déchets ; les constructions sauvages ; le ciment frelaté ; les carrières comblées par de pleins camions de détritus ; les bateaux poubelles sciemment naufragés ou expédiés en Afrique (Nigeria, Somalie…), etc. Son rapport “Ecomafia 2015”, publié le 30 juin, est édifiant : depuis janvier 2014, au moins 3millions de tonnes de déchets liés à des trafics organisés ont été placés sous séquestre. 

Cipriano Chianese orchestrait, semble-t-il, le trafic des déchets pour les Casalesi.

Capture d'écran

Les peines encourues atteignent maintenant vingt ans de réclusion

Carmine Schiavone, décédé en février, étail le cousin du boss. Il a tout avoué.

LaPresse/MAXPPP

Le jour où il faudra évacuer les décharges géantes…

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Mafias: comment elles détruisent la planète