flanc

J’avais le sentiment d’avoir réalisé la plénitude de moi-même.

Les voyous ne me séduisirent plus. C’étaient des pairs. Devrais-je penser que la séduction n’est possible que lorsqu’on n’est pas tout à fait soi? Durant ces années de mollesse, que ma personnalité prenait toutes sortes de formes, n’importe quel mâle pouvait de ses parois serrer mes flancs, me contenir. Ma substance morale était sans netteté, sans contour. J’aspirais alors à me laisser étreindre par la splendide et paisible stature d’un homme de pierre aux angles nets. Et je n’avais tout à fait le repos que si je pouvais tout à fait prendre sa place, prendre ses qualités, ses vertus; lorsque je m’imaginais être lui, que je faisais ses gestes, prononçais ses mots: lorsque j’étais lui. On disait que je voyais double, alors que je voyais le double des choses.


Miracle de la rose - Jean Genet

Je tire ton flanc sous le trait, je tire l'ombre et la lumière, c'est ton ventre que je cherche, que je veux, c'est un désir très profond de mon ventre vers le tien, le dessin plus qu'une obsession, l'assurance d'un geste infini qui te touche, t'aime et te prend