fauteuille

anonymous asked:

recommendations for movies and songs in french pls :) THANK YOU

sure sure sure

Movies

Un Monstre à Paris (2011)
Les Choristes (2004)
La Vie d’Adèle (2013)
Fauteuils d’Orchestre (2006)
Amélie (2001)
Intouchables (2011)
Hiroshima, mon amour (1959)
Le Prénom (2012)
Neuilly sa mère (2009)
Le premier jour du reste de ta vie (2008)
Dans la maison (2012)
J’ai tué ma mère (2009)
Le Gendarme de Saint-Tropez (1964)
L’Arnacoeur (2010)
Polisse (2011)
Jeux d’Enfants (2003)
La Haine (1995)
Persepolis (2007)
Tomboy (2011)

Music

Stromae
Coeur de Pirate
Noir Désir
Indochine
Archimède
Kyo
Serge Gainsbourg
Damien Saez

Source : x

J’ai été élevée dans cette ambiance de gauche blanche française intellectuelle Canal+ et compagnie, celle qui se croit tellement plus maline que les autres. Celle qui enrobe son racisme et son sexisme d’une couche “d’impertinence” pour faire passer la pilule. C’est peut-être en partie parce que j’aurais pu rester dans ce gros fauteuil moelleux d’humanisme à la con complètement dépolitisé que je le vomis tant aujourd’hui.

Y a un mot qui m’a frappée, juste avant qu’on en arrive à l’ignoble passage où il explique cette insupportable expérience de “racisme anti-blanc” qui l’a tant marqué, lui qui était pourtant accompagné par une “amie noire comme l’ébène” (*vomit bruyamment*). C’est quand il explique qu’il a décidé d’aborder des questions de société “avec humour, avec distance, avec tout ce qu’il faut”.

En fait, ce mot, “distance”, caractérise bien cet humour français blanc. Tu vois, le racisme, par exemple, quand on est blanc-he, on peut en parler avec “distance”, parce que ça n’impacte pas notre vie. Ni le racisme réel, tu sais, celui qui nous donne un énorme privilège qu'on peut refuser de voir, ni le “racisme anti-blanc”, tout simplement parce qu’il n’existe pas. La fois où un mec noir t’a traité de raciste, ben ça n’a aucune espèce de conséquence sur ta vie, ça ne s’inscrit pas dans un contexte d’oppression - ça n’est qu'une pauvre anecdote minable à raconter, hilare, à la radio pour montrer comment t’es trop politiquement incorrect.

Donc ouais, tu peux jouer la “distance”. T’es tellement cool. Tu prends ça tellement décontract’. Tu peux juger ces gen-te-s qui ont l’air tellement crispé-e-s quand ielles parlent de trucs qui leur bouffent la vie chaque jour, qui les épuisent et les vident. T’es tellement au-dessus de tout ça. Bravo. Super. Ça s’appelle le privilège.

Traduction:

- Je suis l'HOMME de cette maison, donc à partir de demain je veux que tu m'aies préparé un repas chaud et délicieux, prêt à la seconde où je passerai cette porte… Après quoi, pendant que je regarderai ESPN en me reposant dans mon fauteuil, tu m'apporteras mes pantoufles puis fera couler mon bain. Et quand j'aurai fini mon bain, devine qui viendra m'habiller et me peigner ?
- Le croque-mort.

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(Autres peintures de Monica Rohan, déjà postée aujourd'hui grâce à red-lipstick.tumblr.com )
Qu'ont donc les personnages de Monica Rohan pour ainsi être engloutis par tissus, fauteuils, feuillages ? Une immense fatigue, un désir de se cacher ? Ils font corps avec ces éléments réconfortants, au point de s'y fondre complètement. C'est étrange, mais ça me parle. Dissolution, oubli, coma, disparition. Les aquarelles de la peintre australienne interrogent notre désir de fuite, de repos, de camouflage ; en tous cas, c'est ce que ça m'inspire, ainsi qu'une grande empathie.
(C'est aussi tout simplement superbe.)

Un jukebox

Missy Prince, Memphis II, 2013

(FR) Est-ce un hasard si les murs de cette pièce sont bleus ? A-t-on déjà vu représentation plus honnête et plus poignante de l'histoire de la musique américaine que cette photo ? Toute l'histoire de la musique américaine : le gospel, le blues, le folk, le rock, l'alcool, la danse, le destin. Une musique de migrants, de croyants, de ruraux, qui s'est mécanisée, électrifiée, industrialisée. Ce jukebox semble en être resté là, à la croisée des origines et des mutations à venir. Il symbolise à lui seul un basculement du monde. L'image n'est pas nostalgique, c'est un pur geste de tendresse. Il en imposait, aujourd'hui il encombre et se fait tout petit dans la moitié inférieure du cadre, entre ces murs bleus plusieurs fois rafraîchis mais dont on n'évitera plus l'effritement. Un miroir poussiéreux à gauche reflète ce qu'il voit : un fauteuil vide et la lumière crue du dehors. Cet éclat de blanc suffit à évoquer la vie qui a continué sans lui et inventé de nouvelles façons de jouer de nouvelles variantes de sa musique. Il est particulièrement touchant de penser que c'est cette même lumière qui l'éclaire et a permis à Missy Prince de si bien photographier ce témoin.

(EN) Is it just by chance that the walls in this room are blue ? Have we ever seen a more honest or more poignant representation of the history of American music than this photo ? The whole history of American music – gospel, blues, folk, rock, booze, dance and fate. A music of migrants, believers and country people that was mechanised, electrified and industrialised. This jukebox seems to have always been there at the crossroads of the origins and the mutations to come. It alone symbolizes a shift in the world. The image isn’t nostalgic; it’s a pure gesture of tenderness. It used to be an impressive thing, now it’s in the way and is trying to make itself small in the bottom half of the shot, between these blue walls that have been repainted over and over but whose crumbling can no longer be halted. A dusty mirror on the left reflects what it sees: an empty armchair and the harsh light outside. That burst of white is enough to evoke the life that goes on without it and where new ways of playing new kinds of music have been invented. It is particularly touching to think that it is this same light that shines on it and enables Missy Prince to photograph this eye-witness so well.

From Selektor III: Missy Prince, digital issue

36x47,6 cm poster included with every print issue, final deadline