extrascolaire

J’ai toujours eu un problème à faire des choix.

Quand j’étais petite, je pouvais passer une demi-heure à choisir entre deux couleurs.

J’ai essayé une bonne vingtaine d’activités extrascolaires, j’ai changé une bonne vingtaine de fois d’idées en ce qui concernait ce que j’allais faire « quand je serais grande ».

Quand j’étais au lycée, j’ai galéré toute mon année de seconde pour choisir dans quelle section aller. Quand j’étais en Terminale, j’ai hésité dans mon choix de prépa. Quand j’étais en prépa, j’ai hésité à partir ou à rester.

Cette année, j’ai changé cinq fois de choix de masters en un semestre, j’ai considéré une orientation possible, puis une autre, puis je suis revenue sur la première, et ainsi de suite.

Pour le premier tour des présidentielles, j’ai hésité pendant des semaines : vote de conviction, vote utile, vote de conviction…

Et bien souvent, quand j’ai fait un choix, j’y repense souvent et je me demande si c’était le bon. La voix du doute me questionne : est-ce que tu as bien choisi ? Qu’est-ce qui ce serait passé si tu avais choisi une autre option ?

Oui, j’ai toujours eu un problème à faire des choix.

Mais dimanche soir, quand on a eu les résultats du premier tour, je n’ai pas hésité une seule seconde. J’ai su. J’ai su immédiatement que j’irai voter Macron au second tour. Et je me dis qu’en fait, ce n’était pas un choix pour moi. C’était une certitude, une évidence. C’est pour ça que, pour une fois, ça a été facile. Pour qu’il y ait un choix à prendre, il faut qu’il y ait plusieurs options possibles. Et j’estime que, dans cette situation, il n’y en a qu’une.

Parce que oui, j’ai des problèmes à faire des choix, mais parfois je n’ai pas à choisir. Parce qu’il y a des évidences. Le racisme, la xénophobie, la misogynie et l’homophobie sont inacceptables. Vivre dans un pays dirigé par le FN, dans un pays où règne la discrimination, ce n’est pas concevable.

J’ai des problèmes à faire des choix, mais pour rien au monde je ne voudrais vivre dans un pays où on n’a pas le choix, où on n’est pas libre quels que soient sa couleur de peau, sa religion, son genre ou son orientation sexuelle.

Dans deux semaines, je plierai le papier sur lequel est inscrit le nom d’Emmanuel Macron et je le glisserai dans l’enveloppe, les mains tremblantes et le cœur battant, et je prierai je ne sais quel dieu pour que tout se passe bien. Et ça, je ne l’ai pas choisi : je l’ai su.