emplettes

A la recherche du temple perdu Choquequirao

Pour nos derniers jours dans la Vallée sacrée, on s’est dit qu’un nouveau petit trek ne serait pas de refus. N’ayant pas pu achever celui de Salkantay, on décide de faire celui de Choquequirao ! Et ce n’est pas une mince affaire ce trek. Choquequirao est un site archéologique perché à 3100 mètres d’altitude et dont les vestiges sont tout aussi grandioses que ceux du Machu Picchu. La seule différence est que ce site n’est accessible que par une randonnée de 4 jours (aller-retour) en continuel dénivelé et en plein cœur de la jungle. Ça s’annonce difficile mais ça nous tente bien de partir à la recherche d’un véritable temple perdu !

Avant de partir pour Cachora, la ville de départ pour le trek, on se rend au marché de Cusco pour faire nos emplettes. Nous n’avions jusqu’à présent pas vraiment acheté de produits frais, l’occasion est donc parfaite pour s’enivrer des odeurs locales (à part peut-être celles du comptoir des viandes et abas). On craque pour des pommes, des clémentines, du jambon et du fromage, du pain et un paquet de pâtes. Avec nos sacs un peu alourdis, on saute dans le bus direction Cachora ! Nous allons dormir chez Luisa, une adorable péruvienne, qui accueille chez elle les trekkeurs sur le départ pour Choquequirao. Sa maison est juste à côté du sentier et ça nous tentait bien de loger chez l’habitant. Luisa est trop mignonne. Elle nous accueille avec un grand sourire et nous fait visiter sa maison. On rencontre ses chats, ses chiens, ses poules et son cochon. Elle nous prépare un délicieux dîner que l’on partage ensemble avec 2 autres péruviens qui construisent des douches et toilettes pour améliorer le confort des futurs hôtes. Oui, parce qu’actuellement, il n’y a qu’une cabane au fond du jardin pour faire ses besoins. C’est très rudimentaire mais tellement authentique. Au petit matin, Luisa nous a préparé un copieux petit-déjeuner avec des œufs, des pâtes et des patates. Avec ça, on est parés pour le dénivelé ! Au moment du départ, elle nous embrasse chaleureusement. Hasta Luego Luisa !

Jour 1

On marche 2 bonnes heures le long d’une petite route avant d’arriver à l’entrée du parc national Choquequirao. Il y a beaucoup de brume et c’est très humide mais c’est souvent le cas le matin et ça se lève rapidement en milieu de matinée. Passée l’entrée, on emprunte un petit chemin à flanc de falaise avant d’arriver au Mirador Capuliyoc (mais on ne voit pas grand chose avec la brume). Jusqu’ici tout va bien – mais c’est maintenant que ça va se corser. Le Mirador est assez haut et nous allons devoir descendre de façon abrupte jusqu’à la rivière en contre-bas (environ 1700 mètres de dénivelé négatif) pour ensuite remonter sur le versant opposé de la montagne jusqu’au premier lieu de campement. On commence à descendre sur un joli sentier orangé que l’on voit serpenter le long de la montagne. 

Le chemin est vertigineux et offre une magnifique vue sur la vallée. La brume se lève progressivement pour faire place à un soleil de plomb. Après nos randonnées en haute altitude à Huaraz, on ne s’attendait pas à avoir si chaud au Pérou ! On arrive quelques heures plus tard au bord du fleuve Apurimac avec les jambes en coton mais il nous reste encore 500 mètres… à gravir ! C’est épuisés que l’on arrive au campement. En guise de réconfort, on a la possibilité de prendre une douche (froide évidemment). Un vrai luxe, surtout quand il fait très chaud !

Jour 2

Le lendemain, on se réveille à l’aube pour une nouvelle journée de grimpette (plus de 1000 mètres quand même) mais avec la satisfaction d’arriver enfin sur les ruines de Choquequirao ! Au fur et à mesure de notre (éprouvante) ascension, la végétation se fait plus dense et le trek se poursuit avec de nouveaux compagnons : des moustiques voraces. On se sent comme des baroudeurs en pleine jungle quand soudain, au détour du sentier, surgissent les ruines de Choquequirao, mazette ! Perchées à flanc de montagne, elles nous semblent déjà splendides. Il nous reste encore 1h30 de marche pour les atteindre mais qu’importe ! Notre objectif est devenu visible et mine de rien, ça change tout. Il y a un campement au pied du temple. On décide de monter la tente, de laisser nos fardeaux et puis… de continuer à grimper jusqu’au site ! C’est quand on n’en peut plus qu’on peut le plus parfois, va savoir.

Lorsque l’on arrive sur le site, c’est tout de suite majestueux. On est entièrement seuls (l’avantage d’un trek aussi physique) et les vestiges sont immenses. On commence par longer des terrasses pour ensuite arriver sur la place centrale. De part et d’autre du site, on peut grimper sur une colline qui offre une vue à 360° sur les ruines, les montagnes et les vallées. Le spectacle est saisissant et on ne regrette vraiment pas d’avoir enduré tous ces efforts. 

On décide même de continuer à souffrir : sur l’autre versant de la vallée et 200 mètres plus bas, se trouvent de très beaux vestiges de terrasses décorées de lamas blancs. La descente est vertigineuse (en plus il faudra la remonter) mais la vue est à couper le souffle.

On regagne le campement après notre belle journée de crapahutage. On sympathise avec 2 québécoises et 2 belges avant de regagner notre tente avec un sentiment d’accomplissement.

Jour 3 & 4

Nous sommes partis à la recherche d’un temple perdu, nous l’avons trouvé. Maintenant, il faut rentrer. Tout ce beau dénivelé qui nous a fait suer n’attend que de nous retrouver ! En redescendant sur le sentier, on aperçoit celui d’en face, sur l’autre montagne et à la même hauteur. S’il y avait eu un pont, ça aurait été plus simple. Mais rien n’est simple en terme de trekking au Pérou. La descente se fait plutôt rapidement et on s’installe dans un campement pour se reposer avant l’ultime ascension. On se lève très tôt le lendemain pour grimper jusqu’au Mirador et rejoindre le point d’entrée du parc. On croise des marcheurs qui commencent le trek et qui sont déjà épuisés. Une chose est sûre, on est heureux d’avoir fini, et plutôt fiers de nous !