elie-faure

En s'attribuant à lui-même les pouvoir d'un dieu, l'homme s'est séparé de Dieu, et par voie de conséquence, de l'univers. Ce qui était pour lui héritage, don et salut, il l'a corrompu par orgueil et par arrogance intellectuelle. il n'a pas seulement tourné le dos à la source, il n'est en vérité même plus conscient de l'existence d'une source, de cette source d'où, comme dit la Bible, coulent toutes les bénédictions. A présent il reste là, désemparé, devant sa création -ce monde des choses, ce monde vide - et il est perdu. Le temps en est arrivé à un point mort. La vie s'est paralysée.
Qu'importe en fin de compte si, le temps de quelques éons, cette créature appelée homme attend dans la coulisse? C'est une fin, une entre bien d'autres - ce n'est pas LA fin. Ce que l'homme est dans son essence, cela ne pourra jamais périr. l'esprit qui au commencement soufflait sur les eaux créera de nouveau. L'homme, cette forme embryonnaire d'un être qui n'a pas de commencement et n'aura pas de fin, fera de nouveau place à l'homme. L'homme d'aujourd'hui, l'homme historique n'a pa besoin d'être et ne sera pas le dernier mot. Il n'y a pas de dernier Mot, à moins qu'il ne s'agisse du Verbe même. “Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu.”
Donc, devant ce vaste panorama des œuvre de l'homme, pensons moins à ce qui a été accompli par les géants qui paradent tout au long de ces volumes qu'à l'énergie impérissable dont ils ont été les étincelles ardentes. Tout peut être perdu, tout peut être oublié pourvu que nous nous rappelions que rien n'est perdu, que rien n'est jamais oublié.
“Ce qui fut au commencement, est aujourd'hui, et sera, à jamais.
—  H.M 

“—Velasquez, après cinquante ans ne peignait plus jamais une chose définie, il errait autour des objets avec l'air et le crépuscule, il surprenait dans l'ombre et la transparence des fonds les palpitations colorées dont il faisait le centre invisible de sa symphonie silencieuse. Il ne saisissait plus dans le monde que les échanges mystérieux qui font pénétrer les uns dans les autres les formes et les tons par un progrès secret et continu dont aucun heurt, aucun sursaut ne dénonce ou n'interrompt la marche.

L'espace règne. C'est comme une onde aérienne qui glisse sur les surfaces, s'imprègne de leur émanation visible pour les définir et les modeler et emporter partout ailleurs comme un parfum, comme un écho d'elle, qu'elle disperse sur toute l'étendue environnante en poussière … impondérable. 

C'est beau ça, hein p'tite fille ?

Le monde où il vivait était triste : un roi dégénéré, des infants malades, des idiots, des nains, des infirmes, quelques pitres monstrueux vêtus en Princes, qui avaient pour fonction de rire d'eux même et d'en faire rire des êtres hors-la-loi vivante, étreints par l'étiquette, le complot, le mensonge. Liés par la confession et le remord. Aux portes, l'autodafé… le silence.



Ecoute ça…

Un esprit nostalgique flotte, mais on ne voit ni la laideur ni la tristesse ni le sens funèbre et cruel de cette enfance écrasée.
Velasquez est le peintre des soirs, de l'étendue, et du silence. Même lorsqu'il peint en plein jour, même quand il peint dans une pièce close, même quand la guerre ou la chasse hurle autour de lui.

Comme il ne sortait guère aux heures de la journée où l'air est brûlant, où le soleil éteint tout, ces peintres espagnoles communiaient avec les soirées…


—Mais tou est fou de leur lire des choses comme ça !”

El hombre ha dejado de estar en el centro de la vida. Ya no es flor del mundo entero, que se ha dedicado poco a poco a formarlo y madurarlo. Está mezclado con todas las cosas, está en el mismo plano que todas las cosas, es una partícula del infinito. La tierra pasa a los árboles, los árboles a los frutos, los frutos al hombre o al animal, el hombre y el animal a la tierra; la circulación de la vida arrebata y propaga un universo confuso en el que las formas surgen por un segundo, sólo para verse sumergidas y luego reaparecer, superponiéndose unas sobre otras, palpitando, penetrando unas en otras, a medida que surgen como olas. Todo es una mera apariencia, y bajo la diversidad de las apariencias, el espíritu del mundo, es una unidad. Todo tiene su momento de gravedad, la materia en expansión late como un corazón.
— 

Henry Miller, Nexus

(Cita al historiador Elie Faure, sobre el arte oriental)

“Toledo is made of granite. The land around it is dreadful, of a deadly aridity, bare breasts full of shadows in its hollows, the rumbling of a torrent with steep banks, great clouds dragging themselves in the sky. On sunny days, she streams with fire, she is livid like a corpse in winter. Only just, here and there, the greenish uniformity of the stone is brushed by the pale argent of the olive trees, by the light pink or blue stain of a painted wall. But without any rich soil, without the rustling of leaves, it is an emaciated skeleton, where not a living thing moves, a sinister absolute where the soul can only seek refuge in frantic solitude, or cruelty and misery, waiting for death.

With this crushed granite, this horror, this dark flame, El Greco painted his art. It is a frightening and splendid painting, gray and black, lighted by green reflection.”

Elie Faure, French art historian (roughly translated here) about El Greco and Toledo
Excerpt from Histoire de l'art, L'Art moderne I

The adventure of man is a continuous oscillation between
his irresistible desire to become an intelligent animal and
his insatiable desire to remain a confused god. His victory is to be both, in the highest degree, but neither exclusively.

- Elie Faure

«E eis a única imagem por cuja posse importa vivermos: a que uma grande alma realiza para provar o valor de seu entusiasmo e que sentimos corresponder a tantas indicações indecisas e balbuciantes nos objetos fugazes do nosso amor, que ela se torna para nós, pouco a pouco, mais real do que o mundo e nos proporciona uma fé mais jovem após cada uma das nossas crises de desespero.

O que há de mais real em mim são as Ilusões que eu crio…»

Théâtre militant au lycée Elie Faure

Les discriminations étaient sous les projecteurs et aux vues de tous sur la scène de l'amphithéâtre Molière. Ainsi mises en lumières et incarnées, enseignants et élèves ont appris ensemble à mieux les connaitre pour mieux lutter contre elles.

Un acte illégal “ordinaire”

Sur la grande scène du lycée Elie Faure, les situations d'oppression se succèdent et se ressemblent fondamentalement. Chacune des situations de discrimination*, qu'elle ait lieu à l'entrée des établissements de loisirs ou bien lors d'un entretien d'embauche, fait l'objet d'une mise en scène interactive qui se veut pédagogique et mobilisatrice. “Comment la situation pourrait être modifiée ?” lance à la cantonade un professeur. “Il faudrait changer les videurs ou le patron de la boîte de nuit” répond un élève. “On remplace les videurs par des rentreurs” surenchérit un autre lycéen, provoquant alors les éclats de rire du public. Mais il s'agit bien d'une situation illégale mise en scène par les lycéens de 1ère ES et de STMG. Les contrevenants à la loi sont passibles de 3 ans de prison et de 4500€ d'amende pour les personnes physiques et de 32500€ pour les personnes morales ou entreprises, rappellent les membres du collectif Vivre Ensemble l'Egalité (VEE), créé en 2010 et situé depuis au centre social Génicart à Lormont. 

* Une discrimination est une inégalité de traitement fondée sur un critère prohibé par la loi (âge, sexe, origine, religion…).

 Acte 1, scène 1

- “80% des employeurs ont préféré embaucher une personne de "type hexagonal ancien” annonce immédiatement un des membres du collectif lors de la scène consacrée à la discrimination à l'embauche.

- “Je ne vois pas comment on peut réagir : c'est leur mentalité et on ne peut pas trop changer ça. Et comment fait-on en entretien ?” demande un élève avant que son interlocuteur ne lui réponde qu'il s'agit d'un acte illégal et qu'il doit porter plainte.

Quelques murmures se font entendre. Le scepticisme du jeune public est palpable.

-“Vous devez prendre conscience qu'il s'agit d'un acte illégal puni par la loi. Rendez-vous compte si à chaque fois celles et ceux qui ont lutté s'étaient dits qu'ils ne pourraient rien changer, alors, aujourd'hui, les droits des femmes n'existeraient pas, ni le mariage homosexuel” clame l'un des membres du collectif.

Le doute plane toujours dans le public.

- Un élève prend la parole : “Si on se mobilise, les entreprises vont faire attention et on ne changera pas leur mentalité. La loi pour le mariage pour tous n'a pas fait changer d'avis ceux qui étaient contre”.

- “On ne va pas réprimander celui qui a volé un scooter : il va être condamné. Nous, nous disons que les discriminations sont illégales, pourtant rien n'est mis en place : la loi est inapplicable en l'état ! ” explique un membre du collectif.

- “Nous devons nous mobiliser : il faut que les choses viennent d'en bas. Il faut établir un rapport de force et des moyens de pression ” conclut-il en invitant les lycées à rejoindre le collectif.

Vivre ensemble l'égalité à Lormont


Pour cette seconde édition, le collectif VEE, l'association Didée, la Cie de théâtre Les Enfants du Paradis et le lycée ont souhaité rendre les choses plus interactives, non seulement à destination des élèves mais aussi des enseignants. “Il s'agit aussi pour nous de prendre conscience que nous discriminons sans vouloir le faire : on peut être parfaitement de bonne foi. En réfléchissant, on constate qu'à partir du moment où l'on a du pouvoir, on est potentiellement discriminant” explique Gérard Clabé, enseignant d'histoire-géographie au lycée. Le professeur craint également la banalisation des discriminations : le risque étant de voir ces injustices devenir une norme. Mais c'est sans compter sur le travail d'in-formation du collectif lormontais VEE, présent aussi dans la salle, ce matin-là. Depuis deux ans, les jeunes membres du collectif sensibilisent sur les terrain les discriminés et les discriminants : l'objectif pour eux étant de faire de la publicité aux lois qui sanctionnent les discriminations, notamment la loi n°2001-1066 du 16 novembre 2001 et les articles 225-1 à 225-4 du Code pénal. Jusqu'au 1er mai 2011, date à laquelle elle a été dissoute, la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l'Egalité (HALDE) pouvait être saisie par quiconque avait été victime de discrimination. Aujourd'hui les missions de la Halde ont été transférées aux Défenseurs des droits qui doivent veiller au respect de la loi dans le fonctionnement des services publics. 

Texte et photos : Paul-Michaël Borgne

“…ninguém possui no mesmo grau dos grandes românticos o poder de exprimir o que existe de mais inebriante e de mais irresistível no movimento interno da vida. O procedimento não muda quase nada, mas o que o torna onipotente e impossível de imitar é o fato de que não se trata de um procedimento mas de um modo de ver, um modo de agir, um modo de viver.”

Elie Faure. A Arte Moderna. p. 304

“Um século inteiro voltado para a investigação científica não contribuiu pouco para estabelecer, entre esse solitário [o artista] e a massa cada vez mais incapaz de sentir a linguagem das formas, um crescente mal-entendido. O cientista desalojava todos os dias um pouco mais o artista do lugar que ele ocupava desde a Renascença no respeito dos homens de seu tempo. E os homens estão muito mais atentos aos resultados humanitários e práticos obtidos pelos pesquisadores do que à qualidade intrínseca de seu trabalho. Erguem altares ao último inventor da vacina ou de fogareiro e ignoram aquele que vem mudar o equilíbrio das almas por um século ou um milênio. Tudo isso é natural, e o mito de Hércules é muito mais conhecido da multidão do que o mito de Prometeu.

[…]

Aquilo a que outrora se dava o nome de razão - e que fora, havia um ou dois séculos, entre Descartes e Diderot, uma admirável ferramente individual de investigação apaixonada, uma espécie de ser vivo - converteu-se em racionalismo, uma religião imóvel, independente dos sentidos, emancipada do coração, uma lâmpada num sepulcro. 

[…]

Quem só acredita na ciência é como um músico de orquestra que imagina que a sinfonia inteira reside no próprio mecanismo de seu instrumento. Quem só crê na intuição é como um músico de orquestra que imagine que a sinfonia continua quando todos os executantes quebram suas cordas e seus arcos.”

Elie Faure. A Arte Moderna. p.8-10

“Na Idade Média, o artista era um operário, perdido na multidão, amando com o mesmo amor. Mais tarde, na Renascença, era um aristocrata do espírito, quase emparelhado com o aristocrata de nascimento. Mais tarde ainda, um trabalhador braçal erudito açambarcado pela autocracia vitoriosa. E depois, quando a autocracia acaba de esmagar a aristocracia sob suas ruínas, quando o operário é separado do operário pela morte das corporações, o artista se perde na multidão, que o ignora ou o desconhece.

Quem contará o martírio daquele que preserva o amor e a quem o amor foge ou repele? Na democracia existe um único aristocrata: o artista. Por isso ela o odeia. Por isso diviniza o escravo que faz parte dela, aquele que já não sabe cumprir sua tarefa, que já não ama, que conhece a arte do repouso conveniente às classes cultas e consente em reinar sobre todos os escravos com um quadro-de-honra na mão. Mesmo ilustre, mesmo odiado, mesmo insultado todos os dias pela turba dos salões, dos amadores e dos críticos, mesmo introduzido a força na prisão das Academias e das Escolas, o artista está só. David detesta a Escola, a Escola faz dele o seu deus. Para o rebanho balidor dos alunos de David, Delacroix, célebre aos vinte anos, é um lobo. Ingres, que despreza Roma e o Instituto, dirige a Escola de Roma e preside o Instituto. Opõem-nos um ao outro em nome de teorias e de sistemas que ambos detestam. Baudelaire, Daumier, Flaubert são levados ao tribunal. Aliás,  Daumier, em quem se fundem a chama de Rembrandt e a força de Michelangelo, não passa de um folgazão remunerado. Manet é o Inimigo do Povo. Expulsa-se das folhas públicas Zola, que o defende. Vaiam-se os Impressionistas porque ignoram o desenho, mais tarde elogia-se o seu desenho para ridicularizar seus herdeiros. Os que vivem magramente das migalhas da mesa deles declaram-nos incompletos. Ri-se da construção de Cézanne, que redescobre a construção. Escarnece-se da cor e da ênfase de Renoir, que reencontra a solidez do volume e o lirismo da cor… Não estão eles tão sós quanto Rembrandt morrendo de fome, ou Vélazquez, criado de corte, ou Watteau, tísico recolhido pela caridade de um amigo?

Elie Faure. A Arte Moderna. p.7

“De fato, no Sul já não existe mais do que um homem, Velázquez, que é um milagre e em quem se pode ver, com razões igualmente válidas, ora um simples virtuoso - o primeiro de todos, é verdade -, ora o mais raro espírito da pintura, o rei do silêncio e da atmosfera

Elie Faure. A Arte Moderna. p.6

O universo teológico pode desmoronar por toda parte. Mas na alma do grande europeu, de Montaigne a Schopenhauer, acalentado no fluxo móvel da pintura sinfônica, alçado nas grandes asas do poema orquestral, escorado nas hipóteses sublimes da gravitação e do transformismo, um novo mito se constitui para o homem do futuro. Vivendo no seio de um mundo que provavelmente tem como única finalidade a troca ininterrupta, crescente e cada dia mais complexa das formas indiferenciadas da energia e do amor, o homem do futuro não conhecerá no céu e na terra outro paraíso que não a conquista da necessidade de crescer e de harmonizar em si mesmo sua energia e seu amor. Tal é, pelo menos, o desejo obscuro que os heróis do pessimismo europeu vêm exprimindo, sem o saber, creio eu, em sua filosofia, em sua arte e em sua ciência nos últimos trezentos anos. O Prometeu moderno, Dom Quixote, acredita na santidade de sua missão. Mas Cervantes ama esse louco muito menos pelos fantasmas que lhe perseguem a generosidade e a coragem do que pela força divina de sua ilusão”


Elie Faure. A Arte Moderna. p.5

“Vivemos na nossa ingenuidade primitiva mas, quando os movimentos de idéias nascem à nossa volta e nos cercam pouco a pouco, como águas abundantes em torno de uma ilha, se a nossa ingenuidade se recusa a extrair deles o alimento que a refará, uma terrível aridez sucede à erupção dos frutos que a tornavam tão saborosa. O que mata não é aprender, é não sentir o que se aprende. A inocência é imortal naquele que busca sempre. Ela renasce de suas cinzas, e o novo pressentimento só vem à luz depois que a experiência e o estudo destruíram ou confirmaram o pressentimento antigo.”

Elie Faure. A Arte Moderna. p.5

“O sonho romântico e o realismo clássico colidem e misturam-se na França, onde a Itália e a Alemanha se encontram pela terceira vez. É aí que a Renascença do Sul e a Renascença do Norte se confrontam para ratificar um acordo definitivo.”

Elie Faure. A Arte Moderna. p.4