de cendres

-je ne prends pas le train-

c'est le jour où je voit les nuages
je les vois fumer lentement dans le ciel
tel un homme d'affaire, un mauvais présage
de but en bleu, carnage sur cet archipel

je ne prends pas le train
je ne prends à vrai dire, rien
puisqu'on ne peut attraper l'air de ses mains

je ne prends pas non plus le temps
à quoi sert-il ? à part compter à rebours
qu'on n'en ai ou non, nous est d'aucun secours

je n'ai pas grand chose à prendre
mais beaucoup plus à laisser
rancoeur, remords et jalousie
n'ont fait qu'atiser mes traits
autant laisser derrière à cette effigie
l'image de l'avant et de l'après cendre

je ne laisse pas le haut-en-bleu
ses cotons sont que trop précieux
je vous laisse le bas-en-couleur
il n'est plus que rouge, que douleur

Le réalisateur Tancrède Ramonet a imaginé une ambitieuse fresque documentaire sur le mouvement anarchiste à travers le monde, diffusée mardi 11 avril sur Arte.

« Il existait bien des histoires mondiales du fascisme, du communisme, du féminisme. Mais rien sur l’anarchisme », s’étonne encore Tancrède Ramonet. Un manque qu’en 2010 le réalisateur et producteur – qui ne cache pas une sensibilité certaine à la cause libertaire – va s’évertuer à combler. Il s’attelle donc à un projet ambitieux : raconter ce courant de pensée aux multiples facettes qui, depuis le XIXe siècle, échoue et renaît de ses cendres au gré des péripéties de l’Histoire.
Il lui faudra cinq ans de lectures, d’interviews d’historiens, de plongée dans les archives, pour construire « une » histoire de l’anarchisme. Peut-on pour autant rassembler sous une même bannière les écrits de Proudhon (1840), la révolution mexicaine (1910), les braquages de la bande à Bonnot (1912), ou l’affaire Sacco et Vanzetti, du nom de ce scandale judiciaire qui agita les années 1920 et vit deux anarchistes italiens exécutés aux Etats-Unis ?

De Proudhon aux émeutes anti-G8
« C’était une vraie difficulté. L’anarchisme n’est pas un parti, avec une carte, une hiérarchie, un fonctionnement propre. Il se manifeste dans les actions. Tous les épisodes répondent à ce même élan : lutter contre toute forme de domination, explique le réalisateur. Je souhaitais montrer qu’au-delà de sa diversité, de ses contradictions et errements le mouvement garde une cohérence et revêt un caractère international. » Le projet initial, fresque documentaire en trois parties, visait à couvrir une large période : de 1840 – date de la publication de Qu’est-ce que la propriété ?, l’écrit fondateur de Proudhon – à 2001, où, selon Ramonet, les émeutes contre le G8 de Gênes ont marqué chez les jeunes générations la réémergence d’un mouvement anti-autoritaire.
Arte ne diffuse cette semaine que les deux premiers épisodes (1840-1945). Pour des raisons officiellement budgétaires, le troisième opus reste pour l’heure sur le banc de montage. Mais l’histoire foisonnante de l’anarchisme ne s’arrête pas brutalement à la Seconde Guerre mondiale. Dans ce dernier volet, plus contemporain, Tancrède Ramonet pensait raconter la façon dont le mouvement a ressurgi en Mai 68, puis dans la guérilla urbaine des années 1970-1980, incarnée en France par Action directe.
“Dès qu’il y a domination, sous quelque forme qu’elle soit, les gens se révoltent et s’y opposent.” Tancrède Ramonet

Que reste-t-il de ce mouvement composite ? Qui en sont les héritiers et les promoteurs ? Tancrède Ramonet a son idée : « Dans l’histoire récente, ceux qu’on a appelés les anarchistes de droite ont dénaturé le mouvement. Alors, depuis les années 1990, on voit émerger des groupuscules qui cherchent à se défaire de l’étiquette anarchiste et avancent masqués. » Et de citer le sous-commandant Marcos, leader cagoulé des zapatistes mexicains ; les mystérieux membres du Comité invisible, auteurs en 2007 de l’ouvrage L’Insurrection qui vient ; ou encore le collectif d’internautes hackers Anonymous. Il a aussi choisi d’ouvrir son film sur des images des black blocs, ces silhouettes tout de noir vêtues et masquées qui, hostiles aux institutions, cassent des vitrines de banque en fin de manifestation.
On pourrait penser la cause anarchiste réduite à ces mouvances violentes, insurrectionnelles, ultra minoritaires. Le réalisateur défend une autre lecture, qui voit un souffle libertaire imprégner tous les mouvements de contestation des années 2000 : « Il n’est pas question de dire que le mouvement des Indignés, Occupy Wall Street, le Printemps arabe ou Nuit debout sont des manifestations anarchistes. Mais les principes à l’œuvre sont ceux de l’anarchisme. Dès qu’il y a domination, sous quelque forme qu’elle soit, les gens se révoltent et s’y opposent. Et l’on est alors devant une critique du capitalisme et de la verticalité du pouvoir. »

Jfume pour oublier toutes ces trahisons, pour oublier ces traitres que j'aime encore, oublier mes faiblesses, toute cette nostalgie, parce qu'avant j'étais insouciante heureuse, bien dans ma peau. Jfume pour que mes maux, mes demons, cette deprime parte en fumée, pour éviter de finir en cendre. Jsuis en enfer et prochainement au cimetière.

à même le sang des suicides des bêtes à feu
à même le sang de cendre le sang de sel le sang
              des sangs d’amour
à même le sang incendié d’oiseau feu
hérons et faucons
montez et brûlez

right on the self-killing blood of the fire beasts
right on the blood of ashes the blood of salt the blood
              of the love bloods
right on the blazing blood of the fire bird
herons and falcons
ascend and burn

        Aimé Césaire, excerpt of Tam-Tam I (Tom-Tom I, my translation)

Vocabulaire français

dégager (v) - to clear, remove, unblock

périple (nm) - trek, journey

cheville (nf) - ankle

  • ne pas arriver à la cheville de qqn (exp) - to not hold a candle to

épopée (nf) - epic, saga

prendre l’air (exp) - to get some fresh air, go outside

auvent (nm) - canopy, awning

engourdi (adj) - numb

haleine (nf) - breath, breathing

se réveiller en sursaut (exp) - to wake up with a start

atroce (adj) - atrocious, terrible

Words taken from: Un été d'amour et de cendres - Chapitre 9

Peut-être que tu liras cela, ou peut-être pas. Je ne sais pas. Je ne sais pas si tu liras ce mot, ou cette lettre… T'sais, il y a tellement de choses que je voudrais te dire, en face, de vive voix, sans intermédiaire, sans avoir la trouille, sans avoir une boule au ventre, mais je sais pas pourquoi ça me fait si peur de tout te dire. Je sais pas pourquoi… Je crois que tu m'impressionne. Beaucoup. Beaucoup trop en fait.
Alors je préfère écrire ces choses que je voudrais te dire avec ma voix, afin d'user mes cordes vocales jusqu'au dernier son. Je te les écrit. Toutes ses choses secrètes, toutes ses choses que peut-être tu as su deviner, toutes ses choses que j'ai peur de te confier.
Je veux te dire qu'aucune vie n'est parfaite, mais que la vie est un combat qui mérite d'être gagné. Je sais qu'elle n'est pas facile, qu'elle est injuste, mais je sais que sans elle, je ne t'aurais pas rencontré et je n'aurais pas pu renaître de mes cendres. Je sais que sans elle, tout serait bien différent.
Je veux te dire que t'as foutu le bazar dans mon existence, un bazar sans nom où parfois le passé se mélange au présent, un bazar que j'aime puisque je suis bordélique. Tu repousses mes limites et parfois tu me pousses dans mes retranchements, là où ça risque de faire exploser la baraque. Tu as le dont de me faire parler quand je ne le veux pas. Tu arrives à ouvrir mon cœur pourtant si dur et si froid.
Je veux te dire que quand on s'engueule, j'ai la haine, je suis en colère contre moi-même et je me dis “putain mais t'es trop conne ! Merde t'es qu'une bonne à rien ! T'es qu'une merde ! Pourquoi t'as fait ça ? Pourquoi t'as dit ça ?” Et puis je suis mal après. Je me sens coupable et je me déteste de réagir comme ça, d'être comme ça. D'être moi.
Je veux te dire que si j'imagine toujours le pire c'est que j'ai vécu l'abandon, l'absence et la solitude. Et que faire confiance c'est difficile pour moi. Mais j'ai confiance en toi, c'est en moi que je n'ai pas confiance. C'est en l'avenir que je n'ai pas confiance. Toi, tu es la seule personne en qui j'ai vraiment confiance, a qui je peux tout dire, avec qui je peux pleurer et calée un peu de mon bonheur entre tes mains.
Je veux te dire que je suis désolée. D'être aussi chiante, de te prendre la tête, d'être trop collante. Je suis désolée de t'envahir et de te causer tant de problèmes et de te couper de tes autres amis. Je suis désolée de faire tomber notre amitié a l'eau, de la couler. Je suis désolée d'être un problème pour toi. Je ne voulais pas ça. Je ne le voulais pas…
Et t'sais, je voudrais un jour dormir en paix, mais je ne dors en paix quand sachant que ça va entre nous, que t'es la, près de moi, avec moi.
—  Mendiants d'amour

Prends ma main.
Ne la lâche pas.
J’écouterai ce que tu as à me dire.
Si tu préfères te taire, j’écouterai ton silence.
Si tu ris, je rirai avec toi, mais jamais de toi.
Si tu es triste, j’essaierai de te consoler.
Je ferai pour toi des bouquets de soleil.
J’allumerai des feux de joie là où chacun ne voyait plus que des cendres.
Si je n’ai qu’une rose, je te la donnerai.
Si je n’ai qu’un chardon, je le garderai pour moi.
Je te donnerai ce qui te plaît, ce qui te rassure le plus, ce que je possède.
Si je ne le possède pas, j’essaierai de l’acquérir.
Donne-moi la main. Nous irons où tu voudras.
Je te ferai entendre la musique que j’aime.
Si tu ne l’aimes pas, j’écouterai la tienne. J’essaierai de l’aimer.
Je t’apprendrai ce que je sais, c’est peu.
Tu m’apprendras ce que tu sais. C’est beaucoup.
Prends ma main.
Cinq doigts refermés autour des nôtres, c’est le plus beau cadeau du monde.
Cela nous préserve de la peur, de l’abandon, du doute.
Une main offerte, c’est un nouveau monde.
Deux bras ouverts, c’est le miracle.
Je te prêterai un peu de ma folie.
Enseigne-moi un peu de ta sagesse.
Un peu, mais pas trop.
Quand tu me verras raisonnable, si je le deviens jamais,
rends-moi, s’il te plaît,
un peu de ma folie.
Efface de ma vie les gestes inutiles, les gestes sans amour.
Il n’y a plus de gestes inutiles quand ils servent à la joie.
Tu es toi. Je suis ce que je suis.
Je ne troublerai pas ta musique intérieure.
Ne dis pas que je fais des fausses notes si je ne pense pas comme toi.
Mettons notre orgueil sur la paille.
Tâchons d’apprendre l’humilité.
Qu’importe les mots !
L’essentiel est bien au-delà des formules.
Ce que je t’offre aujourd’hui, c’est quelque chose que ni le temps, ni les rides
ni les infirmités ne pourront abîmer.
C’est mon cadeau à moi, le seul que je puisse t’offrir,
le seul que tu attends peut-être.
C’est le don de ceux qui ne peuvent vivre sans aimer.
Prends ma main.
Apprenons en ce jour le chemin qui mène à la tendresse.

Simone Conduché
Les chemins de tendresse

Moi, je me suis laissé appeler par les géographies secrètes, par les matières singulières, aussi par les ombres, les chagrins, les prémonitions, les pas étouffés, les douleurs qui guettent sous les portes, les odeurs attentives et qui attendent, sur une patte, le passage des fantômes ; les souvenirs de vieilles fenêtres, des fumées, des glissades, des reflets et des cendres de la mémoire…

Léon-Paul Fargue (1876-1947) – Le Piéton de Paris

Jsuis un peu comme un joint. On l'embrase, on lui donne vie, puis on tire dessus, on le consume, on le fait tourner après avoir fait tomber quelques parties mortes de son coeur, quelques cendres. On l'épuise, on le tue. Puis une dernière latte, la fois de trop. Il s'éteint. Il devient noir et sans vie. Alors on le jète, on l'écrase et on se casse. Moi jsuis un mégot. Qui voudrait d'un mégot ?
Hamon in real life

Oui j'y étais ! Et j'ai crié nooon quand il a dit “j'ai échoué ” et j'ai crié “merciiii ” pour tout le boulot et cette flamme qui s'amlume.
J'ai bu des coups avec mes nouveaux potes et je l'ai vu sortir à 22h avec sa garde rapprochée. On a couru vers lui pour l'applaudir le remercier. Et il s'est retourné il a pris tout ce qu'on lui donnait.
“On est avec toi ! 2022” il m'a remerciée. Parce qu'il a besoin de nous.
Comme on a besoin de lui.
Les militants ont un goût de cendre sur la langue. Et moi une espérance. ..
@mariuspontbambi et @theblackwook câlin à travers les larmes.

Vocabulaire français

tailler (v) - to cut (a jewel), carve, sculpt

carrure (nf) - build, stature

espiègle (adj0 - mischievous, impish

roux (adj) - red, ginger

renchérir (v) - to outbid, outdo, increase, raise

dès lors (conj) - from then on, consequently, subsequently

hareng (nm) - herring, kipper

en guide de (exp) - by way of

à condition que + [subjonctif] (exp) - on condition that, provided that

garniture (nf) - side dish, embellishment

bouillie (nf) - gruel, porridge

dévier (v) - to divert, deviate

farci (adj) - stuffed (food)

  • farcir (v) - to stuff, cram

appétence (nf) - yearning, desire, craving

Words taken from: Un été d'amour et de cendres - Chapitre 10

Dans les plus beaux soleils
il est aussi
un gris de cendres lourdes
une tâche d'obscurité naissante
l'ombre d'une larme proche
Dans les plus beaux soleils
dans les plus beaux sourires
il est aussi
quelque chose d'éteint à jamais
—  jacques dor
Batisse à rénover


L'hiver en la demeure, la saison l'emporte

Le vent nocturne flagelle de froid l horizon et le vide jouit du domaine conquis.

Le sacre de l'infortune seme la foudre de l'abandon, et l'usure du cycle de la vie.

Les volets sont clos, c'est la saison morte.

Dans le domaine délabré

Le courant est coupé

La peinture écaillée

Les boiseries rongées

L'état des lieux est fait

Une pancarte installée
.

.

.

“ Bâtisse à rénover ”



À. …….

qui se fait isolation sans ordre et sans entablement, en imposant ses coups de bâton!

qui sème un désert de cendres et de pierres, donnant à la cage thoracique des couleurs de crypte!


Sens-unique