dansay

Quand je me suis réveillé ce matin, tu n'étais pas à mes côtés. J'ai cru que tu étais sortie, puis j'ai entendu de la musique qui venait de la cuisine. Alors je me suis levé, et je suis allé voir si c'était toi qui faisait tout ce bruit. Quand j'ai entrouvert la porte, je t'ai vu, de dos, tu dansais. Tu dansais mal, mais tu avais l'air heureuse et bordel, tu étais tellement belle. Je t'avais rarement vu comme ça, tu me semblais si bien, si joyeuse… Le soleil ne brillait pas, dehors il pleuvait mais tu étais là à te balancer sur des musiques de la radio, des musiques que je déteste. Tu n'avais pas besoin de lumière, pas besoin d'alcool, pas besoin de moi. Tu étais bien plus heureuse ce matin-là que durant tous les moments où tu étais avec moi, et je ne t'en veux pas. L'amour ne suffit pas toujours. J'ai su depuis cet instant où je t'ai vu danser, qu'un matin je me réveillerai, et tu seras partie. Parce que tu auras réalisé ce que j'ai compris. Tu es bien mieux quand je ne suis pas dans ta vie.
—  justevivante
(25) Féminité

J’ai vu des femmes belles. J’ai voulu être belle à mon tour. J’ai mis la robe du soir et les beaux escarpins. J’ai fait mes yeux plus noirs et ma bouche carmin. Ce que ça a changé : des ampoules aux doigts de pieds et plus de temps passé à me démaquiller. J’ai rangé la robe, les escarpins, le mascara, le rouge à lèvres. J’ai refermé le placard sur l’illusion d’un soir. 

J’ai repris mes livres de poésie. J’ai repris mes crayons. J’ai repris mes chansons et mes photos d’oiseaux. Je récitais les mots des poètes et leurs rimes faisaient rougir ma bouche. J’écrivais la beauté des étés et je voyais mes mains comme les statues de Rodin. Je dansais sur la musique et mon corps tout entier devenait une chanson douce. Je collais sur mes murs mes oiseaux de papier et les oiseaux chantaient dans ma poitrine.

Ce qui me rend belle n’est pas rangé dans une armoire. Ce qui me rend belle ne me défigure pas, ne fait pas de moi une femme que je ne suis pas. Ce qui me rend belle, c’est ce qui me rend heureuse.

Je sais pas, tu vois, j'en sais rien… c'était une période trouble, vaste, grise et presque noire… j'me posais beaucoup de questions à l'époque, je cherchais le pourquoi du comment, enfin tout un tas de trucs insignifiants, tu comprends… bref, on a tous cette période là, tu vois… et puis, je l'ai rencontrée, elle, et soudain, j'ai arrêté de me poser toutes ces questions, les gens me trouvaient bizarre, à vrai dire j'ai arrêté d'être moi-même pendant un moment. C'était elle, c'était comme ça, je n'sais pas si c'est parce que je me devais d'être meilleur pour elle, ou parce que j'avais envie de changer, parce qu'elle me donnait envie d'évoluer, mais c'était elle, c'était pour elle… J'me suis senti important pour quelqu'un d'un coup, je ne cherchais plus mes réponses j'avais oublié mes questions, pour moi, à cet instant-là, la vie n'était plus qu'un vaste courant d'eau qu'on devait suivre et… et… j'étais plus le même. Elle m'avait changé. Ou du moins, pour elle, j'ai ressenti le besoin de changer. Je me suis coupé les cheveux, jeté mes vieilles chaussures et mes vieux t-shirts… j'étais un autre. Je crois que je lui plaisais au début, je voulais lui plaire encore plus. Mais… enfin, tu vois… j'ai été con. Comme tous les mecs qui tombent amoureux, qui tombent sous le charme. Un soir, on s'est engueulé pour… hm… je n'sais plus quoi. On s'est disputé. C'était la première fois que l'orage grondait sous notre ciel. J'avais bu, je m'en fichais un peu… et… (il tire nerveusement sur sa cigarette) elle m'a balancé mes quatre vérités en face. Comme ça. Elle avait raison, tu sais. Elle avait toujours eu raison… Elle m'a dit que j'avais oublié la raison pour laquelle elle était tombée amoureuse de moi, que j'étais con, que je dansais avec la gloire et elle m'a répété que j'étais con. A ce moment-là, j'ai compris. Que je l'avais négligé. Qu'elle m'aimait pour mon caractère, mes qualités et mes défauts et non pas pour ma nouvelle coupe de cheveux. Que je l'avais considérée comme acquise dès le début alors qu'elle pouvait partir quand elle voulait. Le lendemain… elle avait foutu le camp. Elle était partie.
—  A
Je mens du matin au soir et je danse du soir au matin. Enfin … je dansais. Maintenant je me serre la ceinture et je zone au clair de lune en attendant un garçon qui ne sait pas que je l'attends. C'est vraiment n'importe quoi.
—  Anna Gavalda

 Le soir de l’arrivée de Hugh, Jean est passé un moment ici. Je venais de prendre mon bain et j’étais en chemise de nuit et kimono de velours rouge — comme Hugh aime que je l’accueille. J’écoutais L’Oiseau de feu. Quand Jean est entré, j’ai senti une onde de chaleur dans tout mon corps. Il souffre, c’est sa souffrance qui m’a excitée, pensais-je tandis qu’il me parlait, et que je parlais pour tenter de dénouer les noeuds de sa vie. Il parlait, comme un peu étourdi. Au moment de partir, je lui ai tendue ma joue. Il y a eu un grand “trouble” entre nous. Il est parti, comme hypnotisé, étourdi. Je dansais dans ma chambre. Sacrée putain, oui, putain, putain. A moins que tu ne l’aimes, tu ne dois pas t’échauffer ainsi. Referme-toi. Mais je ne dispose d’aucune porte à fermer sur l’extase. J’avais envie de danser avec Jean. Je voulais le sentir contre moi.


Comme un arc-en-ciel — Anaïs Nin (1937-1939)

Nu totul se rezumă la sex, ci la acele nopți în care ați adormit îmbrățișați, în care el sforăia ușor din cauza extenuării sau când dormea atât de adânc încât verificai dacă respiră. Acele nopți când dansai în tricou și chiloți, iar el râdea de tine, când stăteați în pat cu o bere în mână, uitându-vă la un film prost, când povesteați despre momente cheie din copilărie sau despre locuri magice, neștiute, când vorbeați despre planete îndepărtate și cum iau naștere stelele sau când mâncați după ora 00:00. Noaptea de Anul Nou, când ați degerat de frig pentru a admira artificiile, ca mai apoi să vă sărutați cu patos. Acele nopți în care dădeați fuga la Mc Donald’s și mâncați într-un loc drăguț, când mergeați pe mijlocul străzii și tu țipai că strada e doar a voastră. Acele nopți în care ți-ai deschis sufletul și te-a iubit mai mult așa decât goală printre așternuturi. Acele nopți contează cel mai mult, care sunt mai intime decât actul sexual…
—  felii-de-viata