dans la boue

youtube

Charlie Baudelaire #2 - Le Voyage

“Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le coeur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers”

Keep reading

Hier soir j’étais à une soirée feu de camp et en partant de chez moi j’ai foncé dans le chambranle de la porte du coup j’ai une bosse bleue sur le bras puis j’ai refermé la portière de la voiture sur mon pied et au bord du lac j’ai voulu mettre les pieds dans l’eau mais je suis tombée dans la boue et les cailloux du coup j’ai un bleu sur la jambe et ensuite j’ai voulu chasser une mouche qui volait près de mon oreille mais je me suis mis un coup de poing dans l’oeil et j’ai fait tomber mes lunettes conclusion je ne sortirai plus jamais de chez moi

“La gauche doit tout changer” C’est marrant, Camba, parce que BH a essayé et vous l’avez tous lâché en le traînant dans la boue, vous avez effacé son programme pour les législatives et … Voilà. Ca t’interroge ou pas?

eufry  asked:

Hey, could you tag your hate and not say anti-ace stuff in the ace tag? Thanks. It's already painful enough that people have to suffer the current TERF bs that's so popular right now (dans le French side, no less...). Bref.

I tagged a post I reblogged on my blog to be able to find it again, as is my right. Besides, tags don’t belong to people or communities. They are meant to properly file posts and to share opinions. You all need to stop believing that social networks are anything other than public spaces. Everyone is entitled to post whatever opinion they wish about any subject and tag it accordingly for people to find. Even men are entitled to criticise feminism and tag it accordingly. If anyone disagrees, then the only thing left to do is to reply. Also… “hate” ? Lol. So much fragility. These magical words are so conveniant. I disagree so it’s “hate”. I might swear like a sailor but I never told anyone to kill themselves, unlike some people. Which brings me to…

TERFs… I am one, actually, oops. Not that I actually use this word to describe myself, but yes, I do think that trans politics are harmful to women. You wanna see real hate? Here. Et là je vais passer en français, parce que de franchouillarde à franchouillarde (tu es peut-être un homme ceci dit), laisse-moi te dire une chose: le discours féministe libéral américain, c’est de la merde. Le mouvement trans t’as mis dans la tête qu’il existe un troisième sexe et qu’être une femme relève de l’identité personnelle au lieu d’être une réalité matérielle. On veut te faire croire que Marsha P. Johnson (de son vrai nom Malcolm Michaels) a balancé la première brique à Stonewall et qu’il a déclenché le mouvement de libération homosexuel, alors qu’il a commencé au début du XXème siècle. On réduit les femmes au silence parce qu’elle osent relever les contradictions du discours trans. On incite les jeunes enfants à transitionner sous prétexte qu’ils aiment des barbies alors qu’ils devraient jouer à faire la guerre ou vice-versa. On promeut des interventions chirurgicales dangereuses pour créer des vagins ou des pénis qui ne fonctionneront jamais comme de véritables organes sexuels. Tu sais comment les trans appellent les autres trans qui osent critiquer l’idéologie dominante du mouvement? “Truscum”. Elle est belle, la solidarité.

Vous buvez tous le discours communautaire et narcissique d’une bande de révoltés outre-atlantique qui ne savent plus pourquoi ils se battent. Vous vous félicitez de lois aberrantes qui reconnaissent des sentiments plutôt que des réalités matérielles. Maintenant, il suffira pour un violeur de dire “Je suis une femme” pour être transféré dans une prison pour femmes. On ne pourra rien dire, la loi aura décidé qu’il a raison. Les maladies qui touchent principalement les femmes ne seront plus reconnues parce que les médecins devront respecter l’identité personnelle d’un homme qui voudra être examiné comme n’importe quelle femme. Et le milieu sportif, on en parle ? Les hommes commencent déjà à s’infiltrer dans les compétitions sportives réservées aux femmes pour des raisons évidentes : les hommes sont, en majorité, plus grands, plus forts, et plus rapides que les femmes parce qu’ils ont de plus longues jambes et le double de masse musculaire. Pourquoi tu crois qu’on enseigne des techniques complexes de self-defense aux femmes ? C’est facile de taper sur quelqu’un qui fait ton poids. Quand un homme lui tient la gorge entre ses grosses paluches, elle va faire quoi la nana avec son mètre cinquante ? Même au sein des catégories pour les hommes et les femmes, les sportifs sont divisés entre poids lourds et moins lourds.

Vous ne vous rendez pas compte de la gravité de ce que réclame le mouvement trans et les défenseurs du genre. Ouvrez les yeux. On est en train de perdre du temps à disserter sur l’oppression inexistante des gens qui baisent pas et ceux qui pensent pouvoir changer de sexe comme de chemise. “Salut, moi je suis non binaire, je ne suis ni homme ni femme” dit la nana qui aura été insultée de traînée trois jours plus tôt parce qu’elle portait une jupe. Vous êtes trop occupés à gober des couleuvres pour voir que la haine des femmes s’est infiltrée dans le mouvement et que vous la répandez comme une traînée de poudre. On en est à un point où des imbéciles qui pensent révolutionner la société suggèrent des termes neutres complètement givrés comme “progéniture”. Pendant ce temps-là, des militants de pacotille comme Riley Dennis postent des vidéos en partenariat avec l’énorme plateforme américaine Everyday Feminism dans lesquels on t’explique que refuser des rapports sexuels avec une femme trans quand t’es lesbienne, c’est de la discrimination. On incite les lesbiennes à s’essayer à la bite alors qu’elles n’en veulent pas. Vous parlez de culture du viol mais vous acquiescez comme des bobbleheads face à des hommes en collants qui vous soutiennent que la bite est un organe féminin et que refuser ne serait-ce que d’envisager de la leur sucer est une violence. On va me dire que c’est une minorité, que la majorité des femmes trans ne sont pas d’accord. Peut-être. Et donc ? C’est pas grave ? C’est pas une dérive, ça ? Pourquoi il n’y a que les féministes radicales qui en parlent ? Pourquoi on balaie ces monstruosités sous le tapis ?

Les femmes sont terrorisées à l’idée d’émettre leurs doutes parce qu’elles savent qu’on va les traîner dans la boue comme des porcs à l’abattoir. Celles qui osent parler le font souvent derrière un pseudonyme. On en est là. Et ça ne vous fait ni chaud ni froid. Mais dis-toi bien que le jour où la France proposera une loi comme celle qui est récemment passée au Canada, moi je serai dans la rue pour protester, et je sais que je ne serai pas toute seule.

Un visage sur papier glacé, un nom mal prononcé, un aveu inopiné, un documentaire sur Arte et voici que ressurgit dans ma vie la plus controversée des actrices. Diva nazie ou espionne soviétique ? Honnête citoyenne suédoise ou affreuse collaboratrice ? Interprète de génie ou talent surévalué ? L'aveu résume tout : “Ma grand-mère adorait Zarah Leander. Elle allait voir tous ses films.” Épousez un germanophone et vous accéderez à un autre niveau de réalité : de 1936 à 1943, Zarah Leander régna sans partage sur le cinéma allemand. Elle fut durant ces sept années, l'idole du public germanophone et l'actrice européenne la plus célèbre. Elle était la nouvelle Garbo, la nouvelle Dietrich, elle était tout, elle allait le payer cher. Huit décennies plus tard, le mythe a pâli. Seuls quelques cinéphiles et historiens se souviennent encore de sa vie et de son oeuvre. Mais qui est Zarah Leander ?

Elle naît Sara Hedberg, le 15 mars 1907 à Karlstad, et montre dès sa petite enfance, un don pour la musique. Elle étudie le piano et le violon et chante pour la première fois sur scène à l'âge de six ans. En 1922, elle déménage à Riga où elle apprend l'allemand. Elle rentre ensuite en Suède en 1924. Elle devient secrétaire, épouse Nils Leander en 1926 et met au monde deux enfants. Sa carrière artistique débute en 1929. Elle est engagée en amateur, par le producteur Ernst Rolf dans son cabaret. C'est là qu'elle chante pour la première fois Vill ni se en stjärna? (Veux-tu voir une étoile ?), sa chanson signature. Elle enchaîne ensuite les engagements, devient professionnelle, sort ses premiers disques et débute au cinéma. Elle se hisse au rang de star nationale en 1931, en jouant Hanna Glavari dans La Veuve Joyeuse de Lehár.

L'avenir lui appartient : elle divorce de son mari, parcourt les pays scandinaves et reçoit des offres de partout en Europe. Hollywood la réclame ! Zarah Leander scelle alors son destin. Estimant qu'une installation aux États-Unis serait préjudiciable à ses jeunes enfants et craignant d'échouer là-bas, elle accepte de signer en 1936 un contrat avec l'UFA, la toute puissante compagnie cinématographique allemande. Son calcul est aisé à comprendre : elle parle couramment l'allemand et pourra facilement effectuer des allers-retours en Suède. Elle méjuge hélas la situation politique de l'Allemagne, devenue une dictature fasciste. L'UFA est ainsi entre les mains du parti et lui sert de machine de propagande. Goebbels désire, l'UFA exécute.

Leander affichera toujours du mépris pour les dirigeants nazis et évitera de les côtoyer. Elle se préoccupe surtout de son art et de sa carrière. Elle tourne dix films qui sont des succès extraordinaires. Elle est l'actrice la plus populaire de son temps, remplaçant Marlene Dietrich dans le coeur des Allemands. C'était là le but de l'UFA. Goebbels demeure impuissant : il déteste Zarah et voudrait s'en débarrasser, mais sa popularité la rend inamovible. Lors d'un échange apocryphe, il lui aurait lancé au visage : “Zarah… N'est-ce pas un prénom juif ?” L'actrice, hautaine, aurait répondu : “Peut-être. Mais qu'en est-il de Josef ?” Réduit à quia, Goebbels se serait contenté d'un “Oui, oui, bonne réponse.” Zarah établit parallèlement sa réputation d'âpre au gain. Elle négocie durement ses contrats et exige d'être payée pour moitié en couronnes suédoises, argent qu'elle transfère immédiatement à Stockholm.

Elle est alors riche, elle devient richissime grâce aux royalties touchés sur ses chansons. Habile, elle choisit des rôles de femmes passionnées dans des opérettes et des comédies musicales. Les morceaux qu'elle interprète sont enregistrés, pressés et vendus à des millions d'exemplaires. Ses deux plus grands succès demeureront Davon geht die Welt nicht unter (Ce n'est pas la fin du monde) et Ich weiß, es wird einmal ein Wunder geschehen (Je sais qu'un jour un miracle se produira). Nous sommes alors en 1942. La guerre fait rage et les chansons de Zarah résonnent dans tous les coeurs allemands. Jusque là, l'actrice a fait fi du conflit. La chute n'en sera que plus rude.

Au moment où sort sur les écrans Damals, en mars 1943, sa villa berlinoise est bombardée. Zarah doit encore un film à l'UFA. Par ailleurs, les dirigeants nazis la pressent d'adopter la citoyenneté allemande. Elle regagne alors précipitamment la Suède, d'où elle rejette toutes les propositions ultérieures de la compagnie. Elle a néanmoins sous-estimé la portée de son acte. Les nazis la traînent dans la boue et la dénoncent faussement comme une espionne à la solde de l'U.R.S.S. Sa réputation est détruite. Quant à ses concitoyens, ils lui réservent un accueil glacial, la voyant comme une traitresse et la caution artistique du Troisième Reich.

Après la guerre, elle reprend sa carrière, revient au cinéma, s'essaie à la télévision et effectue plusieurs tournées en Suède, en Allemagne et en Autriche. Surprise : ses fans ne l'ont pas oubliée. Ils lui réservent un triomphe partout où elle se rend. Néanmoins, elle ne retrouve pas sa popularité universelle de jadis. Les nouvelles générations voient en elle une star du passé et les médias la harcèlent sur ses liens avec le régime d'Hitler. Dans de nombreuses interviews, elle rejette toute sympathie pour l'idéologie nazie. Elle se présente comme une artiste n'ayant songé qu'à alléger les peines de son public. Zarah Leander mettra un terme à sa carrière en 1979. Deux ans plus tard, elle meurt d'une attaque cérébrale.

Que reste-il de l'actrice, trente-six plus tard ? Des lointains souvenirs, une flamme entretenue par des admirateurs gay, des chansons inscrites au patrimoine culturel germanophone et un avertissement : chanter pour des dictateurs, c'est déjà collaborer. Voilà qui devrait éclairer bien des artistes actuels…

Disaster has been my god. I have lain in the mud. I have dried myself in the crime-infested air. And I’ve played some fine tricks on madness.
— 

Arthur Rimbaud, translated by Mark Treharne, from “A Season in Hell”

La malheur a été mon dieu. Je me suis allongé dans la boue. Je me suis séché à l’air du crime. Et j’ai joué de bons tours à la folie.

J'ai beau prier. Tu n'entends pas.
Vent d'automne qui les emportes,
Tu les reprends, les feuilles mortes,
Tu les rejettes sous mes pas,
Et tout en souffletant ma joue.
Tu me fais, les pieds dans la boue.
Vent de haine au souffle transi,
Vent d'automne, vent qui me navres,
À piétiner sur leurs cadavres,
Sur ceux de mes rêves aussi.
—  Jean Richepin, Vent d’Automne (Les Glas; Poèmes)
Lettre à l'éléphant de Romain Gary.

Monsieur et cher éléphant,
Vous vous demanderez sans doute en lisant cette lettre ce qui a pu inciter à l’écrire un spécimen zoologique si profondément soucieux de l’avenir de sa propre espèce. L’instinct de conservation, tel est, bien sûr ce motif.
Depuis fort longtemps déjà, j’ai le sentiment que nos destins sont liés.
En ces jours périlleux « d’équilibre par la terreur », de massacres et de calculs savants sur le nombre d’humains qui survivront à un holocauste nucléaire, il n’est que trop naturel que mes pensées se tournent vers vous.

À mes yeux, monsieur et cher éléphant, vous représentez à la perfection tout ce qui est aujourd’hui menacé d’extinction au nom du progrès, de l’efficacité, du matérialisme intégral, d’une idéologie ou même de la raison car un certain usage abstrait et inhumain de la raison et de la logique se fait de plus en plus le complice de notre folie meurtrière.
Il semble évident aujourd’hui que nous nous sommes comportés tout simplement envers d’autres espèces, et la vôtre en particulier, comme nous sommes sur le point de le faire envers nous-mêmes.

C’est dans une chambre d’enfant, il y a près d’un demi-siècle, que nous nous sommes rencontrés pour la première fois. Nous avons pendant des années partagé le même lit et je ne m’endormais jamais sans embrasser votre trompe, sans ensuite vous serrer fort dans mes bras jusqu’au jour où ma mère vous emporta en disant, non sans un certain manque de logique, que j’étais désormais un trop grand garçon pour jouer avec un éléphant.
Il se trouvera sans doute des psychologues pour prétendre que ma « fixation » sur les éléphants remonte à cette pénible séparation, et que mon désir de partager votre compagnie est en fait une forme de nostalgie à l’égard de mon enfance et de mon innocence perdues.
Et il est bien vrai que vous représentez à mes yeux un symbole de pureté et un rêve naïf, celui d’un monde où l’homme et la bête vivraient pacifiquement ensemble.

Des années plus tard, quelque part au Soudan, nous nous sommes de nouveau rencontrés.
Je revenais d’une mission de bombardement au-dessus de l’Ethiopie et fis atterrir mon avion en piteux état au sud de Khartoum, sur la rive occidentale du Nil.
J’ai marché pendant trois jours avant de trouver de l’eau et de boire, ce que j’ai payé ensuite par une typhoïde qui a failli me coûter la vie.
Vous m’êtes apparu au travers de quelques maigres caroubiers et je me suis d’abord cru victime d’une hallucination.
Car vous étiez rouge, d’un rouge sombre, de la trompe à la queue, et la vue d’un éléphant rouge en train de ronronner assis sur son postérieur, me fit dresser les cheveux sur la tête.
Hé oui ! vous ronronniez, j’ai appris depuis lors que ce grondement profond est chez vous un signe de satisfaction, ce qui me laisse supposer que l’écorce de l’arbre que vous mangiez était particulièrement délicieuse.

Il me fallut quelque temps pour comprendre que si vous étiez rouge, c’est parce que vous vous étiez vautré dans la boue, ce qui voulait dire qu’il y avait de l’eau à proximité.
J’avançai doucement et à ce moment vous vous êtes aperçu de ma présence. Vous avez redressé vos oreilles et votre tête parut alors tripler de volume, tandis que votre corps, semblable à une montagne disparaissait derrière cette voilure soudain hissée.
Entre vous et moi, la distance n’excédait pas vingt mètres, et non seulement je pus voir vos yeux, mais je fus très sensible à votre regard qui m’atteignit si je puis dire, comme un direct à l’estomac.
Il était trop tard pour songer à fuir.
Et puis, dans l’état d’épuisement où je me trouvais, la fièvre et la soif l’emportèrent sur ma peur.
Je renonçai à la lutte.
Cela m’est arrivé à plusieurs reprises pendant la guerre :
je fermais tes yeux, attendant la mort, ce qui m’a valu chaque fois une décoration et une réputation de courage.

Quand j’ouvris de nouveau les yeux, vous dormiez.
J’imagine que vous ne m’aviez pas vu ou pire vous m’aviez accordé un simple coup d’oeil avant d’être gagné par le sommeil. Quoi qu’il en soit, vous étiez là ;
la trompe molle, les oreilles affaissées, les paupières abaissées et, je m’en souviens, mes yeux s’emplirent de larmes.
Je fus saisi du désir presque irrésistible de m’approcher de vous, de presser votre trompe contre moi, de me serrer contre le cuir de votre peau et puis là, bien à l’abri, de m’endormir paisiblement. Une impression des plus étranges m’envahit. C’était ma mère, je le savais, qui vous avait envoyé.
Elle s’était enfin laissée fléchir et vous m’étiez restitué.
Je fis un pas dans votre direction, puis un autre…
Pour un homme aussi profondément épuisé que j’étais en ce moment-là, il se dégageait de votre masse énorme, pareille à un roc, quelque chose d’étrangement rassurant.
J’étais convaincu que si je parvenais à vous toucher, à vous caresser, à m’appuyer contre vous, vous alliez me communiquer un peu de votre force vitale.
C’était l’une de ces heures où un homme a besoin de tant d’énergie, de tant de force qu’il lui arrive même de faire appel à Dieu. Je n’ai jamais été capable de lever mon regard aussi haut, je me suis toujours arrêté aux éléphants.
J’étais tout près de vous quand je fis un faux pas et tombai.
C’est alors que la terre trembla sous moi et le boucan le plus effroyable que produiraient mille ânes en train de braire à l’unisson réduisit mon coeur à l’état de sauterelle captive.
En fait, je hurlais, moi aussi et dans mes rugissements il y avait toute la force terrible d’un bébé de deux mois.
Aussitôt après, je dus battre sans cesser de glapir de terreur, tous les records des lapins de course.
Il semblait bel et bien qu’une partie de votre puissance se fût infusée en moi, car jamais homme à demi-mort n’est revenu plus rapidement à la vie pour détaler aussi vite En fait, nous fuyions tous les deux mais en sens contraires.
Nous nous éloignions l’un de l’autre, vous en barrissant, moi en glapissant, et comme j’avais besoin de toute mon énergie, il n’était pas question pour moi de chercher à contrôler tous mes muscles. mais passons là-dessus, si vous le voulez bien.
Et puis, quoi, un acte de bravoure a parfois de ces petites répercussions physiologiques. Après tout, n’avais-je pas fait peur à un éléphant ?

Nous ne nous sommes plus jamais rencontrés et pourtant dans notre existence frustrée, limitée, contrôlée, répertoriée, comprimée, l’écho de votre marche irrésistible, foudroyante, à travers les vastes espaces de l’Afrique, ne cesse de me parvenir et il éveille en moi un besoin confus.
Il résonne triomphalement comme la fin de la soumission et de la servitude, comme un écho de cette liberté infinie qui hante notre âme depuis qu’elle fut opprimée pour la première fois.
J’espère que vous n’y verrez pas un manque de respect si je vous avoue que votre taille, votre force et votre ardente aspiration à une existence sans entrave vous rendent évidemment tout à fait anachronique.
Aussi vous considère-t-on comme incompatible avec l’époque actuelle.
Mais à tous ceux parmi nous qu’éc¦urent nos villes polluées et nos pensées plus polluées encore, votre colossale présence, votre survie, contre vents et marées, agissent comme un message rassurant. Tout n’est pas encore perdu, le dernier espoir de liberté ne s’est pas encore complètement évanoui de cette terre, et qui sait ? si nous cessons de détruire les éléphants et les empêchons de disparaître, peut-être réussirons-nous également à protéger notre propre espèce contre nos entreprises d’extermination.

Si l’homme se montre capable de respect envers la vie sous la forme la plus formidable et la plus encombrante - allons, allons, ne secouez pas vos oreilles et ne levez pas votre trompe avec colère, je n’avais pas l’intention de vous froisser - alors demeure une chance pour que la Chine ne soit pas l’annonce de l’avenir qui nous attend, mais pour que l’individu, cet autre monstre préhistorique encombrant et maladroit, parvienne d’une manière ou d’une autre à survivre.

Il y a des années, j’ai rencontré un Français qui s’était consacré, corps et âme, à la sauvegarde de l’éléphant d’Afrique. Quelque part, sur la mer verdoyante, houleuse, de ce qui portait alors le nom de territoire du Tchad, sous les étoiles qui semblent toujours briller avec plus d’éclat lorsque la voix d’un homme parvient à s’élever plus haut que sa solitude, il me dit :
“Les chiens, ce n’est plus suffisant. Les gens ne se sont jamais sentis plus perdus, plus solitaires qu’aujourd’hui, il leur faut de la compagnie, une amitié plus puissante, plus sûre que toutes celles que nous avons connues.
Quelque chose qui puisse réellement tenir le coup. Les chiens, ce n’est plus assez.
Ce qu’il nous faut, ce sont les éléphants”. Et qui sait ? Il nous faudra peut-être chercher un compagnonnage infiniment plus important, plus puissant encore…

Je devine presque une lueur ironique dans vos yeux à la lecture de ma lettre.
Et sans doute dressez-vous les oreilles par méfiance profonde envers toute rumeur qui vient de l’homme.
Vous a-t-on jamais dit que votre oreille a presque exactement la forme du continent africain ?
Votre masse grise semblable à un roc possède jusqu’à la couleur et l’aspect de la terre, notre mère.
Vos cils ont quelque chose d’inconnu qui fait presque penser à ceux d’une fillette, tandis que votre postérieur ressemble à celui d’un chiot monstrueux.
Au cours de milliers d’années, on vous a chassé pour votre viande et. votre ivoire, mais c’est l’homme civilisé qui a eu l’idée de vous tuer pour son plaisir et faire de vous un trophée.
Tout ce qu’il y a en nous d’effroi, de frustration, de faiblesse et d’incertitude semble trouver quelque réconfort névrotique à tuer la plus puissante de toutes les créatures terrestres.
Cet acte gratuit nous procure ce genre d’assurance « virile » qui jette une lumière étrange sur la nature de notre virilité.

Il y a des gens qui, bien sûr, affirment que vous ne servez à rien, que vous ruinez les récoltes dans un pays où sévit la famine, que l’humanité a déjà assez de problèmes de survie dont elle doit s’occuper sans aller encore se charger de celui des éléphants. En fait, ils soutiennent que vous êtes un luxe que nous ne pouvons plus nous permettre.

C’est exactement le genre d’ arguments qu’utilisent les régimes totalitaires, de Staline à Mao, en passant par Hitler, pour démontrer qu’une société vraiment rationnelle ne peut se permettre le luxe de la liberté individuelle.
Les droits de l’homme sont, eux aussi, des espèces d’éléphants.
Le droit d’être d’un avis contraire, de penser librement, le droit de résister au pouvoir et de le contester, ce sont là des valeurs qu’on peut très facilement juguler et réprimer au nom du rendement, de l’efficacité, des « intérêts supérieurs » et du rationalisme intégral.

Dans un camp de concentration en Allemagne, au cours de la dernière guerre mondiale, vous avez joué, monsieur et cher éléphant, un rôle de sauveteur.
Bouclés derrière les barbelés, mes amis pensaient aux troupeaux d’éléphants qui parcouraient avec un bruit de tonnerre les plaines sans fin de l’Afrique et l’image de cette liberté vivante et irrésistible aida ces concentrationnaires à survivre.
Si le monde ne peut plus s’offrir le luxe de cette beauté naturelle, c’est qu’il ne tardera pas à succomber à sa propre laideur et qu’elle le détruira…
Pour moi, je sens profondément que le sort de l’homme, et sa dignité, sont en jeu chaque fois que nos splendeurs naturelles, océans, forêts ou éléphants, sont menacées de destruction.

Demeurer humain semble parfois une tache presque accablante ;
et pourtant, il nous faut prendre sur nos épaules an cours de notre marche éreintante vers l’inconnu un poids supplémentaire : celui des éléphants.
Il n’est pas douteux qu’au nom d’un rationalisme absolu il faudrait vous détruire, afin de nous permettre d’occuper toute la place sur cette planète surpeuplée.
Il n’est pas douteux non plus que votre disparition signifiera le commencement d’un monde entièrement fait pour l’homme. Mais laissez-moi vous dire ceci, mon vieil ami :
dans un monde entièrement fait pour l’homme, il se pourrait bien qu’il n’y eût pas non plus place pour l’homme.
Tout ce qui restera de nous, ce seront des robots. Nous ne réussirons jamais à faire de nous entièrement notre propre oeuvre. Nous sommes condamnés pour toujours à dépendre d’un mystère que ni la logique ni l’imagination ne peuvent pénétrer et votre présence parmi nous évoque une puissance créatrice dont on ne peut rendre compte en des termes scientifiques ou rationnels, mais seulement en termes où entrent teneur, espoir et nostalgie. Vous êtes notre dernière innocence.

Je ne sais que trop bien qu’en prenant votre parti - mais n’est-ce pas tout simplement le mien ?
- je serai immanquablement qualifié de conservateur, voire de réactionnaire,
« monstre » appartenant à une autre évoque préhistorique :
celle du libéralisme.
J’accepte volontiers cette étiquette en un temps où le nouveau maître à penser de la jeunesse française, le philosophe Michel Foucault, annonce que ce n’est pas seulement Dieu qui est mort disparu à jamais, mais l’Homme lui-même, l’Homme et l’Humanisme.

C’est ainsi, monsieur et cher éléphant, que nous nous trouvons, vous et moi, sur le même bateau, poussé vers l’oubli par le même vent puissant du rationalisme absolu.
Dans une société, vraiment matérialiste et réaliste, poètes, écrivains, artistes, rêveurs et éléphants ne sont plus que des gêneurs. Je me souviens d’une vieille mélopée que chantaient des piroguiers du fleuve Chari en Afrique centrale.

Nous tuerons le grand éléphant
Nous mangerons le grand éléphant
Nous entrerons dans son ventre
Mangerons son coeur et son foie…
(..) Croyez-moi votre ami bien dévoué.

Romain Gary - Le figaro Littéraire, Mars 1968.

“Je souhaitais dire la vérité, car la vérité exprime toujours sa propre morale à qui sait la voir.
Mais, puisque l’inestimable trésor est trop souvent caché au fond du puits, il faut du courage pour s’enfoncer à sa recherche, d’autant qu’on a toute chance de récolter plus de mépris et d’opprobre à plonger dans la boue et l’eau, que de remerciements pour le joyau exhumé ;
de même, qui entreprend de nettoyer l’intérieur d’un célibataire négligent se verra davantage reprocher la poussière soulevée que félicité pour l’ordre qu’il instaure.”

- La Recluse de Wildfell Hall, 1848 - Anne Brontë (19 janvier 1820 - 28 mai 1849)

Forte, ça veut pas dire que tu ne pleures jamais. Forte, ça ne veut pas que dire tu n'as jamais mal, que tu n'as jamais froid. Forte ça ne veut pas dire tout ça. Forte, c'est quand tu te relèves, à chaque fois. Même quand on t'as enfoncé le visage dans la boue, et qu'on t'as ri au nez. Forte, c'est que même quand tu glisses, tu t'accroches à n'importe quoi, à n'importe qui, pas pour remonter, pas forcément, mais pour ralentir la chute. Forte, ça veut dire que tu continues à vivre. Forte ça veut dire être fragile, avoir des faiblesses, mais essayer de faire avec. Forte ça veut dire que les larmes coulent, mais que tu t'efforces de les essuyer d'un revers de la main. Forte ça veut dire être un peu enfant, encore, et avoir besoin de promesses et de secrets. Forte ça veut dire hurler quand il le faut, et se taire, quand on l'a trop fait. Forte ça ne signifie pas être invincible. Forte, ça veut dire humaine, ça veut dire fière. Juste ça.
—  Sniper

le lien, la ligne tendue entre avoir et être, entre posséder ou abandonner, un sacrifice permanent de l’un et l’autre pour maintenir on ne sait pas bien quoi

quelque chose qui empêche de ne pas être mais qui condamne à ne pas tout à fait être jamais

la raison d’insanie, comme si c’était le nom d’un personnage du mythe, comme si c’était sa seule dynamique possible

«mieux vaut ne rien toucher», dirait un adage populaire imaginaire, alors même que nous sommes inexorablement des catastrophes perpétuelles infinies

je veux dire : j’aurais pu être écrivain si je n’avais pas aimé
je veux dire : je serais morte aujourd'hui d’avoir risqué d’être

je veux dire : je ne peux que rester dans la boue, chaque jour une lutte pour qu’elle reste à jamais, vivante, trempée, pour que je meure avant elle, pour qu’à ma fin elle demeure éternelle

16 septembre 1914
Montfaucon. Toute la nuit dehors, dans la crotte, sous la pluie, sans pouvoir dormir, transis de froid, affamés, c’était dégoûtant. Par-dessus le marché je dus aller en patrouille de 400 hommes, d’ailleurs sans résultat jusqu’à 9 heures nous eûmes un peu de repos, mais soudain, au S.-O. une fusillade française nous surprit, puis une pluie d’obus et de shrapnells jusqu’à 7 heures du soir. Ce furent des heures pénibles. Notre position avait dû être trahie par la population civile, car les obus et les shrapnells tombaient tout près de nos tranchées, devant et derrière nous étions assis, courbés, serrés l’un contre l’autre dans les tranchées, la boue et les éclats d’obus nous arrivaient sans cesse. Une petite pause. Nous respirons et sortons nos têtes de nos trous, mais la canonnade reprend de plus belle. Cette cochonnerie dure jusqu’à la nuit.
—  Carnet de campagne du Porte-drapeau Krukenberg du Königs-Infanterie-Regiment (6. Lothringisches) Nr. 145
Le cross du collège

Quand les 6e s'échauffent

Quand tu dis à tes classes que tu seras à l'arrivée et qu'un élève demande : “Mais vous allez pas vous moquer de nous, hein… Non ?”

Mais comme tu es un être sympathique, tu les encourages

 

Quand le principal prend sa moto pour aller à l'arrivée

Quand c'est le départ des 6e-5e

Quand c'est le départ des 4e-3e

Quand tu vas te chercher un café à la buvette

Quand un élève qui te fait suer en cours passe devant toi en crachant ses poumons 

Quand un autre glisse dans la boue et se fait dépasser par les autres juste avant l'arrivée

Quand le grand gagnant vient chercher sa médaille

Quand il prend la pose pour la presse locale

Quand les gagnants du cross auront droit à une sortie… Et que c'est toi qui l'organise.

Akaroa, petit bout de France

Malgré mon retour à la vie d'auberge, et donc à la vie en communauté et aux réveils avant 8h, il me faut quelques minutes pour me souvenir où je suis et comment je m'appelle quand j’émerge à 6h50. J'ai en effet eu la bonne idée de réserver une excursion à Akaroa, première colonie française située à 2h de Christchurch dans la péninsule de Banks, et le bus part à 8h30 du centre de Christchurch.

Originally posted by sailor-moonsault

La demie heure de marche qu'il me faut pour rejoindre le point de rdv a le mérite d'éclaircir un peu mes idées, mais pas assez de toute évidence puisque je m'endors dans le bus 10min après le départ. Je peux donc classer tous les moyens de transport que j'emprunte selon deux catégories : ceux qui me font vomir et ceux qui me font dormir.

Originally posted by gifsareemotions

L'arrivée sur Akaroa se fait sous une pluie battante et j'ai l'impression de revivre ma classe verte de CM1 en Bretagne, à la différence que nous sommes entourés de paysages que j’associerais plutôt à l’Irlande. J'ai bien fait de prendre mon pull, ma veste ET mon kaway ce matin !

Ma prochaine photo de profil sur Tinder 😍

Je commence ma visite de la ville par un tour du port et de la jetée, et je suis un peu près sûre que la pluie se transforme peu à peu en grêle. Mais comme ça va, ça vient, je décide de continuer mon exploration plutôt que d'aller m'abriter. Femme de génie, je m’aventure dans un parc/forêt boueux et pentu (ce qui me vaut quelques glissades plus ou moins maîtrisées) où je me perds en pensant suivre un chemin qui n'en était pas un.

Akaroa/sleepy hollow, même combat 👻

Une étude précise de l'alignement des étoiles et de la façon dont pousse la mousse plus tard, je suis de nouveau sur la bonne route. Route qui m'amène au phare d’Akaroa, construit en 1840. On ne peut hélas pas le visiter, mais comme le temps commence à s'éclaircir je reprends mon ascension du parc/forêt jusqu'au cimetière anglican (oui j'ai une passion cimetière). Je m'y promène un moment avant de reprendre un petit sentier, persuadée qu'il va me ramener au port. Je me retrouve donc bien entendu de nouveau au phare sans comprendre comment c'est possible (Mon sens de l’orientation va très bien. Je vote plutôt pour un forêt magique.).

Je suis finalement sagement la route pour retourner au village, que je parcours de tout son long jusqu'à ce que mon estomac m'informe que les visites ça va bien 5min mais que là c'est l'heure de manger. Arrêt ravitaillement à l’Electric Kitchen où je mange une pie (Ouais j'ai choisi le seul resto pas “français”) et bois un chocolat chaud divin.

Le reste de l'après midi je pars à la recherche de la galerie d'art, renonce au cimetière français (faut pas abuser des bonnes choses), visite le microscopique mais néanmoins intéressant musée de la ville, de même que l'église St Peter, marche jusqu'à la Giants house et finis par me poser en bord de plage. Le temps s'est nettement amélioré et je pourrais presque bronzer un peu si je laissais tomber ma doudoune !

Le trajet retour se déroule de la même façon qu'à l'aller : je m'endors en 10min montre en main. Je me réveille quand même pour la visite de la fromagerie (enfin surtout pour la dégustation gratuite) avant de sombrer de nouveau dès qu'on repart.

Vue sur Akaroa et la baie

Johnny Depp, ou l’homme le plus doux du monde (alerte sarcasme)

Le portrait d’un homme violent est toujours le même : c’est un gentil, un être aimant et aimé, qu’on n’imagine pas violenter qui que ce soit, et surtout pas une femme. Dans le cas d’un homme riche et célèbre, un acteur, c’est encore plus évident : il est doué, il est aimé, il est irréprochable, son statut de star lui confère l’immunité. Chris Brown, Mike Tyson, Roman Polanski, Nicholas Cage, Steven Seagal, Bill Murray, la liste est longue. Ces preux chevaliers ont leurs défenseurs. On les excuse, on invoque des arguments qui n’ont pas lieu d’être dans des affaires de justice. Et tous jouissent encore d’une popularité à toute épreuve. Johnny Depp n’en est pas exempt.

On ne croit jamais les femmes. Les violences domestiques et le viol sont les seuls crimes pour lesquels ont met en doute leur parole. Amber Heard n’échappe pas à cette furie misogyne. Taxée de manipulatrice et de femme vénale, elle est traînée dans la boue par les plus fervents adorateurs de l’homme aux mains d’argent : son ex-femme, Vanessa Paradis, sa fille, Lily-Rose, ses amis comme Terry Gilliam et Doug Stanhope. Tous hurlent sur les toits que Johnny Depp n’est pas violent, que ce n’est pas la personne qu’ils connaissent.

Ce qui est pernicieux avec les violences conjugales, c’est qu’elles sont perpétrées par des hommes “bien sous tous rapports”. Ils arborent en public le masque de la respectabilité, ils donnent des interviews dans lesquelles ils explicitent leurs valeurs morales, par exemple au travers des films dans lesquels ils jouent. Il est fou qu’à l’ère de l’image, la plupart des gens tombent encore dans le panneau, sans possibilité de recul sur ces portraits minutieusement confectionnés. Les acteurs ont remplacé les divinités : on les adore, on les chérit, on suit leur vie dans les tabloïds, on les voit dans nos films préférés, et on se construit une image faussée, une personnalité chimérique emblématique de leurs rôles.

Le plus, c’est que ce sont des hommes : et les hommes sont forcément victimes des séductrices, des menteuses et des catins. Amber Heard est une menteuse et Johnny Depp est un type bien. Il en a toujours été ainsi et on espère qu’il n’en sera plus. Mais ce n’est pas demain la veille.

J’ai vécu des trucs terribles, souffert, trimé, mordu la poussière, j’ai été vaincu, humilié, roulé dans la boue, largué, laissé pour compte, mais jamais, non, jamais rien ne m’a demandé autant d’efforts que de ne pas t’appeler. Personne ne saura jamais comment il me fut difficile de simplement NE PAS TE TÉLÉPHONER…
Arrêter d’aimer, c’est encore pire que d’arrêter de boire.
—  Frédéric Beigbeder.
J'vous briserai bien les côtes, je vous ferrais bien fermer votre gueule de mythomanes expérimentés, J'vous ferais bouffer toutes sortes de saloperies de la vie, J'vous traînerai dans la boue jusqu'à ce que vous soyez fracassés. Je vous attendrais en enfer.

J'ai vécu des trucs terribles, souffert, trimé, mordu la poussière, j'ai été vaincu, humilié, roulé dans la boue, largué, laissé pour compte, mais jamais, non, jamais rien ne m'a demandé autant d'efforts que de ne pas t'appeler. Personne ne saura jamais comment il me fut difficile de simplement ne pas te téléphoner.

Arrêter d'aimer, c'est encore pire que d'arrêter de boire.

—  Frédéric beigbeder