crus

parce-qu'un autre a pris ta place alors que je n'y aurais jamais cru. il m'a sauvé et je ne pleure plus.
parce-que tu n'es plus ma première pensée le matin ni la dernière le soir. que ce n'est plus ton visage que j'contemple dans le noir.
je ne connais plus ton numéro, j'ai effacé nos photos. j'ai jeté t'es p'tits mots, j'ai oublié tes défauts.
j'ai recommencé ma vie, la vraie cette fois. j'ai trouvé quelqu'un qui me comble, qui me croit.
pourtant j'ai toujours aussi peur, d'pas être à la hauteur. j'ai cette peur constante qu'on se lasse, qu'on m'remplace.
parce-que tu es parti en emmenant l'espoir avec toi. oui j'ai plus confiance en moi.
je doute de tout jusqu'à en devenir fou.

Benoît Hamon a perdu mais je regrette rien. Je regrette pas une seule seconde d’avoir cru en lui, d’avoir espéré en son projet et d’avoir voté pour l’ensemble des deux. J’ai vraiment cru que jamais je ne croirai à un projet aussi pleinement que comme j’ai cru en celui-ci. J’ai vraiment cru que toute ma vie j’allais devoir voter pour ‘le moins pire’, celui dont les idéaux ne correspondraient qu’au mieux à 75% de mes opinions et dont le personnage m’horripilait.

Mais Benoît Hamon, dans la plus grande humanité, le plus grand respect, la plus grande dignité, a cru et s’est battu. Et putain, ça a été magique à vivre, tout de même. D’avoir mes opinions pleinement validées par un homme politique sur une scène nationale. Ca m’a rappelée que l’utopie, comme les gens ont appelé son projet, est accessible et que nous avons oublié de rêver en grand comme nation.

Je l’ai soutenu depuis que j’ai 17 ans et je n’en regrette pas une seconde. Et je pleure la déchéance qu’il a vécu, et je pleure son échec, et je pleure l’opportunité perdue. Mais je ne pleure pas l’espérance que j’ai retrouvé.