contemplatif

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- Guernica, 1937 

Huile sur toile peinte par Picasso en 1937 en réaction au bombardement de la ville espagnole de Guernica. Le tableau, commandité par le gouvernement républicain espagnol, présenté pour la première fois au pavillon espagnol de l’exposition universelle de 1937 à Paris, a fini par représenter d’une manière générale les horreurs de la guerre, tant et si bien qu’une reproduction du tableau a été installé au Conseil de sécurité des Nations Unies, à New York. 

Le tableau représente en noir et blanc, de manière cubiste, les souffrances et la détresse de la population bombardée. L’ampoule au plafond semble exploser telle une bombe et nous remarquons à la droite un homme hurlant dans un bâtiment en flammes. De l’autre côté, la queue du taureau pourrait tout aussi bien être la fumée de décombres au loin. Au premier plan, un homme se fait piétiner par un cheval terrifié. Le glaive dans sa main est brisé, symbole de défaite. Un autre personnage fuyant semble tout près, lui aussi, à lui marcher dessus, les yeux rivés sur l’explosion. On remarque enfin, sous le taureau, une femme hurlant, tenant son enfant mort dans les bras, comme une évocation de la pietà.

Nous pourrions tout aussi bien considérer ce tableau comme une parodie atroce de la nativité par la présence d’un boeuf et d’un cheval, ainsi que d’une mère et de son enfant (Marie et Jésus), que l’on retrouve dans les crèches. L’ampoule-bombe représenterait alors une lumière divine, prenant la forme d’un oeil contemplatif. 

Vu dans Les Fils de l’homme (Children of Men, 2006). 

« C'est pour cela que les grands hommes d'action révolutionnaire sont éminemment des grands hommes de grande vie intérieure, des méditatifs, des contemplatifs ; ce ne sont pas les hommes en dehors qui font les révolutions, ce sont les hommes en dedans. »

Charles Péguy, Avertissement au Monde sans Dieu de M. M. Mangasarian.

                                                                                   Cap Melville, Australie

Foyer

Au crépuscule, construire un feu pour tenir les bêtes à distance et repousser les mauvais esprits.

Plaisir contemplatif, là, d'entendre les braises crépiter, le bois craquer – entrecoupés de silence, petits bruits secs sur fond de ressac – et de regarder danser sa pensée avec les flammes.