colportering

Tu sais c’est quoi ton problème ? C’est que t’es une blasée de la vie, même respirer te fait chier. Toi, c’qu’on aurait du te dire “c’est ferme ta gueule et avance, apprends à mettre de l’eau dans ton vin, la vie elle te doit rien”. Toi, t’es de ceux qu’ont la vie facile et fuient le difficile, c’est pire que tout ça, parce-que t’es capable de plus hauts, plus grands, t’sais les gens brillants, ceux-là sont des acharnés de la vie, ils bossent énormément pour atteindre leurs objectifs, eux ils ne se laissent pas porter par la vie, ils font leur vie, mais pas comme toi tu fais la tienne, toi ta vie c’est un long fleuve tranquille avec ses crues et ses endroits secs, toi ta vie, c’est un ruisseau dans le lit d’une rivière, capable de grandes choses, mais qui attend, qui attend un je ne sais quoi bien dérisoire. Faudrait que tu laisses les gens te cerner, comme ça ils pourraient t’aider, tu devrais laisser les personnes qui s’intéressent à toi rentrer dans ton univers bordélique. Toi, t’es pas à côté de la plaque comme tu le crois, ni une flemmarde comme tu t’évertues à scander, toi, t’es plus une acharnée, une passionnée, une désillusionnée. Toi, tu vois, t’as grandi trop vite, t’es passée à côté de plein de choses futiles, de rêves naïfs, de phrases enfantines, non toi, très tôt, trop tôt tu t’es immergée dans le monde des mots, à vouloir écrire comme Rousseau. Toi, t’as dit non au monde, tu lui as crié “nique” comme tu me l’as racontée et t’espères au fond de toi-même qu’il revienne un jour te dire je t’aime, te prouver qu’il a changé. Toi, t’es une solitaire, qu’a besoin de compagnie on va dire, toi t’aimes pas trop les soirées, tu t’fais rapidement chier, mais tu t’entêtes à y aller, pour faire semblant, comme pour dire “on fait aller”. Toi, tu fuis, tu veux tout tout de suite, t’es impatiente et t’en demandes trop aux gens, tu veux qu’ils devinent tout sans que tu les aides, tu exiges d’eux une clairvoyance sans pareil. Toi, tu devrais te poser les bonnes questions, te demander ce que tu veux, où tu veux aller, quand partir, avant qu’il ne soit trop tard. Toi, tu crées jamais d’emmerdes, tu restes là à regarder les autres s'entre-tuer, même si t’as ta grande gueule et ton sale caractère, tu dis parfois des énormités sans égale et des actions ratées dignes des plus grands comiques. Mais toi, tu sais pas répondre quand on te lance un “qu’est-ce que tu aimes dans la vie ?”, toi tu ressens un énorme vide, comme au bord d’un précipice, rien te vient à l’esprit. Pourtant si on te sort les vers du nez, on en tire un chef d’oeuvre, le genre caché au fond d’une galerie, celui qu’on a laissé défiler, sans trop s’arrêter, mais si on gratte au-delà de ce que tu laisses paraître, crois moi, on en est époustouflé, de cette rage de vivre et cette tête bien construite. Toi, tu pousses au respect malgré tes airs irrévérencieux, ta nonchalance que tu colportes à chaque pas qui frôle le sol, t’es vraiment quelqu’un qui peut faire de belles choses, si tu trouves la motivation qu’il faut, scolairement c’est pas vraiment compliqué à ce que je vois, mais toi, tu devrais admettre que tu vaux la peine, la peine d’exister, la peine qu’on s’attarde devant toi.

Enfin bref, on en reparlera.

Oublie pas de finir l’article pour jeudi.

Ah, et réunion demain à 9:30 pétante !


Comment se prendre une claque en dix minutes.

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Get to know me meme: [4/5] favorite relationships
↳ Total Eclipse | Arthur Rimbaud & Paul Verlaine

On vous dit mort, vous. Que le diable
Emporte avec qui la colporte
La nouvelle irrémédiable
Qui vient battre à ma porte.
Je n'y veux rien croire. Mort, vous !
Toi, Dieu parmi les demi-dieux
Ceux qui le disent sont des fous
Mort, mon grand péché radieux ! 

Læti et Errabundi - Verlaine