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La "barriga cervecera" es un mito

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De acuerdo con un estudio del Colegio Oficial de Médicos de Asturias, la “barriga cervecera” es “un mito”, pues un consumo moderado de esta bebida, de hasta medio litro diario, asociado a una dieta como la mediterránea, no sólo no engorda sino que reduce el riesgo de diabetes e hipertensión. 

El trabajo, elaborado por el Hospital Clínic, la Universidad de Barcelona y el Instituto de Salud Carlos III, concluye que el patrón alimentario de los consumidores moderados de cerveza en España es más próximo a la dieta mediterránea. El modelo de hombres o mujeres con vientres sobredimensionados es propio de la cultura anglosajona, donde se ingieren grandes cantidades de cerveza y comida rica en grasas saturadas con una actividad física casi nula, aseguraron los autores del estudio.

El ensayo, realizado sobre una muestra de mil 249 participantes, hombres y mujeres mayores de 57 años que por la edad tienen un mayor riesgo cardiovascular, ha confirmado la hipótesis de que la cerveza es saludable, según sus autores. Las personas que han participado en el estudio alimentándose con una dieta mediterránea acompañada por cerveza en cantidades de entre un cuarto y medio litro por día, “no solo no han engordado, sino que en algunos casos han bajado de peso”, indicaron los investigadores. Ladosis recomendada por los médicos es de dos vasos diarios para las mujeres y tres para los hombres, con comidas equilibradas y siempre que las personas realicen una vida normal, con algo deejercicio.

La cerveza es una bebida fermentada que recibe las propiedades alimenticias de los cereales con que se produce, igual que el vino las de la uva, o la sidra las de la manzana. Esta bebida aporta una cantidad deácido fólico, vitaminas, hierro y calcio mayor que otras, y tiene un efecto “protector” sobre el sistema cardiovascular. Los bebedores de cantidades normales de cerveza presentan una menor incidencia de diabetes mellitus e hipertensión, y un índice de masa corporal inferior.

Je me fais constamment harceler

J'ai 24 ans, je vis à Paris. J'ai vécu quasiment toute ma vie à Montpellier, et pour rien au monde je n'y mettrai les pieds à nouveau, principalement à cause d'un fait non négligeable : Il n'y a pas eu un seul jour où je ne me suis pas fait emmerder en sortant de chez moi.

Je ne me souviens plus des premières fois où j'ai été harcelée dans la rue, ma puberté est arrivée très tard et je ne plaisais pas vraiment aux garçons, ni aux hommes. À l'époque ça me minait, aujourd'hui je donnerais n'importe quoi pour que ce soit encore le cas. Durant ma pré-adolescence j'étais très garçon manqué, j'avais les cheveux courts, pas de hanches, de fesses ou de poitrine, donc pas d'emmerdes dans mon cas. C'est quand la puberté est arrivée que tout a commencé ; mais pourquoi, comment, que s'est-il passé ? J'ai beau y réfléchir, je ne m'en souviens pas.

Au début il y a bien sûr (soyons blasées) le “classique” : “hé madmoiselle tu es charmante/t'as un copain” suivi du “tu suces” puis du “vazy salope t'es moche de toute façon”. La première fois que ça m'est arrivé je me suis dit que mince, c'était vrai alors ce que me disaient mes copines, les mecs font vraiment ça…mais ça ne m'a pas plus choqué que ça, c'était la première fois, je me suis dit que ce devait être une personne comme ça, un con et puis c'est tout. Au bout de 5,10, 15, 100 altercations de ce genre, tu es très loin de te dire la même chose.

À 16 ans, alors que je vais chez mon copain, je passe à côté d'un petit lac. De l'autre côté, derrière une haute barrière, cinq jeunes hommes de mon âge à peu près. Je suis en jean, baskets, j'ai un pull à capuche, cette dernière sur ma tête pour qu'on ne voie pas mes cheveux longs, que je suis une fille. Je n'ai encore jamais été harcelée physiquement, mais pourtant je sens qu'il faut que je cache le fait que je sois une fille, car je suis dans un quartier “qui craint”, paraît-il. L'un des garçons me repère, tous se lèvent, escaladent la barrière, et se mettent à courir. Je ne comprends pas, je me dis que ça ne doit pas être pour moi. Je ne sais pas ce qui m'a finalement fait courir, la parano, l'instinct, mais j'ai couru, très vite, et j'ai fini par me rendre compte que ces cinq garçons étaient en train de me courir après. Pour me faire quoi? Aucune idée. Je les ai entendus m'interpeller, je n'ai pas compris, j'ai couru, je n'ai pas voulu savoir. Je suis rentrée dans le premier jardin venu, l'homme dans le jardin m'a demandé ce que je faisais, je lui ai dit qu'on essayait de m'agresser. Les cinq garçons se sont postés devant le jardin, m'ont fixée, ont attendu que je sorte pendant de très longues minutes. L'homme dans le jardin leur a dit de dégager, ils ont fini par partir. J'ai couru jusqu'à chez mon copain, et quand je lui ai raconté, il a ri.
Il m'a dit que c'était trop dingue.
Puis a parlé d'autre chose. Je lui ai demandé de me raccompagner à la fin de la journée, il n'a pas voulu.

Une autre fois où je vais chez lui, un jeune homme sort des fourrés, je ne l'avais pas vu, il m'aborde, puis me serre très fort à la taille et me traîne vers les dits fourrés et me dit à l'oreille “toi, tu va venir avec moi”. J'ai hurlé, hurlé le plus fort possible. Le type en question m'a dit “chut ta gueule !!” puis est parti en courant. Je l'ai raconté à mon copain et à ses amis (hommes) ils ne m'ont pas cru, m’ont dit que j'extrapolais, qu'il fallait que je me calme, que j'avais “du sable dans le vagin”. Cette expression a été le déclic, je me suis jurée de ne jamais me taire sur le harcèlement à ce moment là.

À 17 ans, je marche à côté d'un parc lorsque j'entends quelqu'un m'interpeller, je tourne la tête. Un homme se masturbe en me regardant.

À 18 ans, je vais vers le centre ville quand je passe devant des ouvriers. L'un deux me demande si je suce, me mime une fellation. Je ne dis rien. Le second jour, pareil, me demande si je suce, me dit que je suis une pute, me fait des gestes obscènes. Toutes les fois où je passe devant ces ouvriers, il y en a au moins un, si ce n'est plusieurs, qui me disent ce genre de choses. Un jour je passe avec mon petit ami, l'un me mime une fellation, je lui répond d'aller se faire foutre. Mon copain qui n'avait rien vu voit rouge et l'insulte, un ouvrier baraqué qui m'insulte quasiment tous les jours traverse la route et vient vers nous. On se met à s'insulter, je tente de lui expliquer que je ne suis pas un bout de viande, il me dit (devant mon copain) que quand mon copain sera parti il me chopera derrière un mur, qu'il va me suivre chez moi, qu'il va me violer parce que je suis une grosse pute. J'ai peur que ça aille trop loin et je lui dit “d'accord, suis moi, j'habite ici”. Je lui montre où j'habite, c'est une résidence de gendarmes et de militaires. L'ouvrier s'arrête net, fait demi tour, et plus aucun d'entre eux ne m'a jamais adressé la parole. Les gens dans la rue s'étaient attroupés, un homme qui passait en voiture a ouvert sa vitre et m'a dit que j'avais raison de ne pas me laisser faire.
Moi je me suis dit que j'avais quand même eu beaucoup de chance.

À 19 ans, je travaille dans une sandwicherie. Un homme venu commander regarde son téléphone, quand je vois un flash. Mon patron me dit en riant “ah ben il a pris une photo de toi !” et l'homme part.

Un jour je prenais le tram, quand j'ai senti une main sur mes fesses. Par réflexe je me suis retournée et j'ai mis une claque à la personne qui m'avait touchée, c'était un jeune. Tous les hommes m'ont regardée avec de gros yeux, les femmes m'ont dit que j'avais bien fait, que ce jeune leur avait déjà fait ça à elles.

Un jour je marchais dans la rue quand deux hommes m'ont bloqué le passage sur le trottoir, l'un deux m'a dit de lui donner mon portefeuille et m'a montré un couteau qu'il avait sur son mollet. Il m'a demandé si je suçais, où j'allais comme ça toute seule, m'a dit que je devais sourire. Je l'ai poussé et je suis partie en courant le plus vite possible, ils se sont mis à rire.

Des vieux qui m'abordent dans les magasins, c'est constant. Des hommes qui me fixent dans le métro, c'est constant. Des hommes qui me sifflent dans la rue, qui me disent de sourire, que je suis “charmante”, qui scannent mon corps, c'est constant.

Il y a quelques jours des ouvriers m'ont sifflée, je me suis retournée et leur ai fait un doigt d'honneur. Deux hommes qui étaient derrière moi parlaient de moi à la troisième personne, parlaient de mes fesses, de mon corps, je me suis retournée et leur ai demandé si on se connaissait. Ils ont été interloqués et n'ont plus rien dit.

J'ai eu beaucoup de chance. J'ai lu trop d'histoires de harcèlement, et je sais que j'ai eu beaucoup de chance, qu'on ne m'a jamais touchée très intimement, ou frappée. Je ne suis jamais sortie seule la nuit, je me suis toujours débrouillée pour ne sortir qu'accompagnée. Je ne sors quasiment pas la journée, j'évite les transports en commun, les parcs. J'aime porter des jupes moulantes, mais je me demande toujours si je vais me faire emmerder. Finalement ça m'arrive que je sois en jean, en jogging ou en short, que je sois maquillée ou non, que j'ai l'air pressée ou non, que j'écoute la musique ou non. J'ai compris qu’il n'y a pas de règles dans l'agression, tu es une femme, ce sont des hommes, ils n'en ont rien à foutre de comment tu es habillée, au mieux ça sera leur excuse pour t'agresser, mais ils t'auraient agressée quand même si c'était leur but, ça ne les a pas consolidés dans leurs choix. Tu passais par là. Tu es une femme. Point.

Maintenant je sors en jupe en me disant que j'emmerde tout le monde. Je marche la tête haute, je regarde droit devant moi, ou je fais des regards très noirs aux hommes qui me fixent. Je répond, toujours. Je ne laisse jamais passer, parce que si je me tais, je n'oserai plus jamais répondre. Je fais un doigt d'honneur, j'insulte, je lève les yeux au ciel, je montre mon dédain. Mais j'ai de la chance, parce que même si on finit par me traiter de salope, ça s'est arrêté là.

Parfois je suis fatiguée et je change de trottoir. Je m'adosse toujours contre quelque chose dans le métro, pour n'avoir personne derrière moi, et je mets mon sac devant moi, pour ne rien laisser passer. J'apprends des techniques d'autodéfense, je garde mes clés dans mon poing au cas ou, je ne mets jamais de talons, pour pouvoir courir, ou pour que ça fasse plus mal si je dois me défendre et viser l'endroit le plus optimal. Je pense toujours à être à l'aise pour pouvoir courir et me défendre. Ce n'est pas normal. Avant je ne mettais que du noir, pour passer inaperçue, qu'on m'oublie. Je me faisais petite, je regardais par terre. On m'interpellait constamment. Maintenant je met des couleurs, je regarde devant moi, et j'essaie de tout faire pour montrer que je n'ai pas peur. Je ne sais pas si ça marche, mais moi, j'ai moins peur.

Je ne suis pas une personne forte, je ne suis pas très grande, ni musclée, je suis une crevette à côté de la plupart des hommes qui me harcèlent dans la rue. Mais j'ai un instinct de survie, quelque chose qui fait déclic en moi lorsqu’on me touche, m'interpelle, m'insulte. J'ai très peur quand je répond, je crie très fort d'ailleurs la plupart du temps, j'insulte, j'ai l'air complètement folle même surement. Ça les fait taire, mais je suis terrifiée à l'intérieur. Je donne l'impression de ne pas me laisser faire, mais j'estime que c'est mon corps tout seul qui ose répondre, parce qu'au fond de moi, je me répète en boucle “faites qu'il ne me réponde pas autre chose, faites qu'il ne devienne pas violent, faites qu'il n'appelle pas un de ses potes, faites qu'il n'ait pas une arme…” Après avoir répondu je rentre très vite chez moi, parce que je craque, j'ai peur, je me sens toujours mal. Mais j'ai répondu.

Peut-être qu'un jour j'aurai moins de chance, et que je tomberai sur quelqu'un qui ne va pas supporter que je lui réponde, mais entre essayer de vivre naturellement dans nos rues comme vivent les hommes, et ne plus oser sortir de chez soi…quelle est l'option?…Se taire? Jamais.

(Je n'ai pas parlé de toutes les agressions sexistes, au quotidien - avec les amis, au travail, dans la famille, dans les médias - car j'aurais vraiment énormément de choses à raconter à ce sujet, et que ce site parle du harcèlement de rue, mais sinon je pense qu'on pourrait toutes en écrire des romans entiers…)


F.