cheveux courts

Jean Seberg ligne 9

Ce matin dans le métro ligne 9 un ange aux cheveux courts et la frimousse d'une Jean Seberg lisait la vie devant soi de Romain Gary.

je ne sais pas vraiment si cette jeune fille avait poussé le style ou la coquetterie jusque dans le choix de son livre et son auteur  mais l'effet était une réussite totale, une arme d'émotion massive .

Je n'ai jamais eu le courage d'une coupe de cheveux courte mais suis souvent fascinée par celles qui osent ce choix radical sans artifices , dévoilant leur visage en toute simplicité.

cette vision était bien la preuve que le style n'est pas une affaire de séduction mais de poésie.

manon

“ On s 'était rencontrés dans un bar en centre ville, il était pas très grand et coloré de teintes bleutées et roses avec une bonne musique en fond. Elle était là, assise sur une chaise penchée sur le comptoir avec sa bière à la cerise dans les mains. Elle portait un gros pull bleu marine avec un jeans et de chaussures avec des semelles épaisses, c'était pas vraiment attirant tu sais, le genre de meuf négligée, avec le maquillage de la vieille sous les yeux, les cheveux en bataille et le visage un peu rond. Et elle était là, seule, en tête à tête avec sa kriek, c'était pas beau à voir, il faisait à peine nuit et elle semblait déjà partie dans un autre monde. ”

Je sortis une cigarette de ma poche quand mon interlocuteur me coupa :

“ Tu fumes toi ? Je croyais que tu ne voulais pas ressembler à tous ces petits rebelles à la con qui se disent niquer la société. ”

Je souris doucement en même temps de glisser l'objet entre mes lèvres, attrapant mon briquet j'allumais le bout.

“ Mais je ne fume pas pour niquer la société capitaliste. Ça va bien plus loin que ça mec, c'est à cause de cette fille d'ailleurs, parce qu'elle était là et moi aussi, deux pauvres cons qui s'étaient retrouvés dans ce bar pour je ne sais même plus quelle raison. Alors j'ai demandé pareil qu'elle et je suis parti m'asseoir un peu plus loin parce que j'avais pas suffisamment de couilles pour aller lui parler. Et je la regardais comme un taré, je me souviens de tous les détails de ce moment là, de ses cheveux coupés courts marrons foncés, de ses petits yeux presque jaunes avec quelques tâches à l'intérieur, sous son œil gauche il était une veine qui avait explosée, je me demande toujours comment au passage, ses ongles noirs abîmés, je te jure en vrai c'était pas beau à voir, le corps dans ce bar et la tête dans les étoiles. J'ai dû la fixer pendant plus d'une heure comme un con, elle était pas vraiment belle, on se serait jamais retournés sur elle en ville, pourtant ce soir elle semblait être la plus belle femme au monde. À un moment elle s'est levée à mise sa veste deux fois trop grande pour elle, tu sais ces vestes de mecs qui craignent un peu, a sorti un paquet de clopes pour se diriger vers la sortie. Et tu sais pas quoi, bah elle s'est arrêtée devant moi en m'en tendant une, comme si c'était normal de proposer à un inconnu d'en griller une. Alors comme un débile j'ai bégayé un espèce de ’ oui ’ qui pu la mort et la fragilité. Quand elle l'a allumée j'ai cru comprendre la chanson de Saez Cigarette. Ouais tu dois sûrement pas connaître mais ça parle d'un homme qui fait tout au long de la musique une métaphore entre la cigarette et la femme au point qu'à la fin on ne différencie plus les deux, c'est elle qui me l'a fait découvrir parce qu'elle s'appelle Marguerite, ou dû moins c'est le prénom qu'elle a bien voulue me donner, parce que d'après ce qu'elle m'a racontée ses parents étaient de grands fans de cet artiste et ils s'était rencontré juste sur la chanson Marguerite. Enfin maintenant que je dis j'ai l'impression qu'elle ne faisait rien par hasard, tout avait un symbole pour elle, comme si elle ne voulait rien laisser au destin, un manière de se prouver à soi-même et au monde entier qu'elle était maîtresse de son existence. Je trouve ça super sexy, ça change des gamines paumées qui se disent libres sous prétexte qu'elles vont en boîtes et qu'elles se font sauter. Bref je crois que je me suis perdu, donc oui ! On était devant ce bar cigarettes dans la bouche et elle a commencé à me demander ce que je foutais là parce que je semblais paumé, et c'était le cas donc je lui ai expliqué que j'avais juste envie de me casser de la coloc un soir, parce qu'il y en avait marre de gâcher sa vie sur un canapé, et là, elle a pris un fou rire parce que mon ambition visiblement c'était donc de gâcher ma vie sur une chaise dans un bar. Elle parlait avec une aisance déstabilisante, comme si elle savait à l'avance ce que j'allais dire et avait appris ses répliques par coeur. Après elle m'a tendue son briquet et la je te jure j'ai cru que j'allais kaner mec, le goût était dégueulasse, ça brûlait la gorge, ça puait pourtant j'ai continué. Elle continuait de sourire parce qu'elle avait comprise que c'était la première fois que j'essayais cette merde, surtout qu'pour ne pas arranger mon cas j'ai sorti un ’ pourquoi tu fumes c'est même pas agréable ? ’, alors elle a poussé une chaise pour s'asseoir à tiré un grand coup avant de me répondre ’ parce que je sais l'apprécier, je sens la fumée descendre dans les poumons, remontrer dans ma bouche pour caresser mes lèvres et puis tu sais, on masque l'odeur des regrets avec qu'on a,  on rempli le vide avec ce qu'on a. La vie est triste mais c'est ce qui en fait sa beauté, fumer s'est prouver à la mort que t'as pas peur d'elle, que tu l'as défie même ! Et puis même, tu sais s'est agréable d'avoir quelque chose près de soi, si j'avais choisir entre une dernière femme et une dernière cigarette, je choisirais la cigarette : on la jette plus facilement. Disait Gainsbourg, alors moi j'ai décidé de choisir la manière de souffrir. ’ et voilà comment je me retrouve maintenant avec les poumons noirs, à cause d'une nana qui avait les mots pour faire chavirer les bateaux. Puis on a continué toute la nuit, enchaînant paroles, alcools, clopes et même quelques drogues… à la fin on est monté chez moi parce qu'elle était morte de froid avant qu'elle ne tombe de fatigue dans mon lit et me dépose un léger baiser et tu sais ce que c'est le pire ? Cette meuf a même pas vingt ans et elle a changé ma vie. ”

j'avais fini ma cigarette et je regardais maintenant les étoiles jouer avec la lune.

“ elle où désormais ? ”

me demanda-t-il.

“ j'en sais rien, le matin quand je me suis réveillée elle était plus là, le seul souvenir qu'elle m'a laissé c'est son paquet de cigarette et un numéro de téléphone avec écrit ’ appel moi quand tu auras envie de te foutre en l'air’, en attendant je pense qu'elle est occupée à bouleverser d'autres existences. Mais j’ai qu’une envie, c’est de mourir entre ses lèvres. ‘’

#15 A Toi qui n’existe pas,

Les liens mères-filles sont compliqués dans ma famille. Depuis 5 générations. Il y a une explication logique, et plutôt triste à cela, mais ça serait un peu long et chiant à raconter vu que je connais pas les prénoms… Avec un schéma ça passerait peut-être plus facilement.
Bref.
Les rapports mères-filles sont baisés depuis 5 générations.

Avoir un fils c'est bien, c'est le but de ma famille, un peu comme au moyen-âge tu vois. C'est le parfait. La fille, c'est le brouillon, c'est le truc qu'on avait pas trop prévu.

Alors j'aimerai t'écrire cette lettre à toi, ma fille, toi qui n'es pas née, ni créée, et qui naîtra peut-être jamais… Toi qui est fictive pour le moment…

J'aimerai te promettre que je ferai tout ce qui est en mon possible pour ne pas faire perdurer ces traditions à la con de ma famille, briser cette continuité. 
Si tu es, alors c'est que tu auras été voulue et désirée.
Tu seras toujours ma priorité.
Ton bonheur et ton bien-être passera avant le miens.
Tu auras le droit de t'habiller comme tu le souhaites.
Je ne t'infligerai pas de porter des robes les dimanches, ni pour Noël, où je ne sais quelle occasion “importante”.
Si tu veux porter des jeans larges et des grands T-shirts, alors tu le feras et je te trouverai tout aussi jolie, j'en suis certaine.
Tu seras qui tu voudras être. Et surtout tu seras celle que tu es.
Je me fous de ta sexualité, tu peux aimer des filles, des garçons, et même des extra-terrestres, tant que c'est consentant, ça m'ira. Je veux juste que tu prennes soin de toi, et que tu sois vigilante. Mais je ne te le répéterai pas toutes les demi-heures non plus.
Si tu veux te couper les cheveux courts, je ne te dirai pas que c'est dommage, mais je t'emmènerai chez le coiffeur. Si tu veux les faire repousser je ne te dirai pas que ça ne ressemble à rien, je ne te dirai pas que je te préfèrerai avec les cheveux courts, parce que ça sera faux, je t'aimerai comme tu seras. Et tu auras le style que tu veux.
Si tu as des mauvaises notes dans le milieu scolaire, je ne te punierai pas, mais j'essaierai de voir avec toi ce que tu n'as pas compris.
Si on s'engueule je ne remettrai pas toutes les erreurs sur ton dos, je me remettrai en question et je t'écouterai attentivement.
Jamais je ne te claquerai, ni t’infligerai des fessés, ni lèverai la main sur toi.
Si tu écoutes des musiques que je n'aime pas alors tant pis, je ne dirai rien, tant que ça ne fait pas l'apologie de la violence, tu écouteras ce que tu souhaites.
Si tu as des secrets, je n'irai pas fouiner dans ta chambre et encore moins lire ton journal intime si tu en tiens un.
Je ne te stalkerai pas sur tes réseaux sociaux (si ça existe encore).
Tu afficheras ce que tu souhaites sur les murs de ta chambre.
Si tu angoisses, qu'importe la chose pour laquelle tu angoisses, je serai là pour t'écouter si tu en éprouves le besoin.
Je ne veux en aucun cas que tu te sentes seule, comme je l'ai ressenti à un certain moment de mon existence.
Je voudrai que tu aimes vivre. Parce que c'est joli la vie. C'est merveilleux.
Je t'aime, même si tu n'existes pas.

Un post de reconnaissance pour :

- les mecs trans qui ont envie d’avoir les cheveux longs et les filles trans qui ont envie d’avoir les cheveux courts, et qui se font reprocher de ne pas “essayer de ressembler à un vrai mec/une vraie fille”

- les personnes trans qui n’ont pas envie d’avoir d’opération ou de prendre des hormones

- les personnes non-binaires qui ont une expression de genre très féminine ou très masculine - être androgyne n’est pas la seule apparence légitime pour les personnes non-binaires

- les hommes trans qui n'ont pas envie d’être musclés ou d’avoir une barbe, ou qui ne supportent pas d’avoir une pilosité marquée

- les femmes trans qui ne portent pas de maquillage ou de robes

- les personnes non-binaires qui ont décidé d’expliquer systématiquement l’usage de leur pronom neutre quand on les mégenre

- les personnes non-binaires qui préfèrent utiliser un pronom “genré”, ou qui ne corrigent pas les mégenrages (c’est un choix personnel et personne n’est tenu.e de corriger les mégenrages ou de passer sa vie à faire de la pédagogie)

- les personnes trans et NB qui se sont rendues compte bien après l’adolescence que leur genre assigné à la naissance n’était pas leur genre ressenti

- les garçons trans qui n’ont pas “toujours aimé le foot” et les filles trans qui n’ont pas “toujours aimé le rose”.

Toutes vos identités de genre sont valides.

Il n’y a pas de comportement obligatoire à adopter pour être “assez trans” ou “assez non-binaire”.

epicene-street-light  asked:

Hey. J'ai vu ton dernier post et je suis extrêmement déçu.e. - les femmes trans sont des femmes. Elles subissent le sexisme. Particulièrement à cause de leurs parties génitales (elles ont plus de mal à s'affirmer). - les personnes non-binaires existent. (Coucou !) Et c'est violent de nous comparer à des PORTES (va falloir arrêter les métaphores hein ?). Le genre n'a rien d'arbitraire, au contraire. Ton mépris et tes "arguments" ressemblent à ceux de la MPT. J'espère qu'on peut en discuter...

Puisque tu mets mes  “arguments” entre guillemets, j’ai hâte de lire une analyse complète. 

En attendant, j’ai quelques questions:

  • les femmes trans sont des femmes 

Pourquoi? Qu’est-ce qu’une femme?

  • Elles subissent le sexisme. Particulièrement à cause de leurs parties génitales (elles ont plus de mal à s'affirmer)

Est-ce que ce ne serait pas plutôt parce qu’en choisissant de vivre en tant que personne du sexe opposé, et en se conformant à l’identité sociale du sexe choisi, elle sont associée à ce sexe et donc victimes de sexisme par association?

  • les personnes non-binaires existent

Et c’est quoi? Pour que tu sois “non-binaire”, ça veut dire qu’il faut que les autres soient binaires. Comment définit-on la binarité? Si je suis une femme mais que j’ai les cheveux courts et que je sais m’affirmer je suis non-binaire? Si je porte des robes et que je suis timide, je suis une vraie femme?

  • Et c'est violent de nous comparer à des PORTES 

Les analogies ne sont pas violentes, et encore faut-il les comprendre. En l’occurrence, la porte représentait le fait de penser de manière critique. N’ouvre surtout pas la porte où tu fais preuve de violence, ne cherche pas de réponses où tu es méprisante. 

  • Le genre n'a rien d'arbitraire, au contraire. 

Alors par quoi est-il déterminé? Qu’est-ce que le genre?

Tumblr ? Tumblr aujourd'hui t'as 3 ans.

Aujourd'hui mon Tumblr a trois ans.

FAITS:

Trois années. J'y suis de 1 à 3 heures par jour en moyenne. Des fois j'fais des petits arrêts d'une semaine, à peu près deux fois par an j'dirai, je laisse le plaisir aux lecteurs​ scientifiques​ de calculer le nombre de jours/heures passés ici.

“Comment tu vas Tumblr ?” C'est ce que je pense à chaque fois que j'ouvre mon application mobile, pour ensuite lire vos petits posts. Et quelques fois je le dis à voix haute, je crois que mon chéri va me prendre pour une dingue à force de parler à mon smartphone.

Je me suis inscrite j'avais 18 ans et 11 mois. J'ai actuellement 21 ans et 11 mois. Qu'est-ce qu'on change en 3 ans ! Qu'est-ce que ça passe vite…
Je suis passée des cheveux courts aux cheveux longs. J’ai été paumée avec une fille, puis j’suis revenue sur Lyon, j’suis devenue indépendante, j’ai galéré, et me voilà, la Léa du présent. C’est dingue tu trouves pas ? Et pendant ce temps, Tumblr m’a toujours accompagnée. 

Expériences négatives et positives

J'ai eu quelques soucis sur Tumblr, tout n'est pas rose, ou plutôt bleu.
J'ai eu des psychopathes manipulateurs, des connards, des machos, des pervers, des connasses, et parfois tout ça en même temps. 

Mon tumblr c'est:

- des reblogs de ma tête sur des blogs de cul
- des insultes anonymes
- Des gens de mon entourage “proche” qui me stalkent.
- des psychopathes qui créent une trentaine de blog pour m'envoyer un message suite à mes tentatives de blocage ( d'où le fait que désormais ma messagerie est inaccessible si je ne discute pas en première avec vous ou si je ne suis pas abonnée à vous. )
- des inscriptions sur des sites de cul italiens, espagnols, lesbien français, avec mon mail qui vous est dédié et qui se trouve dans ma présentation.
- Une usurpation d'identité.
- Des embrouilles auxquelles je ne réponds plus.
- Des crises de pleurs, et quelques fois d'angoisse suite à certains événements de cette liste.
- Mais un apprentissage au niveau garde de sang-froid, et du “comment encaisser le cyber-harcèlement”.

Puis mon Tumblr c'est aussi :

- Des dizaines de messages, quand je flanche un tout petit peu, en guise de soutien
- Une façon de m'exprimer et d'avoir trouver MON remède pour me sentir libérée et mieux.
- Une incitation permanente à la création (Juste me balader dans une rue toute simple et me dire “tiens ça, ça rendrait joli, ça pourrait leur plaire…)
- C'est un blog secondaire pour les reblogs, et un blog de gribouillage.
- C'est aujourd'hui 5109 marins qui se sont abonnés à mon petit bateau
- Des gentils anonymes
- C'est 59533 likes en trois ans (je vous aime beaucoup beaucoup trop.)
- C'est 369 abonnements
- 36 brouillons qui ne verront jamais le jour
- 3594 billets

Mais c'est surtout

- Des rencontres merveilleuses, virtuelles mais aussi dans la vraie vie, des vrais amis, des personnes à la fois fortes et fragiles, des personnes que je défendrai toujours, des magnifiques âmes.

Mon expérience Tumblr c'est pour moi 5 pourcents de mauvais, 95 pourcents de positif si on devait faire un bilan.

Et jamais je pourrai vous remercier assez pour tout ce que vous m'apportez. Vous êtes merveilleux, ne l'oubliez pas s'il vous plait.

  • Tu es beau. Tu es belle. Tu es beaulle. Et je t'aime.
  • Merci  ♡

Y’a pas grand-chose de plus jouissif que de répondre à un relou qui te demande si tu veux venir boire un verre avec lui et son copain parce que “vous êtes magnifique” et qu’il a “toujours été attiré par les filles aux cheveux courts” : “Non mais mon coeur est pris”, et quand il te sort comme un lover “ah il a de la chance”, de le corriger “Elle”. 

La coupe garçonne vue sur les stars

La coupe garçonne fait bien des envies en ce moment… Kristen Stewart y a récemment succombé, tandis que Scarlett Johansson le fait depuis des années. Tout remonte à l’émancipation des femmes, et notamment des actrices dans les années 60. On se souvient encore de Jean Seberg, actrice légendaire qui prit sa paire de ciseaux pour tout rafraîchir !

Depuis, la coupe est restée dans l’inconscient collectif comme une prise de risque, mais aussi, comme une possible preuve de changement de phase dans la vie. Nous ne sommes (malheureusement) pas dans la tête des stars, mais une chose est sûre : elles maitrisent parfaitement la coupe. Alors, voici quelques exemples, du très court au plus long, pour se donner envie de passer à l’acte… ou pas !

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Keira Knightley

Keira Knightley a eu une période cheveux courts, ce qui lui allait très bien. Une coupe frangée, méchée et parfaitement structurée. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Jennifer Lawrence

La star des films “Hunger Games” coupa ses cheveux sur le style de Michelle Williams. Le blond “tie and dye” est ainsi mis en valeur. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Michelle Williams

Le modèle de Jennifer Lawrence porte ses cheveux plus courts en ce moment, dans un blond cendré. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Zendaya

La nouvelle star révélée par Disney Channel, la tente aussi ! Les mèches sont beaucoup plus longues et soulignent son regard.

Source: Yahoo Style France

Miley Cyrus

Miley Cyrus, bien sûr, est une spécialiste de cette coupe. Elle opte pour des mèches un peu plus longues, qu’elle travaille patiemment à la pâte texturisante. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Kristen Stewart

Au début de l’année 2017, Kristen Stewart a surpris tout le monde en coupant drastiquement ses cheveux. Blonds, gomina et du court ! Très sexy. Crédit : Getty

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Charlize Theron

On se souvient encore de son rôle dans “Mad Max : Fury Road” dans lequel elle avait les cheveux courts. Une coupe qu’elle a ensuite gardé un long moment et qui lui allait très bien. Crédit : Getty

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Janelle Monae

Janelle Monaé était aux Oscars 2017 coiffée d’un “head-band” aux allures de tiare, disposé dans ses cheveux courts. Belle astuce. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Kristen Wiig

La comédienne américaine, vue dans “Zoolander 2” ou “Seul sur Mars”, porte la coupe garçonne comme Miley Cyrus. Court mais suffisamment long pour maîtriser d’éventuelles mèches folles. Crédit : Getty

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Sienna Miller

Pour le film “Factory Girl” (2006), Sienna Miller coupa ses cheveux, tout en gardant des mèches sur le front. Un doux mélange difficile à faire dans la vie, mais qu’elle maitrisait évidemment bien. Crédit : Getty

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Zoé Kravitz

Du court, et du très court pour la jeune actrice ! Blond platine, et rasé sur les côtés, elle reste fidèle à ses racines rock de papa Lenny Kravitz. Crédit : Getty

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Gigi Hadid

La mannequin n’en est pas à une transformation prêt ! Elle porte ses cheveux plus longs que Michelle Wiliams ou Zoé Kravitz, rappelant que la coupe garçonne n’est pas forcément extrême. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Katy Perry

Véritable yo-yo capillaire, Katy Perry alterne le long et le court depuis des années. Elle concilie ses deux envies en rasant les côtés, tout en laissant une (longue) mèche sur le dessus. Parfait ! Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Scarlett Johansson

Scarlett Johansson, après une phase “côtés rasés” a renoué avec des mèches un peu plus longues. Le cheveux est dompté par une longueur le permettant sur le dessus, tout en gardant des côtés maitrisés, car plus courts. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

Kate Mara

La jolie brunette les aime courts ! Travaillés au gel, ses cheveux sont impeccables. Crédit : Getty

Source: Yahoo Style France

… Je vidais mon vieil ordinateur… et je suis tombé la dessus. J’ai eu du mal à me reconnaitre (salut au collège je tapais des cosplays de personnage de livre, c’est Théo, (livre: le carnet de Théo))


truc très drôle: c’est a partir de la coupe de cheveux que j’ai fait sur ce cosplay que j’ai gardé les cheveux courts.

4

Même si Jian Yi , Zhang Xi , He Tian et Guan Shan sont tous tirés d'un webcomic chinois et le sont à priori eux aussi , j'aime aussi les imaginer avec des traits européens (s'ils existaient réellement).
Jian Yi me rappellerait plus un garçon d'un pays scandinave , avec une peau très claire , de légères tâches de rousseur , des sourcils presques inexistants , des lèvres fines… Il serait à la pointe de la mode , porterait super bien ses tenues avec sa grande taille , sa corpulence fine… Gentil avec tout le monde , il serait apprécié de tous et serait un peu la curiosité de son lycée avec son physique particulier.
Zhang Xi , je le vois TOTALEMENT avec des traits occidentaux. De grands yeux , des sourcils légèrement broussailleux , des cheveux courts en bataille , un air un peu sauvage , un visage doux comme celui d'un enfant mais à la fois dur et grave… Il porterait toujours des tenues hyper simples , se prendrait pas la tête avec ça. Un mec totalement blasé sur tout mais avec la tête sur les épaules. Ne dit rien mais n'en pense pas moins.

À la rigueur je pourrais avec HT . Sa coupe de cheveux , sa couleur de cheveux , ses yeux un peu perçant. Mais d'un autre côté… Il me rappellerait presque les jeunes de ma ville , logés dans les quartiers un peu huppés de Bellecour ou Fourvière , que je croise souvent quand je m'y promène. L'air arrogant , avec lesquels on n'a pas trop envie de se frotter ou de sympathiser. Hyper grand et bien sapé , toujours entouré de sa “fidèle” bande de potes. Il fumerait à un très jeune âge pour être dans le coup. Il paraîtrait hyper volage mais aurait en fait lui aussi la tête bien sur les épaules. Il serait sociable mais à la fois inaccessible. Un jeune homme plein de mystères…
Et Guan Shan. Il serait le garçon un peu edgy avec une bande de potes bien particulière. Souvent dehors avec eux , errant sans but défini. Il pourrait te sortir des groupes de Drum and Bass ou de Neurofunk dont tu ne soupçonnais même pas l'existence. Je le verrais bien fumer une clope , le soir , dans les rues étroites de St Jean , dans le Vieux Lyon. Atypique , s'éloignant moralement de la norme , il se démarquerait physiquement avec sa fameuse undercut et ses cheveux rouges pâle. Assez grand , avec un corps longiligne , il s'habillerait un peu comme Zhang Xi: à la cool , sans prise de tête….

Je t'aime.
Avec tes blagues nulles et maladroites.
Avec ton humour à la con et tes blagues parfois moqueuses.
Avec tes cheveux courts jamais négligés mais jamais bien coiffés.
Avec tes yeux bleus clairs dont le regard est chargé de peines, de douleurs mais d'encore plus de joie.
Avec ton goût pour la vie et ta passion pour le danger et l'armée.
Avec tout ce que tu es, tout ce à quoi tu inspire, je t'aime…
—  zoehuee
Aux jolies fleures de ma vie.

Le plus drôle dans cette histoire,
C'est de les voir arriver,
Comme si ils continuaient à y croire,
Avec leur dégaine pas très arrangée.
Ils forment tous les 4 une synergie,
Une chaleur nécessaire, qui les tient en vie.

Dans cet univers se trouve une brune.
Ouais, elle à l'air pas très aimable,
Mais son regard noir te noie dans la brume.
C'est cette jolie fleure qui nous accable,
Belle poupée, mais elle est cassée
L'autre lui promet une vie exaltée.

Et puis y'a un gars, pas très net,
Il a l'air sur de lui, mais un peu indécis.
Il essaie de vendre au diable son âme de poète,
Dans ses yeux on peut apercevoir la pluie.
Ce mec perdu, se pense invincible,
Et se laisse croire qu'il est pris pour cible.

On en voit une autre, jolie aussi.
Une fille au cheveux courts,
Plongée dans la mélancolie, tellement bien établie,
C'est le genre de fille que l'ont croise lors d'un détour,
Celle qui nous réchauffe le sang,
Et dont tombe amoureux éperdument

Et enfin y'a moi,
Celle dont la jalousie s'éprend.
Celle qui veut garder ces trois-là,
On peu y voir une sorte d'amusement.
Pourquoi s acharner à les garder,
Alors que depuis fort longtemps elle est égarée ?

J'ai retrouvé des photos de moi il y a 2 ans. J'avais l'air encore plus d'une gamine. Les cheveux courts, plus jamais. Mais j'étais quand même un peu moins moche, ou alors c'est le filtre de la photo qui fait ça.
Le temps passe vite quand même. Et putain comme j'étais naïve à cette époque, encore une môme dans un monde de bisounours.

anonymous asked:

Ce que j'aime chez moi, ce sont mes yeux couleur de mer et sensibles à la météos. Ce que j'aime chez moi, ce sont les histoires que je lance, c'est ma voix qui chante. Ce que j'aime chez moi, c'est mes cheveux coupés très court, c'est mon sourire et mon rire qui rassurent les autres. Ce que j'aime chez moi, c'est que je sais toucher les autres avec mes mots et mes phrases. C'est que j'aime chez moi, c'est mon instinct des couleurs. Ce que j'aime chez moi, c'est que je tends toujours les bras.

Il y a une sirène dans ma tête et une fée dans mes chansons et dans ma mémoire, elle te ressemble. Je la chante aux enfants pour les bercer doucement, elle se balance au rythme des vagues, elle plonge, et elle te tient dans ses bras pour te faire découvrir les mondes aquatiques où l'on n'entend plus la tempête à la surface.
Merci. Merci, matelot, sirène, fée des vagues.

Dead Duck (Throwback 2011)

Elle était assise en tailleur, une main sur son cœur. Quelque chose dans sa posture semblait trahir une quelconque détresse. Un appel à l'aide. Était-ce son échine courbée ? Les commissures tombantes de ses lèvres ? Ou cette amertume si délicate, au fond de ses prunelles ?

La nuit était impénétrable. Aucun rayon de lumière ne venait trahir l'impassibilité d'une soirée sans étoiles. Le ciel était d'un noir d'encre. Il ne reflétait rien. Ni l'amour, ni la vie, ni les rêves. Cet horizon, satiné d'obscurité, lui donnait l'impression que les astres se moquaient d'elle.

Un vent glacé souffla, et un frisson lui parcourut l'échine, tandis que tout son corps cédait avec un certain abandon à la sensation enivrante de ne plus rien contrôler. Ses pieds nus avaient quelque peu bleui au contact d'une surface si froide, située si haut. Ses ongles s'enfonçaient dans la chair de ses avant-bras. Au moins, la douleur était là pour lui assurer qu'elle était toujours vivante, sous cet enchevêtrement de peau, vaisseaux sanguins, et entrailles.

Elle regarda devant elle, et fut surprise de voir fuser, dans l'océan de silence qu'étaient autrefois les cieux, une traînée de poudre rouge, puis une pluie d'explosions. L'éphémère humaine se fit bleue et jaune, illumina le ciel, puis s'évanouit, comme un soupir, transportant dans l'air ses fines particules de lumière.

Elle se rendit peu à peu compte de ce privilège qu'elle avait de vivre, de respirer. C'était un acte tellement simple. Bomber le buste, gorger ses poumons d'air, compresser sa cage thoracique, faire sortir l'oxygène comme pour des volutes de fumées. Sentir son cœur battre. Quelle aventure, chaque choc contre sa poitrine sonnait comme une victoire.

Elle eut un sourire quelque peu amer, en repensant à son passé. Après tout, en avait-elle vraiment un ? Qu'étaient-ce ces quelques années de débauche qu'elle avait vécu ? Ce n'était qu'un ramassis d'ordures. Une grande déception. Le huitième d'une vie. Mais comment aurait-elle pu avancer, avec cet horrible secret, qui lui rongeait tranquillement les quelques fils qui la liaient encore à la vie ?

Cette fille se nommait Emily. Emily Vanns. Je le sais parce que je la connais assez bien. J'étais à ses côtés, ce jour-là. Enfin, à ma façon. 

C'était une fille tout à fait banale, dans les standards les plus basiques de la normalité. Rien ne la distinguait particulièrement des autres filles que l'on voyait dans la rue. Elle avait des cheveux bruns, des yeux marron. Son corps, à ses débuts, était tout à fait normal, quelque peu potelé, mais rien de bien méchant. Sa tenue vestimentaire, quand-à-elle, ne relevait certainement pas d'une passion pour la mode. Elle n'en avait pas. Mais quelque chose en elle, émanait comme une aura de passion. Elle rougeoyait, qu'importe l'endroit où elle se trouvait. Elle semblait bouillonner de l'intérieur.

Je dois vous avouer qu'au commencement, je ne comprenais pas sa fureur de vivre, sa fougue de se battre, son caractère bien trempé. Je ne la connaissais pas après tout. Pas encore. Je ne savais pas pourquoi elle tenait tant à foncer, toujours et encore, tête baissée.
C'était Thoreau, qu'elle citait le plus souvent, les yeux étroitement fermés, elle me récitait alors, de sa voix douce : « Je voulais vivre intensément et sucer la moelle de la vie. Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n'aurai pas vécu. » Je ne comprenais point non plus cette peur qu'elle avait de mourir, cette conviction  en elle qu'elle allait bientôt quitter le monde. Cette fille était complètement folle à lier. Et elle me rendait fou.

La première fois que je la vis, c'était durant ce match de football. Chaotiques et bouillonnants de monde, comme à leur habitude, ils étaient une façon pour un mâle d'amplifier son ego déjà surdimensionné. Les bruits de la foule, et les froufrous des pompons des Chauffeuses de terrain agissaient comme une bonne dose d'adrénaline. J'étais « Quarter Back », et mon énergie semblait monter en bloc au fur et à mesure que les clameurs gagnaient en intensité. C'était le dernier match de la saison : Le plus décisif, le plus difficile, le plus important. Les gradins étaient remplis à ras bord. C'était l'anarchie. 

Je ne me souviens plus très bien de ma petite amie de l'époque. Je me souviens qu'elle était blonde, mais la couleur de ses yeux m'échappe étrangement. J'étais bien connu de l'institution dans laquelle je faisais mes études. Je ne vais pas m'étendre dans les clichés bien connus, véhiculés par l'industrie du rêve qu'était l'Amérique. Ma vie me filait entre les doigts, comme du sable, et je ne m'en rendais pas compte, trop obnubilé par les étoiles et la renommée. 

Dire que cette fille avait sauvé mon âme serait un euphémisme. C'était bien plus que ça.

Son entrée dans ma vie fut aussi rapide qu'inoubliable. Il avait suffit d'un arrêt du jeu, d'un moment de flottement, d'une goutte de trop de vodka cerise. Elle avait débarqué, comme un ange, un ange enivré d'alcool, son innocence teintée de défi. Son sourire fut la première chose que je vis. Puis sa démarche maladroite mais fière, devant ces centaines de personnes qui la regardaient. Elle avait traversé le terrain sans trébucher une seule fois, son regard de braise posé sur moi. Elle avait ensuite collé sa poitrine contre mon torse, et m'avait soufflé, dans l'oreille, de sa voix douce qu'elle n'arborait que pour moi : Dis, à quoi elle sert, la vie ?

C'était bien là que je me rendis compte de l'importance que cette étrangère avait tout d'un coup pris dans ma vie. Était-ce son souffle chaud sur mon cou, ses doigts glacés, ou son clin d’œil complice qui m'avaient charmé ? Je ne compris point mon attirance irrésistible envers elle. Je fus troublé, ne sus que répondre, me contentai de la regarder dans les yeux. Elle soutint si fort mon regard que je me surpris à sentir mon cœur battre, d'une toute nouvelle manière. Celle où le cœur s'affole, danse et s'arrête, comme un fou.

Une bulle de sérénité m'avait enveloppé, elle, puis moi. La chamade de mon cœur atteignit son paroxysme, en même temps qu’une larme solitaire coula sur sa joue.

Jamais je ne fus aussi touché par les larmes d’une fille. Ma si belle inconnue avait fondu en pleurs. Pris par un élan qui ne m'était point commun, je la pris par la main, et l'emmenai loin. Loin de la foule, loin du bruit. Nous nous perdîmes dans les dédales de la nuit.

Nous traversâmes, en silence, des ruelles et ses pavés, le souffle court, les cheveux emmêlés et le froid nous fouettant le visage. Elle souriait, toujours en pleurs. Elle était déboussolée, la tête encore remplie de délicieuse liqueur.

Nous finîmes par nous arrêter devant une piscine municipale, probablement vidée par manque de budget, ou tout simplement parce que nous étions en hiver.

- Il n'y a pas d'eau, dis-je alors.

Elle m'avait lâché la main, s'était dirigée vers une échelle, et escaladait méthodiquement des barreaux menant vers un haut plongeoir. Je la suivis par derrière, comme par instinct. Parce que je le devais. Parce que c'est ce que je voulais. Nous nous assîmes, et je fus subjugué de la vue qui s'offrait à nous. Toute la ville était à nos pieds.

- Bien sûr qu'il y a de l'eau, se contenta-t-elle de dire.

Sa réponse me troubla une nouvelle fois. Je ne répondis pas, et je jetai un regard sur son sourire comblé.

-Tu ne regardes pas le monde à travers tes propres yeux. Moi je la vois, l'eau. Elle est bleue, elle est miroitante. L'odeur du chlore me chatouille les narines, dis, tu ne le sens pas, le chlore ?

- Qui es-tu ? Finis-je par lâcher.

- Quelle importance ? Répondit-elle en posant sa tête sur mon épaule.

Elle avait raison. Qu'importait son prénom, son nom de famille ou son âge. Je savais que jamais je n'aurai ni le courage, ni l'envie de quitter cette inconnue.

Ma vie avait subitement changé, ma vision du monde était toute autre. Cette fille n'était pas un amour, ce n'était pas une amitié. Elle n'était rien, puis tout à la fois. Aussi incompréhensible qu'elle n'était mystérieuse, elle brûlait les étapes, elle revenait en arrière, accélérait, ralentissait, puis s’arrêtait souvent pour observer le monde autour d’elle. Tout son quotidien n'était rythmé que par les battements de son cœur.

Puis il a fallu qu'elle ait à s'en aller. Il a fallu que son corps la rattrape, que la réalité éclate, que le rêve  s'évanouisse, et que l'univers parle. Il a fallu que je sois loin, pour recevoir cet appel. Celui qui me disait, et que je n'oublierai jamais :

- Je voulais vivre intensément et sucer la moelle de la vie. Et ne pas, quand je viendrai à mourir, découvrir que je n'aurai pas vécu. Il est finalement, arrivé, ce moment, mon amour. Je me battrai jusqu'au bout, tu sais. Je l'ai fait. Mais tu sais, mourir ravagée d'une tumeur, ce n'est pas la mort que je veux. Je veux cette mort si douce que celle de plonger dans une eau bleue miroitante. Notre eau, celle à l'odeur si particulière de chlore. Tu sais, du haut de ce plongeoir. Ne crois pas que je vais m'écraser comme une poupée de chiffon, oh non. Je vais plonger dans un autre monde. Ne laisse pas un disparu t'égarer. Alors dis-moi. A quoi elle sert, la vie ?

Mais finalement, tu sais, la vie n'a plus de sens pour moi. Tu m'as appris qu'il ne servait à rien de se lamenter. Je me battrai pour toi.

Il y a plusieurs façons de regarder :

– L’une d’elles est le regard “matériel”. Ce regard ne voit en l’autre que ce qu’il a de valeur matérielle. “Si je lui dérobe ses lunettes, je pourrai en obtenir telle somme”. “Il a tel âge, il est très vieux, très jeune” “Il a les cheveux teints, sales, longs, courts, mal peignés”. “Ses mains sont grandes, petites, fines, calleuses” “Elle a des seins comme ci, des seins comme ça. Des fesses comme ceci, cela”. “Elle est bien habillée, mal habillée”… Nous ne voyons les gens que sous leur aspect physique, nous les identifions par leur race, leur forme. C’est le regard du commerçant, qui est tout le temps en train de se dire : “Cette personne-là vaut tant”. Un regard qui au fond évalue la somme d’argent que l’autre représente… Le regard magique ne critique pas avec mépris, il se contente de constater avec amour.

– Il y a un regard “exclusivement sexuel”. Ce regard fait de toute personne un objet de désir ou de répulsion. “Je trouve celui-ci, celle-là, sympathique, antipathique”. Il fait de l’autre un étranger, une chose, car il est incapable de percevoir l’être qui habite ce corps. Pour nous libérer de ce regard qui anéantit la magie, il faut que nous nous demandions à chaque instant : “De quelle manière est-ce que je regarde ? D’où part mon regard ? Quel âge a mon regard : mes yeux en ce moment sont-ils les miens ou ceux de l’enfant que j’ai été ? Est-ce que je n’imite pas le regard d’un autre ? De qui ? Le moteur de mes regards est-il mon intérêt matériel, mon intérêt sexuel ? Mes regards ont-ils du cœur ?

– Regarder avec amour est difficile, parce qu’en tout amour il y a aussi de la haine. Chaque chose, chaque sentiment, chaque lumière a une ombre. Si je lance un regard d’amour possessif, il porte avec lui la rancœur de n’être pas capable de posséder entièrement l’être aimé. Le posséder entièrement signifierait pouvoir lui donner la mort. Nous devrions regarder non pas avec un amour humain, mais avec un amour divin, c’est-à-dire d’un regard que nous ne posons pas nous-mêmes, mais qui s’ouvre un chemin à travers nous et qui procède de la conscience créatrice du cosmos…

– Le regard intellectuel est lui aussi anti-magique, parce qu’il consiste en un jugement mental de l’autre, jugement négatif par essence. L’intellect veut être la totalité, et tout ce qui n’est pas lui ou comme lui, lui paraît susceptible d’être condamné.

-Le regard magique doit unir ces quatre ponts : mental, émotionnel, sexuel et matériel, à la force universelle qui donne vie à toute chose. Le regard, devenu impersonnel, est ainsi relié à la conscience divine. Ce n’est qu’à travers l’impersonnel que nous parvenons à voir avec la force de l’amour qui bâtit tout. On dit que les moines illuminés (bodhisattvas) bénissent tout ce qu’ils voient… Tu peux faire cet exercice : pendant toute une journée, bénis tout ce que tu vois, les êtres vivants ou les choses inanimées. C’est lorsque l’on parvient à transformer le regard en une bénédiction constante que l’on atteint le regard magique. Ce regard dit : “En te regardant, je ne te possède pas, je ne te critique pas, je ne te juge pas, je ne vais rien te demander ni rien te donner, je ne fais que communiquer avec toi. Tu as besoin de moi ? Ce n’est pas moi qui suis là, mais l’Être essentiel, lui, est bien là !” Il n’y a rien de personnel dans ce regard. Celui qui regarde et celui qui est regardé communiquent d’âme à âme.

Si tu regardes de cette manière les gens que tu connais ou ceux avec qui tu es amené à entrer en contact, ta vie changera. Rentre chez toi et regarde tous les objets avec lesquels tu partages ton existence, regarde tous les souvenirs qu’ils renferment, regarde tous tes proches, et par dessus tout, regarde leur regard, et constate jusqu’à quel point leurs yeux voient ou non, quelles sont leurs limites… Mets-toi à leur place, essaie de les comprendre et accepte qu’ils souffrent. S’il n’est pas magique, tout regard, quel qu’il soit, nous plonge dans la souffrance… Ne t’inquiète pas si tu découvres des sentiments agressifs dans leurs regards. Si tu t’es libéré de l’ego artificiel, tu sauras transformer les agressions en manifestations d’amour.

Certains regards sont des murs qui enferment les esprits dans des cachots. Quand ton regard s’ouvre, il offre aux prisonniers un rayon de liberté.

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- Alejandro JODOROWSKY - “Le regard Magique”