cheval-de-trait

— Quand j'ai demandé à mon père comment reconnaître la femme que je devais épouser, il m'a répondu que, le moment venu, je n'aurais aucun doute. Et il avait raison. Quand je me suis réveillé dans le noir, sous cet arbre sur la route de Leoch, avec toi assise à califourchon sur moi, me maudissant parce que je pissais le sang, je me suis dit : « Jamie Fraser, c'est elle, même si tu ne peux pas voir à quoi elle ressemble et qu'elle pèse autant qu'un cheval de trait. »
Je fis un pas vers lui et il recula, continuant à toute allure :
— Je me suis dit : « Elle t'a déjà réparé deux fois en quelques heures. Compte tenu du train de vie chez les MacKenzie, autant prendre une femme qui sait arrêter les saignements et remettre les os en place. » Et puis, je me suis dit aussi : « Si c'est aussi agréable quand elle te touche la clavicule, imagine ce que ce doit être si sa main descend plus bas… »
Toujours reculant, il faillit heurter un fauteuil et esquiva de justesse le coussin que je lui lançai à la figure.
— Bien sûr, ce pouvait être l'effet des quatre mois passés dans un monastère, mais ensuite il y a eu ce voyage dans la nuit avec toi sur ma selle, et ce joli cul bien dodu entre mes cuisses, et ta tête qui cognait ma poitrine. Je me suis dit…
Il riait si fort qu'il avait du mal à reprendre son souffle.
— « Jamie, que je me suis dit, elle a beau être une garce de Sassenach… avec une langue de vipère… avec un arrière-train comme ça… qu'importe si elle ressemble à une vache… »
Cette fois je bondis sur lui et nous tombâmes avec un bruit qui fit trembler toute la maison. Assise une nouvelle fois à califourchon sur lui, je le tenais à ma merci.
— Tu veux dire que tu m'as épousée par amour ? Il luttait pour retrouver son souffle.
— Ce… n'est pas… ce que… je viens de dire ?
— 

Diana Gabaldon

Le chardon et le tartan (Outlander I)

flickr

all about them drafts