cher la vie

Vous savez, avant de venir ici, je pensais que je mourrai là où j'étais née. Je pensais faire mes études à Paris, garder la même bande de pote, trouver un job, vivre quelques temps dans une chambre de bonne au 6ème étage, trouver un mari, un emploi stable, retourner en banlieue et vieillir là où j'ai grandi.

Finalement, j'ai pas été prise à Paris, je suis montée à Lille, et aujourd'hui je sais que pour rien au monde je finirai mes jours là bas. Le monde est trop grand, avec trop de gens à rencontrer et trop de souvenirs à créer. Dans ma vie je voyagerai, j'irai voir ailleurs et je me poserai là où j'aurais décidé quand j'en aurai envie. La vie me réserve encore tellement de surprises.

Cher corps,

Je ne sais pas trop quoi te dire, ni par où commencer. Ça n’a jamais été joyeux entre nous, je t’ai toujours considéré comme un ennemi, comme un pas normal, un pas comme les autres. Je n’ai jamais voulu affronter ce reflet dans le miroir. J’ai souvent voulu te faire du mal autant que tu m’en faisais, c’est d’ailleurs ce qu’il s’est passé. Tu as souffert presque autant que moi. Je pense qu’on n’arrivera jamais réellement à s’aimer, à trouver un terrain d’entente. Un genre de meilleurs ennemis pour la vie.

Chers yeux, merci de me faire voir la beauté et la cruauté du monde. Même si tu as les paupières tombantes et les cils quasiment inexistants, ta couleur est belle. Merci de me laisser voir ces sourires dont je manque cruellement. Merci de me permettre d’extérioriser toutes ces larmes chaudes qui coulent le long de mes joues. Vous me permettez de m’exprimer sans la parole.

Chère bouche, je ne sais pas si je t’aurais voulu un peu plus différente ou que tu restes comme cela. Merci de me permettre de parler, même si la plupart du temps, tu restes fermée. Je pourrais m’en servir pour dire des mots d’amour, pour exprimer toute cette haine et cette incompréhension que je ressens. Mais je reste muette face à tout ça.

Chers bras, vous n’avez jamais été musclés, vous avez été baissés un nombre incommensurable de fois.

Chers doigts, je ne vous aime pas. Vous êtes boudinés, mais, merci de me laisser toucher à pas mal de choses. Merci de me laisser tenir un stylo et griffonner cette feuille de papier.

Cher ventre, j’ai souvent eu envie de te découper aux ciseaux, de te planter un couteau dedans, de t’arracher. On n’est pas trop copain toi et moi, tu es bien trop imposant, j’ai du mal à t’accepter, à te regarder, à te supporter. Si tu pouvais prendre un peu moins de place, je pourrais peut-être commencer à t’aimer.

Chères cuisses, c’est pareil pour vous et moi, on n’a pas été trop copines. Pas assez grandes, trop grosses, trop larges. Mais, merci de me permettre de marcher, de courir, de me tenir debout dans des situations bien trop embarrassantes. Merci de tenir le coup, malgré tout.

Cher corps, pardon pour les cicatrices, pour les plaies, pour les blessures, pour le sang, pour les griffures, pour ce gavage.

On the Importance of a Good Dog.

Requested by @halpdevon (enjoy)

A fire roared in the grate, the wind outside screeched; the branches of the trees tangled together and scratched at the glass in the windows, though Alexander was peaceful. There was a calmness that spread through their lodgings that night; well, it spread through Alexander, he thought it had something to do with the ball of fluff that was currently curled up on his lap. He was reading, or trying to read, Plutarch but the words were slipping past his eyes; without making any significant impression on him. The warmth from the fire seeped into his bones, and the wine he was sipping at spread more warmth through, he leaned his head back against the chair and sighed.

Keep reading