charbons

J’ai observé que mes orteils étaient sans nerfs. J’ai compris que toute notre vie était une dégénérescence. J’ai compris que si les gens continuent de vivre ainsi, ils seront sans orteils. J’ai compris que tout l’organisme humain dégénérait. J’ai compris que les gens ne pensaient pas à ce qu’ils faisaient. Je sais que la terre dégénère et que les gens l’aident à dégénérer. J’ai remarqué que la terre s’éteignait et que toute la vie s’éteignait avec elle. J’ai compris que l’huile qu’on pompe de la terre donnait de la chaleur à la terre, et le charbon est ce qui a déjà brûlé dans la terre. J’ai compris que sans la combustion, il n’y aurait plus de vie. J’ai compris que nous avions besoin de la chaleur de la terre. J’ai compris que les gens abusaient du pompage de l’huile et du pétrole. J’ai compris que les gens ne comprenaient pas le sens de la vie. Je sais que sans huile ni pétrole il est difficile de vivre. Je sais que les gens ont besoin de charbon. Je sais que les pierres précieuses sont des éléments consumés et figés. Je sais que l’eau est le reste de la terre et de l’air. Je sais que la lune est couverte d’eau. Je sais que des astronomes ont vu des canaux. Je comprends le sens des canaux. Je sais que les gens se sont sauvés à l’aide des canaux. Je serai un poisson, et pas un homme si les gens ne m’aident pas. Je comprends que la terre s’éteint. Je sais que la terre était un soleil. Je sais ce que c’est qu’un soleil. Le soleil c’est le feu. Les gens pensent que la vie dépend du soleil. Je sais que la vie dépend des gens. Je sais ce que c’est que la vie. Je sais ce que c’est que la mort. Le soleil c’est la raison. L’intelligence est un soleil éteint qui se décompose. Je sais que la décomposition détruit la vie. Je sais que la terre se couvre de décompositions. Je sais que les gens abusent de la décomposition. Les savant couvrent et couvrent la terre. La terre étouffe, elle manque d’air. Les tremblements de terre viennent du frisson des entrailles de la terre. Les entrailles de la terre sont la raison. Je tremble quand on ne me comprend pas. Je sens beaucoup, c’est pourquoi je vis. Le feu en moi ne s’éteint pas. 


Cahiers - Vaslav Nijinski