charbons

Paul Éluard (1895-1952)

Poem written in circular form, 1950 

Title: Bonne Justice (Good Justice) - (image: changer.blogspot)


Bonne justice

C’est la chaude loi des hommes
Du raisin ils font du vin
Du charbon ils font du feu
Des baisers ils font des hommes
 
C’est la dure loi des hommes
Se garder intact malgré
Les guerres et la misère
Malgré les dangers de mort
 
C’est la douce loi des hommes
De changer l’eau en lumière
Le rêve en réalité
Et les ennemis en frères
 
Une loi vieille et nouvelle
Qui va se perfectionnant
Du fond du cœur de l’enfant
Jusqu’à la raison suprême.



Good Justice

The warm law of humans:
From grapes they make wine,
From charcoal they make fire,
From kisses they make humans

The hard law of humans:
To keep themselves safe despite
War and misery,
Despite the danger of death.

The sweet law of humans:
To change water into light,
Dream into reality,
And enemies into brothers.

A law old and new
That continues to perfect itself:
From the bottom of a child’s heart
To supreme reason.



Paul Éluard


Si je te parais si dur, c'est qu'on a beaucoup frappé sur moi et que j'ai du cal à quantité d'endroits sensibles. Si je te semble si froid, c'est que j'ai bien brûlé déjà et qu'il n'est pas étonnant que le charbon ne flambe plus si fort.
—  Gustave Flaubert

y’all i’m so overwhelmed by how much art mine and charbons’ butterfly disease au has gotten??? i can’t even believe it omg so here is a little primer on what the au is actually about/how the disease works:

the disease is similar in mechanics to hanahaki disease (where the afflicted starts to grow flowers in their lungs/stomach due to unrequited love), only the opposite. the butterfly/papillon disease develops when someone feels extreme guilt for breaking another person’s heart. this doesn’t necessarily mean that the afflicted does not return the feelings, but rather that they won’t allow themselves to return the feelings.

Keep reading

Même en ces hautes
années
en pleine
cordillère de ma vie
après avoir
gravi
la neige verticale
et être entré
sur le plateau diaphane
de la lumière décisive
je te vois
près de la mer coquillière
recueillant des vestiges
du sable
perdant ton temps avec
les oiseaux
qui traversent
la solitude marine
je te regarde
et je n’y crois pas
c’est moi-même
si crétin, si lointain
si désert
Jeune homme
tout juste
arrivé
de province.
poêle
aux sourcils effilés,
aux souliers
fatigués
tu es
moi
moi de nouveau
vivant,
arrivé de la pluie,
Ton silence et tes bras
sont les miens
les vers ont
le grain
répété
de l'avoine,
la féconde fraîcheur
de l'eau où naviguent
feuilles et oiseaux de la forêt,
tout jeune encore. et maintenant
écoute
conserve
étire ton silence
jusqu'à ce qu'en toi
mûrissent
les paroles,
regarde et touche
les choses
les mains
savent elles ont
une aveugle
mon garçon,
il faut être dans la vie
bon conducteur de train,
honnête conducteur,
ne va pas te mettre
à te pâmer de ta plume.
d'être un argonaute,
un cygne,
un trapéziste entre les hautes phrases
et la rondeur du vide.
ton devoir
est de charbon et de feu,
tu dois
te salir les mains
d'huile brûlée,
de fumée
de chaudière,
te laver,
te mettre un costume neuf
et alors
apte au ciel tu peux
te préoccuper de l’iris
user du laurier et de la colombe,
arriver à être rayonnant.
sans oublier ta condition
d'oublié,
de noir,
sans oublier les tiens
ni la terre,
endurcis-toi
marche
sur les pierres aiguës
et reviens.
—  Pablo Neruda
Cassandra

Calcule chaque éventualité
À en devenir folle folle folle
Soirée sans me répondre que lui est-il arrivé
Son cœur va fondre fondre fondre
À cause de la chaleur d'un doute
Niché sous le charbon de la peur
Dévorante et brûlante de l'abandon
Reviens vivant tu fais battre mon cœur
Aujourd'hui j'ai bien cru déchirer mes tendons

Poësie

Dans le cerveau, ce balcon soutenu par des ? ? ? Là se penchent les questions en suspens.
Il y a aussi, en tas de charbon, du //temps//. Et une sourde usine cachée où se fait l'angoisse, noir produit.
On sait qu'il y a des mines toutes chargées. Il y a aussi des fleurs en boutons qui pourraient s'ouvrir.

—  Paul Valéry - Cahier VI, 722 [1917]