bleu soleil

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Un siècle s’est-il écoulé
depuis ce dernier sourire
qui flotta devant mes yeux,
depuis ce soupir
qui me noya dans un vertige creux ?

Ô brume et boule et nuit femelle,
le temps que j’ouvre la bouche,
disparue… Ô soleil vide,
lumière imbécile, non, tu n’éclaires rien ;
où se cache-t-elle,
où rôde l’ombre de ses mains ?

Ciel menteur, avec tes pierres aériennes,
tu me dis : « C’est impossible »,
tu ne sais dire que cela,
ô ciel, robe des suicidés.

Mais où flottent les mains d’ombre ?
N’est-ce pas, n’est-ce pas que le jour est menteur ?
Ah! vous ne croyez pas, vous non plus, au soleil ?

Hélas ! bleu et blanc et vert sur les collines,
l’espace crie et rit de ma solitude.
La véritable nuit est dans le cœur des fleurs,
des grandes fleurs noires qui ne s’ouvrent pas.

Assassin d’or et de verre bleu,
tu me l’as dérobée le temps que je m’éveille,
il n’y a rien de plus que des couleurs,
des formes et des sons, un monde sans détours.

Mais mon œil en s’ouvrant est devenu aveugle,
d’un coup de paupière, ô pauvre océan,
toi qui noyais les rires du soleil,
adieu; oh! pourquoi ce ciel inutile ?

Je ne crois plus à la lumière,
il ne reste rien, des îles éparpillées
s’en vont mourir dans les gouffres,
mais je ne sais plus me perdre,
et je pleure dans le faux jour.

Jour, ô scandale ! René Daumal.

~Le Trio d’or~

Pictures: Charlotte Skurzak

MUA and stylist: Angeline Bertron

And myself as the model.

Colorer ma vie


“J'aurais aimé tout peindre en jaune couleur soleil
Mes bleus , les coups et juste une Alice et des merveilles
Teindre mes yeux en nuances de vert de l'espérance
Grimer mes lèvres d'un sourire rouge de jouvence
Grandir au pied de l'arc en ciel et m'envoler
Un jeu de marelle pour une enfance multicolorée
Toucher du doigts la palette des nuances primaires
Sans pinceau , ni fusain , rien qu'une craie de verre
Mêler mes larmes à cette peinture prose de vie
Rosée des anges qui au matin sifflent en mi
Du violet, du orange et des lys pour une estompe de cœur
Méli-mélo de couleurs et le bonheur pour saveur
Être muse de mom existence le temps d'un songe
Ébauche de gouaches que les vernis ne rongent
Dessiner un brin de plume et devenir oiseau
Dans les airs me reconnaître libre de tout écho
Flamboyance d'un plumage et les Cieux en oracles
Ouvrir mes ailes un instant et dériver sans obstacle
De teintes poudrées en tâches d'encre cendrées
Rien ne me serait plus doux que le vermeil d'un collier
Colorier de jasmin les contours d'une silhouette
Abstraite composition d'une boréale de fête
Mais parfois les huiles de l'artiste demeurent silence
Et rien ne s'esquisse sur le blanc de la toile de l'absence
Point de farandoles de rires bariolées
Simplement l'écran noir d'un caméléon flouté
Chenille ne devient pas toujours noblesse de papillon
Butiner est l'apanage des princesses de pâmoison
Des crayons incolores et une gomme acérée
Voilà tout ce que je peux exposer en la galerie des égarés”
©Gisèle-Luce de Christian-James

J'ai épousseté les perles du rire
trois larmes bleues
dans le cristal des mers.

J'ai traversé des mers fripées et des bleus sans soleils, des soleils sans écume et des jours sans pain
J'ai traversé le vent, pieds nus, dans la misère souriante
Toujours
à croire que les cœurs battent et soufflent plus loin que le rêve
Toujours
à croire que la frontière n'est qu'illusion aveugle
J'ai traversé des mers fripées et des jours sans pain
Toujours
Pieds nus
à vouloir franchir la nuit
à faire germer les matins

—  Jean-Michel Sananès (De Moi à Moi)
Poème pour M

Tu souris bleu azur
Et ton soleil intérieur explose
D’un rire lumineux et muet.
T’es un ciel d’été fantastique
Où la joie en étoiles crépite
Au firmament.

Ces étincelles
A mes oreilles
Sont comme un chant.

Je danserais sur l’air des espoirs retrouvés.

Le ciel était d'un bleu éclatant. Le soleil devant nous. Ma tête etait comme vidée, je ne pensais plus à rien. Nous avançions main dans la main. Nous n'avions pas de destination bien précise. À vrai dire, nous n'en voulions pas.
Il souriait. Avec ce sourire si charmeur qui faisait s'envoler tous les tracas quotidiens. Je me sentais si légère en sa présence.