beau corps

Et à la fin, on ne se souviendra pas du plus beau corps ni du plus beau visage. On se souviendra toujours de la plus belle âme et du plus beau cœur.
—  Cookhed (k) / inspiré d'une autre citation /

J'ai pas des beaux yeux. J'ai pas un beau sourire. J'ai pas un beau corps. J'ai pas des belles mains. J'ai pas des beaux seins. J'ai pas de belles fesses. J'ai pas un beau ventre. J'ai pas une belle voix. J'ai pas de talent. J'ai pas d'intelligence. J'ai pas une belle allure. J'ai pas une belle démarche. J'ai pas de beaux cheveux. J'ai pas un joli visage. J'ai pas un beau rire. J'ai pas de beaux bras. J'ai pas de jolies jambes. J'ai pas de beaux bijoux. J'ai pas de beaux vêtements.
J'ai rien. Je ne suis rien.
C'est cool.

Viens sur mon cœur, âme cruelle et sourde,
Tigre adoré, monstre aux airs indolents ;
Je veux longtemps plonger mes doigts tremblants
Dans l'épaisseur de ta crinière lourde ;

Dans tes jupons remplis de ton parfum
Ensevelir ma tête endolorie,
Et respirer, comme une fleur flétrie,
Le doux relent de mon amour défunt.

Je veux dormir ! dormir plutôt que vivre !
Dans un sommeil aussi doux que la mort,
J'étalerai mes baisers sans remord
Sur ton beau corps poli comme le cuivre.

Pour engloutir mes sanglots apaisés
Rien ne me vaut l'abîme de ta couche ;
L'oubli puissant habite sur ta bouche,
Et le Léthé coule dans tes baisers.

A mon destin, désormais mon délice,
J'obéirai comme un prédestiné ;
Martyr docile, innocent condamné,
Dont la ferveur attise le supplice,

Je sucerai, pour noyer ma rancœur,
Le népenthès et la bonne ciguë
Aux bouts charmants de cette gorge aiguë
Qui n'a jamais emprisonné de cœur.


Charles Baudelaire, “Le Léthé”, Les fleurs du mal

“ Pendant que je me déshabillais, je vis Antoine qui fixait mon dos. Il me convoitait, encore, toujours, et il se méfiait de moi. Avec son regard, je me regardai : j'étais belle et menteuse. Je ne me regardai pas au visage, je regardai mon corps. J'avais un beau corps, je l'ai encore. Peu de femmes ont de beaux seins : je suis de ces femmes. Encore moins de femmes ont des seins beaux et émouvants : je suis de ce peu de femmes. Mon corps avait des liens avec cet appartement, et avec Antoine ; il s'était façonné à tout cela. J'avais le corps soigné, aisé, épanoui, d'une belle femme riche, de plus flattée par les caresses d'un homme qui avait de belles dents, de la fougue, de l'adresse. ”

Pierre Drieu La Rochelle, Rêveuse Bourgeoisie

“Il n'existe pas de plus beau paysage que le corps vibrant ou alangui de qui l'on aime ; pas de plus sûr refuge que l'âme secrète et tendre de qui l'on aime ; pas de meilleure nourriture que les caresses de qui l'on aime.”

Jean Simard