ayroles

- Un navire surgissant des eaux! Un fantôme de vaisseau gréé d’algues marines! Une chose engloutie qui jamais n’aurait dû revoir la face du soleil! …Il vient nous chercher! Sur son pont limoneux, un nautonier à l'orbite putride attend de nous entraîner vers les profondeurs sépulcrales où se lamente le choeur sans voix des noyés boursouflés par les miasmes de l’onde amère!
- Vous… vous dites ça pour plaisanter!?…
—  Ayroles & Masbou, De Cape et de Crocs
alias.codiferes.net
De Cape et de Crocs, tome 11: Vingt mois avant

Or donc, la fabuleuse série De Cape et de Crocs s’était conclue il y a quelques années sur un dixième tome qui, s’il résolvait la trame en cours, laissait néanmoins plusieurs questions sans réponse. Ce onzième tome, intitulé Vingt mois avant, entend bien en proposer quelques-unes, à commencer par celles tournant autour d’Eusèbe, le compagnon lagomorphe de nos deux héros.

On retrouve ce dernier, montant à la Capitale avec la ferme intention d’y rejoindre les Gardes du Cardinal. Ce qu’il fera – brièvement – mais non sans mésaventures. Les rues de Paris ne sont pas sûres et la période est troublée: Richelieu se meurt et les courtisans se pressent pour prendre sa place. Pire que tout: les Mousquetaires du Roi sont de retour en ville!

Dans les bons côtés de cette bande dessinée, on retrouve la truculence littéraire et visuelle du duo Ayroles/Masbou, l’un jouant avec les mots – et les codes du genre – et rimaillant à n’en plus pouvoir et l’autre dépeignant un Paris foisonnant, organique, avec une densité d’image proprement incroyable.

Dans les mauvais côtés… bon, d’accord: c’est De Cape et de Crocs, il n’y en a donc pas vraiment. Disons que, dans les moins bons côtés, j’ai un problème avec le cœur du récit, le ci-devant Eusèbe. Il est certes amusant et, entre sa naïveté et son côté mignon – sa défense absolue –, il y a de quoi faire, mais on perd du coup un personnage central fort comme pouvait l’être le duo Raynald/don Lope.

Prévu comme le premier tome d’un diptyque, ce Vingt mois avant est très plaisant à lire. Nonobstant les quelques bémols que j’ai mentionné, les amateurs de la série peuvent, à mon avis, l’acheter les yeux fermés. Ceux qui ne connaissent pas De Cape et de Crocs (bouh! hiss!) seraient plus inspirés de commencer par le commencement, même si la présente histoire est autonome.

Cet article De Cape et de Crocs, tome 11: Vingt mois avant a été publié initialement sur Blog à part, troisième époque.

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Christian Cailleaux
Embarqué à paraitre chez Futuropolis début mai
à retrouver à Bordeaux pour le festival Regard 9
avec une magnifique expo !

et des rencontres :
- la librairie Mollat reçoit Hector Sonon (auteur béninois), Christian Cailleaux et Jean-Denis Pendanx pour une rencontre placée sous le signe des échanges culturels et artistiques
- la librairie La Machine à Lire accueille Alfred, Christian Cailleaux et Jean-Louis Gauthey
- Rencontre via Skype avec Jean-Denis Pendanx, David Prudhomme, M. Shennawy et les membres fondateurs du magazine/fanzine Tok-Tok.
- Conférence sur le thème de la couleur, de la création à l’impression avec Isabelle Merlet artiste/coloriste - animée par Jean-Louis Gauthey (éditions Cornélius)
- L’Emission dessinée : spéciale Regard 9

et des performances :
- Lecture dessinée / Création avec Isabelle Fruleux, Thomas Savy et Raphaël Imbert et Christian Cailleaux & Hippolyte
- Concert dessiné / Création avec Organic Soul, accompagnés de Troubs, Hector Sonon, Jean-Denis Pendanx
- Improvisation graphique et musicale / Création avec Christophe Merlin et la musique aux sonorités électroniques d’Eddie Ladoire d’un côté, le groupe Cochon 311 du Hell’s Fire Club et les collages de Jean-François Martin de l’autre
- Performance improvisée / Création : Deux heures d’improvisation en deux sets ouvriront les portes de tous les possibles sur trois niveaux d’improvisation : musicale avec Hervé Bourhis et Terreur Graphique, auteurs des deux albums revisités, théâtrale avec la troupe des Créants et graphique avec l’atelier Flambant Neuf et leurs invités qui improviseront sur scène leurs dessins
- Couleurs Prévert (Concert dessiné / Création)  : Christian Cailleaux, auteur de Prévert, inventeur (éd. Dupuis - Aire Libre) convie François Ayroles, Isabelle Merlet et le groupe de musiciens Pendanstàn
- Jazz ink (Concert dessiné / Création) : Amoureux de jazz, Christian Cailleaux invite deux jazzmen de renom à Regard 9 pour la soirée de clôture du festival. Les talents de Roger Biwandu et Raphaël Imbert croiseront ceux de François Ayroles et Sandrine Revel pour une rencontre jazz et dessinée.

L'association a été le fer de lance du renouveau de la bande dessinées dans les années 90, en particulier grâce à Lapin, une revue dessinées expérimentale, parfois illisible.
Aujourdhui, sous l'impulsion de François Ayroles, parait Mon Lapin, petit frère du précédent, plus tendre, avec une sauce forte. La première à la mode Ayroles, premier rédacteur en chef de cette nouvelle collection.

Constitué de strips, ce spécial Angoulême invite Gérald Auclin, Big Ben, Olivier Besseron, Jean Bourguignon, Hervé Bourhis, Guillaume Bouzard, Emile Bravo, Jean-Luc Coudray, Philippe Coudray, Guy Delisle, Jean-Claude Denis, Felder, Jean-Yves Ferri, Olivier Josso, Mazen Kerbaj, Khattou, Killoffer, Andréas Kündig, Étienne Lécroart, Lolmède, Nicolas Mahler, Morvandiau, Jerome Mulot, José Parrondo, David Prudhomme, Jake Raynal, Anouk Ricard, Florent Ruppert, Olivier Texier, Thiriet, Vincent Vanoli, Nicolas Witko.

De Cape et de Crocs, tome 10: De la Lune à la Terre

Dixième et dernier volume pour De Cape et de Crocs, une des séries majeures de la bande dessinée francophone de ces vingt dernières années: De la Lune à la Terre conclut de fort brillante manière la saga créée par Alain Ayroles et Jean-Luc Masbou. Je vous avais déjà pondu un article sur le précédent volume en parlant de clôture, mais cette fois-ci semble être la bonne – encore que.

Je suppose que les mauvaises langues pourraient lui reprocher d'être “l'album de trop”, une conclusion trop commerciale à une série qui n'en avait pas vraiment besoin, juste histoire de poutzer les bouts de scénarios oubliés dans un coin. Je ne suis pas de cet avis, malgré mon erreur précédente. 

Je ne renie pas ce que j'avais affirmé précédemment: si le neuvième tome avait été le dernier, cela ne m'aurait pas vraiment dérangé. Mais à la lecture de De la Lune à la Terre, je ne peux pas faire autrement que d'admettre que c'est bien cette fin-ci qui s'imposait. Au reste, le final boucle la boucle dans un épilogue vénitien du plus bel effet.

On retrouve dans ces ultimes pages tous les protagonistes de la série, avec une mention spéciale à Bombastus et à son explication magistrale de la “mécanique bombastique”, ce qui ne va pas sans son lot de révélations – parfois un peu forcées, mais qui vont si bien avec le style. En fait, et c'est le gag récurrent de la série, seule l'origine d'Eusèbe le lapin reste un mystère.

Il faudra un jour que je relise cette série dans son intégralité, mais je sais déjà ce que j'y trouverai: une fantaisie rare sur fond d'aventures de cape et d'épées, où les quelques artifices – animaux anthropomorphes ou technologie davincipunk (bombastopunk?) – n'est qu'au service d'une histoire superbement menée dans une univers d'une grande cohérence.

Messieurs les Auteurs, chapeau bas! Ce n'est que le moins.

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