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MAMORU MIYANO LIVE TOUR 2017 ~LOVING!~ à Yokohama (15.10.2017)

Le 15 octobre 2017, Mamo s’est produit en concert au Yokohama Arena ! (source : @TVguidePERSON)

Il a reçu des fleurs de la part de :

– TV Guide PERSON (un magazine),
– JOYSOUND (une entreprise spécialisée dans les karaokés au Japon),
– le staff d’Animate et de Gamers (des magasins vendant des anime, des goodies, des jeux vidéos, etc…),
– Amuse (une entreprise de divertissement),
– Kagome (le fabriquant du jus de légumes dont il fait la pub ces derniers temps),
– KING RECORDS (sa maison de disques),

– Sota Fukushi (il incarne le 2ème Sutenosuke dans la pièce de théâtre “Dokuro-jô no Shichinin”),
– Gen Hoshino (un artiste),
– KREVA (un artiste avec qui Mamo a travaillé dans des pièces de théâtre),

– A-1 Pictures (le studio d’animation à l’origine de “Uta no☆Prince-sama♪”),
– Waki Yamato (la mangaka de “Haikara-san ga Tōru” et dont le film d’animation sortira en novembre 2017. Mamo double d’ailleurs un des personnages principaux),
– YKP- Katsuhiro Yokota (le styliste de Mamo pour les clips “NEW ORDER”, “ULTRA FLY”, “EGOISTIC”, etc…)
– Intention (l’agence du seiyuu Kenichi Suzumura).
Etc…

Un grand merci à notre amie Koyasu pour les photos !

Plusieurs personnalités sont également allées le voir : Megumi Han (une seiyuu), Takashi Ifukube (un animateur radio et scénariste), Kaoru Masaki (un seiyuu), Jin Nakamura (compositeur de “HOW CLOSE YOU ARE”, “The Birth”, etc…), AYUTO (un artiste), Ryôsuke Saitô (un des compositeurs de “Koisare Girl”), Sena(chanteuse du groupe THE HOOPERS), KEN’ICHI (batteur ayant participé aux clips de “BREAK IT!”, “SHOUT!”, “The Birth” et “Kanon”), Kōdai Matsuoka (acteur dans la pièce de théâtre “Dokuro-jô no Shichinin”), Tao Tsuchiya (actrice dans le film “ULTRAMAN ZERO : The Revenge of Belial”, Mamo doublait Zero), SHOW (compositeur et parolier de “Uhh”), Kaori Nazuka (une seiyuu), Naoki Tanaka (un acteur), Sae Miyazawa (l’actrice de Carol dans la comédie musicale “Crest of the Royal Family”),   etc…

Voici la traduction de quelques messages postés par les amis de Mamo !

Genki Hirakata (le second acteur d’Izmir dans la comédie musicale “Crest of the Royal Family”) :

Je suis allé au live de Mamo !! Il est aimé par plein de gens, et il en aime plein aussi, je suis heureux d’avoir pu assister à un live avec un amour si précieux. Merci beaucoup. 

Yūki Kaji (un seiyuu)

J’ai pu assister à la tournée live 2017 de Miyano-san « LOVING! » !

Une fois de plus, j’ai pu ressentir à quel point c’était quelqu’un de cool, en tant qu’homme, en tant qu’acteur, en tant qu’artiste… En tant que divertissement !
Je le respecte du fond du cœur.
Vraiment merci de m’avoir invité !
J’ai passé une journée géniale !

Yū Hayashi (un seiyuu)

Je suis allé au live de Mamo « LOVING » !! C’était super drôle (´-`) C’était un concert génial débordant d’humour. J’adore la chanson POWER OF LOVE. Merci Mamo-chan !!!

Kishou Taniyama (un seiyuu)

Mamoru Miyano est notre fierté. Il n’y a aucun autre artiste qui puisse faire sourire tout le monde comme ça. Je le savais mais〜〜(╹◡╹)♡ Merci pour ce show génial. LOVING !!

Yūki Torigoe (un acteur)

« LOVING! » au Yokohama Arena
C’est mon dai-senpai, Mamoru Miyano-san
C’était un live génial rempli d’amour
J’ai crié de toutes mes forces
J’avais le penlight de la dernière fois aussi !!
C’était la première fois que j’en avais deux. (lol)
J’ai fait un « high five » à Mamo-san.
Je vais faire de mon mieux dans Bungou Stray Dogs !!!!! (il incarne Atsushi Nakajima dans la version théâtrale)
Mais avant ça SB69 ! (abréviation de « Show By Rock »)

Shun Takagi (le partenaire de Mamo dans SMILY☆SPIKY)

Je suis allé au live de Mamo ! Fidèle au titre, c’était un live rempli d’amour ! Comme je ne peux pas spoiler, laissez-moi juste dire ça ! C’était vraiment super !

Takeshi (guitariste du groupe Porehead)

MAMORU MIYANO LIVE TOUR 2017~LOVING!~
J’y suis alléー
Il y a plein de choses que je voudrais dire, mais comme il y a encore les concerts de Sendai, je ne peux pas spoiler alors je vais me montrer patient ! Mais j’ai envie de le dire… (lol)
Ça faisait longtemps que je ne l’avais pas vu, et alors qu’il est censé être affreusement occupé, de le voir aussi en forme, ça m’a fait réaliser à nouveau ce soir à quel point il était fort (lol)
LOV U !!

Testament (Rodin) - Auguste Rodin - 1911

JEUNES GENS QUI VOULEZ ÊTRE LES OFFICIANTS DE LA BEAUTÉ, PEUT-ÊTRE VOUS PLAIRA-T-IL DE TROUVER ICI LE RÉSUMÉ D’UNE LONGUE EXPÉRIENCE.

Aimez dévotement les maîtres qui vous précédèrent.

Inclinez-vous devant Phidias et devant Michel-Ange. Admirez la divine sérénité de l’un, la farouche angoisse de l’autre. L’admiration est un vin généreux pour les nobles esprits.
Gardez-vous cependant d’imiter vos aînés. Respectueux de la tradition, sachez discerner ce qu’elle renferme d’éternellement fécond : l’amour de la Nature et la sincérité. Ce sont les deux fortes passions des génies. Tous ont adoré la Nature et jamais ils n’ont menti. Ainsi la tradition vous tend la clé grâce à laquelle vous vous évaderez la routine. C’est la tradition elle-même qui vous recommande d’interroger sans cesse la réalité et qui vous défend de vous soumettre aveuglément à aucun maître.
Que la Nature soit votre unique déesse.
Ayez en elle une foi absolue. Soyez certains qu’elle n’est jamais laide et bornez votre ambition à lui être fidèles.
Tout est beau pour l’artiste, car en tout être et en toute chose, son regard pénétrant découvre le caractère, c’est-à-dire la vérité intérieure qui transparaît sous la forme. Et cette vérité, c’est la beauté même. Étudiez religieusement : vous ne pourrez manquer de trouver la beauté, parce que vous rencontrerez la vérité.
Travaillez avec acharnement.

Vous, statuaires, fortifiez en vous le sens de la profondeur. L’esprit se familiarise difficilement avec cette notion. Il ne se représente distinctement que des surfaces. Imaginer des formes en épaisseur lui est malaisé. C’est là pourtant votre tâche.
Avant tout, établissez nettement les grands plans des figures que vous sculptez. Accentuez vigoureusement l’orientation que vous donnez à chaque partie du corps, à la tête, aux épaules, au bassin, aux jambes. L’art réclame de la décision. C’est par la fuite bien accusée des lignes, que vous plongez dans l’espace et que vous vous emparez de la profondeur. Quand vos plans sont arrêtés, tout est trouvé. Votre statue vit déjà. Les détails naissent et ils se disposent ensuite d’eux-mêmes.
Lorsque vous modelez, ne pensez jamais en surface, mais en relief.
Que votre esprit conçoive toute superficie comme l’extrémité d’un volume qui la pousse par-derrière. Figurez-vous les formes comme pointées vers vous. Toute vie surgit d’un centre, puis elle germe et s’épanouit du dedans au dehors. De même, dans la belle sculpture, on devine toujours une puissante impulsion intérieure. C’est le secret de l’art antique.
Vous, peintres, observez de même la réalité en profondeur. Regardez, par exemple, un portrait peint par Raphaël. Quand ce maître représente un personnage de face, il fait fuir obliquement la poitrine et c’est ainsi qu’il donne l’illusion de la troisième dimension.
Tous les grands peintres sondent l’espace. C’est dans la notion d’épaisseur que réside leur force.
Souvenez-vous de ceci : il n’y a pas de traits, il n’y a que des volumes. Quand vous dessinez, ne vous préoccupez jamais du contour, mais du relief. C’est le relief qui régit le contour.

Exercez-vous sans relâche. Il faut vous rompre au métier.

L’art n’est que sentiment. Mais sans la science des volumes, des proportions, des couleurs, sans l’adresse de la main, le sentiment le plus vif est paralysé. Que deviendrait le plus grand poète dans un pays étranger dont il ignorerait la langue ? Dans la nouvelle génération d’artistes, il y a nombre de poètes qui, malheureusement, refusent d’apprendre à parler. Aussi ne font-ils que balbutier.
De la patience ! Ne comptez pas sur l’inspiration. Elle n’existe pas. Les seules qualités de l’artiste sont sagesse, attention, sincérité, volonté. Accomplissez votre besogne comme d’honnêtes ouvriers.

Soyez vrais, jeunes gens. Mais cela ne signifie pas : soyez platement exacts. Il y a une basse exactitude : celle de la photographie et du moulage. L’art ne commence qu’avec la vérité intérieure. Que toutes vos formes, toutes vos couleurs traduisent des sentiments.

L’artiste qui se contente du trompe-l’œil et qui reproduit servilement des détails sans valeur ne sera jamais un maître. Si vous avez visité quelque campo santo d’Italie, sans doute avez-vous remarqué avec quelle puérilité les artistes chargés de décorer les tombeaux s’attachent à copier, dans leurs statues, des broderies, des dentelles, des nattes de cheveux. Ils sont peut-être exacts. Ils ne sont pas vrais, puisqu’ils ne s’adressent pas à l’âme.

Presque tous nos sculpteurs rappellent ceux des cimetières italiens. Dans les monuments de nos places publiques, on ne distingue que redingotes, tables, guéridons, chaises, machines, ballons, télégraphes. Point de vérité intérieure, donc point d’art. Ayez horreur de cette friperie.

Soyez profondément, farouchement véridiques. N’hésitez jamais à exprimer ce que vous sentez, même quand vous vous trouvez en opposition avec les idées reçues. Peut-être ne serez-vous pas compris tout d’abord. Mais votre isolement sera de courte durée. Des amis viendront bientôt à vous : car ce qui est profondément vrai pour un homme l’est pour tous.
Pourtant pas de grimaces, pas de contorsions pour attirer le public. De la simplicité, de la naïveté !

Les plus beaux sujets se trouvent devant vous : ce sont ceux que vous connaissez le mieux.

Mon très cher et très grand Eugène Carrière, qui nous quitta si vite, montra du génie à peindre sa femme et ses enfants. Il lui suffisait de célébrer l’amour maternel pour être sublime. Les maîtres sont ceux qui regardent avec leurs propres yeux ce que tout le monde a vu et qui savent apercevoir la beauté de ce qui est trop habituel pour les autres esprits.
Les mauvais artistes chaussent toujours les lunettes d’autrui.
Le grand point est d’être ému, d’aimer, d’espérer, de frémir, de vivre. Être homme avant d’être artiste ! La vraie éloquence se moque de l’éloquence, disait Pascal. Le vrai art se moque de l’art. Je reprends ici l’exemple d’Eugène Carrière. Dans les expositions, la plupart des tableaux ne sont que de la peinture : les siens semblaient, au milieu des autres, des fenêtres ouvertes sur la vie !
Accueillez les critiques justes. Vous les reconnaîtrez facilement. Ce sont celles qui vous confirmeront dans un doute dont vous êtes assiégé. Ne vous laissez pas entamer par celles que votre conscience n’admet pas.
Ne redoutez pas les critiques injustes. Elles révolteront vos amis. Elles les forceront à réfléchir sur la sympathie qu’ils vous portent et ils l’afficheront plus résolument quand ils en discerneront mieux les motifs.

Si votre talent est neuf, vous ne compterez d’abord que peu de partisans et vous aurez une foule d’ennemis. Ne vous découragez pas. Les premiers triompheront : car ils savent pourquoi ils vous aiment ; les autres ignorent pourquoi vous leur êtes odieux ; les premiers sont passionnés pour la vérité et lui recrutent sans cesse de nouveaux adhérents ; les autres ne témoignent d’aucun zèle durable pour leur opinion fausse ; les premiers sont tenaces, les autres tournent à tous les vents. La victoire de la vérité est certaine.
Ne perdez pas votre temps à nouer des relations mondaines ou politiques. Vous verrez beaucoup de vos confrères arriver par l’intrigue aux honneurs et à la fortune : ce ne sont pas de vrais artistes. Certains d’entre eux sont cependant très intelligents et si vous entreprenez de lutter avec eux sur leur terrain, vous consumerez autant de temps qu’eux-mêmes, c’est-à-dire toute votre existence : il ne vous restera donc plus une minute pour être artiste.
Aimez passionnément votre mission. Il n’en est pas de plus belle. Elle est beaucoup plus haute que le vulgaire ne le croit. L’artiste donne un grand exemple.
Il adore son métier : sa plus précieuse récompense est la joie de bien faire. Actuellement, hélas ! on persuade aux ouvriers pour leur malheur de haïr leur travail et de le saboter. Le monde ne sera heureux que quand tous les hommes auront des âmes d’artistes, c’est-à-dire quand tous prendront plaisir à leur tâche.

L’art est encore une magnifique leçon de sincérité.

Le véritable artiste exprime toujours ce qu’il pense au risque de bousculer tous les préjugés établis.
Il enseigne ainsi la franchise à ses semblables.
Or, imagine-t-on quels merveilleux progrès seraient tout à coup réalisés si la véracité absolue régnait parmi les hommes !

Ah ! comme la société se déferait vite des erreurs

et des laideurs qu’elle aurait avouées
et avec quelle rapidité notre terre
deviendrait un Paradis !

- Ce texte a été dicté par Auguste Rodin à Paul Gsell en 1911, pour être publié après sa mort. Il est reproduit dans l’Histoire générale de l'art français de André Fontainas et Louis Vauxcelles, 1922, volume 2 page 259 et suivantes.

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Entretien avec Amy Earles

“ Amy Earles fait les choses, préfère l'automne, les rêves en couleur, reflète les yeux à demi fermés …”, cest que l'artiste a écrit dans son petit profil sur son site.
Et oui, tous ses dessins et ses peintures impliquent une sorte d'atmosphère de rêve et d'automne avec des forêts, des cieux sombres et des étoiles.

Elle aime peindre avec de la gouache sur papier, et souvent ses images sont transformées en jolies poupées en papier - Amy est clairement fascinée par les poupées. 
Nous l'avons épinglé pour nous répondre quelques questions sur sa vie et son travail.

Pourquoi et quand avez-vous commencé à faire de l'art ? 
- Je dessine depuis mes premiers souvenirs. 
Ma maman aime dessiner et nous nous sommes souvent rassemblées à mesure que j'ai grandi.
Ma famille a souvent déménagé et j'étais un enfant unique. 
Dessiner mon propre monde était un moyen de se divertir et aussi un très bon moyen de se faire des amis (je racontais des histoires en dessinant). Le dessin est devenu ma meilleure méthode d'expression.

Quel genre d'art faites-vous ? 
Je fabrique des poupées en papier, de la peinture et du dessin …
Art pour jouer et rêver.

D'où vous inspirez-vous ? 
Mon inspiration provient d'un nuage de souvenirs, de rêves, de personnes, d'animaux, de phrases, un amour de petites choses … dioramas.

À quoi ressemble votre journée de travail habituelle ? 
La plupart des jours inclue un travail acharné amorti entre deux couches de rêveries intenses. 
Quelques jours je travaille à partir de la minute où je me lève jusqu'à ce que je m'endorme avec un but en vue. 
Les autres jours sont moins structurés avec des croquis et des prises de notes, mais une forme de dessin se produit chaque jour. 
Je travaille toujours sur quelque chose.

Comment passez-vous un dimanche parfait ? 
De préférence, avec des heures de lecture tranquilles, absorbant, jouant avec des animaux domestiques, passez du temps avec mes personnes préférées, oublier les responsabilités …

Quel est votre goût préféré de chocolat ? 
J'adore le chocolat à la menthe sous toutes ses formes.

Montrez-moi vos œuvres d'art préférées (de votre propre et d'un autre artiste)
Une de mes pièces préférées de mon propre travail est invitation . 
Une des pièces préférées d'un autre artiste est par Satomi Hirota . 
J'admire beaucoup les artistes de poupée. 
Son travail apparaît à la fois clair et sombre avec beaucoup de couches.
Cela me résonne vraiment.

À qui devons-nous interviewer ensuite? 
Lilly Piri

Je pourrais avoir du café avec un artiste célèbre mort ou vivant qui serait-il ? 
C'est la question la plus difficile … J'aimerais peut-être rester assise tranquillement avec René Magritte.

Quelle est votre philosophie de vie ? 
Faites votre propre point de vue sur le monde. S'efforcer d'autonomie.

 Interview avec Amy

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Pierre Belhassen
Un regard humaniste et poétique.

C’est lors d’un voyage à New York dans sa jeunesse que le photographe français Pierre Belhassen découvre sa passion pour la photographie. Pour lui, ce médium possède un rapport au réel et des possibilités infinies qui n’ont de cesse de se réinventer. Entre commandes et travaux personnels, ce photographe capture, au grès de ses balades et toujours subjectivement, des situations, des actions ou encore des idées ancrées dans le réel. Entretien avec cet artiste perfectionniste et exigeant aux travaux toujours empreints de respect, d’humanisme et de poésie.

© Sabrina Tahir, portrait Pierre Belhassen

B!B!: Quel est votre parcours artistique?

Pierre Belhassen: J’ai découvert la photographie en 2005 lors d’un voyage à New York. Mon père m’avait confié un appareil photo pour immortaliser la ville en tant que touriste mais, une fois sur place, j’ai ressenti un lien très fort avec elle. Je n’avais jamais vraiment pris de photos avant mais, à ce moment là, j’ai compris que j’avais trouvé l’instrument idéal pour m’exprimer. La photographie est alors devenue une passion et voici maintenant dix ans que j’explore ses possibilités.

B!B!: Parlez-moi de vos deux séries réalisées à New York, et de votre rapport à cette ville.

Pierre Belhassen: C’est ici que tout a commencé, il y a une énergie unique qui circule dans cette ville, et la photographie y est à mon sens mieux acceptée qu’en France. J’ai aimé m’y perdre, m’y émerveiller et la détester. C’était une relation d’amour et de haine entre elle et moi. C’est ici aussi que j’ai fait mes premiers essais en couleur, New York est donc définitivement un lieu de genèse pour moi. J’y avais accumulé des images en noir et blanc et en couleur et j’ai fini par scinder mon travail en deux. Puis, j’ai eu besoin de mettre un peu de distance avec elle et me consacrer à de nouveaux projets, même si je ressens un sentiment d’inachevé dans ma relation avec New York. Il me faudra surement y retourner. Quand? Je ne sais pas…

B!B!: Quelles sont vos influences?

Pierre Belhassen: Elles sont multiples et variées : le cinéma, la littérature, la musique, la peinture, la bande dessinée… Et bien sûr la photographie. Pour citer quelques noms, je dirais Pierre Bonnard, Francis Bacon et Willem de Kooning, qui m’ont beaucoup marqué. J’ai par ailleurs une forte attirance pour les auteurs américains tels que Raymond Chandler, James Ellroy et Edgar Allan Poe en littérature, et je lis également beaucoup de comics. Je suis aussi très touché par la culture japonaise, notamment par Akira Kurosawa. En photographie, mes influences sont nombreuses également, puisqu’elles vont de Robert Frank à Josef Koudelka en passant par Saul Leiter, Alex Webb, Trent Parke, Jonas Bendiksen ou encore Jason Eskenazi. 

B!B!: Vos photographies, prises sur le vif, capturent l’Homme, avec beaucoup de poésie et de sensibilité. Parlez-moi de ce leitmotiv dans votre travail. Les personnes que vous photographiez ne sont pas simplement des modèles.

Pierre Belhassen: Je vois la vie comme un grand théâtre d’où peut surgir l’inattendu à tout instant, pourvu qu’on ouvre les yeux… J’aime cette idée d’une photographie où tout est possible et fugace à la fois. Je cherche des instants de grâce. J’ai toujours été interpellé par une phrase de Platon, soulignée par Diane Arbus, qui dit : « Les choses ne sont pas vues parce qu’elles sont visibles mais, à l’inverse, visibles parce qu’elles sont vues ». J’aime me perdre dans le quotidien et mettre mon regard au défi de creuser la surface des choses. Je cherche à saisir les hommes sur leur chemin, quand les détails parlent et qu’un simple geste ou un regard arraché à la banalité nous ouvre les voies de l’imaginaire. C’est ce qui me plait profondément dans la photographie, cette capacité inépuisable à surprendre. J’aime aussi l’idée du beau et, pour citer Saul Leiter, « Je ne pense pas que la misère soit plus profonde que le bonheur  ».

B!B!: Comment décririez-vous votre travail et son évolution?

Pierre Belhassen: Ma première période photographique s’est déroulée en noir et blanc. J’ai été fasciné par son pouvoir, la réalité y était transfigurée et les images créées pouvaient facilement être intellectualisées. Après une rupture de quelques années avec la photographie, la couleur s’est imposée comme un nouveau challenge puisque je ne pouvais pas apposer un « filtre » à ma vision. J’ai dû me concentrer différemment sur la lumière et son rapport immédiat à la couleur. Je m’y suis donc initié en tentant de retrouver les émotions puissantes que me procurait la photographie en noir et blanc. J’ai fini par comprendre que c’était un autre langage et qu’il fallait penser et construire différemment mes images pour susciter cette fameuse émotion… C’était donc encore plus stimulant!

B!B!: Vous utilisez un appareil argentique, parlez-moi de ce choix technique. 

Pierre Belhassen: J’aime l’argentique, d’abord pour le rendu esthétique des images, le grain, la matière… Je n’aime pas les images lisses. Ensuite, je l’utilise surtout pour l’approche que cela m’impose. En numérique, le cliché est immédiat, visible instantanément  et cela empêche selon moi de « rêver » son image. Le fait de ne pas savoir si j’ai réussi ou non ma photo me pousse à toujours m’appliquer dans sa réalisation. Le doute est parfois une force. Je ne cherche pas à « mitrailler » mais à viser juste. Chaque moment passé est à jamais disparu, j’ai donc besoin de cette exigence propre à l’argentique pour aboutir mes images.

B!B!: Quels sont vos futurs projets?

Pierre Belhassen: En ce moment je travaille sur deux projets dont l’histoire prend place dans des villes magnifiques: Istanbul et Marseille. Elles sont différentes par bien des aspects mais ont en commun une identité forte. Le sentiment de frontières y est très fort également, physiquement et socialement, et c’est cet aspect qui m’intéresse et que je cherche à développer à travers une vision singulière de la Méditerranée. Le mélange des cultures et des traditions m’intéresse et je souhaite aboutir ces projets, qui me tiennent à cœur, par la publication de deux livres. 

B!B!: Donnez-moi votre vision du monde.

Pierre Belhassen: Garder de l’émerveillement dans son travail et toujours regarder le monde avec plaisir.

BOUM!BANG! Tous droits réservés © 2017

Ce soir je chante à la salle des fête de Ars sur Moselle dans un plateau avec pleins d'autre artistes (humoristes, magiciens etc) et je prends quelques disques avec moi et quelques Pomme aussi ;)

Cette semaine, nous avons eu la chance d’interviewer Stéphane Salvi, artiste aux multiples facettes et auteur du Tumblr @stephphs, dans lequel il nous présente une série de ses plus belles peintures. Il a gentiment accepté de répondre à nos questions et de nous faire découvrir son univers artistique. Son style unique, coloré et énigmatique vous plaira certainement !

Tumblr – Pouvez-vous vous présenter rapidement à nos lecteurs ?

Stéphane – Je suis musicien, compositeur et auteur, guitariste en particulier du groupe A.S Dragon, et pour le label Tricatel. Je suis aussi peintre autodidacte, c'est de cela qu'il s'agit ici ! Je vis et travaille en région parisienne.

T – D'où vient votre passion pour la peinture ?

S – Je dessine depuis l'enfance, j'ai beaucoup gribouillé sur mes cahiers pendant ma scolarité. Je me suis mis à la peinture plus tard, après avoir trouvé des toiles dans le grenier d'une maison abandonnée ! Maintenant je peins à l'eau sur du papier. L'art, en général, est depuis presque toujours mon centre d’intérêt principal.

T – Parlez-nous de votre blog. Qu'est-ce qui vous inspire ?

S – Mon blog est principalement le résultat de mes travaux actuels, j'y poste mes dessins et peintures quelques jours après les avoir faits. Paradoxalement, ici, la musique n'est pas une grande source d'inspiration. C'est plus les conversations avec des amis, l'actualité, ce que je vois en sortant de chez moi ou mes lectures (William Burroughs, pour n'en citer qu'un) qui nourrissent mon travail. Et bien évidemment, les œuvres d'autres artistes visuels, connus ou non. L’Internet et Tumblr tout particulièrement sont une mine d'or en la matière.

T – Quel a été le déclic pour créer ce blog et pourquoi avoir choisi Tumblr ?

S – J'ai créé ce blog il y a un peu plus d'un an, quand je me suis remis à peindre. Tumblr me semblait être une plateforme intéressante et facile d'utilisation pour présenter des images. Après coup, je suis vraiment très content de ce choix car j'ai beaucoup plus d'interactions, de contacts et d'échanges avec le public, mais aussi avec d'autres artistes que je n'en escomptais. Le système de reblog est très gratifiant pour un artiste qui n'expose pas souvent.

T – Quels sont vos trois Tumblr préférés et pourquoi ?

S – Impossible d'avoir trois Tumblr préférés, j'en suis beaucoup trop ! Toutefois, en voici quelques-uns qui me viennent à l'esprit :

Heck : le blog d'Andy Heck Boyd. Un artiste qui touche à tout, j'aime particulièrement ses peintures et ses dessins.

raving indian : le blog de Marcus Bartos. Un travail faussement naïf et très poétique.

Marijanikola Manik : le blog de Marija Vauda et Nikola Pilipovic. J'adore !

T – Merci d’avoir pris le temps de répondre à nos questions, Stéphane. Au plaisir de vous suivre sur votre blog !

Peinture : Stéphane Salvi

I’ve been working on a book this month, with 36 artists who actually did all the work : Skull.
It will be released at Expozine Montreal this weekend. I’ll be selling it and also “Can’t” with Peah and Toch. Then it will be available on my shop page. I will let you know

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J'ai fait un livre ce mois-ci, avec 36 artistes qui ont fait tout le boulot en fait : Skull. Le lancement est ce weekend à Expozine Montréal. Il sera en vente avec “Can’t”, je serai avec Peah et Toch. Ensuite il sera disponible sur mon shop. Je vous tiendrai au courant