aux fruits

breakfast in french ☕️
  • le petit déjeuner breakfast
  • les céréales cereal
  • le lait milk
  • la confiture jam/jelly
  • le jambon ham
  • le fromage cheese
  • le biscuit scandinave crispbread
  • les fruits secs dried fruit
  • la confiture d’oranges marmalade
  • le beurre butter
  • le jus de fruits - fruit juice
  • le croissant - croissant
  • le café coffee
  • le café au lait - coffee with milk
  • le café crème -coffee with foamed milk
  • le croissant croissant
  • le chocolat chaud hot chocolate
  • le thé tea
  • la brioche brioche
  • le pain bread
  • le petit déjeuner anglais English breakfast
  • l’œuf sur le plat fried egg
  • le toast toast
  • la tomate tomato
  • la saucisse sausage
  • le bacon bacon
  • le pain perdu - French toast
  • l’œuf à coque  soft boiled egg
  • l’oeuf dur - hard boiled egg
  • les œufs brouillés scrambled eggs
  • la yaourt aux fruits fruit yoghurt
  • les crêpes crêpes
  • les gauffres waffles
  • le porridge porridge
  • les fruits fruits
  • l’omelette omelette
  • la baguette baguette

Chargée
De fruits légers aux lèvres
Parée
De mille fleurs variées
Glorieuse
Dans les bras du soleil
Heureuse
D'un oiseau familier
Ravie
D'une goutte de pluie
Plus belle
Que le ciel du matin
Fidèle

Je parle d'un jardin
Je rêve

Mais j'aime justement

(Paul Eluard - Extrait - Médieuses - 1939)

JE T’AIME 

Personne ne m'a appris ce mot. Je l'ai senti venir des profondeurs de ma chair, monter de mon sang à mes lèvres et s'envoler vers ta jeunesse et la force féconde qui est en toi.
Je l'ai entendu sortir de ta bouche avec ivresse. C'est un oiseau doré qui s'est posé sur mes yeux, si doucement d'abord, et puis si lourdement que tout mon être en a
chancelé.
Et je me suis abattue dans tes bras, tes grands bras où je me sens fragile et protégée.
La parole qui promet et qui livre, la parole sacrée jailli de notre vie ardente, planait sur nos têtes dans un clair rayon. Sylvius ! te souviens-tu ?
Alors j'ai vu passer l'Heure, l'Heure unique qui nous souriait et levait dans ses mains un caillou blanc.
Sur sa tunique, une à une, lentement les roses de son front s'effeuillaient.
J'ai vu cela à travers mes paupières fermées, la joue appuyée contre ton cœur qui marque des secondes éblouis- santes, comme un balancier de rubis.

II
J'ai regardé ton corps debout, simple et altier comme un pilier d'ivoire, ambré comme un rayon de miel.
Je l'ai regardé, les mains croisées sur mes genoux, sans l'effleurer, dans la contemplation fervente de sa splendeur, et je l'ai aimé avec mon âme plus passionnément.
Je me sens presque craintive, dominée par ce rythme qui chante à mes sens une mystérieuse musique ; je m'exalte silencieusement devant ce poème de grâce virile, d'élégance hautaine, de victorieuse jeunesse.
O Sylvius, dis-moi que tu me donnes toute ta beauté. Dis-moi qu'elle est mienne, ta tête rayonnante imprégnée de soleil, dis-moi que tu m'abandonnes ta poitrine large où je m'étends pour sommeiller, tes hanches étroites et dures, tes genoux de marbre, tes bras qui pourraient m'écraser et tes mains si chères, où mon baiser lent se dépose au creux des paumes caressantes.
J'ai regardé tes lèvres fières qui plient sous les miennes, tes dents où mes dents se sont heurtées illuminent ton sourire, ta langue chaude m'endort, et quand je m'éveille de mon vertige, c'est pour revoir ton corps triomphant,
altier comme un pilier d'ivoire, ambré connue un rayon de miel.

III
Cette nuit tu as pris ma tête entre tes doigts impérieux et tu disais, les dents serrées : Ne bouge pas.
Et je me suis abandonnée, le front cerclé par la couronne ardente qui se rétrécissait.
Pourquoi n'as-tu pas enfoncé les ongles plus avant? Je n'aurais pas bougé et la douleur, venue de toi, serait entrée délicieusement dans ma chair.
Ton désir jeune et délirant peut romore mes muscles, courber mes os, me faire râler d'angoisse, je suis ta chose, Sylvius, ne laisse rien de moi, puisque ma volonté
s'en est allée à la dérive, dans l'eau attirante de tes yeux.
Et cette nuit, passive et nue, n'étais-je pas une reine sous la couronne vivante de tes doigts refermés.

IV
Pendant cette minute inoubliable où nous nous sommes aimés plus loin que la terre, plus haut que le ciel, dans un monde resplendissant j'ai connu toutes les amours.
Un feu surnaturel les a fondues dans mion cœur, comme en un creuset dévorant.
J'ai été la mère, la sœur, l'amante; j'ai été ta chair, ton sang, ta pensée, ton âme emportée vers l'au delà, vaste et illuminé.
Ton front s'appuyait au mien ; qu’ est-il venu de ta vie vers ma vie dans cet éclair de radieuse pureté?
Dis-moi Sylvius, quel dieu puissant nous a prêté alors un moment de sa divinité.

V
Que mon âme murmure autour de ton âme comme une abeille autour d'un calice parfumé.
Que mon amour coule dans ton cœur, comme à travers les menthes bleues, la source innocente qui vit au soleil.
Que ma pensée soit une colombe blanche posée sur ta pensée.
Et que ta vie se referme sur ma vie, comme le cristal sur la goutte d'eau prisonnière qu'il garde depuis de milliers d'années.

VI
Tu ne me diras pas : Non.
Souviens-toi que j'ai baisé tes lèvres, afin qu'il ne leur échappe que des paroles de douceur.
Tu ne laisseras pas monter la colère dans tes yeux.
Souviens-toi que j'ai baisé tes paupières, pour que ton regard soit une caresse sur le mien.
Tu ne lèveras pas le doigt qui me menace.
Souviens-toi que j'ai baisé tes mains, afin qu'elles ne retiennent que des gestes de tendresse.
Tu ne t'éloigneras pas de moi.
Souviens-toi que j'ai baisé tes pieds, pour qu'ils reviennent fidèles vers ma maison.
Tu fermeras ton cœur à l'amour d'autres femmes.
Souviens-toi que j'ai baisé ton cœur à travers ta poi- trine, afin qu'il soit à moi par delà le tombeau.

VII
Je ne te dirai plus combien je t'aime, Sylvius, je ne sais plus.
Je poserai ma joue sur l'écorce du chêne, l'arbre de force et de fierté, je lui dirai : Que ta feuille s'envole pour lui porter l'orgueil de mon amour. J'irai vers le bouleau délicat qui palpite, l'arbre rêveur comme un rayon de lune, je lui dirai : Que ta feuille s'envole jusqu'à celui qui a tout mon amour, pour lui en dire la douceur.
J'irai vers l'alisier qui se dore en automne, l'arbre aux fruits précieux plus beaux que des bijoux, je lui dirai: Que ta feuille s’,envole, par elle il connaîtra l'ardeur de mon
amour. Tu feras un bouquet des frêles messagères et tu les laisseras se flétrir sur ton cœur.
Qu'y a-t-il au fond des landes tristes à la fin du jour?
Le dernier rayon du couchant, droit comme un couteau d'or.
Qu'y a-t-il sur les branches des chênes, quand l'ombre verse sa cendre fine sur les marais?
Des poules noires qui vont dormir.
Qu'y a-t-il vers les cabanes aux toits ondulés, dans le silence gris des brumes ?
Des bergers hauts sur leurs échasses, de longs troupeaux qu'on n'entend pas.
Et dans mon cœur, si lourd de ton absence, qu'y a-t-il ?
Toi, mon grand amour, toujours toi.

Le Livre pour Toi.

Marguerite Burnat-Provins
1872-1952


*

Peut-etre déjà publié par mes soins mais quand on aime… N’est-ce pas ! …

“Toute action est objet de doute. Et cependant, tu es là pour agir. Tu as été mis au monde pour ce combat. Combats donc, puisqu’il le faut ! Mais garde les mains blanches. Gagne, mais sois indifférent à la victoire. Agis, mais sans t’arracher aux fruits de l’action. Plongé dans ce bruit et cette fureur, mais avec une part de toi hors de ce monde, dans la sérénité. Agis, détaché de l’action, en chef de guerre et roi de paix.”
Louis Pauwels, Comment devient-on ce que l’on est ?, Stock, 1978

Si l'on se demande quelle place occupe le patriotisme dans le Décalogue, la réponse ne laisse aucune hésitation : il se situe dans le cadre du quatrième Commandement, qui nous engage à honorer notre père et notre mère. […] Patriotisme signifie amour pour tout ce qui fait partie de la patrie : son histoire, ses traditions, sa langue, sa conformation naturelle elle-même. C'est un amour qui s'étend aussi aux actions des citoyens et aux fruits de leur génie. Tout danger qui menace le grand bien de la patrie devient une occasion pour vérifier cet amour. Notre histoire nous enseigne que les Polonais ont toujours été capables de grands sacrifices pour préserver un tel bien, ou pour le reconquérir. En témoignent les nombreuses tombes des soldats qui ont combattu pour la Pologne sur les différents fronts du monde : elles sont disséminées aussi bien dans notre patrie qu'au delà de ses frontières.
—  Saint Jean Paul II, Mémoire et identité

“Toute action est objet de doute. Et cependant, tu es là pour agir. Tu as été mis au monde pour ce combat. Combats donc, puisqu’il le faut! Mais garde les mains blanches. Gagne, mais sois indifférent à la victoire. Agis, mais sans t’arracher aux fruits de l’action. Plongé dans ce bruit et cette fureur, mais avec une part de toi hors de ce monde, dans la sérénité. Agis, détaché de l’action, en chef de guerre et roi de paix.”

— Louis Pauwels, 1978