angélique

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RIP Anne Golon (1921 - 2017), author of Angélique, Marquise des Anges.

She first wrote under various pen names, then created Angélique, co-signed with her husband, Serge, who she later explained provided the historical documentation while she wrote, but her publishers wanted a man’s name on the cover of the books. They also suggested the books be signed “Sergeanne Golon”, which was the name used on the English editions.

Anne Golon wasn’t too happy with the series of movies adapting her books, starring Michèle Mercier and Robert Hossein, which she found misogynistic. She fought a long legal battle with her publisher to recover the rights to Angélique and started publishing a new, revised and augmented version of the series in 2009, when she was 88.

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Alors bon je reviens d'un week-end très court à Bordeaux, où j'ai vu amis, bébé si petit si joli, qui imite à la perfection le cri du dauphin quand ça lui prend, j'ai vu, Place Gambetta et ses étangs pleins de lentilles d'eau, j'ai vues des ruelles, inondées de soleil, de beaux appartements, des boutiques chics, les vitrines belles de la librairie Mollat (mais il était trop tard pour y entrer hélas), des restaurants charmants, et le magasin de Lego.
J'ai raté le reste, bref, les quais, l'opéra, les musées, le miroir d'eau, etc…
Mais je n'ai pas perdu le nord. Je suis entrée aux galeries Lafayette, et mon nez malheureux car mal accompagné, a trouvé de quoi se réjouir. Après quelques essais peu convaincants dans les jus de l'Artisan Parfumeur (qui pourtant a souvent mes faveurs…), je me suis aventurée vers d'autres rivages : L'atelier Cologne. Un nom à particulièrement attiré mon attention : Jasmin Angélique. Je l'ai aspergé sur le petit papier rigide, et j'ai souri…. d'aise, puis sur l'épaule. J'étais conquise.
Ceux qui suivent mes aventures parfumesques connaissent mon goût pour l'angélique et sa légère amertume. Ici, elle jaillit plein pot, galvanisée par le citron et agrémentée d'un poivre discret qui réchauffe le tout. Puis, au fur et mesure, si l'on attend, et l'on attend, le jasmin ouvre ses pétales et rayonne comme personne. L'association des deux est assez étonnante, je ne sais pas si quelqu'un y avait déjà pensé, mais ça se marie fort bien. Un s'équilibre se crée, entre les notes fraîches et vertes de l'angélique et du galbanum, et les notes plus rondes et presque gourmandes du jasmin, de la figue et de la fève tonka.
Je me suis sentie comme une princesse cosmopolite (Sicile, Sibérie, Chine, Égypte, Perse, Somalie, Brésil), habillée en robe des champs. Pas de bagarre entre les deux fleurs, elles conversent agréablement sur le tapis ambré de ma peau. Une merveille.

“Enjolras était un jeune homme charmant, capable d’être terrible. Il était angéliquement beau. On eût dit, à voir la réverbération pensive de son regard, qu’il avait déjà, dans quelque existence précédente, traversé l’apocalypse révolutionnaire. Il en avait la tradition comme un témoin. (…) Il était officiant et militant; au point de vue immédiat, soldat de la démocratie; au-dessus du mouvement contemporain, prêtre de l’idéal. Il avait la prunelle profonde, la paupiére un peu rouge, la lévre inférieure épaisse et facilement dédaigneuse, le front haut. Beaucoup de front dans un visage, c’est comme beaucoup de ciel dans un horizon.”

-Victor Hugo, Les Misérables