alliot marie

lemonde.fr
Sexisme à droite : vade retro, macho !
Remarques sexistes, comportements misogynes, loi sur la parité bafouée : le machisme en politique perdure, et les élues en témoignent.

Elle est revenue sans crier gare, la petite musique grinçante du machisme en politique. La campagne des primaires de la droite et du centre en a été l’éclairante partition. 

C’est Nathalie Kosciusko-Morizet qui raconte publiquement, ce qu’elle confiait auparavant en « off » aux journalistes, que François Fillon lui aurait dit en 2009, alors qu’il était premier ministre : « Tu es enceinte, tu ne seras pas ministre. » C’est ­encore François Fillon qui, le 16 octobre, à propos du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, tweete sans vergogne : « Où est l’autorité de l’Etat quand François Hollande n’est pas capable d’arbitrer entre son ex-épouse et son premier ministre ? », réduisant la ministre Ségolène Royal, ancienne candidate socialiste à la présidentielle, au rôle d’« ex ».

C’est aussi le site BuzzFeed qui pointe que, lors des débats, « NKM » a été deux fois plus interrompue que ses concurrents par le duo Pujadas et Elkabbach. « Dans une assemblée mixte, les hommes ont tendance, parfois même sans s’en rendre compte, à vouloir étouffer la parole des femmes et à la prendre », a commenté l’intéressée. Ce sont enfin les anonymes des réseaux sociaux qui ne se lassent pas de ridiculiser le sourire figé de Valérie Pécresse, la présidente de la région Ile-de-France, pendant le dernier débat. Car la misogynie n’est pas le propre des politiques, elle reste profondément ancrée dans les inconscients collectifs, condamnant les femmes politiques à un plafond de verre difficile à percer.

« Estime-toi déjà heureuse d’être là »

Rama Yade, ancienne administratrice au Sénat et conseillère de Nicolas Sarkozy, a tout entendu lorsque ce dernier l’a nommée au gouvernement en 2007 : « Tu as eu de la chance d’avoir été ministre sans rien faire ! » ; « Tu prends bien la lumière, c’est pour ça que tu es là… » « En politique, et particulièrement à droite, quand on y arrive, ce n’est pas considéré comme normal : soit on a couché, soit c’est grâce à notre couleur de peau ou à notre religion », s’agace l’auteure d’une Anthologie regrettable du machisme en politique (Editions du moment, 2015). Et pas question de la ramener, une fois qu’on vous a fait l’honneur de vous choisir : « Dès que je demandais quelque chose, Nicolas Sarkozy me disait : “Estime-toi déjà heureuse d’être là.” On n’a pas le droit d’être ambitieuse. On est étiquetée rebelle dans le meilleur des cas, chieuse au pire. »

Nathalie Kosciusko-Morizet, bardée de diplômes, fille de politique, passée par les cabinets ministériels, plusieurs fois ministre, seule femme à avoir concouru à la primaire de la droite, a eu aussi son lot de propos désobligeants : « On entend sans cesse des remarques sur notre physique, notre façon de nous habiller. Ce n’est pas forcément agressif, mais même si ça se veut flatteur, les hommes ne se rendent pas compte qu’on en a marre. Ils ne perçoivent pas à quel point ils sont décalés avec la modernité. »

Chacune a sa façon de réagir. « J’ai fait de la politique comme un homme,admet Valérie Pécresse. Une fois que Chirac m’a imposée, je suis passée par toutes les étapes initiatiques, déléguée de circonscription, présidente de fédération, porte-parole du parti, et j’ai cultivé mes réseaux comme un homme, je me suis habillée volontairement en pantalon pour que l’on me regarde dans les yeux. »

Devenir une femme politique relève du parcours du combattant. Bien qu’élue sur une liste municipale à Reims en 1983, Catherine Vautrin, soutien de Nicolas Sarkozy, a dû passer en force pour atteindre le Palais-Bourbon. « Quand on m’a mis le pied à l’étrier, j’avais tout ce qui fait bien sur une liste : j’étais étudiante, jeune et femme. Mais lorsque j’ai demandé une investiture nationale, j’avais beau être directrice d’une compagnie américaine d’assurance et avoir beaucoup d’expérience en politique, on m’a refusé l’investiture », raconte la députée de la Marne et vice-présidente de l’Assemblée nationale. Elle s’est donc lancée en dissidente et a gagné.

Même pour les nouvelles héritières comme Nathalie Kosciusko-Morizet, le chemin n’a pas été simple. « Quand j’étais jeune politique dans les années 2000, je suis allée demander une investiture au responsable des élections du RPR. Il m’a dit : “Non, avec le renouvellement, la féminisation viendra automatiquement”. » Brigitte Kuster, ancienne collaboratrice de l’ex-députée et adjointe au maire de Paris Françoise de Panafieu, a dû attendre cette année pour obtenir enfin une investiture dans la capitale. En 2012, elle était partie en dissidence contre Bernard Debré. Elle voulait être candidate, le médecin lui proposait d’être sa numéro deux. « Est-ce que le féminin de député, c’est suppléante ? », avait-elle alors ironisé. Pour 2017, Bernard Debré a enfin accepté de lui laisser son siège. A 57 ans, elle s’estime heureuse : « J’ai sa bénédiction cette fois, c’est très élégant de sa part. »

« Le mythe de la mauvaise mère »

De nombreuses femmes se découragent devant les obstacles à franchir. Certains espoirs de la droite ont disparu de la circulation comme les anciennes ministres Anne-Marie Idrac, Anne-Marie Couderc ou Michèle Barzach. D’autres refusent de s’engager avant d’avoir essayé. « Lorsqu’on propose à une femme des responsabilités, elle répond souvent : “Je ne sais pas, je vais réfléchir.” Les hommes disent oui et réfléchissent après, constate Catherine Vautrin. La crainte des femmes de ne pas être à la hauteur apporte de l’eau au moulin des machos de base, qui soulignent à chaque fois que la question de la parité leur est posée et qu’ils n’ont rien contre, mais que les femmes ne veulent pas aller au combat. »

Des critiques souvent intégrées par les femmes elles-mêmes. « La femme de 40 ans qui a une vie familiale et professionnelle et qui intéresse un parti, son plafond de verre est simple : la maison », explique Valérie Rosso-Debord, ancienne députée UMP de 44 ans, proche de Nicolas Sarkozy. Car une femme qui a des enfants se voit souvent culpabilisée par ses confrères. « Le mythe de la mauvaise mère est puissant, souligne Valérie Pécresse. On me demande souvent d’un air suspicieux : “Comment vont tes enfants ?” Quand j’étais enceinte de ma fille, j’étais députée et d’un coup, j’ai été traitée comme si j’étais tombée malade : “On ne va pas confier ça à Valérie dans son état…” »

Dans le domaine de la parité, la France occupe une place honteuse. Avec 27 % de femmes élues à l’Assemblée nationale et 25 % au Sénat, elle stagne au 63e rang mondial en matière de présence des femmes dans les assemblées politiques. En ce qui concerne les législatives, le parti Les Républicains préfère s’acquitter d’une amende de plus de 4,3 millions d’euros par an plutôt que d’investir des femmes.

Certaines élues de droite refusent d’admettre que le machisme est plus fort dans leur camp qu’à gauche. Elles rappellent la détestable façon dont ont été traitées Edith Cresson et Ségolène Royal dans leur propre famille politique. Beaucoup ne sont cependant pas d’accord. « La droite n’a pas vécu les combats féministes, constate Nathalie Kosciusko-Morizet. A gauche, même si les hommes pensent la même chose, il y a davantage de maîtrise dans le ­ langage. » « La gauche a une avance culturelle, admet également la députée européenne centriste Marielle de Sarnez. A droite, le mythe du chef reste encore très présent. La politique résonne avec la masculinité et la virilité. »

La plupart veulent croire que le machisme est en recul au sein de leur formation. « Avec les hommes de ma génération, il n’y a aucun souci, assure Valérie Rosso-Debord, ils ont été élevés par des mères attachées aux valeurs d’égalité et les ont intégrées. » « C’est bidon, rétorque Valérie Pécresse, ça ne change pas. Les clichés sont toujours les mêmes : pour y arriver, il faut être “fille de” ou coucher ! »

Les scrutins de liste dites « chabadabada » – où la parité est obligatoire – changent la donne. Alors qu’il était de bon ton de s’en moquer à droite, les femmes s’en réjouissent aujourd’hui. « S’il n’y avait pas eu toutes ces lois, je suis convaincue que rien n’aurait évolué », reconnaît la présidente de la région Ile-de-France. « Dans les départements et les régions, il y a désormais un véritable vivier d’élues qui ont fait leurs preuves. On doit pouvoir faire émerger une nouvelle génération », espère Brigitte Kuster, surnommée un temps par ses collègues « les plus belles jambes du conseil de Paris ». D’autres sont plus pessimistes. « Quand des femmes sont choisies, elles sont souvent épouses ou ex-collaboratrices d’élus contraints de laisser la place pour cause de cumul des mandats », remarque Rama Yade.

Les femmes comptent aussi sur davantage de solidarité entre elles que par le passé. Lorsqu’elle est allée chercher ses parrainages pour la primaire, Nathalie Kosciusko-Morizet a constaté que les femmes maires, conseillères générales ou conseillères régionales ont été nombreuses à lui accorder leur signature. Pendant longtemps, les élues n’ont pas été tendres avec leurs consœurs. Les premières à émerger, comme Michèle Alliot-Marie ou Roselyne Bachelot, qui ont hérité de la circonscription de papa, ont été peu partageuses. « Cette génération d’héritières a eu tendance à claquer la porte de l’arc de triomphe derrière elle pour se partager les postes ministériels », se souvient Catherine Vautrin.

« Se soutenir entre nous »

Chacune à son niveau tente de faire avancer la présence des femmes. « C’est à nous aussi d’être vigilante, reconnaît la députée de la Marne. Au sein de la commission d’investiture, on fait tout pour se soutenir entre nous, même si ça reste difficile. » Elle est fière de pouvoir dire que les femmes sont 65 % à être – pour l’instant – investies par le parti pour les ­prochaines législatives sur les circonscriptions à reprendre à la gauche. Sans s’appesantir sur le fait que ces circonscriptions sont les plus difficiles à gagner… Désigner des femmes là où elles n’ont aucune chance d’être élues est une vieille habitude dont la droite a du mal à se défaire.

« Lorsque je rédigeais les nouveaux statuts du parti, je me suis battue pour imposer la parité au sein de la commission d’investiture comme au bureau politique, raconte Nathalie Kosciusko-Morizet. Mais après, ils ont rajouté des membres de droit – tous des hommes, bien sûr –, et la proportion des femmes est retombée à un quart… » Tout est bon pour faire bouger les choses : « J’ai signé l’appel contre Denis Baupin pour aider les plus jeunes à ne pas se faire coincer dans les couloirs », ajoute l’ex-ministre de l’environnement.

« Les partis devraient également s’engager à former les candidats de demain, des femmes, des jeunes, des personnes issues de différentes catégories sociales », ajoute Rama Yade. Face à ce qu’elle appelle « le machisme en col blanc », elle va encore plus loin : « On devrait interdire les emplois familiaux et rendre la parité obligatoire aux législatives. » Une « chieuse », diront ses collègues masculins.

Charlie Hebdo: cover analysis part III

This is the third and last part of my series on Charlie Hebdo’s covers. Part I. Part II.

1. This is a cartoon of the wife of Egypt’s president, Naglaa Ali Mahmoud, washing the dishes. The caption reads “Finally, a president’s wife who doesn’t tweet!” Naglaa Ali Mahmoud retorts “My hands are full!” Known for being a conservative Muslim, people responded variously to her: some have embraced her and appreciated the symbolism of her modest background and demeanour; others have criticized her for being an emblematic figure of conservative Islam. She has commented upon being called Egypt’s “first lady” and rejected the term, declaring that she preferred to be called Umm Ahmed (mother of Ahmed, who is her eldest son) and that if she really had to have a title, she’d rather be called “the first servant” of the people. She married her cousin at 17 years old and they’ve had five children. In this cartoon, CH is making fun of conservative ideas which often condone and encourage patriarchy. They are not mocking women (and I’m quite aggressive when it comes to making terrible jokes about women), or Muslim women as a whole. That “servant” aspect of her washing the dishes probably refers to her wish of being called the first servant of the people. Implicitly, the cartoon begs to ask: servant of the people or servant of men? What it actually denounces here is patriarchy and its oppressive conservative values. Edit : someone brought to my attention the fact that it was also an implicit reference to Valérie Trierweiler, François Hollande’s ex-partner, who twitted a lot, and that it could also also be an implicit criticism of how people would prefer a woman who would rather stay in the shadow of the president and not express herself too much.

2. A few years back, French politician Dominique Strauss Khan was involved in a scandal when he was accused of rape by an employee of the Sofitel hostel in New York. There were many rumours about his unbridled sex life and several women came forward to testify that he had either tried to rape them or had sexually assaulted them. His sister defended him by affirming that he was a “sweet man”. Karl Lagarfeld later commented that DSK was “a sweet man, as long as you’re not a woman”. On this cover, you can see that all of “DSK’s 600 000 mistresses testify”: “He’s very sweet!” There is here an intended gap between the serious crime he was accused of and the contrast provided by the funny idea that he may be a “sweet man”. It is implied that DSK being a “sweet man” bears little weight as a defence in favour of a man accused of raping a woman. You can be a “sweet man” in appearance, never raise your voice, be nice, and basically look like an angel, and still be a rapist, and this has everything to do with the fact that rapes are not committed primarily by violent, deranged men. For all the women they are “sweet” with, there can be others whom a man can coerce. Considering all the salacious rumours, CH has DSK’s rumoured “600 000 mistresses” defending him in the same ridiculous manner.

3. Dieudonné is a famous French humourist. In the last 10 years or so, he has started to become very vocal against Zionism, but instead of focusing on the politics of Isreal, Dieudonné has been mostly targeting Jews as a whole. He has notably become friends with negationists, people who deny the Holocaust ever happened. Among his negationist friends are the most public figures of them all, Alain Soral and Robert Faurisson. One of the most problematic aspects of his activism is that he frequently accuses France of commemorating the Holocaust more than slavery in violent ways (calling the commemoration a “memorial pornography” for example). France has a particular history with the Holocaust. The Vichy Regime yielded to collaborated with Nazi Germany and, in 1972, Robert Paxton, an American historian, revealed in his book Vichy France: Old Guard and New Order that the French government had not participated to the deportation of Jews in utter submission, but much more willingly than we thought (as I already mentioned in the first part of this series). The legacy of this new historical perspective is a lot of shame and a constant battle from the French government against anti-Semitism. This is why the actual French government has been putting a lot of effort recently in trying to censor Dieudonné’s shows. It is not mere hypocrisy on the part of France regarding its conception of freedom of speech, or Islamophobia for not censoring in return Charlie Hebdo’s drawings on the prophet Mahomet or other Muslim characters. It is a much more complicated matter that demands we understand French history a minimum to identify the mechanics of today’s politics: our unique historical background during the Holocaust has introduced a certain bias in our defence of Jewish people and I believe that the state should not have intervened to censor Dieudonné, even if I don’t agree with his activist tactics. The controversy surrounding him has been going on for more than 10 years. He has systematically centered his speech on the “Zionist conspiracy” according to which Jews control the world, and a lot of the people who initially supported him decided to distance themselves from him. Among other things, he once declared he had ripped the pages mentioning the Holocaust in his children’s history books. There would be a lot to say about this man, but long story short, there are a lot of problematic aspects in his activism, which has sparked a lot of racial hatred between Jews and Muslims and if Charlie Hebdo is mocking him with this drawing, it is certainly not because he’s a black man. The thing shoved up his ass is a “quenelle”, typical French food whose term Dieudonné decided to use to describe his trademark gesture, but also an explicit sexual metaphor meant to symbolize him sodomizing his opponents (which he fully recognized). It is considered by some people to also be an inverted Nazi salute but the essence of the idea of the “quenelle” relies on a homophobic metaphor, which Charlie Hebdo uses here against its creator to mock him. We may find this tasteless and debatable, but the underlying matter is the denunciation of Dieudonné’s problematic position against Jews as a whole, which definitely deserves to be discussed critically.

4. In 2011, protests against Bachar al-Assad’s government in the context of the Arab Spring were violently repressed by the military. In this cartoon, the caption above reads “Bachar’s advice to Sarkozy”. You can see the two presidents on the phone, with Bachar al-Assad telling Sarkozy “Don’t let the Arabs fuck with you”. In the bubble, you can see Sarkozy holding papers reading “Referendum on the immigrants”. This cartoon not only criticizes Bacha al-Assad’s murderous military actions against his own people (you can see a tank crushing civilians in the background) but also the problematic immigrant politics in France.

5. This is a cartoon of former right-wing president Jacques Chirac handcuffed in a court room. In 1999, an investigation started regarding Chirac’s political abuses; among other things, he was accused of misappropriating money, for which he received a suspended sentence of two years in prison in 2011. In this cartoon, you can see him lamenting the falls of corrupt politicians at the time (Ben Ali abandoned his presidency and fled, Moubarak quit as well, and Kadhafi died): “I’m losing all those who can attest to my moral compass!” This is obviously a criticism of political corruption and abuse of power.

6. This cartoon features Kadhafi bathing in the blood he has spilled during his presidency. Reminder that in 2011, he declared: “I will fight till the last drop of blood” and promised a massacre to all his opponents. In the back is Michèle Alliot-Marie, French politician whose partner, politician Patrick Ollier, had a controversial friendship with Kadhafi. Out of embarrassment, she thus tried to remain in the background and did not really comment on the situation in Libya. This cartoon is a criticism of her lack of a firm stance on the subject. You can see her complying with Kadhafi as he asks her to “rub [his] back”.

7. In 2014, there was a reform on the benefits related to child-care: parents who had two children and earned more than 6,000 euros would have a 10 euros cut on these benefits. There was some backlash from both political wings, with the right denouncing “family bashing” (by the way, in the context of gay marriage, they also invented the term of “familyphobia”…). This cartoon depicts the girls and women abducted by Boko Haram, (“Boko Haram’s sexual slaves are angry” in the above caption) yelling: “Hands off our benefits!” By putting these words from the most privileged households who have the cheek to complain in the mouths of women who are sexually abused, getting pregnant and have no hope for any sort of government help, Charlie Hebdo denounces their ungrateful and ‘first world problems’ attitude. It’s the privileged people who are actually angry, for a stupid reason. This has nothing to do with criticizing the help poor Muslim/racialized/any minority women get since this reform was implemented to both save government money and “protect those that the economic crisis hits the hardest”, according to socialist politician Martin Pinville.

8. In the sticker, you can read “Islamophobia” to clarify the subject. This cartoon depicts Christian people being scared by Jesus praying to Islam beliefs (“Should we fear sweet baby Jesus?” asks the caption). This is a critical commentary on the irrational fear that people have of Islam, especially considering that many of them are scared to see it become the dominant religion and put an end to traditionally-Christian France. It notably falls in line with right-wing, journalist and essayist Eric Zemmour’s paranoid “theory of replacement” in which he warns people of the impending replacement of the white, Christian French population by Muslim Arabs and black people.

9. During the European elections, the nationalist party was elected by a 25% turn-out. In this cartoon, Marine Le Pen, leader of the party, is portrayed as Joan of Arc (a symbol representing the racist “saviour of the French” complex of the party), lighting up a stake to execute a black man with a sign reading “foreigner” on his chest. “What do 25% of the French want?” wonders the first caption. “A Joan of Arc sending people to the stake” reads the second one (with a joke on how Joan of Arc was executed in this way). This is a social commentary on how there are more and more people willing to vote for the nationalist party as a result of the economic crisis enmeshed with the social turmoil involving matters such as immigration and terrorism.

10. In 2009, a 9 year-old girl in Brazil was raped by her step-father and became pregnant with twins. The archbishop of Recife, with the agreement of the Vatican, excommunicated all the people involved in her abortion (which is permitted in Brazil in case of rape or if the mother’s life is endangered) including the girl’s mother and the medical personnel. He claimed that “to the Church, abortion is a more serious crime [than rape].” The caption says “9 years old, rape, abortion…” and “Excommunication!” angrily concludes the archbishop. An article inside the magazine ironically comments that “If they want their excommunication to be revoked, they will have to admit that the gas chambers never existed”, a reference to Richard Williamson, a negationist bishop whose excommunication had been just been revoked. A while later, he declared in an interview that he didn’t believe the gas chambers ever existed. Still, the Pope refused to reconsider his decision. This CH cover criticizes the twisted morals of the Church.