affabulazione

Che poi,gli scrittori di solito sono bravissimi a parlare(…)

Egregi maestri della dottrina dell'affabulazione,funamboli su fili finissimi di parole,fuochi d'artificio gergale.

Ma poi,quando si tratta di gesti,soprattutto di gesti buoni e coraggiosi,sono i primi a darsela a gambe.

gli scrittori,maratoneti delle loro paure,centometristi della viltà.

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Gassman legge Pasolini  il quale, nella notte tra l'1 e il 2 novembre del 1975, moriva ammazzato.

Prenons donc le cas où le père hait le fils :
ce père-là, son impuissance, il l'a inscrite
comme sur un panneau d'infamie.
Un panneau qui ne se voit pas – sous la robe
de l'avocat ou le veston croisé de l'industriel
ou la salopette de l'ouvrier : c'est normal.
Mais ses raisons de désapprouver
la conduite sociale de son fils sont toujours valables!
C'est la présence même du fils, en fait,
qui met le désordre dans la société.
C'est le membre lui-même, frais, humble, assoiffé,
qui scandalise, si on le confronte
avec celui, sans aucune nouveauté, du géniteur.
Des milliers de fils sont tués par les pères : tandis
que de loin en loin, un père est tué par son fils – ça c'est connu.
Mais comment se produit le meurtre des fils par les pères? Par le truchement des prisons, des tranchées, des camps
de concentration, des villes bombardées.
Par contre, comment se produit le meurtre des pères par
les fils? Par le truchement de la croissance d'un corps innocent,
qui est, lui, nouveau venu dans la ville et, au fond,
ne demanderait rien d'autre que d'y être admis.
Lui, le fils, jette dans la lutte contre le père
– c'est toujours le père qui commence –
son corps, rien que son corps.
Il le fait avec une haine pleine de pureté, ou alors
avec cette même douceur distante et ironique
que tu as à présent, pour manifester tes droits sur cette femme.
—  Pasolini, Affabulazione, 1977