Rosa-Luxembourg

Au milieu des ténèbres, je souris à la vie, comme si je connaissais la formule magique qui change le mal et la tristesse en clarté et en bonheur. Alors, je cherche une raison à cette joie, je n'en trouve pas et ne puis m'empêcher de sourire de moi-même. Je crois que la vie elle-même est l'unique secret. Car l'obscurité profonde est belle et douce comme du velours, quand on sait l'observer. Et la vie chante aussi dans le sable qui crisse sous les pas lents et lourds de la sentinelle, quand on sait l'entendre.

…A l'instant-j'ai interrompu ma lettre pour observer le ciel- le soleil est descendu d'un degré, derrière les bâtiments et, tout en haut,une foule de petits nuages-venus Dieu sait où-se sont rassemblés en silence. Ils sont d'un gris tendre, argentés et brillants sur la frange, et leurs formes déchiquetées se dirigent vers le nord. Il y a tant d'insouciance dans ces nuages qui passent, comme un sourire indifférent, que je n'ai pu m'empêcher de sourire moi aussi, car je suis toujours en accord avec le rythme de vie qui m'entoure. Devant un tel ciel, comment pourrait-on être méchant ou mesquin ? N'oubliez jamais de regarder autour de vous, vous y trouverez toujours une raison d'être indulgente.

« Mais il faut bien pourtant que j'aie quelqu'un pour me croire quand je dis que si je virevolte dans le tourbillon de l'Histoire, c'est par erreur, et qu'au fond je suis faite pour garder les oies ». Cette confidence de Rosa à sa chère amie Luise Kautsky n'est pas affèterie, pas plus que cette autre, à Sonia Liebknecht : « Je me sens bien plus chez moi dans un petit bout de jardin comme ici ou dans la campagne, entourée de bourdons et de brins d'herbe, que dans un congrès du parti. […] Vous savez bien qu'au bout du compte, j'espère mourir à mon poste : dans un combat de rue ou au pénitencier. Mais mon moi le plus profond appartient davantage à mes mésanges charbonnières qu'aux camarades ».

« Je me sens bien plus chez moi dans un petit bout de jardin comme ici ou dans la campagne, entourée de bourdons et de brins d'herbe, que dans un congrès du parti. […] Vous savez bien qu'au bout du compte, j'espère mourir à mon poste : dans un combat de rue ou au pénitencier. Mais mon moi le plus profond appartient davantage à mes mésanges charbonnières qu'aux camarades ».

Director/muse relationships: Margarethe von Trotta & Barbara Sukowa

Films together: Marianne and Juliane (1981), Rosa Luxembourg (1986), L'africana (1990), The Other Woman (2004), Vision (2010)Hannah Arendt (2012), The Misplaced World (2015)

I trust her so much and she trusts me; six films we’ve done together. That was like taking each other by hand and going through a tunnel together: you are very fearful from the beginning, we didn’t know if the film would come out and be successful or right, so it was like an adventure, intellectual but also in friendship to get through this invisible space to visibility.

Margarethe von Trotta

Marxism is a revolutionary worldview that must always struggle for new revelations. Marxism must abhor nothing so much as the possibility that it becomes congealed in its current form. It is at its best when butting heads in self-criticism, and in historical thunder and lightning, it retains its strength.
—  Rosa Luxemburg 
Lettres de Rosa LUXEMBOURG Rosa, la vie

N’oubliez jamais qu’il faut prendre la vie avec sérénité et joie, quoi qu’il arrive. Et même ici je n’en manque pas.

« Ici », c’est la prison, où Rosa Luxemburg a passé les dernières années de sa vie pour son opposition à la guerre. D’abord une année à Berlin de février 1915 à février 1916 pour incitation de militaires à la désobéissance, puis plus de deux ans de juillet 1916 à novembre 1918 pendant lesquelles elle a connu les forteresses polonaises de Wroncke et Breslau. Deux mois après sa libération, dans la nuit du 14 au 15 janvier 1919, elle est assassinée par un officier allemand et son corps est jeté dans un canal.

Ce livre regroupe une soixantaine de lettres écrites essentiellement pendant ses périodes de détention à une douzaine de correspondants. Ces textes ont été choisis par Anouk Grinbert qui a conçu un spectacle autour de leur lecture.

Ces lettres sont de formidables leçons de vie.

Rosa Luxemburg y exprime sa colère envers ceux qu’elle juge « moroses, lâches et tièdes ». Ça vous dirait bien d’« avoir un peu plus d’élan », écris-tu, seulement après on se retrouve au trou, et « là on ne sert plus à grand-chose ». Ah ! quelle misère que vos âmes d’épiciers ! […] Pour ce qui est de moi, qui n’ai jamais été tendre, je suis devenue ces derniers temps dure comme de l’acier poli, et plus jamais je ne ferai la moindre concession ni en politique ni dans mes relations personnelles.

Le combat pour ses idées est essentiel : la prison me semble tout naturellement faire partie de notre métier de combattants prolétariens de la liberté et la Russie m’a habituée à considérer qu’entrer et sortir de ces murs était une chose des plus banales.

Mais sa correspondance fait apparaître avant tout une infinie tendresse pour ses amis, Hans Diefenbach, Karl Liebknecht et sa jeune épouse Sonia qu’elle appelle “Sonioucha, mon petit oiseau”, ou Louise Kautsky, “Loulou chérie”, à qui elle écrit de Breslau : Chérie, ne sois pas abattue, ne vis pas comme une petite grenouille terrorisée. Regarde, nous avons à présent – du moins ici – des journées de printemps si splendides et douces, les soirées sont tellement belles avec cette lune argentée. Je ne m'en lasse pas quand dans l'obscurité je fais ma promenade dans la cour de la prison (je sors exprès le soir, pour ne plus voir les murs et ce qui est autour). Lis quelque chose de beau ! As-tu de bons livres en ce moment ? Écris-moi ce que tu lis, je t'en prie, je t'en enverrai peut-être, ou au moins, te conseillerai quelque chose de beau qui revigore.

Dans ses lettres, elle parle de peinture ou de littérature, cite Goethe ou Mörike, évoque Schiller, Shakespeare, Tolstoï ou Dostoïevski…

A la forteresse de Wroncke, elle avait accès à un petit jardin et nombreuses sont les lettres où elle décrit les plantes et les oiseaux : Ici, le lilas a déjà fleuri, il s'est ouvert aujourd'hui ; il fait si chaud que j'ai dû mettre ma plus légère robe de mousseline. Mais malgré le soleil et la chaleur, mes petits oiseaux se sont presque tous tus, les uns après les autres ! Apparemment, ils sont tous très occupés à couver ; les femelles restent au nid et les mâles ont beaucoup à faire pour chercher la nourriture, pour eux et leurs épouses. Sans doute nichent-ils ailleurs, dans la campagne ou dans de plus grands arbres ; en tout cas, mon petit jardin est bien silencieux. De temps à autre seulement, le rossignol chante quelques notes, la fauvette lance son trille saccadé, ou bien, tard dans la soirée, le pinson fait encore une ou deux roulades.

Elle s’émeut du sort de la centaine de buffles employés comme bêtes de somme à Breslau : Ils viennent de Roumanie, et sont des trophées de guerre… Les soldats qui conduisaient l'attelage racontent qu'il a été très difficile de capturer ces bêtes qui vivaient à l'état sauvage, et plus dur encore de s'en servir pour tirer des fardeaux, elles qui ne connaissaient que la liberté. On les a affreusement battues, jusqu'à ce qu'elles admettent qu'elles avaient perdu la guerre, et que l'expression Vae victis valait aussi pour elles. […] On les exploite sans répit, on les fait tirer toutes sortes de charges, et à ce rythme, elles ont vite fait de mourir.

Elle revit des souvenirs – L’année dernière, nous étions toutes les deux là-bas… – et conçoit des projets : Sonitchka, vous souvenez-vous de ce que nous avons prévu de faire, quand la guerre sera finie ? Un voyage ensemble dans le Sud. Et nous le ferons ! Je sais que vous rêvez d'aller avec moi en Italie, qui est pour vous ce qu'il y a de plus grand. Moi, je projette de vous traîner en Corse. C'est encore plus beau que l'Italie. On y oublie l'Europe, l'Europe d'aujourd'hui tout au moins.

Même si la vie en forteresse est douloureuse – Je mène ici une vraie vie de condamnée, c’est-à-dire que je suis enfermée jour et nuit dans ma cellule, avec pour seul vis-à-vis la prison des hommes – et son activité épistolaire parfois restreinte – Il m’a été signalé par la kommandantur que ma correspondance était trop abondante. Ne m’écrivez plus qu’une fois par semaine, je vous prie, et plus brièvement –, elle conserve une inaltérable énergie : Fais donc en sorte de rester un être humain. C'est ça l'essentiel : être humain. Et ça, ça veut dire être solide, clair et calme, oui, calme, envers et contre tout, car gémir est l'affaire des faibles. Être humain, c'est s'il le faut, mettre gaiement sa vie tout entière « sur la grande balance du destin », tout en se réjouissant de chaque belle journée et de chaque beau nuage.

Pourtant lorsqu’elle sort de prison, c’est la mort qui la poursuit. Dans la dernière lettre du livre, datée du 25 décembre 1918, elle évoque des mises en garde pressantes des « services officiels » qui tombent tous les quelques jours, selon lesquelles nous avons, Karl et moi, des tueurs à nos trousses, ce qui nous oblige à dormir ailleurs que chez nous, et à chercher chaque nuit un toit différent… Quelques semaines plus tard, la mort la rattrape.

Le livre est accompagné d’un CD où la voix d’Anouk Grinberg donne vie à ces lettres toutes chargées d’émotion, de détermination, de courage et d’une extraordinaire force intérieure.

Daddy Marx has just won against daddy Castro with almost 80% of the vote. better luck next time, daddy Castro fans!

but its not over yet, and here’s the next few chances you can have to get out there and vote for our next dialectical daddy/mommy:

Mommy Rosa Luxembourg VS Mommy Clara Lemlich

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSeR_qflSA8HFK2qHuCxCD6-dVNGGYG1rlvYsCPjOxHqtGjsMA/viewform?usp=sf_link

Daddy Joseph Stalin vs Daddy Frederick Engles

https://docs.google.com/formshttps://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfb_YQDgqwZSCmQAc_slv4qaBtqHu8zvK3L3cnOiZnikzjC-A/viewform?usp=sf_link

and last but not least, Mommy Monique Wittig vs Mommy Chelsea Manning

https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSfAwluHTIdInqiVG_DQLvk0pi0tnoO1FAxJH2EBaYMeYq_grg/viewform?usp=sf_link

anonymous asked:

someone should probably tell emma goldman and rosa luxembourg that communism is antisemitic

brb im going back in time to tell emma goldman, rosa luxemburg, trotsky, marx, and bookchin that they cant be communists since its so inherently antisemitic

We know that the present state is not “society” representing the “rising working class”. It is itself the representative of capitalist society. It is a class state. Therefore its reform measures are not an application of “social control”. They are forms of control applied by the class organisation of capital to the production of capital. The so-called social reforms are enacted in the interests of capital.
—  Rosa Luxembourg, Reform or Revolution

Rosa Bonheur (1898). Anna Klumpke (American, 1856-1942). Oil on canvas. Met.

Klumpke spent many an hour copying paintings in the Musée du Luxembourg, including Rosa Bonheur’s Ploughing in the Nivernais. Intent on painting Bonheur’s portrait, she met with her in 1889 under the pretext of being the interpreter for a horse dealer. The two women were soon living together at Bonheur’s estate in Thomery, near Fontainebleau, and their relationship endured until Bonheur’s death in 1899.

anonymous asked:

i based my dungeons and dragons character on rosa luxembourg am i valid yet

ur so fucking valid. thank u for sending this to me

N’oubliez pas, même si vous êtes occupés, même si vous traversez la cour à la hâte, absorbés par vos tâches urgentes, n’oubliez pas de lever la tête un instant et de jeter un œil à ces immenses nuages argentés et au paisible océan bleu dans lequel ils nagent.
—  Rosa Luxembourg