Maison-Barbie

comme un playmobil dans la maison de barbie


Cher Biscotte,

Je sais bien que je devrais arrêter de t'écrire

Je me doute bien de pourquoi t'es fâché

Sans doute que j'y suis pour quelque chose

Et puis ton silence

C'est ta manière de me le faire payer.

Mais j'ai pas la prétention d'échapper à ça

Depuis le temps

Tu me connais,

Biscotte.


Aujourd'hui,

Le soleil a traversé un instant

Les vitres de ma classe.

Je crois que ça faisait au moins mille ans

Que c'était plus arrivé.

Même que j'avais l'impression

Que c'était jamais vraiment arrivé.

En fait,

Comme j'aurais voulu que tu sois-là,

Biscotte.


Et puis,

Je sais pas si c'est l'odeur

Des Pasta-Box Leader Price

En salle des profs

Ou le répondeur implacable

De ceux qui me rattachent encore un peu au sud,

Mais j'ai vraiment eu l'impression d'être seul au monde.

Un peu comme dans Flash-Back,

Le jeu vidéo culte de mon adolescence,

Au moment où le vaisseau spatial du héros

Part à la dérive au fin fond de l'espace

Et que tout le monde s'en cogne

Royal.

Même qu'il est obligé d'enregistrer

Un dernier message radio,

Des fois que quelqu'un se demande un jour

Ce qu'il est devenu,

Le con.


Avant toutes les vacances,

Biscotte c'est un peu pareil.

J'ai hâte de retourner voir le sud,

Jusqu'au moment où je réalise,

Qu'il n'y a peut-être plus grand monde

Qui m'y attende vraiment.

C'est ça perdre le sud,

Biscotte.

C'est faire toujours tes valises,

Toujours,

C'est camper dans le salon de tes parents,

Bivouaquer dans celui de ton frangin,

A 30 piges passées.

Te retrouver un peu comme un Playmobil

Dans la maison de Barbie

Quand tes amis t'accueillent gentiment chez eux

Jusqu'au jour où ils pensent se reconnaître

Dans un de tes billets au vitriol.

Biscotte perdre le sud,

C'est moche,

Surtout quand ça fait déjà quatre ans,

Que bien malgré lui,

Tu t'y accroches,

Définitivement

En écrivant une carte postale,

Comme un dernier message radio

A un cocker narcoleptique

Dans ton genre.