Mépris

Il a cette tendance insidieuse de poser des questions. En cascade. À un débit remarquable.

Il était là, avec sa tête de chien battu, tout apeuré, comme dépassé par tout ce qui a bien pu lui arriver. Taciturne et mal dans sa peau, il voulait s’en sortir ce bougre là ; il le désirait avec ardeur, s’il le faut, il irait jusqu’en Équateur, prouver au monde qu’il n’est pas qu’un simple dealer. Moi je croyais en lui, comme personne n’a su le faire, je croyais en tous ses rêves de gamins, en toutes ses ambitions titanesques. Il suffit d’y croire pour le voir que je me dis souvent, alors j’y ai cru, de toutes mes forces, au détriment du cœur sous mon torse. Trop longtemps, on l’a regardé avec mépris ou condescendance, ou en claquant la porte, ou comme un vieux souvenir qu’on voudrait foutre à la porte. On lui a crié des insanités qui résonnent encore dans son pauvre crane de camé, il a fait ce qu’il a pu avec ce qu’on lui donnait. Il a pansé ses plaies, il a pensé son avenir, il a recollé son cœur, désinfecté son mal avec des liqueurs. C’est un warrior, à qui on a fait beaucoup trop de torts. Le phénix habite chacun de ses pores, la rage de vivre et une revanche à prendre, voici ce qui l’anime.

Il est venu ce midi me voir dans mon appart’ parisien, avec ce petit message qui m’a fait sourire « je peux venir ? j’ai pas eu le temps de dormir ».

Il s’est pointé, encore sous D, après une nuit dont lui-même n’a de souvenir.
Il s’est pointé, pas vraiment fatigué malgré toute son énergie dépensée.
Il s’est pointé, et il s’est assis sur mon lit, tiraillé entre l’idée de s’endormir et l’idée de s’enfumer avec ma personne encore endormie.

Hors du commun, il s’ennuie dans la réalité du quotidien. Vie débridée, existence délétère, il s’en va chercher mille et un univers, dans les tréfonds de psychotropes, tant pis si le vent l’emporte. Tout cassé, ce gamin fait du mieux qu’il peut pour avancer, il inspire du respect ce petit con, malgré ses yeux toujours dans le vide, ses sweats trop grands et son crâne rasé comme un stupide skinhead. Quel mauvais garnement, il se complait dans son apparence, il dit que c’est pour faire le tri entre les téméraires et les ennuyeux. Petit con au phrasé détestable, il diffuse tant de joie une fois son cœur transpercé, un fois sa nébuleuse d’enculé enjambée.

Échoués sur le lit, il me demande ce que je suis en train de lire. Je lui réponds un Zweig que je n’arrive pas à finir. Evidemment, il ne peut s’en empêcher, il sort sa blague « c’est qui Zgeg ? », petit génie à la mentalité de grand con, je ne lui en tiens pas rigueur, pire je ris de sa connerie. Les yeux inexistants, complètement pété, d’un coup, il me lance une tirade d’une gentillesse dont il ne m’avait pas habituée : « T’sais qu’on t’apprécie pour les bonnes raisons toi, j’espère que tu comprends ce que j’essaye de dire, c’est pas clair comme ça mais c’est limpide dans ma tête ! » Ma tête traduit mon étonnement, il continue en disant : « Bah j’sais pas comment dire mais genre on veut te voir sans arrière-pensée, on veut te voir sans penser que ça va mal se passer, on veut te voir pour passer un bon moment de bon vivant, on veut te voir non pas pour tuer le temps, mais pour l’utiliser sciemment ». J’esquisse un sourire et l’embrasse sur le front, la phrase « réparer les vivants » me hante à cet instant, elle s’entrechoque contre les parois de mon crâne.

Attachiant, il commence à sombrer dans les méandres de Morphée. Pendant ce temps je me fais un café, sur le point de partir travailler. Grand gaillard qui se blottit dans mes draps, il attrape l’une de mes peluches et la sert au creux de ses bras. Il semble si inoffensif, lorsque ses yeux gris s’effacent sous la paupière.
À mon retour, je ne saurai pas où il sera.
C’est pas grave, il est comme ça.

J'aimerais m'en foutre. Vraiment. En avoir rien à faire du regard des gens, de ce qu'ils disent sur moi, de ce qu'ils pensent de moi, j'adorerais ignorer leurs remarques, leur mépris et leur bêtise. Ils me font pitié mais je n'arrive pas à ne pas écouter ce qu'ils peuvent bien raconter. C'est peut-être une pulsion auto-destructrice, de pas pouvoir s'empêcher d'entendre ce que les autres sortent comme merde à son sujet. J'en sais rien, tout ce que je sais c'est que j'voudrais bien être à la place de ceux qui vivent leur vie et qui s'en foutent du reste, j'les envie beaucoup. J'aimerais bien avoir la force d'envoyer valser tous ces regards sur moi. Mais j'suis bien trop fragile pour ça.
Harry Styles Smut: French Boy

French boy (part 1/?)

or the one where Harry can only speak french, but understand english, and his new love can only speak english, but understand french…

Basically french dirty talk from Harry

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