Les-Galets

13:37

Cuidar vol dir moltes coses. Com anar a la platja a patinar i decidir nedar al mar, nua, i a 14° ambient. Cuidar és fer el dinar i parar la taula bonica. També és posar flors a l'habitació i encendre espelmes de lavanda. Cuidar vol dir passejar la Tona a la muntanya i llegir descalça. Vol dir estudiar i aprendre i créixer.

Però cuidar és, sobretot, fer riure. Perquè el riure és un indicatiu d'estar bé, a gust i en zona de comfort. I quan ets a la zona de comfort res dolent no pot passar.

Fer riure és tan fàcil com fer pessigolles a la panxa. O com perseguir la Blanca fent veu de monstre, o moure el cul amb l'Alexander, o deixar dormir l'Alicia perquè té son, o jugar a les emocions com si t'hi anés la vida, o fer veure que et menges les galetes del Maxim, o fer-li voltes a la Lara quan fem filera, o dir-li al Ferran que es el segon profe perquè patina molt bé, o explicar contes abans de tancar la tenda, o fer petons i abraçades i petarrufes, o fer bromes quasi adultes a l'Hugo de 5 anys.

Fer riure és dir-li a la Magalí i a l'Àngels que canviaran el món, és ser còmplice intel·lectual de la Mercè, és creuar la mirada amb la Sandra i aguantar-la fins esclatar, és recordar amb l'Alba, és viure amb l'Alba, és obrir-me amb el meu germà.

Un dia vaig llegir: “Una bona manera de saber si la intervenció educativa és correcta és veure si l'infant és feliç.”

I d'aquí la meva filosofia d'educar: fer riure. I de viure: cuido els meus amics fent-los riure tant com als infants que educo.

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(Okay french starting from here, if you’d like to have this pic/post translated drop me an ask!)

Un an. 
Un an et tellement de changements… Si on m’avait dit où j’en serai aujourd’hui, je n’y aurai pas cru.
Parce qu’à l’époque, je ne croyais pas en moi.
Je ne regardais pas la personne que j’étais telle qu’elle est, c’est à dire ma meilleure amie, ma plus grande alliée, et un femme fichtrement forte. 
Peut-être (sûrement) parce que j’avais appris à me contempler à travers les yeux d’un autre, qui ne voyait pas le quart de qui j’étais réellement. Et ça me bouffait. Un cercle vicieux, donc. Ajoutez à ça ma vie de l’époque empreinte de violences et voilà, un petit zombie. Ouh qu’il est mignon! Non, vraiment, j’en étais devenue cynique.

Et à partir du moment où j’ai commencé à me répéter doucement, comme une petite mélodie, “ça suffit”… l’effet domino était enclenché. 

Non, je ne subirai plus ces violences. Non, je refuse de rester dans cette vie que j'endure comme si de rien n’était. Non je ne veux plus me blâmer pour les dysfonctionnements d’autrui. Et non, je ne déverserai plus cette haine que les psychiatres appellent “normale quand on sait ce que vous avez subi moui moui” sur autrui. Pas d’excuse pour les braves.
Et soudain la roue tourne. Elle s’élance vers moi, me prend dans ses bras, me fait monter haut dans le ciel.
Et pour la première fois de ma courte vie, je vois

Avec cette vision nouvelle j’ai pu commencer à construire. Pointer ce qui n’allait pas. Fixer mes rêves dans les yeux, les toucher, les saisir, et me dire, “J’en vaux la peine. Ces concepts-là ont tous été inventés par des humains. Je ne suis pas moins humaine qu’eux. J’ai donc tout autant le droit de toucher le système qui régit ma vie, et d’y foutre le feu si ça me chante.”
Aujourd’hui, je peux enfin sourire à mes bourreaux et dire: “Je vais bien. Vous ne m’avez pas aidée, mais je vais bien. Prenez-en de la graine.
Ah, et replonger dans les pratiques spirituelles de mes ancêtres m’a aussi énormément aidée: je parle du Zoroastrisme si ça vous intéresse. La phrase qui résume ce mode de pensée est simple: “être bon est bien, et la bonté est la voie à suivre.” quoi de mieux dans une société qui encourage la jalousie, la vengeance et le mépris?

Je pensais que les gens qui s’en prennent plein la tronche et que ça adoucit comme les galets dans la tempête, c’était un cliché. Eh bien, pas complètement: ça adoucit les coins qui doivent demeurer purs, et ça aiguise toutes les défenses qu’un être humain peut avoir. Le truc, c’est simplement de bien gérer les deux, et c’est vraiment pas compliqué.

Bref, je suis en route pour devenir ce que je voulais être depuis le début:
Plus forte que la tempête.

- Mae

Je voudrais trouver le calme, je voudrais être nu, transparent, transpercé, liquide, je voudrais être la rivière, le galet, l'arbre. Me laisser griller par la lumière, m'en nourrir, sentir le vent, l'air limpide, je voudrais qu'on me délivre, je voudrais respirer, sentir. Je voudrais qu'on m'accorde. Une grâce. Un répit. Je voudrais qu'on m'accorde. Qu'on me réconcilie.
—  Olivier Adam, Le cœur régulier