Le-Chum

Le fait que le Centre Hospitalier Universitaire de Montréal s'appelle le CHUM fitte MAL avec l'établissement. Ils sont l'embodiment du chaotique evil. Ils sont froids et méchant…sauf leur bénévoles, ironiquement.

   «Criss (et crises) de folle»


À toi, criss de folle qui pète des coches à ton chum…

Si tu lis ça, c’est que tu t’es reconnue et si tu t’es reconnue, j’aimerais régler quelque chose avec toi : Ne laisse plus jamais quiconque t’affubler d’un tel titre.

Alors on reprend : À toi, fille fragile, blessée, insécure ou sensible qui pète des coches à ton chum…Te laisser appeler comme ça ou même pire, te considérer toi-même ainsi, c’est juste pas correct. Même si tu pleures c’est pas correct. Même si tu cries c’est pas correct. Même si tu dis des choses que tu ne penses pas, même si tu fais des drames pour des détails, même si t’es jalouse, même si t’as besoin de consulter des psys… c’est pas correct d’assumer un tel nom. Tant que tu ne seras pas dans un institut psychiatrique, attachée à ton lit à réciter des psaumes d’une secte quelconque, tu vas juste être une fille en bonne santé mentale qui a parfois des émotions hyperactives.

Souvent, j’ai entendu dire: «Un homme qui se choque et qui fait une colère c’est un homme qui prend sa place et qui se tient debout, tandis qu’une femme qui se choque et qui fait une colère, c’est une hystérique». Bien moi je t’écris au nom de la fille «hystérique» qui a envie de te dire que la fragilité n’est pas une maladie. Parce que selon moi, peu importe pourquoi tu rédiges une crise dans les lignes de ta relation, tu l’écris toujours sur un fond d’écran de vulnérabilité. Avoir des émotions c’est pas un défaut, pis avoir des trop-pleins c’est normal.

J’ai moi-même toute une collection de raisons qui justifient ma sensibilité, alors je sais bien que ça peut être lourd pour les gens qui nous entourent et qu’à un moment donné, il faut que la princesse en détresse apprenne à venir à son propre secours. Mais des fois, ça demande plus de temps que prévu arriver à déjouer le dragon qui t’empêche de te sauver de toi-même. C’est pas un manque de volonté si on n’arrive pas toujours à éteindre la champlure de nos yeux. Pis dans ces moments de vulnérabilité-là, nos sentiments deviennent daltoniens. On arrive plus à juger avec discernement quelle couleur choisir dans notre palette à émotions, alors on se trompe et on gâche notre dessin. Après ça on se sent coupable et on a déjà peur de recommencer à gribouiller, alors on n’a  certainement pas besoin de quelqu’un pour venir ajouter à nos remords en nous disant qu’on est des peintres de marde. 

Chère fille fragile, blessée, insécure ou sensible qui pète des coches à ton chum,

Tu mérites d’être rassurée. Tu mérites d’être capable de le faire par toi-même aussi. Surtout. Mais en attendant, tu ne mérites pas d’être traitée de criss de folle simplement parce que tes flèches de colère ou d’affliction se trompent de cible. Si la personne que tu as accidentellement heurté avec ta crise était sur le chemin de tes émotions, c’est parce qu’elle était assez proche de toi pour  t’aimer sans juger ce que tu ressens et pour avoir la présence d’esprit de réaliser que tu n’es pas nécessairement une hystérique.

Finalement, à toi,  cher garçon  qui  m’a qualifié de criss de folle,

Si le son de mes larmes traverse les murs et qu’à cet instant tu me traites de «criss de folle», dis-toi que la pesanteur de tes propos traverse elle aussi les murs. Pis quand on est fragile, les mots comme les tiens on les avale comme des gorgées de sable. Sauf que moi, je préfère éplucher mes tristesses sanglot par sanglot plutôt que de les laisser macérer dans mon réservoir de bonheur en me faisant du mal… bien plus encore que tu ne le fais avec tes mots gratuits et blessants.


Tu dois savoir que de ton côté du mur tu as de la chance, comme moi, que la personne qui t’aime accepte tes défauts. Dans mon cas ce sont les crises et dans le tien c’est le fait que tu sois un peu niaiseux.  Heureusement pour nous, tous les chums ne sont pas si peu gâtés que toi en matière d’ouverture d’esprit et de maturité. En ce qui me concerne, le gars que j’ai choisi pour vivre en parallèle avec  moi ne porte pas de jugement sur les gens sans être renseigné de ce qu’ils vivent. Vraiment, tu es choyé d’avoir une blonde qui endure tes pannes de cerveau, mais quant à moi, je te souhaite que ta lumière revienne parce que je sais que toi aussi tu n’es probablement que fragile, insécure, sensible ou blessé.

"Start-toé à 'mitaine, j'vais coucher le p'tit"

Admonitorium : Parents, amis, collègues, dude qui me sert mon café, merci de ne pas lire ce texte qui risque de rendre le contact visuel difficile à des rencontres ultérieures. Voici pour vous un vidéo de chats. Bye.

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Une amie sans enfants me demande : « Vous le faites avec Fiston dans la pièce ? Moi je suis même pas capable avec le chat dans la chambre. » 

J’étais pareille jusqu’à ce que j’apprenne de dures leçons de vie sexuelle post-partum. Leçons de vie amenées par la grande de mon homme, à mi-temps, et un mini à temps plein. 

Leçon numéro 1. Tu bouges pas un bébé qui dort. TU BOUGES JAMAIS UN BÉBÉ QUI DORT.

Ou en tout cas pas Fiston. Il dort autant que Gregory Charles sur d’la coke. Et Montréal regorge de nids de poule plus profonds que son sommeil.

J’ai vite compris que le sommeil infantile et la libido post-partum étaient deux trajectoires intergalactiques dont les collisions sont statistiquement improbables.  

En d’autres termes, les enfants sont les cock-bloqueurs suprêmes.

Cock block : Lorsqu’une personne t’empêche, volontairement ou involontairement, de fricoter et autres synonymes. À ne pas confondre avec coitus interruptus, qui dans la parentalité, est lorsqu’une personne légalement à ta charge pleure avant la fin des ébats.

Il y a deux avantages à la vie d’adulte : Le sexe à volonté et manger ce que tu veux quand tu veux.

Devenir parent, c’est recommencer à faire les deux en cachette.

Adieu temps où tu mangeais ton biscuit ouvertement, dans le salon, en plein jour, en regardant Breaking Bad en rafale sur Netflix. Maintenant, quand tu manges un biscuit, tu étouffes les bruits dans ta bouche et tu regardes souvent derrière toi.

D’un sondage ultra-scientifique conduit sur Facebook, il est ressorti que bien que le taux de coitus interruptus était généralement faible, le taux de report à plus tard d’une partie de jambes en l’air était élevé. J’ai appelé ça l’indice cock block.

Si tu penses que ton indice cock block était élevé la fois où ta coloc mal avisée s’est assise entre toi et ta date pendant Texas Chainsaw Massacre, tu te trompes. Au pire, personne n’appellera la DPJ si tu mets ta coloc dehors. La chair de ta chair qui se consacre corps et âme à te garder vêtu et chaste, c’t’une autre histoire.  

Au début, tu ne t’en rends même pas compte. Puis un après-midi, en buvant ton café froid du matin, tu réalises que ta vie sexuelle s’incline 3-0 contre la fatigue. C’est le temps de sortir l’artillerie lourde : du café plus fort, un rasoir et des draps propres.

Tu envoies un message texte : « Chéri, tonight is the night ».

Leçon numéro 2. Tu ne planifies JAMAIS une session de touche-pipi.

That’s right, tous les sites de maternité ever, je vous contredis. Je dis non à la planification sexuelle postpartum.

Les enfants ont un radar d’ondes sexuelles. Certains ont un radar poche à courte portée. D’autres ont des radars aptes à détecter les ondes sexuelles d’un missile dans l’espace.

Plus il y a de planification, plus l’indice de cock block potentiel monte en flèche. Entre la colique du mini et l’envie de pipi post-dodo méga-urgente de la plus vieille, le plan infaillible se désagrège plus rapidement que le pont Jacques-Cartier pendant un tremblement de terre. Et bien sûr, l’évacuation urinaire post-dodo se solde inévitablement par une soif inétanchable qui se transforme en négociation mélodramatique.

« Si tu bois encore tu vas faire pipi au lit. »

« Mais je vais MOURIR DE SOIF ! »

Le p’tit, inspiré par ce débat loufoque, choisit ce moment pour recréer Hiroshima dans sa couche.  

Ça fait qu’après avoir négocié avec le gouvernement nord-coréen et sorti le Japon de dans la marde, c’est plutôt avec Morphée que tu veux te coller. Et voilà que 50% des avantages d’être un adulte sont mis à mort par l’égocentrisme pitoyable de ta descendance.  Ta vie sexuelle jadis digne d’une rockstar en tournée a désormais la vigueur du pape après un gros joint.

Mais pas question de jeter l’éponge. Tu pulvériseras le cock block ! Façon de parler hein, elles sont enregistrées à l’État ces bibittes-là. On peut pas les « oublier » en déménageant. Bref, un jour tu décides que enough is enough. Tes ardeurs de géhenne auront raison de ces bestioles cute.

Ce qui m’amène à la leçon 3. La spontanéité.

La spontanéité, c’est oui, Oui, OUI ! C’est l’angle mort du radar cock-bloquiste.

« Chéri, mets la grande devant un film, je dépose le p’tit pour sa sieste. On se rejoint dans le garage dans cinq minutes. »

Ton chum branche le iPad sur la télé d’une main et sort les friandises cachées de l’autre. Toi tu déposes bébé avec la délicatesse saccadée d’un fax. Tu veux SURTOUT PAS qu’il ait conscience du mouvement (revoir leçon numéro 1).

Comme deux ados qui sèchent un cours de maths pour boire une Smirnoff Ice dans la ruelle, vous faites la marche-rapide-qui-se-veut-détendue. Un sourire niais dans la face.

Les radars sont dupés ! C’est une victoire ! Célébrée à moitié vêtus dans la voiture familiale. C’est pas le Ritz mais coudonc ! La passion se consume comme un feu de Bengale… et quel feu ! Une escapade improvisée au garage qui se termine avec un Bang ! Littéralement. Parce que la grande fait du tam-tam de pieds pour signaler que le p’tit est réveillé.

Allô feu de Bengale qui se transforme en bâton d’encens qui a pogné l’humidité. #coitusinterruptus #sefinirtuseulplustard

Et c’est là où la leçon 4 est essentielle.

Rire. Quitte à rire jaune… rire souvent.

Parce que ça aussi, ça fait du bien dans un couple.