Lausanne

tic-tac

Comme les secondes qui constituent les heures de nos journées, les mots eux les bâtissent et les rendent soit magnifiques, soit désastreuses. Les minutes n'ont pas choisi d'être là. Elles y sont. On les utilises. C'est comme ça. Au moins, j'ai le luxe de choisir mes mots. Et aujourd'hui j'ai choisi de ne pas te dire que je t'aime. Non parce que je ne le penses pas. Mais plutôt, comme à l'instar des heures qui se succèdent sans nous faire faut bond, on prend pour acquis les mots qui devraient signifier tellement. J'ai peur d'être déçue de ta réaction face à mon je t'aime, et d'en récolter un sourire en coin et un “moi aussi”. Putain, comme je déteste les “moi aussi” plat. Nos mots sont tous colorés d'émotions fortes, intenses, drôles, tristes ou amoureuses.  Mais parfois, les sortir ternis dans l'immédiat leur radiance et notre réception à ce constat résulte une déception face à   l'incompréhension de la faible réaction. Pour cette même raison que mes amis(es) ne m'entendent que très rarement dire “je le jure” ou “je te le promet” à moins d'être à 100% certaine de pouvoir remplir ma promesse ou d'être dans l'absolu certitude de ce que j'avance. Ça donne du poids à mes promesses. Tout le monde promets toujours tout, mais rare sont ceux qui s'y tiennent. Comme nous prenons pour acquis nos heures sur terre, nous prenons pour acquis la portée des mots. C'est pourquoi je ne te dirais pas je t'aime. je préfère te le montrer, pour redonner des couleurs vives aux mots d'amours pastels surutilisées sans les émotions fortes qui les accompagnent. Sans doute que mes actes parleront davantage. Après tout, que valent les mots sans les actes pour les prouver.

PJ