Brazzaville

Béni soit ce jour où j'ai rencontré mon maître !

Béni soit ce jour où j'ai rencontré mon maître !

La chaleur étouffante m'empêche de respirer convenablement. Des gouttes de sueur perlent sur ma peau devenue très noire. Le sac en toile qui pend lamentablement sur mon dos commence à se faire lourd et j'ai l'impression que ce vendeur de sandales m'a bel et bien arnaqué, lorsque je vois l'état dans lesquels les miennes sont, après seulement une heure de marche. Mais tout cela ne retire pas le sourire satisfait qui siège sur mon visage depuis maintenant quelques jours.

Des vendeurs crient sur les marchés, de la musique s'échappe des bars environnants, se mêlant aux bruits de Klaxon de chauffeurs énervés. A mes yeux, tout cela a le goût d'une délicieuse cacophonie. Malgré la pauvreté flagrante de ce quartier, je ne peux m'empêcher d'y trouver une beauté et une richesse qui ne cesse encore aujourd'hui  de provoquer mon admiration. Des regards remplit de curiosité, méfiants, ou intéressées se posent sur moi et, comme toujours, je réponds poliment par un léger signe de tête.  Je suis devenu un étranger, dans la ville qui m'a vu naître et grandir. 

La sur ma droite, je perçois une petite ruelle vide et étroite et m'y engouffre sans réfléchir. Mes affaires sur le sol, le dos collé au mur blanc et brûlant, je prends le temps de rendre grâce au créateur. J'ai rêvé de ce moment depuis si longtemps!

« J'espère que tu n'as pas l'intention de t'enraciner ici ! Je dois passer !» 

La voix du vieil homme me tire de ma prière. Droit, fier, ses yeux noirs m'analysent et me transpercent. Je me courbe légèrement, en guise de respect et le salut avant de m'excuser. Derrière lui, il tire une brouette remplie de babioles en tout genre. J'aperçois des bougies, des pièces détachées de véhicule, et ce qui attire le plus mon attention : des pinceaux et des toiles vierges, brunies par la saleté.

« Je vais vendre tout ça, sauf les pinceaux, ceux-là je vais les utiliser pour peindre» dit-il en voyant mon regard inquisiteur. Sans hésiter, je demande à voir ce qu'il fait. Un grand sourire éclaire son visage pendant une fraction de seconde, avant de regagner une expression sévère. 

« Personne ici ne s'intéresse à ce que font les artistes. Tu sais, ce pays est rempli de talents mais qui n'ont pas le crédit qu'ils méritent. Surtout vous, les jeunes. Combien de génies finissent dans une vie de débauche, dans la drogue les putes et la violence, par manque d'opportunités. »

Je suis d’accord avec lui. Combien de talents j’ai croisé depuis mon arrivée ? Je ne les compte même plus. Hésitant, je lui demande si je peux l’aider, et l’accompagner. Il accepte et nous nous mettons en route. Sur la route, nous parlons tout d’abord politique, puis, des femmes. Ici, lorsqu’une est belle, on dit qu’elle brille. J’aime beaucoup cette phrase.

« J’ai bien vu que tu n’étais pas du genre à concentrer toute ton attention sur la chaire. Tu es venue chercher quelque chose de spécifique, n’est-ce pas ? C’est bien. »

Nous arrivons enfin chez lui. C'est une petite maison  isolée entièrement faite en taule. Deux chiens incroyablement maigres dorment devant. J'en viens à me demander comment ils font pour encore tenir sur leurs pattes, et n'importe quel voleur n'aurait aucun mal à les assommer d'un simple coup de pied. Comme si il lisait dans mes pensées, le vieil homme lance d'un ton autoritaire: « ne te fie pas à la carrure, ils pourraient ne faire qu'une bouchée de toi!»

Je ne peux m'empêcher de rire avant de présenter mes excuses aux deux canidés encore endormis.

Satisfait, il m'invite à entrer. Ce que je vis ce jour-là, dans cette modeste demeure de Brazzaville, ne quittera jamais mon esprit. Là où beaucoup ne verraient que toiles, saleté et désordre, j'y voyais explosions de couleurs et de formes, le tout formant des vestiges d'un ancien empire. Une petite lampe surplombait un petit bureau ou étaient étalées peinture, pinceaux, et quelques ustensiles dont j'ignorais l’existence jusqu’à ce jour. Une odeur de bois et de cannelle procurait à la pièce une atmosphère rassurante, bien que l'on ait pu jurer que les toits pouvaient s'effondrer à tout moment. Des statuettes étaient disposés ici et là, et je ne put m'empêcher de remarquer qu'elles étaient toutes positionnées de la même manière : vers l'ouest. 

Après quelques heures d’échange autour de tisanes, le soleil se couche à présent, offrant à la maisonnée des couleurs et une atmosphère sans pareille. Nous parlons art, philosophie, amour, religion mais aussi de la guerre, qui m'a obligé à fuir le pays. Une immense tristesse emplit ses yeux, mais aussi mon cœur lorsque nous venons à citer le nombre important de choses et de personnes perdues. 

« Le pays est comme tu l'a laissé, chaotique, toujours en guerre, mais nous sommes chez nous. Ne t'en fais pas fiston, ce monde suit des règles divines. Chaque chose est à sa place, chaque chose arrive en temps et en heure. Viendra le jour où, tout s'inversera. Je ne serais probablement plus de ce monde pour voir ça, mais j'ose espérer que toi ou tes enfants pourront en bénéficier.»

J'acquiesce d'un signe de tête et rajoute: 

« Balojisme cycle 1: infini dans la beauté est le don du créateur. Peu importe le temps que cela mets, la souffrance finit toujours par devenir expérience.»

Un sourire bienveillant éclaire son visage et, tout signe de sévérité quitte son visage: à ce moment précis il paraît soudainement fatigué, beaucoup plus vieux. Je ne peux m'empêcher de remarquer que tardivement sa barbe mi- longue et blanche, contraste parfaitement avec sa peau très noire et marquée de rides. La cicatrice sur sa joue captive mon attention. Je pose inconsciemment ma main sur mon visage, là où j'ai été marqué deux années plus tôt. Celui qui allait devenir mon maître, me dit ce jour-là une chose dont je me souviendrais probablement toute ma vie :

 « Nous nous connaissons déjà. Lorsque je naissais, tu commençais à mourir, et me voilà à la fin de ma vie, et te voilà en train de naître. Tu me dis vouloir être mon élève ? Nous avons peu de temps devant nous, avant ton départ, et ce n'est pas certain que je sois encore en vie lorsque tu rentreras. Nous commençons demain.» 

Je voulus répondre, mais je me tue. J'avais compris. A cet instant précis, lorsque je me levais pour m'en aller, dans la lumière du soleil couchant, je jurerais avoir vu ses yeux noirs tourner à un brun clair, chaleureux. (…) 

A présent, le ciel est noir et rempli d’étoiles. La chaleur a légèrement baissé, et un vent de paix souffle sur la ville verte. Sur le chemin du retour, tout me paraît si calme. Je prends le temps de m’asseoir dans un bar presque vide. Deux hommes au fond de la pièce discutent en murmurant, un autre plus loin est affalée sur sa table, des cadavres de bouteilles de bière autour de lui. Je m’assoie, et une serveuse approche pour prendre ma commande. Je lis l’étonnement dans son regard lorsque je décide de ne prendre que de l’eau. A peine a-t-elle eu le temps de tourner le dos, que je m’écroule de fatigue sur la table et me laisse embrasser par de nouveaux sentiments que je n’avais jamais éprouvé auparavant. Béni soit ce jour où j’ai rencontré mon maître ! Quelque chose en moi est en train de mourir, lorsque une autre, est en train d’éclore (…)

CONGO, Brazzaville : Sapeur Patience Moutala, coordinator the Red Devils group and member of “La Sape” movement, the acronym for “Societe des Ambianceurs et des Personnes Elegantes” (The Society for the Advancement of Elegant People), poses in Brazzaville on March 17, 2014. The Sape movement, born in the 1960s in Congo, aims at dressing flamboyantly. AFP PHOTO / JUNIOR D. KANNAH

Difference between Congo, Bakongo and Kongo...

[This is obviously directed at those who write in English when talking about the two Congos and the Bakongo.]

Congo: 

  • The term Congo can refer to the Congo river and also Congo rain forest
  • The term also refers to two different countries:

1) The Republic of the Congo (aka ROC, Congo-Brazzaville) previously known as French Congo and The People’s Republic of the Congo  

2) The Democratic Republic of the Congo (aka Congo-Kinshasa DR Congo, DRC, RDC, Zaïre - yes some people still call it Zaïre even Congolese people) previously known as Congo Free State, Belgian Congo, Republic of the Congo (Léopoldville), Republic of Zaire 

[These two countries are not the same, we were never one. Just because we share a pre colonial history, a few ethnic groups and cultures doesn’t mean we’re the same. We also share those things with Angola, South Sudan, Tanzania, Zambia etc as well, so saying we’re the same just because of those things doesn’t make sense. My ethnic groups has more in common with people from Tanzania and Zambia than ROC, because we share a lot of cultural similarities and history with ethnic groups from those two countries]

Congolese

  • People who are Congolese are those either from the Democratic Republic of Congo or Republic of Congo.  

[As I said, some people from the Democratic Republic of Congo still refer to the country as Zaïre and themselves as Zarian or Zaïroise/Zaïrois. I still get called Zaïroise by other Congolese people and other Africans because I was born before the country changed its name to DRC]

Kongo:

  • The term refers to the pre colonial kingdom (Kongo Kingdom) in what is now northern Angola, Cabinda (which is a province of Angola but located between DRC and ROC), southern  Republic of the Congo, western  Democratic Republic of the Congo
  • Kongo also refers to the Kongo aka Bakongo and Kongolese. This is not a tribe (learn the difference between tribe and ethnic group) Bakongo are an ethnic group and there are tribes who are part of the Bakongo for example the Vili, Yombe or Lumbo etc 
  • Kongo can also refer to the language of the Bakongo aka Kikongo and also Kituba
  • It can also refer to the two modern day countries, depends in which language you write in 

Few facts:

  • Kongo/Bakongo means fighters (or warriors)
  • The Kongo Kingdom was the first pre colonial Christian (specifically Catholic) Kingdom in Central Africa. Not the whole of African, because the was other pre colonial Christian African Kingdoms
  • A new movement of Catholicism was created within the kingdom by prophetess Beatriz Kimpa Vita called Antonianism. Even after she was martyred and the new sect was suppressed, Antonianism is still practiced by people today particularly the Bakongo
  • Traditional Kongo (Bakongo) religion still existed in the Kingdom and its still practiced today.Kongo religion along with Kongo Catholicism has influenced Haitian Voudou, Quimbanda (an Afro-Brazilian religion) and other religions of the African diaspora
  • Many Bakongo were taken to Cuba, Haiti, the US, Brazil and others

resource: 1,2,3,4

(I might have missed a few points tell me if I did)

Sweatshirts, blankets , coffee , cuddles and colorful autumn leaves…

As autumn is approaching  the days get shorter and the nights get longer, it is starting to get colder at night. Nature is changing  and I love it! Who else can’t wait for melancholic weather?!🍂

Here is a bunch of songs that make me want to take a walk through a long road surrounded by tall old trees,  feeling the fresh crisp air fill my lungs and just watching  the charming scenery that surrounds me.

PL 🍁YLIST 🌿🌿 🍂 🍂

“Winter is an etching, spring a watercolor, summer an oil painting and autumn a mosaic of them all.” 

  ~ Stanley Horowitz

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VIDEO SHORT:

The Sapeurs

This documentary illustrates the brightly coloured and social affairs that bring the ‘Sapeurs’ together. Their bold choice to live an unexpected lifestyle is a source of celebrated originality and positivity. Their life is not defined by occupation or wealth, but by respect, a moral code and an inspirational display of flair and creativity. The Sapeurs show us that whilst in life you cannot always choose your circumstances, you can always choose who you are.

Being a Sapeur is not about money. We borrow each others’ clothes because we always say, “it’s not about the cost of the suit that counts. It’s the worth of the man inside it.”

When there’s peace, there’s Sape. And when there’s peace, there’s life.

I definitely enjoyed briefly learning the story behind each man and the passion that ties them all together despite the different age gaps.

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Day 17 of March is for African Music Month

Song: La Bas

Artist: Bisso Na Bisso

Country: Republic of Congo (Brazzaville)

Bisso Na Bisso means “Between Us” in Lingala. Their name speaks to the band’s inclusive attitude towards other musicians and musical styles. The band formed in 1999 and made its start by blending hip-hop and with Congolese traditional styles of music. Since then, they have become one of the biggest names in the Republic of the Congo’s music scene.

“La Bas” is Bisso Na Bisso’s most popular song. This song is from their most recent album Africa, which was released in 2009. The song blends the traditional sound of Soukous (Congolese Rumba) with contemporary sounds and dance styles from around the globe. It also incorporates elements of the band experiencing both everyday life and high society activities.

Bữa kia nằm dưới cội đào
Bỗng một ý nghĩ len vào trong tôi
Kìa trông ngắn ngủi tấc đời
Nắm xương mỏng mảnh đau lời cỏ cây
Khắc giờ nắng giọt lá lay
Mình đều ở trọ chốn này!
Rồi đi…

Hôm hôm sớm sớm cô đơn
Nối thành chuỗi thập kỷ buồn quạnh hiu
Cố nhân loi lẻ bao chiều
Trần gian ta biết đã nhiều đổi thay
Và như sương khói qua tay
Mình đều ở trọ chốn này…
Rồi đi!

(Peach Tree - Brazzaville) | Nguyễn Thiên Ngân dịch

Jean Royère sofa set Ours Polaire, ca.1950, Jean Prouvé Potence pivoting bracket light, from l'Unité d'Habitation Air France, Brazzaville, ca. 1952. Silk screen print of Tina Freeman by Andy Warhol, 1975. From the book: A Passion for Jean Prouve - from Furniture to Architecture: Laurence and Patrick Seguin Collection / Amazon