Ailleurs-Ici

J’ai été réveillé en pleine nuit par une odeur infecte, voire putride, qui venait de mon oreiller. Je l’ai changé pendant la nuit sans trop m’y attarder, et ce matin, j’ai regardé de plus près et il s’avère qu’un lézard mort s’y trouvait. Dans mon oreiller.

J'me sens si seule, vous pourriez me mettre au beau milieu d'une foule, j'ressentirais toujours cette sensation de trop, j'suis pas à ma place ni ici ni ailleurs, y'a cette impression constante qui m'fait sentir comme si je gênais le monde entier, puis les voix qui hurlent sans cesse “t'es pas assez bien ni pour lui ni pour eux”, “tu trouveras jamais ta place”, “tu seras toujours au milieu, entre deux chaises, deux mondes, t'auras pas de juste milieu, tu sauras jamais c'que tu veux”.

mais moi si je pars, c'est pour ne jamais revenir. oui c'est vrai ça fait du bien de retrouver ses habitudes et son confort… mais qu'est-ce qu'une routine lorsqu'elle est accompagnée de la nostalgie du voyage et des rencontres ? lorsque les souvenirs sont là, qu'est-ce qui fait le plus mal ? savoir que c'est fini, ou qu'on n'y retournera pas ? ou les deux ? 
il était peut-être temps d'avoir de nouvelles habitudes… ailleurs, sauf ici. un jour (ou un soir), je partirai, à l'abri du regard des autres. ils ne verront rien, ils ne me remarqueront pas; j'aurais déjà pris le large, j'aurais déjà tourné la page.
—  lespiquresaines

C'est abusé. Je ne me souviens pas d'être allée à la plage une seule fois sans voir des femmes soit garder leurs vêtements pour aller dans l'eau soit se mettre à poil pour bronzer. Personne n'a jamais rien dit.
Par contre, dès qu'il est question de femmes portant le “burkini”, là, d'un coup, ça fait polimique, la police intervient, le premier ministre fait une déclaration pour dire qu'il s'agit d'un débat “de fond”, les gens sont indignés, ça passe aux infos comme un sujet d'Importance Nationale….

A une passante


La rue assourdissante autour de moi hurlait.
Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,      
Une femme passa, d'une main fastueuse
Soulevant, balançant le feston et l'ourlet ;

Agile et noble, avec sa jambe de statue.
Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,
Dans son oeil, ciel livide où germe l'ouragan,
La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

Un éclair… puis la nuit ! - Fugitive beauté
Dont le regard m'a fait soudainement renaître,
Ne te verrai-je plus que dans l'éternité ?

Ailleurs, bien loin d'ici ! trop tard ! jamais peut-être !
Car j'ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,
Ô toi que j'eusse aimée, ô toi qui le savais !

Charles Baudelaire  (Les Fleurs du mal, 1857)